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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 11:53
Rubans, ficelles et cotillons.   Almanito

sujet semaine 41/2016 - clic

 

Toute ressemblance avec des personnages ayant existé dans le passé, le présent et même le futur serait purement fortuite

 

Il était une fois, il y a trèèèès longtemps dans un pays aujourd'hui submergé par les eaux depuis l' époque du changement climatique, de petits hommes ni gentils ni méchants qui voulaient presque tous être président.
Il n'y avait qu'à voir, pour se faire une idée, l'agitation qui régnait au bar de Marcel, où chacun y allait de son avis et de ses bons conseils, surtout après le troisième ballon de rouge.
Agitation qui redoublait dès lors que l'on approchait des élections.
Chaque parti optait pour la stratégie qui lui semblait la meilleure et bénéficiait du matériel adéquat, prêté par la communauté.
Ainsi tel parti choisissait le casse-noix, appareil vicieux servant à agacer, voire déstabiliser l'adversaire en critiquant ses moindres faits et gestes, un autre ne jurait que par le fil à couper le beur, un autre encore, plus brutal, optait pour la prise en tenailles et ainsi de suite.
Piccolo 1er, lui, ne se séparait jamais d'une sorte de moulin, en tout semblable aux fameux moulins à café de nos grands-mères (d'où l'expression broyer du noir) mais qui lui, ne moulinait que des paroles.
L'engin, d'une efficacité redoutable, n'avait qu'un seul défaut: son coût de fonctionnement. Car le ruban qui en sortait, celui-là même qui emberlificotait habilement l'électeur abasourdi, rapidement prisonnier du flot continu de paroles, était à usage unique, contrairement au casse-noix, au fil à couper le beur et aux terribles tenailles, certes plus onéreux au prix d'achat mais pouvant ensuite servir indéfiniment.
Mais Piccolo 1er était irrassasiable en matière d'électeurs, il les lui fallait tous, quitte à les embarquer dans des cars pour les prendre par groupes entiers dans les filets de son éloquente logorrhée, tel un cow boy choppant au lasso Indiens réfractaires et buffles sauvages confondus sous le même noeud coulant.
Tous ces rubans hâbleurs  sifflant sans cesse sur ces cervelles insouciantes, avaient un coût, vous vous en  doutez, et Piccolo en usa tant qu'il dépassa le budget autorisé. 
En face, le clan des casse-noix, noisettes, pécans, pistaches et coques en tous genre se firent un malin plaisir de le haranguer: "coucou c'est nous les casse-cou, tu files un mauvais ruban et tu dois des sous!"... Ce à quoi, Piccolo répondait en majesté offensée: casse-noix, bouffon! Ce qui ne le grandit pas, à son grand désespoir.
Et pendant ce temps, peinards dans leur coins, les adeptes du fil à couper le beur attendaient le grand jour générateur de toutes les félicités régaliennes.

 

 

Almanito

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commentaires

Fabrice Parisy 14/10/2016 11:40

Haha... Tu as beau avoir mis en préambule que toute ressemblance, etc., etc., ... Picolo qui a dû dépasser allègrement ses frais de campagne (grâce à un système de double facture ?), les casse-noix vicieux, le fil à couper le BEUR (oui, joli jeu de mots pour un sens moins joli)... Franchement, je n'ai reconnu personne ! :P
Bien ficelé, tout ça !
FP

Jeanne Fadosi 13/10/2016 16:47

excellent ! je vais regarder le fil à couper le beurre avec méfiance si je le reconnais

almanito 13/10/2016 18:28

beur..... pour une fois que je ne faisais pas de faute :))

Mony 10/10/2016 15:41

:) elles en font couler de l'encre ces campagnes électorales !

margimond 10/10/2016 02:28

Une magnifique... et très réaliste description de nos politiques en mal d'électeurs ! Piccolo 1er, n'est pas celui qui a déclaré le car cher ? ;-)

almanito 10/10/2016 16:42

:)) excellent, je vais le glisser dans le texte publié sur mon blog, merci!

Chloé 09/10/2016 13:40

Ah, ah, ah! "Casse noix, bouffon!. ce qui ne l'a pas grandi certes! Rires de la Bretonne, en tout bien tout honneur car comme tu le précises " toute ressemblance avec des personnages ayant existé dans le passé, le présent et même le futur serait purement fortuite".Je me suis bien marrée en te lisant! Chloé

jill bill 09/10/2016 13:03

Ah la place de président, autrefois sur notre terre, sourire... la place est certes belle, mais faut pas s'endormir sur ses lauriers après, hélas... ;-)

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