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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 16:47

sujet semaine 04/2017 - clic

Le moindre rayon de soleil rougit ta peau si blanche, se désolait Maman. Viens que je t’enduise de crème Nivea avant que tu ne sortes, disait-elle en abandonnant pour un instant ces éternels travaux de couture.

 

Mais Gwendoline n’appréciait pas d’être enfouie sous une carapace blanchâtre et elle s’enfuyait au dehors. Tout ce qu’elle aimait c’était de courir dans le verger, de cueillir des cardamines et des boutons d’or dont elle faisait des bouquets à offrir en secret à Mémé qui vivait dans la maison voisine.

 

Sa grand-mère l’accueillait toujours avec joie et bonne humeur et sur un coin de table une galette dorée, une orange ou un morceau de cake moelleux surgissait mystérieusement dès qu’elle apparaissait.

 

Tout en mangeant, Gwendoline s’approchait rituellement du buffet et observait la photo encadrée de son père. Comme il était sérieux dans son uniforme strict !

 

Avec ta crinière dorée, tu lui ressembles tellement à mon Edmond, soupirait Mémé tout en farfouillant dans les boucles blondes de l’enfant. Lui, c’était un bon petit diable quand il était petit et toi, tu es ma petite diablesse chérie.

 

Il est où Papa ? avait-elle questionné le jour de son anniversaire.

 

Sa mère avait détourné la tête mais la petite avait eu le temps de voir briller ses yeux. Mémé, interrogée de son côté, avait répondu : ton père, mon Edmond, est au loin, dans les colonies. Ta mère n’a pas voulu le suivre là-bas…

 

Les colonies ? Comme les colonies de fourmis qu’elle s’amusait à taquiner à l’aide d’une petite branche ? Qu’est-ce que son père faisait chez les fourmis ? Ces petites bêtes avaient donc un pays qui s’appelait là-bas ?

 

Du haut de ses quatre ans, Gwendoline avait parfaitement compris qu’entre Mémé et sa mère il y avait un secret nébuleux qui la dépassait. Jamais Maman ne parlait de Papa et jamais Mémé ne venait chez elles. Pourquoi ?

 

Gwendoline n’avait plus posé de question mais jamais son père ne la tint dans ses bras.

--------------

Le soleil a tapé fort aujourd’hui et Gwendoline à la peau toujours aussi délicate se masse le visage parsemé de fines traces laissées par la vie. Tant d’années ont passé mais son plaisir de cueillir quelques renoncules dans le verger familial, lui, n’a pas pris une ride.

 

 

Mony

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
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commentaires

Bourgeon créatif 27/01/2017 12:31

Eh bien, cette histoire me touche, puisque cette jeune demoiselle porte mon prénom !
Très jolie histoire !

Chloé 26/01/2017 14:38

Un récit plein de fraîcheur où se mêlent avec pudeur, spontanéité, douceur, tristesse et le temps qui passe.Un joli mélange d'émotions et de sentiments Mony.Chloé

Josette 26/01/2017 09:41

Le père absent toujours présent...jolie la chute avec les rides qui animent son visage

almanito 24/01/2017 18:46

Joli récit, j'aime beaucoup la fin, l'allusion discrète à Gwendoline vieillissante donne de l'ampleur à la nostalgie. Elle n'a pas changé, à peine quelques rides en filigrane..

Loïc Roussain 24/01/2017 17:00

Si tendre, tout en douceur et en pudeur ...

jill bill 24/01/2017 16:51

Ah ce père manquant... saura t'elle un jour le vrai pourquoi du comment, ma foi si elle insiste... ,-)

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