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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 12:00

sujet semaine 07/2017 - clic

J’ai été élevée dans le culte de la politesse, de l’amabilité, du maintien, du sourire

La politesse était notre despote mais à mon sens un despote éclairé et juste

Il fallait se tenir droit, ne pas couper la parole, ne pas mettre les coudes sur la table

Je devais dire bonjour madame, merci madame, s’il vous plait madame

A la maison, il fallait une autorisation pour parler et à l’extérieur, se tenir tranquille

Je ne criais pas à la piscine, nulle part d’ailleurs, je ne courais pas pendant les courses

Cette éducation n’était peut-être pas aussi facile à intégrer pour tout le monde

J’étais plutôt timide, consciencieuse à l’extrême, soucieuse de faire le mieux possible

A l’école, on respectait le maître qu’on appelait monsieur ou madame.

Je me souviens de certains agitateurs, fortes têtes et/ou mauvaises élèves.

Mais il y avait entre nous et le maître, l’autorité, des barrières invisibles, des limites

Que l’on n’osait pas dépasser même si on en avait envie ; nous retenait une sorte de crainte.

Timidité et maintien droit m’ont donné face aux autres une démarche paraissant fière

Voire méprisante alors qu’il ne s’agissait que d’éducation et de manque de confiance

Mon éducation, mon caractère et ma grande taille m’ont valu des moqueries méchantes

Et du harcèlement ; j’ai survécu parce que j’ai inversé mes défauts en qualités, la même

Je suis resté mais en outrant le trait pour survivre dans la jungle, toujours sincèrement timide

Mais despote de mes rapports avec les autres qui m’obligeaient à m’adapter encore.

La nouvelle éducation qui apprend à peine à dire Bjour ni monsieur, ni madame

On ne remercie pas, la personne en face est à votre service, voyons, toisons-là de notre importance.

La nouvelle éducation laisse courir les enfants dans les jambes des adultes

Partout pour qu’ils se dépensent, on les laisse crier pour qu’il s’exprime, ils vous coupent

La parole ; mais, voyons, ce sont des enfants ; ils vous disent que vous êtes moches

Vieux, j’en passe et des meilleurs ; la vérité sort de la bouche des enfants… sincères

Petits et grands disent ce qu’ils ont le cœur, sincèrement, despote, sans filtre ni limite

Peu importe de réfléchir à ce qu’on dit, il faut dire ce que l’on pense plutôt derrière

Un écran, en commentaire avec faute de français, c’est mieux, grossièrement, on acclame

 

Sincèrement despote.

 

 

Laura Vanel-Coytte

commentaires

L
Moi, je ne sais pas faire alors j'ai abandonné
et je crois que je devrais même m'abstenir de répondre
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M
Ce serait dommage de t'abstenir, Laura.
Un texte est appréhendé différemment par tous ceux qui le lisent, il a alors sa propre vie. Il n'y a pas de jugements personnels, juste des ressentis.
M
Oui, parfois j'ose l'exercice périlleux de te laisser un commentaire...
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L
Je ne suis pas amère;c'est ce que je vois chaque jour comme documentaliste en collège et lycée(techno, pro et général), comme usager des transports publics, piéton, conducteur, grand-mère, belle-mère et je ne parle pas que des jeunes... malheureusement
Je ne dis pas que c'était mieux avant, je compare; c'est vous qui faites les commentaires
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J
De l'amertume face à ce despotisme...
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M
Visions bien noires, Laura...
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E
amères réflexions.. ces enfants despotes diront ils à leur tour "c'était mieux avant ?"
Répondre

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