Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 18:29

sujet semaine 37/2017 - clic 

Pas moyen de déconnecter un cerveau pour avoir un peu de repos ? Bien, qu'à cela ne tienne, le bon vieux Jack saurait y remédier.

 

Juste un verre. Un autre. Encore un, ou deux. Trois ? Un dernier. Bon, un vrai dernier.

 

Petite griserie au départ, ivresse de tous les diables pour finir. À demi-morte, ne devant d'être debout qu'aux autres fêtards me servant d’appui, l'euphorie me gagnait pourtant. Enfin cette paix.

 

Bercée par une légère houle due aux mouvements de la foule, je me sentais toute légère. La sensation de quelqu'un me saisissant au passage pour ensuite me balancer comme un vulgaire sac à patates brisa la berceuse entamée par ma cervelle. J'essayais de réfléchir mais soyons honnête, je n'en étais tout simplement pas capable, aussi me laissais-je embarquer sans trop protester. La tête me tournait et mon estomac menaçait méchamment de rendre le précieux breuvage durement avalé quelques instants plus tôt, et pour cause : mon véhicule humain devait mesurer pas loin de deux mètres et ma pauvre tête, balancée de droite à gauche par la cadence soutenue, devait subir des effets visuels douteux dus à l'alcool, au début de vertige ou que sais-je encore...

 

Je tentais une petite tape sur ce dos immense. Pas de réponse. Une deuxième ? Toujours rien. Quand mon poing rageur s'apprêtait à frapper, je basculais en arrière à une vitesse quasi surnaturelle. Voilà, mon royal postérieur venait de rencontrer la terre ferme, très ferme, trop...

 

- Bordel de merde ! Non mais ça va pas la tête ?! - hurlais-je en proie à une douleur intense.

 

Époussetant négligemment mon jean, je tentais de me relever mais c'était sans compter sur mon corps, ce traître ivre (ah oui, ma faute pardon) qui décida de cesser de fonctionner. Je chutais en avant, voyant le bitume froid se rapprocher de mon visage. Bien, génial... j'allais gagner ma soirée pour sur ! On se rappellerait de cette cuite monumentale comme du jour où, voulant fuir tous mes problèmes, je m'étais faite agressée et m'étais, par la même occasion, cassé la gueule (littéralement).

 

Dans mon dos, quelque chose attrapa mon tee-shirt et mon visage s'arrêta à quelques millimètres du sol, le bout de mon nez touchant la route. J'étouffais un hic de surprise.

 

Toujours suspendue comme un paquet au bout d'une grue, le sol disparut sous mes yeux. Comme fondu, un trou, du vide, sous moi ! Ok... Respire... Rouvre tes petits noeils lentement..Lente...

 

- AHHHHHHHHH..... !!!!!!

 

J'avais beau me débattre, rien n'y faisait : la personne, le truc, bref on s'en fiche, qui me tenait ne lâchait pas et, par dieu seul sait quelle ténacité nouvelle, mon tee-shirt s'avouait indestructible. Devais-je le remercier pour cette solidité inouïe qui me sauvait la vie ?

 

Me forçant à regarder devant moi (sous terre donc vous l'aurez compris), je restais interdite : un chemin de pierres, surmonté d'une voûte enchanteresse, laissait apparaître un paysage utopique. La mer au loin (en bas?) était d'un bleu azur envoûtant et le soleil m'appelait. La paix. Oui, la paix était en bas, là, sous moi.

 

- Qu'est-ce que... Non ! Arrêtez ! Ne me lâchez pas ! Ne me... NooOOOONNNNNNNNNN !!

 

Je tombais... Me retournant dans la chute, j'eus le temps d'apercevoir mon lâcheur, ce héros. C'était un homme, immense comme attendu, beau brun, plutôt bien fichu. Si je ne mourrais pas en atterrissant au paradis, j'allais regretter de ne pas avoir une aussi belle compagnie. Mon regard s’arrêta sur son chapeau de cow-boy, seul élément non raccord avec le reste. En grosses lettres noires y était écrit Jack Daniels. Bien bien... J'avais clairement abusé de la boisson, quelqu'un avait même dû mettre un truc dans mon verre... Pas moyen !

 

Un charmant clin d’œil vert plus tard, le trou se refermait sous lui, au dessus de moi, et tout s'éteignit.

 

Tuut Tuut Tuut Tuut...

 

Je balançais mon bras en direction du réveil. Ouvrant un œil, ce dernier affichait sept heures, il me restait donc moins de trente minutes pour me bouger et aller au boulot. J'avais mal partout pire que si on m'avait roulé dessus avec un semi ! Et quel rêve j'avais fait ! J'étais dans une crique paradisiaque, seule et tranquille, et le temps semblait s'y être arrêté. J'avais nagé, bronzé, rêvé. Tout n'y était que bonheur et beauté. J'y avais même rencontré le beau cow-boy ! On a longuement parlé, de tout et de rien. Il était adorable, drôle, rassurant, charmant... L'homme de mes rêves...

 

Bon sang, il fallait vraiment que j'arrête la picole. Faisant voler la couette sur le côté, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant mon lit plein de sable. Je sautais à terre comme piquée par on ne sait quelle mouche ! N'avais-je pas encore décuvé ? Je courais à la salle d'eau et le miroir m’asséna le coup fatal : mes cheveux trempés étaient ornés de coquillages, ceux-là même que j'avais ramassé dans mon rêve. Est-ce que... tout ça aurait pu être vrai ? Je rigolais toute seule devant ma propre bêtise. Je n'étais plus une petite fille qui croyait aux contes de fées et aux histoires Disney. Je ne me rappelais pas qui m'avait raccompagné hier soir mais il s'était visiblement bien foutu de moi.

 

Je me douchais rapidement, enlevais les coquillages, que je trouvais néanmoins très beaux et que je ne parvenais pas à rattacher à une quelconque famille de coquillages déjà connue de ma petite caboche. Je m'habillais rapidement et passais dans l'entrée pour récupérer mes clefs. Comme d'habitude, quand on est à la bourre, impossible de mettre la main dessus ! Je cherchais partout, commençant à me faire une raison en voyant l'heure tourner. Quelle excuse allais-je encore pouvoir bien inventer ? Je finis par chercher par terre, imaginant les avoir perdues en rentrant ivre morte. Juste une goutte d'eau, là. Une autre. Encore une, ou deux. Trois ? Une dernière. Bon, là une vraie dernière. Après cette chasse au trésor, j'étais là, devant mon bar, mon petit meuble à bouteilles. Avais-je continué de picoler en rentrant ? Misère... plus rien ne m'étonnait. J'ouvris le meuble et mes clefs trônaient là, près de la bouteille de Jack. Furieuse après mon moi de la veille, j'attrapais les clefs à la dérobée et, par la même occasion, envoyait valser la bouteille qui s'écrasa au sol. La boisson entrait à peine en contact avec le sol que celui-ci s'écarta pour laisser place à un trou béant dans mon salon. En dessous, pas l'appartement de la vieille voisine, non, mais mon petit paradis ! Je n'en croyais pas mes yeux. Il y avait un petit mot sur le mur de pierres, à droite :

 

Je t'attends en bas. Jack.

 

Et puis merde, la vie était trop courte et inintéressante pour ne pas prendre ce risque ! J'envoyais quand même un petit texto d'adieu. Je pris quelques affaires, et, ni une ni deux, sautais dans l'inconnu pour toujours, rejoignant pas la même occasion mon Jack d'amour.

 

Ne cherchez pas le trou, il s'est bouché dès que je suis passée.

 

 

Quelque part sur le portable d'un patron en colère :

 

« Bonjour Boss. Je ne pourrais pas être là aujourd'hui. Figurez vous que j'ai trouvé un petit coin de paradis très loin de tout ce train-train.

 

Vous direz à Disney qu'ils avaient tord : Narnia ne se trouve pas dans une armoire. Non, Narnia se trouve dans un whisky coca.

 

Je reviendrais... ou pas.

 

Sully. »

 

 

Tilancia

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article

commentaires

Mony 12/09/2017 11:18

Bel imaginaire dans lequel j'aime de pénétrer :)

aimela 10/09/2017 10:35

Ouf ! le trou est rebouché, je n'ai pas envie de tomber dedans dans un moment de griserie :)

Loïc Roussain 10/09/2017 09:05

Houlala ! on dirait qu'il y a du vécu, là !

Tilancia 09/09/2017 19:32

Petit coquille : Je t'attends (Jack a trop bu haha)

Mil et une 09/09/2017 19:51

Le s a été rajouté, Tilancia !

Contact

  • : Mil et une, atelier d'écriture en ligne
  • Mil et une, atelier d'écriture en ligne
  • : écriture en ligne
  • Contact

Recherche

Pour envoyer les textes

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse mail les40voleurs(at)laposte.net
 

Infos