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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 16:35

sujet 03/2022 - clic

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J’étais tellement fatiguée que j’ai voulu m’étendre cinq minutes sur mon canapé. Au bout d‘une heure, je me suis réveillée, surprise d’être toujours là, étendue dans la position où le sommeil m’avait surprise, dans un état de relâchement et de décontraction totale. C’est amusant, dans mon rêve, je flottais au-dessus de mon divan, plus légère qu’une plume, plus détendue que jamais, ayant complètement zappé les 70 kilos de la personne « bien en chair » que je suis et bravant ainsi toutes les lois actuelles de l’apesanteur.

 

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais observer son propre corps de ses yeux tout en étant consciente de se trouver ailleurs, ça vous met dans des états que la conscience elle-même ne peut analyser. Il paraît que lorsque le corps quitte son propriétaire pour aller se déployer autre part, cela peut être dû soit à l’intervention d’un esprit bas, diabolique, qui vous veut personnellement du mal, soit à un état mystique qui vous emporte pour quelques minutes dans un univers bien particulier que les savants nomment auto-lévitation. Moi, j’avais juste  l’impression d’avoir quitté mon corps si pesant  pour un pays de rêve, d’insouciance et de légèreté absolus.

 

Dans la position où je me trouvais, je ne pouvais pas voir qu’au-dessus de ma tête voletaient un certain nombres d’ouvrages entrouverts qui auraient pu me blesser s’ils m’étaient tombés dessus. Evidemment, ces objets ne pouvaient être que le fruit de mon imagination et rester des entités virtuelles. Mais, ayant toujours voué un amour inconditionnel à la lecture, tout en me reprochant de ne pas trouver assez de temps pour m’adonner à ce loisir, j’en concluais, après mûre réflexion, que cette pluie d’ouvrages n’était en somme que la vengeance justifiée d’un petit peuple de bibliothécaires municipaux lésés par ma prétendue indifférence.

 

Quand je racontai mon rêve à mon oncle, qui est un grand peintre très connu doublé d’un bon photographe, il voulut en reconstituer la scène. Ce qu’il exécuta rapidement et d’une manière tout à fait formidable. La lévitation était très bien reproduite et les traits de mon visage respiraient une paix et une sérénité non simulées. Je lui fis remarquer tout de même au passage qu’il n’avait pas lésiné sur ma corpulence et mes rondeurs, ce qui déclencha chez lui un énorme fou-rire (lui-même est ce qu’on appelle un homme bien enveloppé mais n’en souffre nullement, contrairement à moi)

 

Il restait la présence du chat. Qui n’existait pas dans mon rêve. Mon oncle le rajouta tout à la fin, pour combler un vide pictural « évident » et assurer l’harmonie de l’ouvrage, et aussi pour satisfaire un caprice de peintre qui se souvient tout à coup que le chat noir est et restera, dans la mémoire collective,  la représentation d‘un dieu plutôt malveillant et un animal s’apparentant à la sorcellerie.

 

Je n’ai plus jamais refait ce rêve. J’ai juste entrepris récemment un régime pour gommer mes quelques kilos en trop, et pour me faire prendre un peu plus de hauteur au cas où il se reproduirait. Ce qui permettrait aussi à mon artiste et oncle bienaimé de réaliser un nouveau tableau !

 

 

Le blog de Cloclo

commentaires

K
La lévitation finalement faut plus l'éviter !
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M
Poser ou plutôt léviter pour un peintre reconnu et voilà la renommée au bout de la sieste:)<br /> A-t-il bien fait d'intégrer un chat noir ? L'avenir le dira ou pas...
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J
Merci à l'artiste de la famille ,-)
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