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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:08

 

porté par un vent qui l’éloigne des côtes,

l’esquif s’enfonce aux confins

des paquets gluants et glacés s’agrippent aux rafales

embruns incandescents

l’acier gémit et résiste

il s’est amarré de cordes au bastingage

ce pénis de pierre accouché de la roche

son œil jaunâtre qui balaie le déchaînement

comme un doigt de tempête

farouche et avide

les planches se déchirent

et voilà la terre

ce crayon de granit à la mine balbutiante

le flot est prétentieux

il gravit de l’intérieur ce pieu comme un défi

et le vent qui s’acharne, fait trembler l’édifice

le phare est vide

certainement les fantômes

qui veillent sur le verre et l’état de l’éclat

cette peau liquide n’en finit pas de remuer

l’orage qui scintille aux frontières des paupières

il observe, il scrute

les mois qui passent

sculptent à ses joues d’autres chemins

cette nuit-là était autre

fragments de roulis

écailles mouvantes qui se dessinent

la mer accouche

les yeux rongés de sel, rouges comme la veine

juste guetter la brillance ponctuelle

du faisceau aveugle

figé d’errances projetées

il l’espère s’approcher, crever l’ombre, dévoiler sa présence

écorce tremblante qui balbutie aux jugements

parfois aux replis de l’étoffe

la vague qui suinte, relents de poissons oubliés

écrasés sous la botte d’éphémères voyageurs

elle s’esquisse si fragile si furtive

transparente aux tourmentes

et lui qui tend les mains

encore la nuit à cogner la roche

à rêver d’impossibles courbes

si lentes et sereines

elle va venir, c’est sur…

cette bave d’écume au repli d’une lèvre

des souvenirs balancés, ressac d’amertume

il descend titubant, ce lancinement de marches

elle a gravi le derme

une main habillée de terre et d’eau

cette boue qui le dévore et le ronge

il chancelle sous le déferlement

il l’attend depuis si longtemps, viens…

une silhouette diaphane

comme sous le trait d’un peintre halluciné,

se dessine habillée de brume et d’écharpes nacrées

elle est là, c’est sur…

toute trempée et déjà ses cheveux qui volent

derrière lui ce trait de roc

la houle gueule, le froid en guenilles

sa peau rêvée jusqu’aux frissons

filets de vents, coraux cristallins et salés

l’écume tâtonne, les éléments forniquent

c’est elle c’est sûr…

 

Daniel

 

commentaires

J
<br /> évocations et métaphores intimement et subtilement mêlées dans le violence de la tempête et des émotions. superbe !<br />
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M
<br /> Que d'images défilent au fil des mots. L'image sereine ne serait-elle qu'un leurre ?<br />
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M
<br /> Le phare symbole phallique ..... Pourquoi pas ?<br /> <br /> <br /> Si reine, sirène sereine... J'aime<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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E
<br /> halluciné est le terme qui m'est venu en te lisant, bien avant de voir que tu l'utilises toi même - c'est superbe, Daniel<br />
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M
<br /> Un texte superbe, à fleur de peau, lutte sensuelle contre les éléments et bouillonnement, explosion, la suggestion est fescinante.  <br />
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C
<br /> Des images poétiques superbes; des métaphores fortes à vous couper le souffle  et un style d'écriture tenue dans la durée qui ravit! C'est beau! Chloé<br />
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