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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:54

sujet semaine 08/2017 - clic

On lui avait pourtant dit, pourtant, au Fernand, de ne pas sortir… Mais son fils avait tant envie de cette formation à l'école maritime. Il avait rêvé du noble métier de marin-pêcheur, il adorait tout ce qui touche de près ou de loin à la mer.

Le ciel était mauvais, pourtant, on le lui avait dit, à Fernand. Mais Joël avait déjà fait son sac, préparé sa plus belle tenue du dimanche, celle qu'il ne porterait plus par la suite que pour les obsèques dans la famille, la petite, ou la grande, des marins du petit port.

 

Le ciel était mauvais, très mauvais. Mais il se devait, s'était promis, d'aider Joël à bien démarrer dans la vie, à ne pas être gêné devant ses camarades, à tenir son rang. Il aurait tout le temps de rembourser, après quelques bonnes sorties en mer.

 

Les femmes et les hommes, "réunis séparément", selon la coutume, devisaient tête penchée ; leurs mots étaient rares et pesants.

 

 

Joël avait appris, par les attroupements dans les rues. Il était resté de marbre, blanc comme un linge, comme les robes de sa mère et des autres femmes. Immobile, il avait écarté les bras, levés vers le ciel, l'air hagard.

 

Et le cri. Un hurlement bestial, nourri d'épouvante et de douleur mortifère, avait jailli de sa gorge, du plus profond de son être, interminable, secoué de râles étouffés. Puis s'éleva une longue plainte, qui quémandait, qui suppliait. Il criait à l'aide, au secours, appelait d'une voix misérable au soutien de la communauté et à la solidarité maritime.

 

Le jeune homme était resté un long moment à genoux, le front contre le sol, totalement immobile, puis s'était levé, très lentement. Il semblait vouloir donner à son mouvement la mise en scène la plus noble et la plus sincère possible.

 

Il lui devait bien ça, au père.

 

 

Loïc

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 15:19

sujet semaine 08/2017 - clic

Elle les a regardé m'emmené sans rien dire. Alors que les autres femmes du village étaient toutes honteuses et se détournaient les unes après les autres de ce spectacle si pathétique, elle resta de marbre. Les quelques hommes présents faisaient les ignorants alors que mes pieds râpaient sur le ponton à la recherche de la moindre adhérence, en vain. Je ne quittais pas son visage, insensible, froid, jusqu'à ce que je disparaisse, et elle par la même occasion, progressivement. La barque était étroite et instable. Je manquai de nourrir les poissons à plusieurs reprises à force de me débattre. Quelques coups plus tard, poupée inerte, je me retrouvais spectatrice de mon propre sort. Le regard assassin que je lui lançais s'estompa rapidement dans la brume épaisse qui nous recouvrit bientôt. Je me souviendrai toujours du bruit des flots, des bouées, des tintements métalliques. D'une mouette, de plusieurs peut-être.

 

Ainsi vint l'aube tentant de percer le coton épais qui nous assaillait et, bien qu'invisible maintenant, je n'eus pour elle qu'un seul cri rendu inaudible par les sanglots : « Mère ! ».

 

 

Tilancia

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 15:16

sujet semaine 08/2017 - clic

La scène se passe sur le pont. Clémentine et Claudine reviennent de pratiquer leurs bonnes œuvres où elles ont assisté également à un discours de prédicateur

 

 

-Vois tu Clémentine, j ai apprécié le discours du prédicateur ce tantôt.

 

-Oh tu sais, l’amour, la peur, la mort, ce sont des sujets très personnels  Chacun les affronte à sa mesure. Regarde, pas plus tard qu’hier, j’ai rencontré la mère Roquentine  qui va sur ses 99 ans. Et bien, elle m’assure se sentir éternelle, n’avoir pas peur de la mort, elle se demande si elle retrouvera l’amour avant de terminer son passage sur terre … elle a 15 ans dans sa calebasse.

 

-Ma foi oui,  dans son  crâne ! Elle a bien de la chance d’avoir cet état d'esprit. Cependant,  je trouve la vie bien cruelle pour certains.Tout s’accumule sur leur tête sans que pour autant ils n’aient fait quoique soit pour cela.. Et le prédicateur nous a bien distingué ceux qui avaient cherché par leurs actes  leur malheur, et ceux qui….

 

Silence…puis

 

..Quoique, à la réflexion, nous sommes toujours à la merci de …

 

à nouveau silence …

 

Tiens, ce pont ou nous sommes, il peut s’effondrer et nous propulser dans la rivière, et notre tort aura été là, justement d’être là..

 

-Tu dérailles Claudine, tu me fais frémir, vite passons ce pont. Allons voir si Sidonie a terminé notre Robe de demoiselle d’honneur, pour le mariage de notre sœur …

 

 

Elles s’éloignent avec des pas légers mais pressés, de ce pont de bois…

Arrivées sur la rive, elles entendent un grand craquement….

Elles poussent ensemble alors un grand cri …

 

 

Jak

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 14:30

sujet semaine 08/2017 - clic

La nouvelle se répandit en un rien de temps. La ville entière était en émoi. On ne parlait plus que de cela du haut des collines jusqu'au fin fond de la rue de l'Alverge.

 

Tout avait commencé la veille quand un pêcheur, complètement affolé, se précipita dans le bistrot voisin des berges de la rivière. Il s'assit lourdement sur la première chaise venue et prit sa tête dans ses mains. Il tremblait et respirait si bruyamment que toutes les personnes présentes se tournèrent vers lui.

- Tu as vu le diable ? l'interrogea l'aubergiste, un rougeaud goguenard toujours prêt à raconter des blagues. Je te sers un remontant ?

L'homme se leva vivement et sortit en courant du troquet. Les gens se regardaient, perplexes. Tout le monde ici connaissait Marcelin, un brave garçon un peu simplet qui passait son temps à taquiner les poissons dans la Montane. Que lui était-il arrivé ?

 

Et les supputations allaient bon train. On aura tenter de lui faire un mauvais coup sûrement disaient les uns, il a eu la grande peur affirmaient les autres. Chacun ajoutait son grain de sel dans un brouhaha indescriptible.

 

Le lendemain matin, jour de marché place de la cathédrale, la rumeur filait, incontrôlable. Les paysannes venues des campagnes voisines caquetaient pire que leurs volailles. Elles avaient abandonné les paniers pleins d'œufs, de beurre frais et de légumes pour s'agglutiner devant la carriole du laitier qui faisait force gestes en s'époumonant.

- Ah , mes braves femmes, si vous saviez ! Le Marcelin. Le Marcelin est perdu.

- Comment ça, il s'est perdu ?

- Mais non, il ne s'est pas perdu ! Il l'a vue Il l'a vue. Comme je vous vois.

- Il a vu quoi ? beuglèrent les commères excitées en replaçant leur fichu sur leur tête.

- Mais je ne sais pas moi ! Ce que je sais c'est qu'il l'a vue et que depuis, il est couché et ne se lève pas.

- Ah pauvre !

 

Arrivèrent alors, leur cabas au bras, les clampes du Trech. Rien ne leur échappe pensaient les fermières. Elles, à coup sûr, savaient. Et chacune de regagner promptement sa place devant sa marchandise.

Mais les clampes se taisaient et passaient en se rengorgeant, mine de rien. Les paysannes en oubliaient de vanter leur étal et les regardaient avidement. Pas un mot.

 

Les petites bonnes des bourgeois avaient aussi entendu parler de l'affaire et essayaient de capter les conversations. Nul doute que leurs maîtresses, friandes de potins, leur avaient vivement conseillé de tendre l'oreille.

 

Les bigotes s'étaient rassemblées sur le parvis de la cathédrale. Elles décidèrent de s'entretenir avec le vicaire général et surtout de prier pour que le diable s'éloigne de la cité. Pas étonnant assuraient-elles. Avec toutes ces femmes de mauvaise vie, ces gourgandines qui se promènent dans les rues, seules, portant des culottes bouffantes ou des jupes trop courtes pour montrer leurs jupons de dentelle. Sûr que le bon Dieu n'aime pas ça.

 

La grande Fernande arriva tout essoufflée. Elle avait ses informateurs.

- Ah, le malheur est sur nous. Le Marcelin a vu LA BÊTE. Elle est grosse comme...comme un cochon engraissé. Elle est couverte de poils d'une drôle de couleur, a des plumes sur la tête, des oreilles pointues et nage comme une anguille. Elle pousse un cri bizarre et n'a peur de rien. Marcelin ne s'en remettra pas, je vous le dis.

 

Le soir venu, chacun rentra chez soi, ferma soigneusement portes et volets. On ne savait pas avec LA BÊTE. La peur habitait la ville.

 

Le dimanche après midi, sur le pont des Carmes, l'on vit déambuler le préfet et la préfète, le notaire et la notairesse, l'évêque et...Eugénie ainsi que deux de ses amies, aussi affriolantes qu'elle.

Ils n'étaient pas très fiers de se mêler à la populace mais la curiosité, n'est-ce pas ?

Ils scrutaient la rivière et ses berges. Les femmes, pour faire leurs intéressantes, poussaient de temps en temps une exclamation en montrant du doigt et en se reculant promptement. Ce qui interpelait les hommes qui se penchaient un peu plus sur les rambardes. Mais rien. Personne ne vit quoi que ce soit.

 

Marcelin se remit peu à peu mais il ne fallait pas lui parler de LA BÊTE.

Certains, moins crédules et plus avisés pensèrent qu'il s'agissait tout bonnement d'un renard surpris s'enfuyant avec une poule dans sa gueule. Mais rien n'était moins sûr bien entendu.

 

Cependant, tout le monde raconte encore l'histoire de LA BÊTE à Marcelin dans les rues de la ville un siècle plus tard

 

 

Marité

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:23

sujet semaine 08/2017 - clic

Mademoiselle pindur a interrogé les autres pensionnaires-
Aucune n'a entendu de cri, et pourtant la jeune Liselotte
a disparu-
Malgré son air sévère elle n'obtiendra rien de ces jeunes
filles-
Bien sûr les curieux qui font semblant de rien épient
par en dessous le moindre geste équivoque-
La petite Liselotte avait demandé des cours de natation
au bord du lac- La direction étonnée avait accédé à son désir-
Le sport forme la jeunesse-
Elle mangerait mieux, profiterait du bon air avec ses camarades-
Mais de là à s'évader comme une voleuse,du manoir en pleine nuit-
Jamais pareille histoire n'était arrivée à la station thermale-
Les jeunes filles malades y venaient se refaire une santé !
L'ambiance était loin d'être gaie-
Mais où pouvait-elle bien être allée ?
Allons rentrons, le commissaire vous attend toutes pour
vous poser quelques questions-
Le retour fut silencieux, on aurait entendu une moche voler-
Des jeunes filles à qui l'on aurait donné le bon dieu
sans confession déclara le curé en réponse à une question-
Voilà une bien curieuse enquête dit l'adjoint du commissaire-

 

 

Lady Marianne

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 21:05

sujet semaine 08/2017 - clic

- Cette maudite humidité réveille mes rhumatismes. Pourvu qu’ils ne tardent à revenir…

 

Didrick, le vieux, se recroqueville un peu plus sur lui-même et à sa suite Simen et Leiv appuient davantage leurs corps voutés sur la rambarde de l’antique pont de bois.

Trois choucas fatigués de la vie, murmure Lona à l’adresse des quatre autres femmes.

Mais elles, sont-elles plus vaillantes ?

Lona en doute en observant ses amies.

 

- Jamais je ne me laisserai aller au pessimiste, jamais ! Tenons-nous droites malgré la fraîcheur du soir qui s’installe. Ils doivent être fiers de nous.

 

Ces paroles font redresser les têtes chapeautées, les tailles se cambrent, une petite flamme brille dans les regards. Ou alors est-ce une légère buée ?

 

Lona une fois de plus scrute l’autre rive. En vain. La route venant de Roknik reste désespérément vide, aucun bruit de charrette ne se fait entendre, seul un appel de canard sauvage se répercute à l’infini sur les eaux calmes du Born.

De tout son bois craquant, le pont lui répond sa plainte du soir.

 

- Lui aussi souffre dans son corps, constate Lona. Rentrons, il se fait tard. Demain, nous reviendrons à nouveau guetter.

 

C’est alors que surgit le cri, le fameux cri de ralliement.

 

Les chapeaux s’envolent, les trois choucas se redressent électrisés d’espoir et courent tant bien que mal à la suite des cinq femmes.

Serait-ce eux ? Leurs maris, leurs fils ?

Mais Lona ralentit l’allure.

Quatre, ils ne sont que quatre !

Darius… Arian… Piet… Jonas…

Où est Allan ?

 

Les corps s’étreignent mais bien vite les regards se font fuyants face à Lona qui s’effondre, un moment, un moment seulement.

 

Allan, là-bas où qu’il soit, DOIT être fier d’elle.

 

 

Mony

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 12:19

sujet semaine 08/2017 - clic

Il faisait beau ce matin-là, un groupe de personnes se trouvait sur le pont. Pendant que des hommes en noir, accoudés à la rambarde, regardaient la rivière qui coulait sous leurs pieds, les femmes vêtues élégamment discutaient entre elles.

 

Soudain un cri au loin !

 

L'une d'elles se retourna d'un coup et aperçut un homme terrorisé qui se tenait les oreilles et qui s'approchait du groupe. Comme une contagion, la peur emplit tout le corps de la jeune femme qui s'enfuit en courant laissant tous les autres médusés derrière elle.

 

A ce jour personne ne sait ce qu'il advint d'elle ni même de l'homme au cri quant aux personnes du groupe, après des recherches infructueuses de la jeune femme, ils rentrèrent chacun chez soi et ne remirent plus jamais les pieds sur le pont.

 

 

Aimela

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 11:15

sujet semaine 08/2017 - clic

Sur le pont de fer qui traversait un petit ruisseau, je m'asseyais pour lire

 

Ou pour regarder l'eau vive chantée par Guy Béart rafraîchir mes rêves.

 

 

 

Edvard Munch ne pousse aucun cri  de terreur en plaçant des jeunes filles

 

Sur un pont dans un paysage urbain et vespéral qui me charme.

 

 

 

Sur un autre pont de fer du même jardin-paysage aquatique

 

La petite fille en chaussons montants a crié et connu la panique

 

 

 

J'aimerais un jour voir Le pont de Narni situé dans la région italienne

 

 De l'Ombrie peint par Camille Corot, bien lion de Mortefontaine

 

 

 

Sur un plus grand pont à la façon d'Eiffel, j'ai contemplé la plage

 

Où j'allais me  réveiller d'un été torride dans une eau bien fraîche

 

 

 

Contempler un jour de printemps, Le pont japonais de Claude

 

Monet à Giverny et voir des nymphéas ailleurs qu'à l'Orangerie parisienne.

 

 

 

Sur les ponts d'Aube et de Seine, j'ai rêvé de départs et de voyages

 

Je n'y ai plus de repères, juste une famille et pas de port d'attache

 

 

 

Je n'ai pas vu Le pont du chemin de fer à Chatou dans les Yvelines

 

Mais j'aime regarder passer les trains des ponts des villes que j'aime

 

 

 

Sur le pont de la Garonne à Toulouse chanté par Nougaro, je repère

 

Un coin sur les rives pour réviser mes cours de lettres ou lire

 

 

Laura Vanel-Coytte

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 11:08

sujet semaine 08/2017 - clic

Lumineuse  peinture que celle

De ces Jolies demoiselles

Au soleil

Qui conversent sur la passerelle

Sous l’œil d’Edvard et Pablo

 

Sombre tableau que celui

De cet enfant qui mendie

Réclamant à cor, à cris

Un peu d’eau

Sur la toile de Murillo

 

 

Chloé

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 07:09

sujet semaine 08/2017 - clic

Il s'ennuie un peu, Carolus, le stagiaire du commissariat d'Aasgaardstrand, depuis que le grand manitou l'a chargé d'avoir à l'œil le pont sur le fjord, haut lieu, selon son indic, du trafic d'huile de foie de morue avec la Suède.

 

Alors, tandis qu'il se les gèle, en planque sur le banc à la lisière de la forêt, avec vue imprenable sur le dit pont, Carolus s'imagine agent secret au NSM (Nasjonal Sikkerhetsmyndighet).

Il s'est fabriqué une légende : il est peintre. Pour décourager les admiratrices indiscrètes qui pourraient venir glousser devant ses piètres aquarelles, il précisera qu'il ne fait que des esquisses rapides, brouillons pour de futurs tableaux.

Encore qu'elles soient rares, au final, les admiratrices.

Il faut être un peu maso pour tenir là des heures, dans le froid, avec ce vent piquant qui monte avec la marée, même si sa légende autorise une couverture sur les genoux, comme les vieux de St Olaf qu'il a vus passer en fauteuil sur le pont, l' après-midi de mercredi, poussés par de sévères bénévoles emmitouflées.

A part les vieux (dont il faudra vérifier le harnachement par acquit de conscience), il n'a pas vu grand trafic sur le pont : deux élans lundi matin, et un loup boiteux grisonnant en soirée ; il n'a pas jugé utile de les croquer, vu l'heure avancée. Dimanche est passé un tracteur maquillé en traineau, conduit par un dénommé Hans Andersen, qui se rendait au festival des pères Noel. Pas net non plus, il l'a inscrit sur son carnet de signalements.

Les humains sont rares, ah si, il a vu passer un mec bizarre qui courait en hurlant, les mains sur les oreilles[1], visiblement égaré. Sans valise ni sac à dos.

Mardi, il a fait un temps radieux, quelques oiselles en robes printanières[2], (bien trop légères) se sont pavanées à son intention, de face, de dos…

 

Mais là, il regretterait presque de ne pas savoir peindre. Sur le pont, (que pour lui-même il a baptisé "pont de la rivière Kwaï "pour lui donner un petit air vaguement japonisant en hommage à Monet, même si cela ne le réchauffe que fort peu), s'avance un groupe de dames chic.

Il les reconnait, le chef les lui a présentées à la sortie de la messe, en bafouillant un peu : ce sont les quatre filles du docteur Munch, et leur Mère, qui se pique de culture française au point de questionner en cette langue les demoiselles chapeautées : n'entendîtes vous pas un cri, Kristina ? N'avez-vous rien ouï, Luiza ?

 

Carolus sait bien d'où vient ce cri, qui imite -fort mal- celui du guillemot de Brünnich en période de reproduction : de l'un des trois pingouins appuyés contre la balustrade, qui cherche à attirer l'attention des donzelles ; ils portent l'uniforme de l'école des croque morts d'Oslo, Carolus les a croisés à la taverne où leurs frasques guillerettes semblaient modérément appréciées ; ils feignent d'être passionnés par le débit de l'eau et le passage furtif de sombres bancs de morues, voilà qui est très très louche, du repérage sans aucun doute !.

Vite ! Filons au rapport !

 


[1][1] Le Cri adjugé 119,9 millions de dollars en 2012

[2] Les Filles sur le pont, vendu 54,5 millions de dollars en 2016

 

 

Emma

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