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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 07:00

sujet semaine 52/2016 - clic

Toute la nuit, Jason avait pleurniché.

Ce n'est qu'au petit matin, qu'enfin, il s'était calmé.

Vainement, Josèpha et Marius l'avaient bercé,

Lui assurant que ne serait pas oublié son petit soulier.

Rien n'y faisait.

Sans se consulter, ses parents avaient pensé:

"Ce petit a besoin d'être rassuré,

Le monde tel qu'il est,

Il ne doit pas le trouver enchanté."

Sans un mot, au milieu d'eux, l'avaient couché,

Caressé, câliné, restauré.

Tous les trois, épuisés,

S'étaient apaisés.

Brave chien, qui, lui, rien ne réclamait,

Juste un coin douillet,

Juste une place dans ce paradis, envié,

Enfin, c'était arrivé,

Les trois êtres qu'il chérissait,

Pour une fois, rien ne verraient, ni ne diraient,

Trop fatigués,

Pour, au pied du lit, lui ordonner,

De s’y allonger.

Bivouac depuis longtemps convoité,

Ce lit, moelleux, à souhait,

Le cadeau de noël rêvé,

Pour un chien nommé Morphée.

 

 

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 13:47

sujet semaine 52/2016 - clic

Elle voulait un chien

Moi je n'en voulais pas

Il lui fut pourtant facile

Mon Bulldog Bill...

Puis,

Elle voulut un enfant

Moi je n'en voulais pas

Il lui fut pourtant facile

Ma fille Cécile...

 

Petite puce

Grand saut dans notre vie,

Entre forme humaine et zombi

On a l'air de quoi

Ma foi

Ô petite puce...

 

De biberon en lange

Courte est la nuit

Qui a tout du bivouac,

La chambre et le sommeil

C'est du n'importe quoi

Du p'tit chinois

Que déjà le coq et le soleil

Nous tirent du bac,

De notre amour le fruit

Réclame un autre lange...

 

Chéri... Faut sortir Cécile

Donner le biberon à Bill

Sonne ma femme dans le coaltar...

Pas mieux, vaseux, et pas d'échappatoire !

 

 

jill bill

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 13:45

sujet semaine 52/2016 - clic

Lendemain de fête
Sous la couette

 

La petite famille
S'est endormie
Tard dans la nuit
Au petit matin
Pêle-mêle
La petite famille
Et leur gros chien
Se reveillent à peine
Dans le lit conjugal

 

Cependant
Quelque chose cloche
Ambiance surréaliste
Quelque peu insolite

 

Bon Noël  à vous
Sous la couette

 

 

Pascal Levaillant

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 12:00
Sujet semaine 52/2016

Danielle Guenther - clic et clic

 

Le mot à insérer facultativement est : BIVOUAC

 

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse : les40voleurs(at)laposte.net

 

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Que cette dernière semaine de l'année 2016 vous soit douce !

Joyeux Noël !

 

Mil et une

 

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 13:57

sujet semaine 51/2016 - clic

Pour les rennes et les lutins soutiers du Père Noël, ce soir était synonyme d'insomnie, de soif à peine apaisée par la neige sale, de l'amertume des forêts irradiées. A peine un merci murmuré ça et là, ils courbaient l'échine pour apporter à l'heure tous ces cadeaux dans la lumière des logements cosys, loin de la cruauté d'un autre monde.
 
 
 
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 07:46

sujet semaine 51/2016 - clic

La lumière, ici,
Ne sert qu'à projeter l'ombre
Des barreaux sur les murs froids
Ivres d'insomnie et d'amertume ;
 
La fête, d'ici,
N'est qu'un point dans le soir sombre,
Une étoile pour des rois
Ne s'étant pas trompés de costume ;
 
C'est à la merci
De rats et cafards en nombre
Vêtus de penchants pas droits,
Que Fleury perd Noël, s'accoutume
À sa soif de Liberté,
Se ripoline à l'Encre de Chine
Un destin bien agité,
Tourne, bon an mal an, sa machine
À laver la cruauté,
Tandis que Mérogis, lui, s'échine
À garder leur unité.
 
 
 
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 16:24

sujet semaine 51/2016 - clic

Hier soir, alors qu'en rouge et or, la lumière chaude et douce d'une nuit de fête baigne le marché de Noël, des barbares ayant soif de cruauté ont encore commis l'irréparable, semant la mort, la douleur, l'effroi et l'insomnie de milliers de Berlinois.

 

Ne pas courber l'échine malgré la peur : la vie en vaut la peine !

 

 

Marité

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 19:15

sujet semaine 51/2016 - clic

Ma chère amie

 

A bien y songer, nous séparant sur vos mots, définitifs, si je dois vous en croire,"que la vie en vaut la peine", où j'y décelais une amertume telle, qu'elle me tint longtemps de compagne, jusque dans mes insomnies, avant que de ce soir, je m'avise qu'il ne sert à rien que je m'échine à comprendre cette soif sans merci, qui vous anime dans la quête d'une lumière obsolète, et c'est pour vous remercier de m'avoir ouvert les yeux sur ma propre cruauté qui n'a d'égale que la vôtre, que je m'empresse de vous retourner ces cadeaux, car venant de vous, je crains que vous n'y ayez glissé quelques mauvaises intentions, et farces de mauvais goûts, sans oublier d'en ajouter un personnel, dont je constate que vous l'avez tout de suite remarqué, sinon vous ne seriez plus en état de lire cette lettre que j'y avais glissé .

 

Ennami.

 

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 15:46

sujet semaine 51/2016 - clic

En même temps qu'elle apportait solennellement la bûche, Maman coupa la lumière.

Instant magique : la pièce n'était plus éclairée que par les flammes du poêle à bois et la lueur bleutée intermittente de la guirlande de leds sur le sapin en plastique ignifugé.

Par précaution la crèche était momentanément enfouie sous du papier rocher, pour éviter les habituelles diatribes de Papy Robert, libre penseur canal historique.

Au pied du sapin, un grand carton rouge affichait la touchante prière de Miss France, soigneusement calligraphiée à l'encre dorée par Léa :

 

Merci la vie

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté

Que chacun mange à sa faim, boive à sa soif !

 

Sous laquelle une main sacrilège avait ajouté subrepticement au feutre noir :

 

AVEC MODERACION

 

Le père Noël pouvait entrer.

Il entra, l'échine courbée sous un gros sac mou qui s'appelait "la hotte".

Jojo nota qu'il n'avait pas recousu la fourrure qui pendouillait déjà de sa capuche l'an dernier.

- Voilà les cadeaux ! dit le père Noël avec la voix rocailleuse de Nounours dans bonne nuit les petits, mais joyeuse malgré la fatigue qui devait être la sienne.

Il s'assit sur le fauteuil préféré de Papa et renversa le sac sur le tapis.

Après distribution on fit le constat :

- pour papy Robert, un chapelet en bois brut dans un pochon de commerce équitable.

- pour Tante Adèle, fervente vegan, la réédition à tirage limité de "83 façons de cuisiner le bœuf".

- Maman et Tonton Boule, l'une souffrant d'insomnies, l'autre d'un excès de poids, avaient droit respectivement à "apnées fatales" et "manger tue", de la collection "DANGERS MORTELS" du docteur Lajoie.

- Léa, qui occupait deux chaises à cause du gros plâtre sur sa jambe droite, avait reçu une corde à sauter.

- Jojo, qui, par pure curiosité scientifique, avait soigneusement pilonné au marteau celui de l'an dernier, écopa d'un Rubik’s Cube.

 

Devant tant de cruauté, chacun n'était pas loin de penser que le père Noël était vraiment une ordure.

Sauf bébé Mathis dans sa chaise haute, apparemment ravi de sa perceuse visseuse sans fil.

 

C'est alors que le père Noel s'écria "surprise ! ", en ouvrant sa houppelande qui cachait dans sa doublure pressionnée une grande boite économique de Ferreros, comme dans les réceptions de l'ambassadeur, et un sachet d'oeufs Kinder, qui auraient ressuscité les fastes de Fabergé s'il y avait eu des érudits.

 

La joie avait chassé l'amertume.

Et je me hâtai de poster la vidéo sur YouTube.

 

 

Emma

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 15:35

sujet semaine 51/2016 - clic

Je ne sais pas ce que j'ai fait pour mériter tant de cruauté de leur part

 

Je sais que je ne veux plus courber l'échine, je n'ai plus le dos large

 

Je ne sais pas comment laisser l'amertume pour un tout nouveau regard

 

Je sais que ma soif de connaissances du monde en fait m'en isole

 

 

Je ne sais pas  pourquoi l'insomnie ne concerne pas tout le monde

 

Je sais que le jour est trop beau à vivre pour laisser le soir le chasser

 

Je ne sais pas pourquoi ton amour m'apporte toute cette lumière

 

Merci pour ces moments que je ne mérite pas mais savoure

 

 

Je ne sais pas ce que je leur ai fait pour récolter tant de cruauté

 

Je sais que je ne suis ni une fille, ni une soeur, ni une épouse parfaite

 

Je ne sais pas quelle erreur en particulier me vaut cet amertume assumée

 

Je sais que j'ai toujours agi avec trop de coeur et  pas assez de mesure

 

 

Je ne sais pas pourquoi le soir m'accable de toutes les souffrances

 

Que je parviens à peu près à maîtriser le long de la journée

 

C'est comme si le poids des insomnies s'abattait sur mon corps et ma tête

 

Je sais que j'ai soif de toi, de mots, de livres, trop de curiosité.

 

 

Laura Vanel-Coytte
 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 14:30

sujet semaine 51/2016 - clic

 
En cadeaux d’hiver

Sous le Noël de sa vie

Son soi est entier

 

Toute sa sombre vie il avait courbé l’échine répondu merci à la cruauté de ses semblables

Toutes ses sombres nuits il avait accueilli dans son lit l’insomnie

Toutes ses sombres années il avait toujours eu soif de lumière

Alors pourquoi au soir de sa vie aucune amertume

 

Chemin de sa quête

En une longue méditation

 

Il a tout compris

 

 

Jamadrou

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 13:13

sujet semaine 51/2016 - clic

Rien n'est aussi précieux au monde que la vie :
Deux êtres l’ont donnée, qu’un Autre la reprenne
Et voici que la fin, celle qui sera mienne
Vient frapper au Grand Soir des ultimes envies.

Bien d’autres sont partis, de ceux qui me sont chers
Quand pendant fort longtemps je les crus éternels,
Le bonheur n’a qu’un temps et se perdent dans l’air
Des minutes précieuses, des nuits intemporelles.

Le rêve est un ami qui se sait éphémère
Et emplit nos sommeils en singeant le présent,
C’est la nuit qu’il est bon de croire à la lumière
Mais le jour me dira si je suis bien vivant !

Ces choses font mystère, j’ai du mal à comprendre
Qu’un jour s’arrêtera la grande machinerie,
Que je n’ouïrai plus toutes ces phrases tendres
Que tu me murmurais lors de nos flâneries.

Le temps paraît si court quand les âmes s’assemblent
Et que le bonheur flotte plus bas que les nuages,
Quand la pluie et le vent au grand soleil ressemblent,
Que nos faims et nos soifs ne sont plus des otages

Mais résistent aux écarts et aux revirements
Sans trop courber l’échine et le cœur plus léger
De se savoir vivants, de se sentir aimés,
La joie d’avoir vécu tant de si grands moments.

J’oublierai pour ma part toutes mes insomnies
Ces douleurs fulgurantes que la vie nous réserve
Et la noire amertume de la savoir finie
Sans avoir accompli la moitié de mes rêves.

Partout la cruauté et la peur nous gouvernent,
Le bateau va couler sans capitaine à bord,
La flotte est en péril et nos cœurs sont en berne
Malgré notre courage, malgré tous nos efforts.

Mais il nous faut pourtant garder foi et espoir
Car la vie nous ménage parfois quelques surprises,
Disons lui grand merci et broyons moins de noir
Pour libérer enfin nos chaînes et nos emprises.

 

Cloclo

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 06:51

sujet semaine 51/2016 - clic

Avec ta tranquille cruauté d’artiste, tu exiges de moi la soumission absolue, tu me modèles selon ta volonté, me fais courber l’échine ou cambrer les reins, mordre dans l’amertume d’un fruit trop vert, poser jusqu’au-delà des limites de la fatigue…

 

Lorsque je m’écroule le sommeil me fuit et, durant ces longs soirs d’insomnie où je ravale jusqu’à plus soif ma douleur et mes griefs, je te pardonne, simplement pour cet éclat de lumière dans tes yeux sombres, quand tu sais que tu tiens enfin ce que tu recherches, au bout de toutes ces heures qui me laissent pantelante.

 

Alors tu viens vers moi, relève une boucle, ajuste un pli et, sans un merci, tu murmures : « On continue »…

 

 

Galet

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 19:56

sujet semaine 51/2016 - clic

C'était un peu une obligation que d'assister au Noël de l'usine, dans ce petit patelin au fin fond des Landes qui avait la chance de posséder l'unique entreprise faisant vivre la plupart des habitants de la région, faute de quoi l'on pouvait passer pour dédaigneux et fier, avait expliqué Hugo.
Jeanne qui ne ne s'accoutumait décidément pas aux habitudes de la campagne avait râlé, mais s'était finalement ralliée aux arguments de son compagnon, et avait accepté d'emmener Louise à cette fête tout en faisant remarquer d'une pointe d'amertume, et avec raison, que seuls les enfants d'ouvriers les plus pauvres auraient dû recevoir un cadeau de cette usine qui les rémunérait si mal toute l'année.
- Laisse tomber tes revendications et les meetings de la Place du Combat, avait dit Hugo, ici personne ne comprendrait et on te reprocherait encore de ne pas participer à la vie du village. Crois-moi, fais-toi belle et vas-y, en plus la gosse en meurt d'envie et rien n'est plus normal.


 

Elles étaient donc parties toutes les deux main dans la main le long de la départementale bordée de petites maisons simples jusqu'au cinéma dont les grandes portes aux décorations tarabiscotées et mystérieuses aux yeux de Louise, n'ouvraient que trois ou quatre fois l'an, à l'occasion d'un grand film ou d'une fête spéciale.
Louise, élevée à la sauvage au milieu des pins et des ajoncs n'avait guère eu jusque là l'occasion de voir une telle foule rassemblée dans un local qui, bien qu' exigu, lui parut immense. Le brouhaha, la chaleur et les lumières violentes la surprirent désagréablement, sa tête tourna un peu. Des gamins de tous âges gambadaient dans les allées en hurlant encore plus fort que la musique, des vêtements s'amoncelaient sur les bras des fauteuils et jusque sur le sol, les gens s'apostrophaient et les étoiles au plafond tournoyaient de mille feux au bout de leurs fils. A voir le visage fermé et pâle de Jeanne, Louise comprit qu'il était inutile de déclarer qu'elle avait soif et trop chaud et encore moins de demander à sortir.
Enfin le spectacle commença, il y eut un jongleur dont Louise se promit d'imiter les prouesses sitôt rentrée à la maison, des clowns, des acrobates à l'échine aussi souple que le roseau de la fable, et une dame qui s'efforçait de faire passer un malheureux caniche nain à travers une série de cerceaux de plus en plus petits, numéro idiot et plein de cruauté, jugea t-elle en serrant les lèvres de mépris.
Puis un groupe d'enfants monta sur scène et entonna "petit papa Noël" et toute la salle reprit en choeur le refrain. Louise qui ne connaissait ni l'air ni les paroles en fit autant, les joues et les yeux enfiévrées d'enthousiasme, avec quelques secondes de retard sur les autres, mais vociférant tout autant.
- Pitié, implora Jeanne aux premières loges de la cacophonie en couvrant ses oreilles de ses mains. Louise déçue, s'arrêta et Jeanne en voyant la mine dépitée de sa fille lui glissa à l'oreille qu'elle lui en apprendrait une bien plus belle. Puis tout bas, rien que pour elle....: "Debout, les damnés de la terre, Debout, les forçats de la faim..." ...Tu verras, je t'expliquerai ajouta t-elle dans un grand sourire.
Enfin Louise avait eu son cadeau et dit gentiment merci au vieux monsieur Noël comme chaque enfant. C'était une poupée blonde aux yeux bleus que l'on pouvait admirer sous la cellophane bordée d'une ganse rose. Elle serait pour Maria, sa petite camarade arrivée d'Espagne quelques mois auparavant et dont le papa ne travaillait pas à l'usine, Jeanne et Louise l'avaient décidé d'un commun accord.
Le soir commençait à tomber lorsqu'elles sortirent de la salle. La mère et la fille rentrèrent en fredonnant le refrain de l'Internationale, rythmée par leurs pas vindicatifs.
Ravie, Louise déclara qu'elle la chanterait à son papa dès son arrivée à la maison.
- C'est ça, avait répondu Jeanne, en éclatant de rire, pas mécontente du tout, tu vas donner des insomnies à ton père, il va être content d'apprendre qu'on vous a chanté ça au Noël de son usine.

 

 

Almanito

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 08:57

sujet semaine 51/2016 - clic

C’était un début décembre.

Le curé (un copain de longue date) est passé à la maison pour La voir ; visite de courtoisie ? Non, il est venu juste pour elle, pour lui faire une onction qui soulage. Elle est très malade.

Il avait sa malette avec tout le nécessaire

Il a dit les mots qu'il devait

Il a fait les signes qu'il fallait

Il a passé l'onguent qui soulage

Puis ils ont parlé du passé, ils ont même ri et chanté

Il m'a ensuite demandé si je voulais bien lire un texte.

Pierre, le prêtre, m’a tendu un papier.

J’ai tenu la main de Maman et j’ai lu.

C’était un texte de Adémar de Barros, poète Brésilien

 

Traces

J'ai fait un rêve, la nuit de Noël.

Je cheminais sur la plage ;

Cote à cote avec le Seigneur.

Nos pas se dessinaient sur le sable,

Laissant une double empreinte

La mienne et celle du Seigneur.

L'idée me vint, c'était un songe,

Que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie.

Je me suis arrêté pour regarder en arrière.

J'ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin.

Mais je remarquai qu'en certains endroits

Au lieu de deux empreintes, Il n'y en avait qu'une.

J'ai revu le film de ma vie.

Ô surprise !

Les lieux à l'empreinte unique

Correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence.

Jours d'angoisse ou de mauvais vouloir

Jours d'égoïsme ou de mauvaise humeur

Jours d'épreuve et de doute

Jours intenables

Jours où moi aussi j'avais été intenable.

Alors, me tournant vers le Seigneur, je lui dis :

" N'avais-tu pas promis d'être avec nous tous les jours ?

Pourquoi n'as-tu pas tenu ta promesse ?

Pourquoi m'avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ?

Aux jours où j'avais le plus besoin de ta présence ?"

Et le Seigneur m'a répondu :

"Mon ami, les jours où tu ne vois qu'une trace de pas sur le sable, ce sont les jours ou je te portais dans mes bras".

 

Des larmes ont coulé, mais j’ai vu dans les yeux de Maman qu’elle était soulagée, j’ai vu aussi un léger sourire.

Alors je leur ai demandé si, maintenant, je pouvais lire un texte d’Aragon.

Le prêtre m’a dit :

- Tu veux nous lire « Que la vie en vaut la peine » ?

- Oui, juste un passage de ce texte.

Il connaissait les mots d’Aragon, il a regardé maman et ensemble ils ont dit oui.

 

Que la vie en vaut la peine.

 

C'est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit

Ces moments de bonheur ces midis d'incendie

La nuit immense et noire aux déchirures blondes

 

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit

D'autres viennent

Ils ont le cœur que j'ai moi-même

Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime

Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix

 

D'autres qui referont comme moi le voyage

D'autres qui souriront d'un enfant rencontré

Qui se retourneront pour leur nom murmuré

D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages

 

Il y aura toujours un couple frémissant

Pour qui ce matin-là sera l'aube première

Il y aura toujours l'eau le vent la lumière

Rien ne passe après tout si ce n'est le passant

 

C'est une chose au fond que je ne puis comprendre

Cette peur de mourir que les gens ont en eux

Comme si ce n'était pas assez merveilleux

Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

 

Oui je sais cela peut sembler court un moment

Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine

Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine

Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement

 

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches

Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté

Cet impossible choix d'être et d'avoir été

Et la douleur qui laisse une ride à la bouche

 

Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie

Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard

L'amertume et

Dieu sait si je l'ai pour ma part

Porté comme un enfant volé toute ma vie

 

Malgré la méchanceté des gens et les rires

Quand on trébuche et les monstrueuses raisons

Qu'on vous oppose pour vous faire une prison

De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre

 

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond

Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine

Malgré les ennemis les compagnons de chaînes

Mon Dieu mon

Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font

 

Malgré l'âge et lorsque soudain le cœur vous flanche

L'entourage prêt à tout croire à donner tort

Indiffèrent à cette chose qui vous mord

Simple histoire de prendre sur vous sa revanche

 

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle

Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici

N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

 

 

Pendant ma lecture des larmes ont encore coulé tranquillement, petites sources claires dans les coins de nos yeux.

Puis, ma main sur la sienne, nous avons fait silence, vous savez ce silence qui dit tout.

Pierre est parti, il a dit qu’il pourrait encore revenir si on le souhaitait.

Les jours suivants furent calmes, on sentait dans l’air comme une acceptation.

Un lâcher prise.

Le 10 décembre, dans la nuit, elle est partie.

Je n’ai pas pleuré

 

 

Jamadrou

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 07:21

sujet semaine 51/2016 - clic

Des soirs de solitude à broyer du noir, des nuits d'insomnies à ne plus finir. Les fantômes du bonheur, s'ils ont existé un jour, se sont fait la belle depuis longtemps.

 

Des guerres, des attentats, des enfants malades ou morts. Des sans domicile fixe dormant dans les rues, d'autres se pochetronnant dans le douillet de leurs draps pour oublier je ne sais quelle souffrance et l'on dit que la vie vaut la peine d'être vécue. A d'autres !

 

Oh ! Point d'amertume cela rendrait plus malade le monde affaibli par tant de coups du sort. Ce n'est qu'une réalité crue et sans compromis promis par je ne sais quel père Noël ou par un concurrent au poste de président.

 

Comment aimer la vie dans ce cas ? Comment dire que cette conne de vie en vaut la peine ? Je n'en sais rien, il faut faire avec, c'est tout.

 

 

Aimela

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 19:33

sujet semaine 51/2016 - clic

On avait une fois de plus courbé l'échine
travaillé jusqu'au soir à s'en user les yeux
rubané des paquets d'or et de camaïeu
déployé un couvert de houx, d'apalachine

Les maîtres nous toisaient de cette cruauté
qu'ont les bourreaux d'enfants corvéables à merci
nous vivions sous leur toit reclus, en autarcie
on nous traitait de lourds, de tordus, d'empotés

Nous avions le coeur gros et rempli d'amertume
quand Noël est entré, singulier personnage
qu'une trouble lumière éclairait davantage

Les maîtres disparus, on but jusqu'à plus soif
un nectar inconnu jailli d'une carafe
une douce insomnie s'installait... une brume

 

 

Vegas sur sarthe

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 19:24

sujet semaine 51/2016 - clic

Les cadeaux de noël
Sont-ils un remède?
A la cruauté
Des hommes
Des esprits
Vils
Malins
Cupides
Vénaux

 

Les cadeaux de noël
Sont-ils un refuge?
A la lumière
Des mentalités
Des hommes
Egoïstes
Individualistes
Communautaristes
Sectaires

 

Les cadeaux de noël
Sont-ils un remède?
A l'amertume
Des hommes
D'un jour
Face à
L'ignorance
L'indifférence
L'insouciance

 

Les cadeaux de noël
Sont-ils un remède?
A la soif
Des hommes
Des peuples
A combattre
A guerroyer
A exterminer
A discriminer

 

Les cadeaux de noël
Sont-ils un remède?
A l'insomnie
Des hommes
En cause
Le malheur
La solitude
La barbarie
La peur...

 

Les cadeaux de noël
Sont-ils un remède?
A l'échine
Au labeur
A la pénibilité
A la souffrance
A l'humiliation
A la détresse
Des hommes

 

Noël est-il un remède?

 

Sinon un jour
De fraternité
De générosité
Entre nous tous

 

 

 Pascal Levaillant

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 13:02

sujet semaine 51/2016 - clic

Merci la vie

Quand elle va belle

Etanche la soif et la faim

Sans amertume

Sans fiel

Sans insomnie

Jamais rebelle

Au festin

Des soleils qui se consument

En bougies de miel...

 

Quand l'oseille

Coule à flot

Au pays de merveilles

Quand la vie est cadeau

Et que le soir,

Ailleurs en cruauté coutumière

L'échine ronde de désespoir,

Se couche dans la lumière...

 

Quand Noël

A revenir pareille

S'affiche comme joyau

A la table des porcelaines et cristaux

Ils y pensent, et puis

Ils oublient...

Chacun pour soi

Et Dieu pour tous font loi...

 

 

jill bill

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 12:00
Sujet semaine 51/2016

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Mil et une

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