Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:14


Fuir
S’enfuir
Partir
Quelques oripeaux
Une charrette à bras
Tire
Plus fort
Ne pense pas
Oublie les douleurs
Le dos qui ploie
La faim qui taraude
Là-bas
C’est l’espoir
Là-bas,
Plus loin,
Très loin…
Avance sans penser
Accroche-toi
Tire
Pousse
Avance
Coûte que coûte
Pieds nus
Semelles de poussière
Corne de volonté
Avance
Accroche ton rêve à tes talons
Marche
Il paraît que là-bas
Les jours brillent
Là-bas
La pluie est soleil
Là-bas
Des champs
Des rires
Là-bas
Des espaces de joie
Là-bas du pain
Parfumé, doré
La vie
L’estomac plein
Oublie les bruits de ton ventre
Ils ne sont que mensonges
Avance, résiste
Là-bas
Le silence rassasié t’attend.
La sangsue qui te bouffe,
Te condamne à la faim,
Là-bas, décroche,
Enfin elle t’abandonne.
Là-bas c’est la liberté
Là-bas
Le malheur se noie
Dans un océan satisfait
Avance
Là-bas t’attend
Ici
Il n’y a pas
Il n’y a plus
Y a-t-il jamais eu
De place
Pour toi ?
Mais
Là-bas…
Peut-être…

Adamante

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:12

 


Ecoute...
Il pleut des morceaux de morts
et nous devons nous mettre en route
abandonner au vent nos corps
et nos pensées emplies de doute.

Ecoute, il faut les oublier
pour que le fruit s'exauce
au chaud contre nos seins
viens tutoyer la nuit et laissons-leur les fausses
lois, les religions, les saints
et la terre vendue à qui pouvait payer.

Ecoute
il pleut de vie en vie
on pourrait voir pousser la mauvaise conscience
et fleurir le remords tant cette pluie qui danse
éveille dans leur coeur étonné une envie
nous ne devons laisser passer cette chance

Ecoute
Le chemin sera long
et sans halte et sans verbe
au bout il y a de l'herbe
et de pauvres moissons

Ecoute...
Il pleut des morceaux de morts
et nous devons nous mettre en route
abandonner au vent nos corps
et nos pensées emplies de doute.
 
Viviane
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 17:43

 

        D’où ils venaient, pas très loin derrière eux, pas encore assez loin, la bataille faisait rage. L’imagination fertile de Z’hi, qui serait surnommée plus tard « La Grande », lui permettait d’en entendre les moindres bruits et d’en suivre tous les déplacements dans son esprit. Et cela la poussait à avancer encore et encore pour tenter d’y échapper malgré la faim, malgré la soif, malgré l’épuisement qui l’envahissait, qui les envahissaient tous.
Sans un mot, le visage fermé mais résolu, les lèvres serrées, elle avançait, poussée en avant par les combats qui continuaient dans leurs dos. La sueur collait ses cheveux sur son front et dans son cou, elle alourdissait ses vêtements autour de son corps brûlant de fièvre et de fatigue.

Ne pas s’arrêter, échapper au massacre qui s’annonçait pour son peuple, en réchapper, survivre en entrainant dans son sillage une poignée de jeunes, quelques enfants et deux hommes qui étaient sensés, lorsque le moment serait venu, les protéger de leurs poursuivants.
Telle était la mission que lui avait assignée Zorg, leur roi.
Après avoir écouté les ordres secs, qu’il lui avait transmis de sa voix basse et rauque, elle avait rassemblé quelques maigres provisions, récupéré les plus jeunes et ils s’en étaient allés rapidement et pratiquement sans un adieu ni un regard pour ceux qui restaient et allaient se sacrifier pour faciliter leur fuite.

Ils étaient de ce peuple qui existait depuis la nuit des temps et avait toujours survécu à toutes les épreuves. Des épreuves cruelles et incessantes envoyé par des dieux irrités et malveillants depuis qu’ils avaient osé s’extraire de la fange où leurs lointains ancêtres avaient vécu.
Depuis qu’ils avaient osé marcher sur leurs deux jambes, dresser fièrement leurs têtes vers les cieux et poser leurs yeux clairs sur le monde pour partir à sa découverte.
Depuis que le peuple de boue** était devenu le peuple debout.

Certaines tribus, inquiètes pour leurs possessions, face à ce peuple qui avançait sans cesse, les rejetaient ou les chassaient dans le meilleur des cas. D’autres, se sentant soutenues par les dieux, avaient carrément décidées qu’ils devaient disparaître de la surface du monde et les pourchassaient pour les exterminer. Comme ceux que Z’hi et les siens fuyaient en ce moment.

Pourtant, comme ils se trompaient ceux qui les rejetaient, les chassaient ou désiraient les anéantir car ceux du peuple debout n’en voulaient nullement à leurs maigres trésors.
Eux, tout ce qu’ils désiraient, c’était découvrir, connaître et en chemin, partager leur savoir avec ceux qu’ils rencontraient, en échange d’un endroit pour dormir la nuit, d’un peu d’eau et de nourriture.
Au lieu de cela, ils ne rencontraient que méfiance et violence. Partout on refusait de les écouter ce qui les obligeait finalement à dérober le nécessaire à leur survie. D’où une encore plus grande méfiance justifiant toutes les cruautés à leur égard.
C’était une histoire absurde, sans issue et sans fin… Voilà les sombres pensées que ruminait Z’hi alors qu’elle avançait d’une démarche que la fatigue rendait de plus en plus mécanique.
Comment faire pour que ça s’arrête ? Comment faire pour qu’ils comprennent ?

Tout d’un coup, la jeune femme s’immobilisa et tout ceux qui la suivaient firent de même, le corps et l’esprit tendus et attentifs aux décisions de celle qui les guidait.
« Je dois essayer ! » dit-elle. Sur le coup, nul ne sut à qui elle s’adressait. Ils la virent rebrousser chemin, d’un pas décidé et certains s’apprêtaient à faire de même, dans la confiance aveugle qu’ils avaient en elle.
« Restez ici, je dois y aller seule ! » Et ils la virent disparaître sur le chemin d’où ils arrivaient.

Ils restèrent un moment là, immobiles et apeurés puis, malgré tout, se décidèrent à la suivre, de loin. Ils étaient curieux de connaître son plan, car ils ne doutaient pas qu’elle en eut un. Et puis, que pouvaient-ils faire d’autre ?
Terrifiés, ils la virent se porter à la rencontre de leurs poursuivants. Elle se posta au milieu de la route. De loin, on aurait dit la statue antique d’une déesse, tant sa pose était fière et altière, ses cheveux flottant dans le vent et sa robe drapant ses formes magnifiques. Puis la troupe de leurs poursuivants déboucha face à elle. Ils distinguèrent nettement les chevaux qui se cabraient lorsque la main de celui qui semblait être leur chef se leva. Ils s’étonnèrent que celui-ci ne soit pas passé sans s’arrêter, entrainant son armée derrière lui et piétinant Z’hi sur son passage.

Maintenant Z’hi parlait et, plus surprenant, les soudards l’écoutaient… Elle parla longtemps, ils ne distinguaient pas ses propos mais, au bout d’un moment, le chef descendit de son cheval et s’assit au pied de Z’hi, croisant ses jambes en tailleur, posant ses coudes sur les genoux et son menton dans le creux de ses mains pour suivre plus confortablement ses propos. Peu à peu, le reste de la troupe fit de même. Eux n’osaient pas s’approcher de peur de rompre le charme et de voir se déclencher à nouveau les poursuites et la violence.

Au bout d’un très long moment, le chef se leva, parla à son tour puis se porta au devant de Z’hi pour la saluer respectueusement. Le reste de la troupe s’ébroua. Ils virent des casques et des chapeaux s’élever dans les airs et ils entendirent des cris d’allégresse et des hourras… Alors seulement, Z’hi se tourna dans leur direction, comme si elle avait toujours su qu’ils étaient là, dissimulés. Elle leur fit signe d’approcher. Ils s’exécutèrent, craintivement.
L’accueil qu’on leur réserva fut chaleureux. On leur donna à boire, à manger… Quelques temps après, ils retrouvèrent les rares survivants de ceux des leurs qui avaient combattu, à l’arrière. On les avait enchainés et ils s’apprêtaient à devenir les esclaves du peuple furieux qui les avaient pourchassés. Incrédules, ils n’osaient faire confiance à ceux qui les libéraient.

Quand tout ce tumulte fut passé et que Z’hi put enfin se joindre aux siens, l’un d’eux lui demanda : « Mais que leur as-tu dit ?... »
Z’hi sourit : « Je leur ai raconté tout ce que je savais d’eux, de leur peuple. Leurs qualités, leurs faiblesses, leurs coutumes et leurs rites tels que j’avais pu les comprendre d’après mes observations. Je leur ai expliqué que telle était notre fonction : apprendre à connaître ceux que nous rencontrions, s’instruire et progresser grâce à eux.
Qu’en échange, nous ne désirions rien d’autre qu’un peu de nourriture et d’eau, leur hospitalité pour quelques jours et discuter avec eux. Le chef m’a demandé si nous avions visité d’autres contrées, rencontrés d’autres tribus. Il a voulu que je raconte et ça les a beaucoup intéressés. Ils voulaient tout savoir : comment ils faisaient le feu, comment étaient leurs maisons, ce qu’ils mangeaient, ce qu’ils buvaient, comment ils s’habillaient… J’ai expliqué que c’était aussi notre fonction de raconter, que nous étions le peuple du lien, des messages et des échanges entres les tribus. Que nous n’avions besoin que de partager avec eux durant quelques temps, un peu d’eau, d’espace et d’âme. Et que ce serait déjà beaucoup s’ils nous les accordaient.»

Ils restèrent ainsi quelques semaines au sein du peuple furieux. Chaque jour différents, de petits groupes se formaient : les jeunes, les vieux, les hommes, les femmes, les enfants, les mères, les pères, les adolescents, les cavaliers, les cuisiniers, les tricoteuses… Et les discutions, les histoires allaient bon train, autour des tâches et des repas partagés.
Un soir, chacun sentit que tous avaient fait le plein d’histoires et d’apprentissages, qu’ils n’avaient plus grand-chose de nouveau à partager ou à se transmettre… Z’hi s’exprima pour tous : « Le temps semble venu pour le peuple debout de reprendre la route… »

Le lendemain, ils s’en allèrent. Leurs chariots avaient été chargés de victuailles. Le chef du peuple furieux leur remit un sceau leur permettant d’être accueilli avec bienveillance, partout où ils décideraient de se rendre. Son jeune frère les accompagnait pour un long voyage d’apprentissage. Tous savaient qu’ils se retrouveraient ensuite, riches de nouvelles expériences à partager, pour de nouveaux échanges fructueux et passionnés.

Le peuple debout était désormais le peuple passeur, le peuple messager… Après avoir été de nulle part, à présent leur place était partout.
Grâce au courage de Z’hi.
Grâce à la clairvoyance et l’éloquence de celle qui, désormais, serait connue et révérée partout sous le nom de « La Grande ».
 
Mamido

* Titre emprunté à l’exposition de Fanny Ferré à l’Aigle(61) en Mars 2010
** Titre de l’exposition de Fanny Ferré à Charavine (38) en Septembre 2010

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 07:43

 

- Hé ! Ho ! Mathilda et vous toutes ! Ne marchez pas si vite, attendez-nous !

Ce qu’il râle ce Hugo ! Pas à dire, son pied et sa cuisse droits sont mal en point. C’est de leur faute aussi ! D’ailleurs Mathilda et les autres femmes ne l’écoutent pas et les hommes clopinent derrière nous.
Ambiance !

On s’est bien marrés pourtant. D’abord, nous avons piqueniqué au sommet de la colline et même nous, les enfants, nous avons eu droit à un verre de rosé bien frais. Moi, j’ai fait durer le plaisir en y trempant le bout de mes lèvres pour le savourer doucement, doucement.
Au dessert, Yannick a entonné une chanson et sa belle voix grave a trouvé en écho celle plus aigue de Jaco. Un fameux duo, ces deux là ! Sûr que s’ils passaient sur You Tube, ils feraient un buzz.
Puis, le vieux Yvan a dit : « assez ribaudé »
Faut croire que certains ont compris ce mot bizarroïde parce qu’il a sonné la fin de la récré. Nous avons tous saisi les sacs en toile de jute et la récolte des châtaignes a débuté dans les rires ; c’était à qui en ramasserait le plus. Les sacs se sont remplis à vive allure et Hugo les a chargés dans la charrette.
C’est alors qu’il a eu l’idée de faire un concours de saut en longueur, pieds nus et yeux bandés histoire de terminer la journée en beauté.
Les hommes et les garçons ont trouvé ça génial. Même le vieux Yvan a dit : « c’est magistral ton idée » Normal, c’est un ancien sportif…

Une demi-heure plus tard, ambiance, mais pas celle d’un stade en folie !
Hugo, le bermuda déchiré et en sang boite bas. Jaco, le tee-shirt maculé de terre le soutient en grimaçant. Martial, raide comme un mannequin dans sa vitrine, veut ignorer ses vertèbres de guingois et Yvan, discrètement se frotte la nuque.
Pourquoi a-t-il fallu qu’ils se livrent à ce jeu idiot ? Mystère des hommes…

Nous, les femmes et les filles, on n’a rien dit mais on a pris le chemin du retour.
Assise sur les sacs, j’entends Marie souffler en rigolant : « ils feront moins les fiers et puis ça nous fera des souvenirs jusqu’à l’année prochaine »
Ambiance ! Ambiance ! Vivement la prochaine récolte !
 
Mony
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:14

 

" ... on ira voir ailleurs
si le temps est doux
si c'est meilleur
en chantonnant
en roulant
en espérant
on partira en souriant
avec courage
lentement..."
 
C'est ce que tu m'as dit, maman...
 
Je sais,
Je sais que tu tireras la carriole pour m'aider à avancer.
Tu la tireras la carriole je le sais, pour me laisser digérer la route, le départ et la déroute la peur, le drame, le plus jamais...
 
Car je t'ai confié la veille, au coin du feu, tout ce que j'ai vu, croisé dans mes rêves et qui m'a affolée.
 
On partira en riant, maman !
En se donnant un peu de courage, je te le promets.
Regarde comme je suis sage !
Ils nous salueront au passage d'un petit signe de la main, sans nous retenir.
Je sais que tu tireras la carriole sans te retourner pour m'aider à avancer.
Tu seras devant pour tout affronter...
 
La route est longue.
Les enfants apeurés, la solitude amère. 
 
" Ne crains rien, on ne peut plus rien faire", dis-tu.
 
Ne m'oublie pas, maman, pose-moi sur la charrette et laisse aller la vie qui glisse entre les herbes et les embûches.
Laisse les chagrins se perdre sur les sentiers...
 
Sur les chemins de découverte, tu trouveras les autres vies...
Une autre manière de scruter la perte...
Sur le chemin caillouteux, console moi maman, pose moi sur la charrette et chante ce refrain des routes longues que l'on affronte en défilé.
 
Dis moi pourquoi faut-il partir là ou ailleurs comme des voleurs ?
Dis moi, maman, que leur a-t-on fait ?
 
Annick SB
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 18:42


Elles fuient
Éperdues et perdues
Portant et emportent
Leurs craintes, leurs rêves
Leurs désespoirs
Et le petit chien peureux

 

Juliette

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 12:31

 Ouh la la , je suis en retard, le défilé a déjà commencé
Vite je me faufile sans donner mon carton d'invitation : cela va encore me retarder
Ouf asseyons nous discrètement.
Ouh la la mais où l'artiste va t elle chercher tout cela ? c'est absolument admirable : ces drapés, ces soieries. On dirait du Christian Zior mais en plus moderne: taille cintrée, poitrine haute et ronde, épaule étroites, jambes découvertes. Mais matiné aussi un peu de Zanel de Zungaro : que de clins d’œil aux grands maîtres !
C'est à la fois si classique et totalement avant garde !!
C'est une idée géniale d'avoir installé cette nouvelle collection sur les statues et non pas sur des mannequins en chair et en os (enfin surtout en os maintenant)
Cela fait ressortir encore mieux la fluidité, la grâce des vêtements
Et puis il y a aussi une touche de japonais : un coté Zenzo? très frais, très fleuri !
Il y a aussi un brin de Thierry Zugler : tout dans la silhouette, très stylisée, graphique, les tissus subliment les formes.
Quelle mise en scène!! je ne trouve pas les mots tellement je suis émue!
L'innovation est aussi bien dans les formes que dans la matière et les couleurs.
La créatrice a été fantastique aussi sur les maquillages : on voit les heures de travail réalisées et ce chignon de la femme : si lâche, si simple qui met en valeur sa nuque. L’homme au fonds est moins réussi : un peut trop guenille et compagnie à mon goût.
Quelle audace !! rassembler sur le même défilé des hommes, des femmes, des enfants et même un agneau.
 
Dring !!
– Oui bonjour Serge non tu ne me déranges pas ; je viens d'arriver au défilé : 30 rue Zontaigne.
– ...............
– Euh comment çà le defilé est au 3 rue Zontaigne j'ai eu le mauvais carton d'invitation ? QUELLE CATASTROPHE mais alors où suis je ? Attends je demande : Fanny Ferré ? qui c'est celle là ? Inconnue au bataillon dans la mode mais en tout cas elle ne manque pas d'idées : elle est d'une originalité, cette Fanny
– Il faudra que j'essaie de la convaincre de venir bosser chez Jean Zol
– ....................
- Jean Zol ? Mais si tu connais voyons : Jean Zol Zauthier
 
Valentyne
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 21:00

 

- Ne pleure pas, fils, elles reviendront !
Miloa prononce ces mots d’une voix enrouée. Le départ des femmes lui déchire le cœur et comme ses compagnons il reste figé d’angoisse. Une fois de plus, ils se sentent impuissants face aux exigences de Tora, le tyran, et humiliés de devoir leur survie au courage des femmes et des fillettes du clan.
Fières femmes ! Dignes représentantes des Vanik !

Laone, épouse de Miloa, tire la charrette et à grands pas donne la cadence à la marche ; Zyra, son étrange enfant collé à son flanc droit, la suit le regard vague ; à l’arrière Noû, la guérisseuse, et la jeune Bêine portant un chien dans sa besace veillent sur la sécurité de la petite Riva juchée sur le contenu de la charrette ; pas une ne se retourne et bientôt elles disparaissent aux regards des hommes.

Noû, la guérisseuse, entame alors une étrange mélopée reprise en chœur par ses compagnes. A chaque lunaison, ce rituel se répète, Tora, le tyran exige de voir les femmes du clan des Vanik. Il les veut belles, gaies et chargées de vivres : miel, châtaignes, poulets ou poissons séchés, œufs, hydromel et même chanvre tissé viennent ainsi garnir son antre en échange d’un bout de terre concédé aux Vanik.

Plus les femmes avancent, plus elles prennent de l’assurance. Aujourd’hui, sera le grand jour. La petite Riva, innocente enfant, ne semble pas prendre conscience de l’enjeu dont elle est partie prenante mais ses mère, tantes et sœur sont résolues à ne pas l’offrir en pâture au monstre. Sitôt arrivées dans la cour de Tora, elles l’appellent à grands cris joyeux : « Tora, beau mâle, où te caches-tu ? Tora, beau mâle, nous voilà ! » Et Tora bombant le torse de fierté se présente alors à elles qui aussitôt l’assaillent de paroles douces et envoûtantes.

- Vois, Tora, ce que nous t’apportons ! Un magnifique chiot, du miel pour adoucir ta voix, de l’hydromel pour rendre ton esprit clair, du musc dans ce joli flacon et dans ce sac du gingembre pour ta puissante virilité !

Tora flatté par tant d’enthousiasme caresse la croupe de l’une, vole un baiser à l’autre mais son regard ne quitte pas la petite Riva, celle qu’il a exigée en cadeau spécial pour la prochaine éclipse de lune. Déjà, ses bras puissants tentent de s’en emparer quand Laone froidement saisit à deux mains une lame dissimilée sous sa robe et lui enfonce avec force en plein cœur. Les yeux du tyran se révulsent d’incrédulité et en un instant la dame noire a terminé son œuvre.

Alors, Zyra, au regard vague, frisonne et serre tendrement son étrange enfant contre son flanc. Les hommes du clan sont ses vrais pères et celui-ci, qui gît à présent à leurs pieds, ne lui portera désormais plus aucun ombrage.

Quand le corps ensanglanté du tyran bascule de la charrette dans le profond précipice la chienne aboie dans le clan des Vanik. Elle le sent, son chiot n’est pas loin et les hommes, soulagés par ce signe, hurlent de joie.

Bientôt, leurs femmes, ces déesses, seront là !
 

Mony

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 08:57


Libres, ils sont. Les derniers ou les premiers ?
Parce qu’ils ne sont pas en quête de sécurité, ils ne connaissent pas la peur. Ils marchent vaillants, et traversent les villages, parfois accueillis comme des sauveurs, parfois rejetés comme des oiseaux de malheur, ils marchent.

Le soir, comme il est bon de s’arrêter, bien fatigués. Chacun vaque à ses occupations. Préparer le feu, ramasser des brèdes pour compléter celles trouvées sur le chemin, préparer le bouillon, dresser les tentes …
Ce soir, ils se sont arrêtés près d’une rivière, les enfants rient, leurs petits corps glissent dans l’eau, les femmes battent le linge, les hommes pêchent. Ce soir, comme tous les autres, la nuit venue, leurs chants d’allégresse et de gratitude.

Où vont-ils se demandent les passants ?
Et lorsque la question leur est posée, ils rient si fort que les langues aiguisées se retournent contre elles mêmes.
Ils marchent…

 

Miche

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 14:49

Ils n’ont rien fait, ils n’ont rien demandé et pourtant on les a chassés, on a détruit leur maison, brûlé leurs champs, martyrisé certains d’entre eux jusqu’à la mort… qui sont-ils ? Des pestiférés, des lépreux, ou que sais-je encore ?
NON ! Simplement des quidams comme vous et moi. Ils sont là au mauvais moment de l’Histoire de leur pays ! Que la couleur de leur peau soit blanche, noire ou jaune, tous vivent le même drame et cela depuis la nuit des temps !
Et pourtant leur vie était simple, ils étaient heureux, leur maison était coquette malgré le peu de moyens, les champs leur donnait de quoi vivre, les enfants étaient rieurs et savaient aussi s’instruire, préparer leur avenir.
Mais cette vie, que sera-elle maintenant ? Leur maigre bagage, entassé sur la charrette, et sur lequel on a installé le plus jeune. Quelle route prendre ? Saura-t’on les accueillir quelque part ?
L’espoir est souvent chevillé au corps, et ils continuent la route, cherchant le soir, dans le ciel, l’étoile qui les conduira là où la vie et le bonheur seront à nouveau possible !!
Mais qu’un jour ENFIN, il n’y ait plus de Chassés !!!!!!!

 

Monelle

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 12:44

 

 Elle les regarde depuis l'œil de bœuf du grenier.

Les autres fenêtres côté rue sont toutes condamnées, les volets renforcés avec des barres de fer. De même que la porte d'entrée.

 

Au début, elle ne s'était pas méfiée.

Elle n'avait même pas su que c'était le début.

Au milieu de l'été il y avait eu ces groupes de jeunes qui stagnaient dans la rue, et avaient disparu au matin. Des jeunes normaux, tous pareils, en uniforme de jeune,  jean et ti shirt.

Elle n'y avait pas porté grande attention, elle avait pensé qu'il devait y avoir pas loin un rassemblement, une de ces drogues parties en plein air, comme on en voyait à la télé.

Du temps de la télé.

Par précaution elle avait  bien fermé la maison pour aller au magasin central.

Mais au retour elle s'était trouvée tout à coup cernée par une bande silencieuse, et en quelques secondes dépouillée des provisions qu'elle venait d'acheter. Ils ne l'avaient pas molestée, mais elle était restée un  moment assise sur le trottoir,  à essayer de retrouver sa respiration.

C'est ce jour-là qu'elle avait mis les barres aux volets et à la porte d'entrée.

Joseph avait prévu ces dispositifs, après les évènements, il y a bien longtemps.

Avec le comité de quartier, il avait aussi monté les hauts murs autour des jardins, et aujourd'hui, elle s'en félicite. Cela permet d'avoir de la lumière par les fenêtres de derrière, ce qui est appréciable puisque les panneaux solaires sont tombés en panne l'un après l'autre, et qu'elle doit économiser le peu de courant qu'ils délivrent encore pour manger chaud, de temps en temps. 

Elle ne se fait pas trop de souci de ne plus pouvoir sortir. Dans le bunker du jardin, à côté du puits, Joseph a entreposé assez de nourriture pour des années, et il y en a deux fois plus que prévu, vu qu'il n'est plus là. Et des semences aussi.

Sa vie est finalement agréable, entre le jardinage et les livres dans le grenier.

Certes, parler lui manque, mais le soir elle papote un peu avec Madame Austen, la voisine, en tapant le mur avec le balai.

Formidable idée qu'avaient eue les comités de quartier de donner des cours de morse, après les évènements, quand tous les medias s'étaient tus.

Et puis il y a le vieux phono à pavillon, et les deux disques qu'elle connait par cœur : Lucienne Delyle, et Maurice Chevalier.

Souvent, elle remonte la manivelle et elle  chante pour accompagner leur voix crachotante:

Moi qui l'aimais tant
Je le trouvais le plus beau de Saint-Jean,
Je restais grisée
Sans volonté
Sous ses baisers

Et elle porte un toast à la photo de Joseph à côté du phono, en regrettant qu'il n'ait pas pensé à stocker plus de muscat, parce que la vodka à l'eau lui donne la migraine.

Oui, finalement, la vie est assez agréable.

 

S'il n'y avait pas CEUX-LA.

Ils défilent maintenant jour et nuit. Des familles. Plutôt des tribus. Elle se demande d'où ils viennent. Impossible de le savoir parce qu'ils ne parlent pas. Vêtus d'oripeaux inidentifiables. Encore humains pourtant, puisqu'elle voit des bébés accrochés à des femmes.

 

Elle se détourne de l'œil de bœuf en soupirant, rassurée de se sentir  en sécurité dans sa forteresse.

C'est alors qu'elle la voit.

Dans l'encadrement de la porte de l'escalier, se tient une fille au regard aigu, en loques, grisâtre depuis ses pieds sales jusqu'à  sa chevelure emmêlée. Dans les quatorze ans peut être, accompagnée d'un chien jaune efflanqué.

 

Emma

 

en hommage à Doris Lessing , dont les "mémoires d'une survivante" auraient pu avoir inspiré madame Ferré

 

 

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 08:39


Il attendait la nuit,
ses mains incertaines d’avoir trop cherché, trop pétri se préparaient au rite,
ses jambes trop maigres, héritage d’errance allaient tourner sans fin,
voilà la nuit et ce n’est que rarement qu’il marquait sur un front de glaise figé, le mot magique,
Moshe le kabbaliste lui avait sur quelques pages inscrit les formules,
doucement il commence ses rondes,
litanies de psaumes à la voix éraillée,
non, non ne pas revivre la fuite,
les hurlements d’angoisse aux piqués des stukas et de leurs sirènes,
et ces points de poussière qui font s’écrouler les hommes en jets cramoisis,
Sarah, sa grande silhouette, Shirel, ses cheveux d’encre,
ça grondait comme la rage dans la plaine,
même jaune l’étoile reste une étoile,
il a vu l’avion et son crachat meurtrier,
il y avait aussi Samuel, Alain, David,
et soudain tout ce vide, l’était de côté, l’a survécu,
cette nuit va porter l’irrationnel, le défi au dogme,
il marche, arpente ce cercle invisible en psalmodiant l’écriture,
se souvient encore, on libéra les camps,
avait-il trop mordu le sol et ce goût de sang et de terre,
alors il s’était mis à façonner l’argile,
modeler l’humain à l’usage du créateur,
des heures au doigt à la spatule à faire naître le visuel,
restait l’âme,
la nuit s’offre, qui réveillera-t-il aux abysses du rituel,
Moshe lui a donné les signes et les mots,
c’est la peur qui l’empêche de les retrouver trop souvent,
cette peau qu’on laboure, qu’on malaxe soudain se tend,
la voila qui se meut,
il savait cette nuit de retrouvailles au-delà des horreurs,
il savait l’infortune des esprits abandonnés,
ce cortège poursuit qu’il avait fait revivre,
il trace lentement le symbole de la vie…

 

Daniel

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:10


C’est un moment sans heures
sans montre et sans cadran
bien loin de l’arrogance
et des fuites du temps
figés dans nos mouvances
stoppés dans nos élans
nous marchons immobiles
au devant de l’histoire
avec nos corps d’argile
sur des chemins sans gloire
nos cœurs par trop fragiles
ont perdu leur battant.
Peuple haï de l’exode
en ses moules de glaise
ennemi de la mode
insensée des cimaises
nous allons, immobiles
dans le jour qui s’achève
d’une posture gracile
piétinant en un rêve
l’empreinte et les foulées
des destins pétrifiés.

Cloclo

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 14:05


Élise s’approcha de la vieille assise devant la fenêtre. Sa tête était baissée comme celle d’un esclave devant son maître.
- Mamy ? chuchota-t-elle.
La tête blanche et lumineuse au soleil ne bougeait pas.
Élise s’assit, fatiguée. C’était une mauvaise passe comme une autre, cela passerait, mais elle voulait entendre encore l’histoire de son arrière-grand-mère, celle qui naquit esclave, et encore bébé, fit le voyage vers la liberté à pied comme tant d’autres avaient fait avant elle, guidée par le courage et la détermination de sa mère à elle.
Élise connaissait l’histoire par cœur, mais personne ne la racontait comme faisait Mamy, qui transformait toujours la narration en danse épique. Ses yeux brillaient et sa voix -comme un grand fleuve qui traverse la terre irrésistiblement, sans peur. Ses mains, ses épaules, son dos, son visage ridé – tout son être obéissait aux rigueurs du récit.
À chaque fois qu’elle l’entendait, c’était comme si elle, Élise, devenait cette même petite fille. Elle s’oubliait en sentant la peur, la faim, l’espoir de cette petite fille lointaine. Les mêmes épines blessaient ses petits pieds, le même froid la mordait à travers ses haillons…
Il fallait absolument qu’elle entende encore une fois - une dernière fois, promis, Mamy - cette histoire, celle de son arrière-grand-mère, un héritage communiqué en tableau vivant par sa grand-mère…
- Mamy ?
Élise essaya encore de réveiller la vieille devant elle.

 

Joye

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 14:02

Les pluies de boue avaient cessé depuis deux jours mais malgré nos bains forcés dans la traversée des marigots, nous trainions sur nous telle une chape de plomb une carapace rigide et nauséabonde.

On avait dû troquer le bourricot contre un mauvais sac de riz et depuis c'est tante Zahra qui s'était attelée à notre carriole; sans un râle ni le moindre signe de fatigue elle semblait pouvoir nous mener au delà de l'horizon ou du moins vers une terre plus hospitalière.

A mesure qu'on s'éloignait du volcan maudit l'air semblait plus léger et si mes frères n'avaient pas craché par moment leurs déchirantes toux rauques on se serait cru en route pour la fête du village.

Comme j'étais le plus jeune je voyageais contre le flanc de ma mère qu'on appelait aussi ma soeur et qui m'apportait à la fois la chaleur de son sein et ses caresses rassurantes.
Ce matin elle s'était mise à chantonner doucement l'air que j'aimais et ça c'était bon signe.

Derrière suivaient Oko, Chinué, Salama, Sarhaan et tous les autres, les sans-noms qui collaient à nos pas dans l'espoir d'une poignée de riz.

Fermant la marche, le père clopinait à cause de son pied malade, les yeux rivés sur ce chien venu de nulle part, perdant et rattrapant du terrain au gré du relief changeant et je n'osais demander si on viendrait à l'échanger lui aussi contre des galettes de manioc.

C'était tout ce qui m'importait depuis qu'on avait échappé au brasier de notre case: des galettes de manioc, tante Zahra et sa force tranquille, Oko, Chinué, Salama, Sarhaan qui veut dire libre et le sein de ma mère même si on l'appelait ma soeur...

 

Vegas sur Sarthe

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 11:31


Qu'est-ce que je fous dans cette galère ? Cela fait des heures, voir des mois que je suis planté ici, derrière une espèce de carriole tout aussi immobile que les personnes autour. Où vont-ils ? Que veulent-ils ? Et pourquoi se trimbaler avec moi ? Je ne suis qu'un agneau …

Je ne suis pas né pour racler ce maudit parquet, pas un seul brin d'herbe n'y est planté et puis même si cela avait été fait, je n'aurais pas pu y goûter , je suis paralysé sur mes quatre jambes...

Pourquoi ? Mais pourquoi ai-je suivi la femme qui est venu me voir il y a … Il y a … Je ne sais plus, je ne compte plus le temps. Quand j'y pense, elle était jolie cette femme et puis, elle avait des arguments de poids : une clairière tapissée d herbe jeune et tendre à déguster, tout cela pour moi m'a t-elle dit que le premier imbécile venu aurait succombé mais voilà, cet imbécile c'est moi . Ah ! Que n'ai-je écouté ma mère quand elle me disait que les hommes et surtout les femmes n'étaient pas dignes de foi, me voilà bien puni.

Je suis là à suivre des gens aux postures incongrues comme l'autre au turban rouge. Regardez la, elle se veut chef et elle n'est rien avec ses yeux vides d'émotions. Les guignols à coté et derrière ne sont pas mieux, ils suivent tels des zombies. Ils pourraient quand même me donner à manger , j'ai faim et puis j'ai soif surtout , il fait si chaud et pas de fenêtres d'ouvertes. Ces pantins pourraient les ouvrir...Ils pourraient... Non , ils ne peuvent pas, ils sont englués dans leur monde, insensibles à tout et surtout à moi, moi, le pauvre agneau maigre, desséché.

Il faut que je me sauve d'ici mais comment ? Je ne peux plus bouger, je suis l'agneau destiné au sacrifice au nom de je ne sais quelle cause … La même histoire depuis des lustres . Tiens un bruit , quelqu'un ? Eh oh! Délivrez moi , je veux sortir … Non personne, ce n'est que le parquet qui craque … Mais qu'est ce que je fous dans cette galère ?


Aimela

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 08:47

Exode
Plus qu'un mot en tête
Exode
Trotte, trotte dans leur tête...
Fuir les maîtres en colère
Leur mortel échiquier
Pauvres pions dans leur guerre
Avant qu'ils ne les fassent tomber !
Exode
Plus qu'un mot en tête
Exode
Trotte, trotte dans leur tête...
Fuir demain à l'aube leur jeu
Avec chien et marmaille
Avant que les gueules à feu
Ne crachent leur mitraille !
Exode
Plus qu'un mot en tête
Exode
Trotte, trotte dans leur tête...
Une charrette et leurs maux
Juste l'essentiel
Une misère sur le dos
Et fuir ces cieux pour un autre ciel !
Exode
Plus qu'un mot en tête
Exode
Trotte, trotte dans leur tête...
Au petit matin blême
La mort dans l'âme
Semblables aux gens de la bohème
Encore plus miséreux, ils ont quitté l'infâme !
Exode
Plus qu'un mot en tête
Exode
Trotte, trotte dans leur tête...
Sur les chemins d'un ailleurs
Jusqu'à l'épuisement
Avec dans les yeux la peur
Ils marcheront tels des chiens errants !
Exode
Plus qu'un mot en tête
Exode
Trotte, trotte dans leur tête...

jill bill

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 08:42


Il était dit qu'au premier coup de midi tout, tout et tout le monde serait figé, à jamais.
Les horloges ne tourneront plus, les fleures, les arbres, les feuilles ne pousseront plus. Les femmes, les enfants, les hommes deviendront des statues. Rien non plus rien ne sera comme avant, mais comme avant quoi ?
L’Homme a négligé l’Humanité, le monde, il a détruit sa planète en l’épuisant de ses réserves, en souillant son environnement, ses mers, ses terres et même jusqu’à ses déserts.
Certains ont bien tenté de réagir, prévenir, alerter, réparer mais en vain.
Lors de la création du monde il avait été convenu de confier la Vie aux Etres Humains, quelle bêtise !
Les Créateurs se sont alors réunis, peu satisfaits du résultat, de cet échec incontestable, mécontents et en colère ils ont décidé d’appliquer le douzième amendement du code de la vie sur Terre. Il fallait mettre fin à tout ce désordre, ce chaos.
On retourna la Clepsydre qui régule le temps et la vie sur Terre. La conséquence fut immédiate, irrémédiable, elle mit fin à la vie sur Terre. Arrêt net sur les dégradations et le triste constat de ce que l’Homme avait fait de cette Terre. Le tableau n’était pas réjouissant…
Tout doit être recommencé sur une autre planète, ainsi l’avaient-ils décidé. Personne ne pouvait rien y changé.
Tout à l’heure ils décideront, ils feront un autre choix, une autre planète sera remise entre les mains d’une autre espèce qui devra tout recommencer, avec pour unique contrainte d’être conforme aux attentes et exigences des Créateurs… Une mission qu’ils ignoreront bien sûr !


Nacémoi

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 08:38


Jean et Marie au musée.


- C’est comme ça que tu la vois toi aussi ?
- Quoi ?
- La fin du monde !
- Un peu. Quelques survivants hagards qui essaient de s’enfuir.
- Pour aller où ?
- Nulle part sans doute. J’espère ne jamais devoir vivre un truc pareil. Ca fait froid dans le dos !
- Tu remarques que c’est une femme qui tire la carriole ?
L’artiste a sans doute voulu symboliser la place de la femme dans la société.
- C'est-à-dire ?
- Esclave mais fière. Elle assume la tête haute !
- Tu te sens esclave toi ?
- Parfois un peu oui. Le soit disant sexe fort n’est pas celui auquel on pense. D’ailleurs, regarde dans le fond, c’est un enfant qui soutient l’homme.
- Quand même, je participe aux tâches ménagères non ?
- Certes, si tu n’as pas une réunion ou un match de tennis !
- Mais je travaille, j’ai le droit de me détendre un peu…
- Moi aussi je travaille ! Et je ne me détends jamais. Tu as entendu parler du burning-out féminin?
- Non ! C’est quoi ? Une nouvelle lubie de psy ?
- L’épuisement physique et moral des femmes qui assurent plusieurs journées de travail en vingt quatre heures ! Tout ça en restant mince et sexy pour leur homme. Une condition inhumaine en fait !
- Tu cherches à me dire quoi ?
- Que je n’en peux plus Jean. C’est moi qui gère tout et je suis épuisée. Tu vois, cette femme qui tire devant ?
- Oui
- Et bien, c’est moi !
- Tu as une bien jolie robe !
- Ne plaisante pas sur un sujet aussi grave Jean.
- J’essaie de détendre un peu l’atmosphère ! Tu ne trouves pas qu’elle est pesante cette œuvre ?
- Elle est à l’image de la vie !
- J’en ai un peu assez que ces artistes nous mettent leurs fantasmes sous le nez. On s’en va ?
- C’est sûr ! Une perte de temps n’est-ce pas mon cher mari ? J’aurais pu faire un peu de repassage pendant que tu regardes le foot à la télé ! Dans le fond, tu es bien comme les autres ! Je me demande ce que j’ai bien pu te trouver finalement !
- Tu ne m’épargnes guère je vois ! Je sens que je vais finir la journée au bar du coin !
- C’est ça ! Débine- toi encore une fois, c’est tout ce que tu sais faire ! »
(Lui, à part : Et dire que je lui ai offert un lave-vaisselle pour son anniversaire ! Mais de quoi elle se plaint ? Il existe le burning-out masculin ? )

 

Danielle

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:40

 

d1 

 

sculpture Fanny Ferré

 

 


Published by miletune.over-blog.com - dans les sujets
commenter cet article

Contact

  • : Mil et une, atelier d'écriture en ligne
  • Mil et une, atelier d'écriture en ligne
  • : écriture en ligne
  • Contact

Recherche

Pour envoyer les textes

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse mail les40voleurs(at)laposte.net
 

Infos