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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 20:05

 


Voyez vous, c’est là
En cette pièce sombre
Que voyagent en moi
Les lumières des songes.

Et dans ce lit étroit,
Contre un mur adossé
Que frémit l’éclat
De passions insensées.

Où les couleurs du ciel
Rivières vagabondes
Infusent en moi le miel
Des mystères du monde.

Inspirant de leurs voix
La Muse si féconde
Qu’au jour venu mes doigts
Chanteront à la ronde.

En voici les odeurs
Les silences, les saveurs
Offerts à vos regards
Avant qu’il soit trop tard.

Lise

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 17:53

 

 

Une présence invisible
Mystère au creux d’un lit
Peinture d’un artiste déchu
Lieu de vie et de souffrance
Par la fenêtre un rai de lumière
Deux chaises pour une solitude
Le parquet craque en peur nocturne
Un broc, une cuvette, cabinet de toilette
Des pinceaux, des écrits des moments de folie
L’artiste chez lui, seul, perdu face à lui-même
Vivre pour peindre, peindre pour vivre et souffrir
Incompréhension, persécution, abandon, gloire posthume

Des barques aux Saintes Maries aux Cyprès
De sa Chambre à coucher aux Tournesols
De La plaine de la Crau aux Autoportraits
Chefs-d’œuvre aujourd’hui honorés

Fallait-il tant de larmes pour gagner la postérité ?

ABC

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 16:30

 


De janvier à décembre
Père lui avait aménagé une chambre
Dans les combles du château
Sans chauffage, au broc la froide eau...
Femme d'âge mûr, robuste
De la hanche et du buste
Sidonie en chignon tressé
Vaquait sans rechigner
Aux tâches nobles et plus ingrates
Cuisine et lessive à la batte
Père en veuf baron gai luron
Chassait gibier et jupon
Rentrait tard ou ne rentrait pas...
Notre bonne à minuit parfois
Rejoignait sa chambrette là-haut
Lasse traînant le sabot
Adolescent espiègle
Je me relevais désobéissant aux règles
Et courbé tel un vieillard
Mon fébrile regard
Au trou de la serrure
Lui voyait sa généreuse nature
Dévoilée à son intime toilette
Bassine et unique serviette
Posées sur la table vernie
Au milieu d'un féminin fouillis
Fenêtre entrebâillée en toutes saisons...
Sur le lit breton un rouge édredon
Duo de chaises paillées
L'une pour notre matou, de Sidonie entiché
Ah le veinard parbleu !
Aux murs quelques peintures de peu
Et autres portraits des siens
Ses seuls biens...
Enfilant sa robe de nuit en gros lin
Mon émoi alors prenait fin
Une lune père j'ai surpris tout à son bonheur
En position bossue du voyeur...

jill bill

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 06:40

 

 

Elle n'aimait pas Van Gogh ... Et pourtant elle était là , à visiter cette chambre...à scruter ces tableaux, dans ce tableau.
Elle se serait bien assise sur le lit... Mais impossible... Une forme de respect... Quels avaient été ses rêves?
Immobile à l'entrée de la pièce elle scrutait le moindre endroit, s'imprégnant de ces couleurs folles empreinte de fauvisme ...
Puis elle s'approcha de la chaise, la caressa du bout des doigts comme on vérifie la poussière, puis s'assit face au lit,  droite,  les mains sur les genoux.

Elle ferma les yeux,  respira profondément et puis se mis à chantonner, les yeux mis clos....
Après un temps de silence, elle se leva, caressa le lit de la main, respectueusement, délicatement ... Des larmes dans les yeux... Dieu que cet homme avait été triste... Seul et incompris... Une émotion étrange l'avait envahit...
Oui, il avait vécu dans ce tableau, son âme y était restée... Maintenant elle savait...  à présent enfin elle comprenait sa peinture...
Alors, elle se dirigea vers la sortie... Se retourna pour jeter un dernier regard à ce tableau... Elle avait d'autres visites à faire ce matin là ....Vermeer, Renoir, Bazille....On ne fait pas attendre les âmes colorées...

Pascale 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 23:00

 

Vangogh-chambre2.jpg

 

                               

Vincent van Gogh    La chambre 


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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 15:34

Une rencontre
 
Quand Lucas ouvre les portes de sa brocante ce beau matin d'avril, il est loin de se douter que cette journée va transformer sa vie.
La veille, une dame tristounette flirtant avec la soixantaine était venue lui apporter, dans le but soi-disant de s'en débarrasser et mais surtout dans celui de se faire quelque argent, un truc complètement démodé, une espèce de bouteille avec un bateau à l'intérieur.
Elle disait l'avoir dans la famille depuis fort longtemps, qu'il avait certainement beaucoup de valeur etc..
Loin de lui l'idée de la contrarier ou de l'attrister, mais franchement ce truc là ne valait pas un clou, il ne fallait tout de même pas la lui faire, c'était récent et ça n'avait aucune valeur.
Je peux vous en donner 20 euros et c'est bien payé, je ne suis pas sûr du tout que j'arriverais à la revendre.
Après bien des tergiversations, elle avait fini par la lui laisser au prix offert.
Je deviens gaga pensa Lucas, acheter cette horreur 20 euros !! Ou bien alors je ne suis pas fait pour ce métier si je commence déjà à me laisser embobiner par la première personne un peu triste que je croise.
Après avoir installé ses pièces les plus attractives, celles de valeur restant sous clé, Lucas décide de mettre le bateau dans la bouteille dehors, à la vue des passants se disant qu'une maman se laisserait peut-être tenter, il imagine bien cet objet dans une chambre de garçonnet.
Puis, Lucas va comme chaque matin se chercher son petit café chez son pote Gégé et revient s'installer dans la boutique se réjouissant à l'avance de savourer son nectar préféré.

« Zut », pense-t-il déjà une cliente ! En effet, une jeune femme est là posant, reposant, retournant les objets les plus variés, un livre, un chandelier, une boussole..
Avec un soupir, Lucas pose son café à l'intérieur et s'avance vers elle.
« Madame, bonjour ! Pus-je vous aider ? « 
Cette dernière se retourne et lui sourit. Elle est très jolie et ses yeux rieurs le regardent avec une certaine timidité mêlée d'insouciance.
Oui, merci, volontiers ! Je cherche un cadeau original pour mon neveu, qui a 8 ans et je ne suis pas très inspirée »
« Hum, hum , j'ai exactement ce qu'il vous faut, je viens d'avoir cet objet unique et ancien, l'idéal pour un garçon de cet âge  » répond Lucas en lui déposant la bouteille dans les mains.
« Ah, vous croyez ? Mais que va-t-il en faire ? Il ne pourra pas jouer avec ça »

Lucas s'apprête à argumenter quand il sent une présence et un objet froid se coller sur sa tempe.
« Tu me donnes cette bouteille tout de suite et sans un mot, sinon je t' explose la tête et celle de ta jolie copine  avec».
Un faible gargouillis est la seule réponse que Lucas arrive à fournir, il sent que le type ne plaisante pas et les yeux de sa cliente sont suffisamment horrifiés pour qu'il ne cherche pas à discuter, il tend la bouteille, l'autre s'en empare et s'en va et... en quelques secondes tout est fini !

Lucas reste là bras ballants, mais la jeune femme elle, semble en état de choc, il se ressaisit alors très vite pour s'occuper d'elle.
A l'évidence la jeune femme ne se sent pas bien du tout, elle est très blanche et des gouttes de sueur apparaissent au-dessus de sa lèvre, elle tremble de tout son corps.
Lucas s'empresse de la faire asseoir dans la boutique, tout est allé tellement vite, apparemment personne n'a rien vu, il jette un regard au-dehors, il n'y a que quelques badauds.
Voulez-vous un café lui propose-t-il en lui tendant celui qu'il avait rapporté un peu plus tôt ? Ou que je vous raccompagne chez vous ?
La jeune femme sourit faiblement : » un café, avec plaisir, mais bien chaud »
« Oui bien sûr, je suis stupide répond Lucas, vous sentez-vous capable d'aller jusqu'au café qui fait l'angle?
« Oui, vous me soutiendrez ». La jeune femme qui s'appuie légèrement sur lui, lui dit je m'appelle Aurélie et je suis ravie de faire votre connaissance !
Tous deux éclatent de rire, drôles de circonstances tout de même pour faire connaissance répond Lucas.
Oui, c'est vrai dit-elle, mais je ne crois pas au hasard !! Allons boire ce café !

Le lendemain, alors que Lucas a rendez-vous chez Gégé avec Aurélie à laquelle il a rêvé toute la nuit, il s'arrête en chemin et achète son journal.
Quelle n'est pas sa stupéfaction quand en première page il peut lire l'arrestation rocambolesque d'un trafiquant de drogue... ce dernier avait en sa possession un objet bien curieux : un bateau dans une bouteille également bourrée de petits sachets remplis d'une drôle de poudre blanche....

 

Eva

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:58

Madame Jeanne.

Mais qui a pensé à moi ?
On parle de "pauvre petit bateau" enfermé dans une bouteille.
Et moi alors ?
M'a t-on demandé si je voulais d'un voilier dans mes entrailles ?
Moi, belle dame jeanne aux formes arrondies, me voilà ététée, squattée.
Ca me démange, ça me chatouille.
Je ne veux pas rester couchée.
Remettez moi debout, remettez moi sur pied.
Remplissez moi de rhum, ou de ce que vous voudrez. Mais du liquide, du vrai, pas des pièces, ni même de billets. Je suis une bonbonne, je suis une bouteille, du vin ? de l'eau ? Mais par pitié ! pas de bateaux.


Yolene


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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 10:35

Ma Lady

Une Lady c’est une grande dame. C’est Papy qui me l’a dit.
Papy, il fait des maquettes de bateaux. Oh ! Pas des jouets, non ! Des bateaux qui ont vraiment existé et qui ont vogué sur les océans.
Il suit des plans, il découpe des pièces, il les peint, les colle… parfois il jure un peu !
Normal parce que mon Papy c’est un navybotteliste. Zut, c’est pas juste… naviboteliste… encore faux… Bref, mon Papy il met les bateaux dans des bouteilles et c’est pas simple je vous l’assure. Y qu’à regarder une bouteille pour comprendre la difficulté de faire passer toutes les pièces par le goulot.
J’aime bien observer Papy quand il bricole mais il faut que je me taise et ça, c’est aussi difficile que d’introduire la coque dans la bouteille.
Papy, on dirait qu’il a vécu en Asie tellement il utilise facilement les longues baguettes avec lesquelles il manipule les petits bouts de maquette.
Moi et mon frère on a déjà testé au resto chinois et qu’est-ce qu’on a rigolé ! Pour finir on a demandé une fourchette au serveur.
Une Lady c’est donc une grande dame. Alors, il fallait une grande bouteille et Mamy elle a un peu rouspété. Elle a dit à Papy - ton hobby, te pousse à boire mon ami !
C’est marrant qu’elle l’appelle - mon ami ! Mais peut-être qu’elle est un peu jalouse sans oser le dire. Parce que franchement Lady of Avenel c’est quand même un nom qui en jette alors que ma Mamy s’appelle Francine comme la farine.
Aujourd’hui, c’était le dernier jour des vacances et aussi la fin de la construction du Lady of Avenel.
Papy, il est super ! Avant que je le quitte pour plusieurs semaines il m’a offert la maquette sur son support et ainsi  je vais  pouvoir l’installer sur l’étagère de ma chambre.
Quand Mamy m’a embrassé, j’ai bien vu qu’elle souriait ; sa rivale s’en allait avec moi. Alors, tout doucement, je lui ai chuchoté à l’oreille - tu sais Mamy, c’est toi la plus belle ! Et elle m’a serré, fort, fort, dans ses bras.
Mamy, c’est ma Lady !

 

Mony

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 18:27

Plongée...

 

Enfermé dans ma prison de verre par je ne sais quel triste sort me voilà bien ennuyé!  Je me souviens, c'était il y a cent ans peut-être, je caressais les vagues des mers et océans même agités. J'affrontais alors vents et marais de mes voiles bombées. A la recherche d'îles mystérieuses, de contrées inconnues,de terres inhabitées, je voguais, je voguais sans jamais m’arrêter. Les récifs me narguaient, les rochers riaient, intrépide je m’avançais vers eux sans jamais les craindre. Je m’enivrais des parfums marins et jouait des rayons du soleil. Le soir, à la lueur la lune éclairée de ses étoiles diamants, les poissons me soufflaient d'étranges histoires. Le silence de la nuit me répétait en échos ces légendes de matelots échoués, de trésors enfouis, de pirates amoureux et bien d'autres secrets jamais dévoilés... Approchez, collez votre oreille au fond de ma bouteille, je vais vous les conter...

 

Nacémoi

 


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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 21:26

Au bar, sur le port.

Enfermer un bateau dans une bouteille, c’est un crime!
Un navire, c’est fait pour naviguer, toutes voiles dehors, sur les mers déchainées et pas pour moisir à l’étroit dans une bouteille qui sent le renfermé à cause du bouchon de cire qui le clôt.

Voilà à quoi pensait Aristide, tout seul devant son café, accoudé au comptoir de ce petit bistrot, sur le port. L’œil pensif et légèrement larmoyant, il contemplait, à travers l’ai enfumé qui obscurcissait le bar, le fier voilier dans sa bouteille.
Celui-ci trônait, tout en haut de l’étagère derrière le comptoir, juste au dessus des bouteilles de pastis et de whisky, renversées sur leur bouchon doseur.
La lumière qui en faisait miroiter le verre donnait l’impression que le bateau naviguait, les voiles gonflées par le vent.

Aristide le vit sortir du brouillard, il sentait l’air marin, gorgé de sel et d’iode, sur sa peau. Il entendit le cliquetis des cordages qui grinçaient sous la pression du vent et des mouvements du bateau que les vagues faisaient tanguer.
Le capitaine aboyait des ordres brefs pour des manœuvres que l’équipage effectuait dans un ordre parfait.

On approchait des côtes, dans le soleil levant et les mouettes entouraient le navire qui rentrait au port, les cales chargées de toutes les marchandises exotiques amassées lors d’une campagne qui s’était avérée longue et périlleuse le long des côtes d’Amérique du Sud.

Déjà, on apercevait sur le quai, la foule dense qui attendait.
Il y avait là l’armateur du bateau et toutes les familles des marins qui, longtemps sans nouvelles et alors qu’ils tardaient à revenir, les avaient cru perdus, corps et biens.

Aristide ressentait l’allégresse qu’éprouvait l’équipage à l’idée de retrouver la terre ferme, les bras de ceux qui les aimaient et la chaleur de leur foyer après de longs mois passés en mer, dans la promiscuité et l’inconfort.
Mais cette allégresse se teintait déjà, alors que les marins n’avaient pas encore débarqué, de la nostalgie éprouvée au souvenir des aventures vécues, des pays visités et des peuples si différents qu’ils avaient rencontrés.
Ah, ils en auraient des choses à montrer, des souvenirs à partager ! Et ce soir, leurs voix, leurs chants et leurs rires allaient retentir très tard, dans le bistrot, sur le port.

« Vous désirez un autre café ? » demanda la serveuse à Aristide qui, brusquement ramené à la terre ferme par cette voix, réalisa soudain que, même enfermé dans une bouteille, un voilier, ça pouvait encore faire réaliser de fabuleux voyages !

 

Mamido

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 18:12

Eldorado (*)

Du fond de mes nuits sans sommeil, j'entends encore vos cris et vos larmes. Et se répand, comme une coulée de lave, l'odeur tenace de la peur qui s'écriait en perles acides sur votre peau d'ébène.
Et je vois, au fond de ma bouteille, comme une image gravée au soufre sur l'écran de ma rétine, je revois vos vies arrachées aux rivages de l'Afrique, bouquets de myosotis au coeur pourpre jetés par dessus le bastingage ; je revois vos vies échouées comme des bois flottés aux abords des Caraïbes ; je revois vos vies entravées dans la touffeur des cales empuanties ; je vois, comme la marée rejette sur la grève des paquets d'algues brunes, je vois vos vies avortées sur les plages de Lampedusa.
Je sais que je ne trouverai pas le repos, moi, le vieux capitaine des traversées obscènes, moi le boucanier de troupeaux d'ombres nues, je pleure ma honte et le silence du monde.


(*) titre d'un roman de Laurent Gaudé

 

Imago

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 12:51

My funny brigantine !

1
A force d’essuyer les grains
Du raisin de la bonne treille
Nous sommes devenus bons marins,
Nous avons pris de la bouteille.

Nous n’avons plus peur du Cap Horn
Et ne craignons plus la bourrasque.
Triste tropique au Capricorne :
Si c’est pour finir dans la flasque !

Refrain
Tous les chemins mènent au rhum
Aux décadences, aux décoctions
Et sur le buffet du salon
Nous ne servons qu’au décorum

Qu’avons- nous fait à Dieu, bordel,
Pour qu’il fasse mourir de soif
Et s’échouer Lady d’Avenel
Avec nous autres, ses mataf s ?

2
Walter Scotch notre capitaine
Qui était un soiffard fini
Etait-il un croquemitaine ?
Si c’est cela, qu’il soit honni !

Il visitait trop la cambuse,
Il a séché tout le whisky
Et cette infâme triple buse
A dévoré tous les Bounty !

3
Craignant qu’alors on se mutine
Il eut un acte de dément
Et fit passer la brigantine
Par ce goulot d’étranglement !

Coincés dans cet embouteillage
Depuis, bibelots végétant
A l’abri de tous les péages,
Nous n’affrontons plus le gros temps.

4
Nous voici donc rendus « at home »,
Atomisés et minorés.
C’était ça ou vaisseau fantôme
Mais Wagner nous eût ignorés.

Ce n’est pas pire, somme toute !
En guise d’errance mortelle
Nous chantons au fond de la soute
Nos shanties et nos ritournelles

5
Qu’importe la mise en bouteille
Cela vaut mieux que mise en boîte
Et dans ce pays des merveilles
Si les ruelles sont étroites

Les boit-sans-soif de la venelle
Navigueront vers le mystère
En brûlant les bouts de chandelle
Qu’ils ont volés au monastère.

 

Joe Krapov

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 19:49

Le petit voilier

Enfant, quand j’allais chez ma grand-mère, j’étais fascinée par ce bateau emprisonné dans une bouteille, qui trônait sur le piano du salon.

Grand-mère disait que c’était mon grand-oncle, son frère qui était dans la marine marchande qui avait rapporté ce précieux objet « des vieux pays », comme les anciens appelaient l’Europe.

C’est curieux comme un voilier emprisonné dans une bouteille a pu me faire voyager.

Grand-mère est partie depuis longtemps et je ne sais pas ce qu’est devenu le petit voilier. Peut-être que quelqu’un l’aura remis à la mer ?

 

Solange

 


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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 18:58

 

Le jéroboam

 


Jéroboam, le mot résonne à ses oreilles. Jéroboam de Grand Marnier, de champagne… peu importe le contenu. Peu importe ?
Les images défilent à la télé, les commentaires en bruit de fond forment un brouhaha de paroles et de sons. Elle les voit, elle les entend mais pourtant son esprit vogue loin, loin dans le temps.

Quartier de Saint Pholien, la brocante du vendredi matin s’étalait sur des centaines de mètres. Envie de marcher au milieu de la foule et des objets hétéroclites, besoin de réfléchir ou nécessité de fuir ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus ; le désarroi l’avait saisie à la gorge. Prendre une décision. Laquelle ? Elle était seule. A qui demander conseil ? Mardi, dernier délai… Quel plateau de ses arguments allait pencher à la balance de sa raison ? Le Oui ? Le Non ?
Elle avait bousculé une personne, balbutié des excuses puis évité un couple aux bras chargés de vieux livres et, surprise, s’était arrêtée le regard aimanté par une grosse bouteille de verre sur laquelle se mirait le soleil de juin. A mieux la regarder, elle y avait découvert un bateau emprisonné et, en un instant, le doute qui la taraudait avait quitté son esprit. La réponse serait oui.
Le vendeur l’avait abordée et elle, hypnotisée, avait tendu quelques billets sans marchander, retenant juste un nom « Lady of Havenel» et une phrase « Attention, le jéroboam est lourd et la maquette fragile »
Au fil des mois qui avaient suivi son achat coup de coeur, son ventre, à son tour, était devenu pesant. Elle le caressait doucement, s’imaginant flacon au contenu précieux et plein de promesses tel ce fier voilier installé dans son petit studio.

Le volume du son soudainement augmenté la fait réintégrer le présent. L’émission consacrée à l’avortement est terminée et les pubs envahissent l’écran. D’un clic, elle éteint la télé, se dirige vers l’armoire basse et ses doigts tapotent amicalement le jéroboam, ce vieux compagnon.
Son cœur est heureux et si même rien ne fut facile, à aucun moment elle n’a regretté d’avoir, grâce à lui, dit oui à la vie.
 
Mony


 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 18:51

Jonas

- allez Jonas, il est tard, faut dormir maintenant
- dis, Man quand est-ce qui revient Papa ?
- oh tu sais, il est parti y’a deux semaines, reviendra pas avant deux mois, je t’ai remis de l’huile dans la lampe, n’oublie pas de l’éteindre
- oui Man, bonne nuit
Jonas embrasse sa mère toute affairée à rincer les assiettes dans la bassine d’eau tiède et retrouve sa chambre. Un vent méchant fait osciller les volets de bois et Jonas, il n’aime pas le vent. Pense à son père. Sur son petit chevet, la bouteille et le bateau.
Tant de matins debout aux aubes grisâtres, les cris des marins, les cordes qui roulent et fument, le battement des toiles qui s’élèvent, bras tendus et larmes de sel.
Ils repartaient tous deux main dans la main, sa mère et lui, un dernier regard vers ce point blanc d’incertitude, de peur et d’attente posé sur ce lit d’écume froide et sournoise.
Jonas, il avait vu son père mettre le bateau sous le verre. Avec patience, il s’était façonné des pinces de bois et doucement enfilait à travers le goulot ce qui devenait la coque, les mats, les échelles de corde et l’étoffe si difficile à déplier et coller.
- ce bateau ce sera le tien, fils, dans mes nuits d’absence, t’auras qu’à m’imaginer dedans, tirer les filets, hisser la voilure, saler le poisson et descendre en fond de cale pour le poser en caisse. Tu sais j’en ai tellement vu, de ces vagues tueuses ou ces brumes de silence immobiles parfois même la lame du couteau pour calmer les solitudes perdues
Le soir Jonas glissait une étoffe sous le chevalet, la plissait comme pour feindre une houle bleutée, vacillante au reflet de la mèche et scrutait derrière le verre une vie inventée.

Ce matin Jonas n’a pas école, il n’arpentera pas ces chemins de cailloux qui mènent au village, non ce matin il est comme hébété sur le bord de son lit, il a ouvert les volets pour être sur de ce qu’il voyait, posée là sur son chevet, la bouteille et son reflet verdâtre et dedans le bateau brisé, mats effondrés et coque ouverte

- Jonas, Jonas, viens vite
Sa mère est là toute embuée de pleurs
- je viens de recevoir un télégramme d’la compagnie de pêche, son bateau a sombré, une méchante tempête qu'ils disent, nous envoient leurs condoléances…

 

Daniel

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 17:39

Chant marin


Hardi les gars
Qui naviguent sur ces eaux
Bateau en bouteille
Passé par le goulot
Hardi les gars, eh oh, eh oh.

Naviguent sur ces eaux
Bateau en bouteille
Passé par le goulot
Voiles et haubans tirés
Naviguent sur ces eaux, ohé, ohé !

Bateau en bouteille
Passé par le goulot
Voiles et haubans tirés
Mazette, que c’est beau !
Bateau en bouteille, eh oh eh oh !

Passé par le goulot
Voiles et haubans tirés
Mazette que c’est beau
Le mât relevé
Passé par le goulot, ohé, ohé !

 

Joye

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:23

Et comme dirait...

Et comme dirait Annick SB, "Et vogue la galère!".
Oui, c'est la galère ! comment voulez vous que je vogue là dedans ?
"Souquez moussaillons ! Souquez ferme !"
entend-je encore, résonner du fond de ma cale, comme si c'était hier.
L'agent immobilier me l'avait dit :
-" Vous serez à l'abri des vents et marées."
Mais là, quand même, il a poussé le bouchon un peu loin. Bouchon ? Mais ? Il n'y a pas de bouchon ! Je veux sortir ! Laissez moi sortir !
Je rêvais de vacances, de retraite, au calme et à l'abri, moi vieux rafiot, me serais je mal exprimé ? J'ai essuyé tant de tempêtes ? M'auraient elles fait perdre la tête ?

Ca y est ! je manque d'air. Mes voiles se "fânent", s'affaissent.
Je manque d'eau. Ma coque se craquèle.
Je m'asphyxie ! Je me meurs !
Titanic me voilà !
Nous n'aurons pas eu une bien belle mort toi et moi.

 

Yolène

 


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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:22

Rêve océanique

 

Mon coeur est océanique
il a soif de bleu et d'embruns
Car je suis de l'Atlantique
Quelque soit mon destin
Tempête ou calme plat
Une dentelle d'écume
Voile tous mes chagrins
Mais l'océan m'appelle
Je n'ai que trop tardé
Par un prochain matin
J'aurai quitté le port
Pour rejoindre les rêves
Qui hantent mon esprit.

Enriqueta

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:19

Le jour où j'ai compris
 
Quand j'étais un petit garçon plein de vie et curieux de tout, je demandais régulièrement à mon grand-père « dis Papi, comment ils ont fait pour mettre le bateau dans la bouteille ? » et mon grand-père me répondait invariablement « un jour tu comprendras ! »
Au fil des années quand j'allais l'embrasser et que je le trouvais assis dans la grande bibliothèque, un livre à la main et sa pipe allumée sur laquelle il tirait de vagues bouffées de moins en moins convaincues, mon regard se portait sur ce bel esquif enfermé dans une bouteille.
Mon grand-père l'avait posé dans le coin gauche de l'immense bureau en acajou sur lequel il avait écrit tant de lettres, signé tant de documents, puis qui au fil du temps n'avait plus servi à grand chose.
Arrivé dans sa 85ème année, alors que nous bavardions tous deux un soir, il me dit à brûle pourpoint : »j'aimerais que tu prennes le bateau, il m'a délivré son message, je n'en ai plus besoin. »
Mon grand-père ayant toujours eu le goût des métaphores, je ne discutais pas et en repartant ce soir là, j'emportai le bateau dans la bouteille.
Mon épouse ne fut pas particulièrement emballée que cet objet vienne orner une étagère de l'immense bibliothèque du salon, mais sachant combien j'étais proche de mon grand-père, elle s'abstint de m'en faire lourdement la remarque.

A peine un mois plus tard mon grand-père nous quitta.
Il me manqua beaucoup cet homme fier et peu loquace mais dont chaque parole semblait pesée avant d'être prononcée.


Les années passèrent, de temps à autre, je regardais longuement le bateau dans sa bouteille et je pensais aux heures passées dans la bibliothèque de grand-père.
Curieusement, cet objet faisant partie de ma vie et mais mon imagination étant assez limitée, je n'y voyais aucun symbole de quoi que ce soit. Juste un joli bateau harmonieux mais inutile.

Cette année, je vais avoir 88 ans, et depuis quelques temps, chaque soir avant d'aller me coucher mon regard est inexorablement attiré par le bateau dans la bouteille.
Alors que je me sens chaque jour plus fatigué, plus las, je crois avoir compris le message du bateau enfermé dans une bouteille.
Oui, ce bateau me dit qu'il est temps pour moi de m'en aller car le grand âge m'a rendu semblable à lui, prisonnier de ma bouteille à moi : la vieillesse.
Cette dernière m'a inexorablement transformé et depuis quelques années je vis à l'étroit dans son univers.
Je regarde ce bateau qui est fait pour naviguer voiles au vent, qui est fait pour affronter des tempêtes, voire des naufrages ou encore des assauts guerriers. qui, par beau temps quand le soleil sèche ses voiles, vogue fièrement et va droit au port.
Puis, je regarde l'homme qui est fait pour marcher, courir, parler, travailler, se battre...
Et enfin je me regarde, moi qui n'entends plus très bien, marche avec une canne, qui ai besoin d'aide pour me lever et qui doit être assisté au quotidien.
Je suis comme ce bateau enfermé dans une bouteille. Je ne peux plus naviguer

« Tu sais, grand-père, je vais appeler mon petit fils et lui offrir cet objet qui lui est devenu familier à lui aussi et je vais lui dire « tiens mon grand c'est pour toi, je n'en ai plus besoin, le bateau a délivré son message .»

 

Eva

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 08:44

La brigantine

 

Avec l'étranger s'engouffrèrent dans l'auberge enfumée une bourrasque de vent glacé, et les cris rauques des goélands.

 Poil noir et cuir tanné, droit dans ses bottes, il restait sur le seuil, défiant l'assistance de son regard trop clair. Il avait avec lui un  jeune homme frêle, presque encore un enfant, portant une épinette suspendue à son cou.

Quelque mousse en relâche, ramassé sur le port, pensa Lison desservant les pichets qui encombraient les tables.

L'homme se déplaçait avec raideur ; il s'assit enfin, rejetant sa cape et son chapeau.

On vit alors la cicatrice qui lui barrait le front. Une onde de respect parcourut les tablées.

Nul pourtant ne pouvait connaître sa devise : "enferre ma rapière crapuleux mécréants".

Nul,  ni lui-même d'ailleurs : sa mémoire avait fui au fil  d'une épée de hasard,  sur un quai de brumes.

L'enfant était le sien, il le savait parfois, et parfois l'oubliait. Il lui servait de guide, de mère, et de passé.

Du fond de la salle un chant prit son essor, repris en chœur par la salle : " et hisse et haut, et hardi les gars…"

Le vieux affalé sur le comptoir se mit à  pleurer, l'étranger sifflotait.

Ayant avisé l'instrument posé sur le banc, un homme s'écria, "eh p'tit, vas-y, fais nous danser!"

 Le garçon fit jouer les articulations de ses doigts gourds, si longs, si fins, cornés par les rêches filins et le déboulonnage des caisses, aux mouillages.

Un énorme rire secoua la salle dès que s'éleva la musique aigrelette, et que deux hommes pesants se mirent à sautiller,  minaudant comme des marquises.

 

Il est l'heure de fermer.

Lison soupire, et les personnages de sa rêverie regagnent la brigantine qu'il y a bien longtemps son grand père a enfermée dans la bouteille qui trône derrière le comptoir.

Il reste, comme chaque soir,  à mettre sur le trottoir le vieux Léon à demi assoupi sur son pastis.

Il est pratiquement le seul client de "La brigantine", depuis que l'usine a fermé…

 

Emma

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