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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 16:26

sujet semaine 39/207 - clic

Dans un village reculé de Correze
vivait un petit homme
pas plus haut que trois pommes
Il n'était pas très courageux
vite fatigué il s'économisait
comme il disait
les jours passaient à une vitesse folle
l'hiver tranquille au coin du feu
au printemps tout était à refaire au jardin !
hélas pas d'entrain
attendre l'été n'était pas gai
il avait un calendrier à respecter !
il devait s'organiser
Penser : mon dieu quelle corvée-
dans un regain d'ardeur !
à l'atelier il alla chercher son bonheur
de barres de ferrailles qui trainaient
il composa un aide-jardinier parfait-
ce dernier penserait à sa place
à l'aide de ses tentacules coriaces
Il ferait baromètre, pluviomètre
arrosage et desherbage
sans oublier son air désolé
qui ne manquerait pas d'attirer les fêlés
Enfin notre homme était satisfait-
 
 
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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 10:23

sujet semaine 39/207 - clic

Cette plante ne me guérira pas
ou plutôt si,
de ce côté je sens déjà un mieux.
Les sucs ont entrepris leur long cheminement
pour atteindre mon crâne
où leurs sèves pénètrent
au creux  de leurs racines…
Fini mon mal de tête.

Merci à vous, Dame Camomille.

Mais qui guérira le mal, le mal souvent fatal,
qu’on dit être du coeur
dont nul ne sait les causes
et bien moins les remèdes !
Remède radical
qu’est celui de la mort,
ou cet autre :  l’oubli
qui est le moindre mal…

Adieu à vous,  Dame Camille…

 

cloclo

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 08:08

sujet semaine 39/207 - clic

Mon calendrier est plein de jardins à parcourir en Anjou et en Navarre
 
Trouverais-je le temps(et un peu d'argent) pour aller à Chemillé-en- Anjou?
 
Mon calendrier est plein d'oeuvres d'art à voir comme dans ce jardin à Chemillé
 
Aurais-je assez de toute ma vie pour parcourir tous ces jardins de sculpture?
 
 
 
Mon calendrier est plein de paysages d'art à découvrir ou revoir comme Chaumont-sur-Loire.
 
Il y a la Fondation Maeght à visiter enfin, la Biennale de Lyon samedi prochain.
 
Mon calendrier est plein de souvenirs d'œuvres vues comme la Biennale de St Etienne
 
En mars et avril dernier; il y a tant à vivre et le temps qui n'est pas extensible

 

 

Laura Vanel-Coytte

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 18:16

sujet semaine 39/207 - clic

Même si nous ne voulons pas l'admettre
c'est de la terre
que nous puisons ce que nous sommes.

Alors protégeons la
pour que le calendrier de la vie
ne se termine pas

 

 

XYZpascal

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 17:03

sujet semaine 39/207 - clic

Alors voilà que j'ai décidé, l'âge venant, et même le grantâge, que je ne ferais plus rien. Selon le calendrier des postes j'aurais bientôt 75 ans, alors pensez si j'ai envie de me démener comme une jeunette de 60! C'est que depuis quelques temps je traîne mes savates dans notre maisonnette  et c'est pour ça que l'aut' jour j'ai dit à mon Angelo qu'il devrait remuer ses fesses pour chercher du boulot. Angelo c'est pas le feignant qu'on pourrait croire, mais faut toujours le pousser sinon il a pas la motivation, malgré sa jeunesse et comme il est bon bougre, il est parti tout de suite à la recherche du travail en prenant la voiture rouge qui en a vu de belles mais qu'on a réussi à récupérer de la Seine et de la Marée Nostroume parce que le taff, ça pousse pas dans not' banlieue. (J'vous ai mis les liens pour vous faire des révisions et pour les malchanceux qu'auraient malencontreusement manqué les précédents chapitres, veinards que vous êtes)
Seulement voilà, quand il est rentré, il avait bien un gros paquet de biftons bien serrés dans un élastique, de quoi vivre gentiment pendant 2 mois et il n'avait pas oublié les boutanches de Veuve Clicquot  parce que nous, quand les brouzoufs rentrent on fête toujours ça pour nous porter bonheur, pis le champ' c'est bon à la santé à cause du magnésium, mais avec les biftons, il avait aussi ramené une migraine. Jerniguienne! que je m'étais exclamée pour copier la voisine quand elle engueule son chien Molière qui rentre tout crotté. Pas la petite migraine que je lui fais le soir quand j'ai pas envie de galipettes (parce que mon Angelo, il a un sacré talent question pirouettes faut vous dire, mais ça je vous raconterai une autre fois) non, une migraine de carabinier, bien rosse et tenancière de son crâne qui lui faisait se cogner la caboche contre le mur jusqu'à le mettre k.o. en japonnais ça donne ça, pour vous donner une idée comme c'est douloureux, un k.o.

ノックアウト

Dur.
C'est à ce moment-là que j'ai compris qu'il était retourné voir son docteur Tsé-tsé, çuilà qui fait des expériences scientifiques sur de pauvres cornedouilles genre mon Angelot qui cherchent à se remplir les fouilles rapidement. Bref j'ai hurlé sur lui après avoir mis les faces en lieu sûr - on sait jamais - en le menaçant de le quitter, comme d'habitude mais comme d'habitude Angelo il sait bien qu'il est mon Grand Amour Pour La Vie et que je ne le laisserai jamais tomber.
Une piqure d'un produit antimorbilleux, qu'il lui fait, parait-il. Jamais entendu ce mot avant, mais ce qui est certain, c'est qu'il avait la morbille du coup et que ça passait pas. Il devenait fou et plutôt que de le laisser esquinter les murs du salon, je l'ai envoyé faire un tour au jardin.
C'est là, entre les choux et les carottes qu'il a réussi à se débarrasser de cette fichue migraine, au bout de plusieurs heures de lutte.
Belle bête! Longue et fourchue, quasi tentaculaire, la s.....e! On avait jamais vu un spécimen pareil, même la voisine qui migraine pour un oui pour un non n'en avait vu de pareille. On a pris des photos, puis on a fait visiter à tout le village contre un modeste droit d'entrée parce qu'il n'y a pas de petits profits comme on dit, pis ça leur apprenait quelque chose et le savoir, ça se mérite. Bref, après tout ça, la morbille comme on l'avait appelée affectueusement est restée dans le potager, squattée par les petits piafs et les rames de petits pois, et tout est rentré dans l'ordre.
Par contre la morbille n'était pas désactivée et à chaque fois qu'on mangeait de la soupe, on se tapait une migraine. Moi, j'ai toujours préféré la daube à la soupe, c'est plus gouteux mais avec cette histoire de 5 fruits et légumes par jour, on est bien obligé d'en passer par-là. Alors on s'en débarrassait dans le potager, comme de la première et ensuite on en faisait du petit bois pour le chauffage. Parce que faut savoir que la morbille, pour activer un feu, c'est du tonnerre.

 

 

Almanito

 

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 17:00

sujet semaine 39/207 - clic

Mon dieu mon dieu

Ma terre se meurt

Epuisée meurtrie

Elle dépérit

Ma Terre ma Terre

Je te dois réparation

Puise en moi de nouvelles forces

Ta future régénération

Goutte à goutte je t’injecte

Ma substance ma divine moelle

Cinq cathéters comme les cinq doigts de ma main

Pour injection de ma vitalité

Pour perfusion vers Toi Terre

Notre mère nourricière depuis tant d’années

Je te donne ma force je te donne ma vie

Prends mon âme prends mon cœur

Je te donne tout

Pour que Toi Terre tu demeures

Louange à toi Terre et mille pardons.

 

 

Jamadrou

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 13:48

sujet semaine 39/207 - clic

Mes antennes de bois sèment les pensées que j'ai mis en terre
pour les reproduire à l'infini, d'un monde que je veux prospère
 
De bois je suis fait, c'est vrai, mais mon coeur est vrai et il palpite tous les jours du calendrier, pour vous !
Ma tête de bois sème à tout va la semence de l'espoir, pour que
s'élève la vie et la Paix.
 
Et, si mes antennes de bois sont le prolongement de mes pensées
profondes, alors, la terre dans le monde sera fertile et
j'aurais accomplis mon but........
 
Voyez vous, de bois, je ne suis pas fait finalement..........
 
 
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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 12:00

sujet semaine 39/207 - clic

A longueur de calendrier fulmine

Le jardinier qui se désespère

Verse des larmes de crocodile

Sa femme Odile

Se contentant en cuisine d'une misère,

Vorace vermine...

 

L'ouche est bistrot des bestioles

Le potager leur squatte,

Vois les stigmates

Qu'elles infligent, mon chou, aux scaroles !

 

Poigne de fer mon époux

Un épouvantail s'impose

Point un bon'homme, un voyou

Pour que plus ils n'osent !

 

Ouiiii, bravo...

Le jardinier se gratta la couenne

Et chez le forgeron de l'endroit

Point maladroit

Contre quelques étrennes

Commanda un Casimodo...

 

Un jardin

Ne se met pas sous verrou

Ni en panneau interdit...

Odile est ravie,

Adieu les malo'trous

Dentellières des jardins...

 

Le légumiste heureux

Ne se prend plus la tête

Entre les pognes

Tout à sa besogne

Il récolte sans qu'on l'em'bête

Des légumes fameux...

 

 

jill bill

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 11:00
Sujet semaine 39/2017

JieM Bourasseau clic - au Jardin Camifolia clic

 

Le mot à insérer facultativement est : CALENDRIER

 

 

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse : les40voleurs(at)laposte.net

Mode de fonctionnement du blog : clic

 

-------------

 

Douce semaine,

 

 Mil et une

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 10:45

sujet semaine 38/2017 - clic

A l'heure bleue de la nuit,
elle dépose tous ses soucis,
a l'heure bleue de sa nuit,
elle veut passer à l'oubli....
 
Elle a tant donné, tant souffert,
elle a vécu trop de déserts,
ses doigts marqués de cratères,
lui rappellent sans cesse sa misère..
 
A l'heure bleue de la nuit,
elle voit se terminer sa vie,
a l'heure bleue de cette nuit,
elle sait que tout sera fini..
 
Elle n'a plus rien à donner,
elle n'en peut plus d'exister
Toujours ne côtoie que jamais
A l'heure bleue, elle veut l'éternité.
 
 
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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 09:59

sujet semaine 38/2017 - clic

Le soleil s’est couché mais la nuit n’est pas encore là. Le ciel a perdu son soleil mais n’a pas encore trouvé les étoiles. C’est l’heure suspendue, l’heure où tout est silencieux, l’heure où le monde est en harmonie avec le lumière. Dans cette lumière d’un bleu profond, les feuilles frémissent, l’eau clapote et tout est concentré pour exprimer l’amour, l’amitié, la tendresse. C’est l’heure où les parfums se développent. 
 
Un soir de doux été, un homme rentre chez lui après une journée de travail. La Seine lui fit un clin d’œil et il s’arrêta pour la contempler. C’est cette heure si particulière que les Impressionnistes on défini comme l’Heure bleue. L’homme est grand admirateur de cette peinture ; il parfumeur enfin il est « nez ». C’est dans cette atmosphère que lui vint d’un parfum composé de senteurs d’héliotropes vanillées qui vont se fondre avec les arômes bois de santal sur un lit de rose de Bulgarie… 
 
Nous sommes en 1911 et Jacques Guerlain vient de créer « L’heure bleue » qui rend hommage à ce moment particulier et à cet élan impressionniste qu’il aime tant. 

Clément Serveau - clic

 
 
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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 19:00

sujet semaine 38/2017 - clic

 
L imites dépassées
 
H égémonique repos
 
E ntre les bras de Morphée
 
U ltime solution
 
R adicale posture
 
E puisement fatal
 
 
 
B ercée dans ses rêves
 
L ueur d'espoir au réveil
 
E sprit au repos
 
U rgence de décrocher
 
E nergie à renouveler
 
 
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 12:00

sujet semaine 38/2017 - clic

 
C'est celle où Cannelle redevient la vraie "fleur bleue", non pas de façon mièvre
 
Non pas l'amour pur à la sauce "princesse" qui attend son "prince charmant."
 
L'heure bleue, c'est celle du vrai Romantisme, pas de l'amour romantique
 
Dont on abreuve les jeunes filles et garçons peureux: le premier et le seul.
 
 
L'heure bleue, c'est le symbole de l'élévation absolue et de la poésie.
 
C'est celle que Novalis a popularisé dans le rêve d'"Henri d'Ofterdingen.
 
L'heure bleue, c'est au début du roman quand Henri a un rêve prophétique.
 
Henri qui veut devenir poète s'endort après qu'un étranger lui a parlé de la fleur bleue.
 
 
La "fleur bleue", c'est le symbole de la réconciliation entre le monde réel et chaotique
 
Et le monde spirituel où l'artiste se réfugie pour fuir la réalité et s'élever.
 
La "fleur bleue" c'est le symbole du passage entre deux mondes:
 
Le monde réel et le monde du rêve et de l'imaginaire: un paysage d'enfance.
 
 
 
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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 18:51

sujet semaine 38/2017 - clic

Aurile, assise et nue,  a fermé les yeux pour mieux entendre pour mieux sentir.

Et puis elle a attendu.

Doucement ses narines se sont dilatées et elle a pu capter le parfum de La fleur, parfum qui montait de la planète Terre Mère

Elle a pu aussi vaguement très vaguement entendre des chants d’oiseaux et le murmure du ruisseau.

Magnifique Heure Bleue !

Et puis en un instant  tout a disparu,

Le Grand Iceberg au cœur frigide  a gelé jusqu’au souvenir de ce parfum et de cette musique.

C’est alors qu’Aurile  s’est endormie.

Dans ce pays le bleu à l’âme est au cœur des choses, ces choses glacées aseptisées qui repoussent toute intrusion des sentiments.

Même dans son rêve elle cultive la froidure

Elle est glace pilée au parfum du néant, elle est pigment bleu pigment blanc qui tombent glacés du cosmos.

Dans ses rêves il n’y a ni oiseaux ni couleurs ni musique, le temps a déposé un linceul de silence.

Même dans son état de rêve lucide elle ne sait pas ce qu’est la verdure

 Car autour d’elle et en elle tout est froidure.

Dans cette contrée intergalactique l’atmosphère est figée et les rêves sont glacés.

Aucun souffle de vent ne trouble cette ambiance et c'est ce calme de l’air qui rend le froid supportable, vivable.

Pourtant qui, un jour, viendra d’un geste clément écarter la froidure pour apporter fécondité et chaleur ?

Une lumière semble arriver sur ses épaules

Cette lumière saura-t-elle faire fondre cette glace qui reste dans son corps comme la mer salée qui stagne dans une coquille vide ?

Cette lumière semble venir de la Terre où les hommes attendent le feu vert,

Le Rayon Vert,

Ils attendent et espèrent ce signal pour  faire le grand voyage et  venir faire fondre de plaisir toutes les femmes endormies par la froidure du Grand Iceberg.

 

Jamadrou

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 18:43

sujet semaine 38/2017 - clic

          Jack était fatigué. Il errait là, seul comme une âme en peine au milieu des glaciers. Voilà bien longtemps maintenant que Rose l’avait abandonné. La nuit était toujours magnifiquement froide et… bien calme. Le bleu de ses lèvres sciait à merveille à son teint blanc. Il se fondait dans le bleu de la nuit polaire et de l’océan sans grande peine. Ses cheveux, depuis longtemps blanchis par le froid, scintillaient de mille cristaux et son souffle, miroir de feu sa vie, ne laissait plus filtrer la moindre chaleur dans cet environnement hostile et glacé. Les quelques animaux marins passant par-là le surnommaient le triton au paquebot. Il était seul, le seul perdu quelque part dans cette immensité d’eau.

 

Il aimait nager jusqu’à l’iceberg roi. Jack l’appelait ainsi car il était de loin le plus imposant de tous ceux qu’il pouvait observer chaque jour. Un matin, près de lui, il entendit un coup de sifflet. Tout de suite, son cœur inerte fit battre à ses tempes un rythme imaginaire, parfaite illusion de vitalité. Jack pouvait le voir : le canot avançait dans la nuit noire. Pendant que des hommes ramaient, un autre était debout à l’avant, une lanterne portée à bout de bras, et usait du sifflet de toutes ses forces. Le sifflement déchirait la nuit, un son terriblement triste et nostalgique, presque angoissant dans ce silence pesant. Notre triton s’approcha rapidement mais le canot, pâle mirage de ses souvenirs, passa à travers lui et s’évapora comme un fantôme vers le pays du regret. Personne, personne ne le trouverait là. Personne ne le retiendrait ni le récupèrerait comme ce jour-là.

 

Hanté par son abandon, Jack partit en quête d’un endroit à hanter, d’un endroit à faire sien. Dans son périple, il partagea le sillage des épaulards, des baleines en migration et de bien d’autres poissons. Ses petites jambes ne lui permettaient pas d’aller bien vite, mais, la mort dans l’âme mais la mort aidant tout de même, la fatigue ne lui parvenait jamais. Aussi nageait-il jour et nuit.

A quelques jours de nage de l’iceberg roi, Jack trouva enfin une côte, blanche, froide et immensément isolée. C’était décidé, il en ferait son mausolée. Avant de l’atteindre pourtant, un mouvement étrange à la surface de l’eau attira son attention. Il connaissait les vagues, il avait appris à apprivoiser les animaux, l’océan, la nuit, beaucoup de choses en fait. Mais celle-ci laissait supposer un poisson inconnu, potentiellement dangereux donc.

 

Il n’eut pas besoin d’attendre longtemps, la créature lui apparut dans toute sa splendeur à moins d’un mètre de lui, devenant le seul rempart à franchir avant d’atteindre la côte. Elle était magnifique, trop peut-être. Jack trouvait en elle ce quelque chose de noble qui lui rappelait tant sa Rose. Ce quelque chose que lui n’avait jamais eu. Mais comme le petit prince en manque de sa rose, Jack resta méfiant en se rappelant que cette rose, quelle qu’elle soit, n’était pas la sienne. La créature était une femme poisson. Ses longs cheveux ondulés habillaient un visage poupin d’une extrême beauté. Sa queue était un véritable kaléidoscope, richesse de couleurs et d’écailles en tout genre.

La créature l’observait, sans rien dire. Pouvait-elle seulement parler ? Jack, lui, n’était pas sûr de pouvoir y arriver. Depuis tout ce temps, il n’avait pipé mot, trop effrayé de briser le silence de son nouveau monde. Puis, lentement, elle leva un bras en sa direction, étonnant mélange d’un bras humain et d’une main nageoire, palmée. Dans un murmure, un chuchotement presque inaudible, elle articula d’une voix brisée « Jack ». Jack, étonné, ne savait pas comment réagir. La femme poisson ne lui inspirait guère confiance.

 

- Que voulez-vous ? – Demanda-t-il finalement.

 

Elle s’avança, lentement, comme un prédateur fondant avec calme sur sa proie. Jack commença à reculer, lentement d’abord, puis, se retournant, nagea du plus vite qu’il le put. Elle l’attrapa bien vite, il en aurait presque était vexé, et après un petit baiser sur la joue, un sourire et des joues rosies illuminèrent son visage. Elle le serra dans ses bras et Jack en fut tout chamboulé. Depuis combien de temps était-il seul ? Il n’eut pas le temps d’y songer plus longtemps car déjà elle l’entraînait sous l’eau. Sa poigne était impressionnante et Jack ne pouvait s’en dégager. Il cessa de paniquer quand il se rappela qu’il était déjà mort. Tout ceci ne serait qu’un bref contretemps à son exil sur la grande montagne blanche.

Ils descendaient toujours plus profond dans la nuit sous-marine. Le bleu laissait place à l’obscurité la plus dense. Seule la lumière de la femme-poisson, sublime, parvenait aux yeux de notre mort. Après ce qui lui sembla durée une éternité, un dôme lumineux lui apparut en contre-bas, ville lumière des hommes et femmes poissons.

 

       La légende raconte que Jack s’y plut énormément, qu’il oublia Rose, la traitresse qui l’avait lâchement abandonné pour sauver sa propre vie, seule à l’abris sur cette porte, pour s’amouracher de cette femme-poisson qui avait si doucement capturé son corps et son âme. En bas, il retrouva le Capitaine, les musiciens et quelques enfants. Chacun menait sa mort dignement et mourait bien. On raconte que de l’union de Jack et de la sirène naquît un petit être à demi-vivant. Son papa lui donna son nom afin que jamais personne ne l’oublie, en admettant que quelqu’un cherchait encore à s’en rappeler. Comme le petit était froid comme la mort mais rieur et espiègle comme sa maman, ils décidèrent ensemble de l’appeler Jack. Jack Frost.

 

 

Tilancia

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 18:29

sujet semaine 38/2017 - clic

L’heure bleue, c’est celle où les paupières closes effacent le tourbillon des doutes, des sermons, des admonestations.

 

L’heure bleue, c’est celle où les bras ferment le corps engourdi et fatigué, lentement et efficacement en usant d’une force surprenante pour faire de cette masse inerte une petite chose ronde et molle qui devient un cocon d’amour.

 

L’heure bleue c’est encore l’arrêt devant la falaise, la suppression des tourments, l’envol, l’ascension, le pardon, la bénédiction …

 

Chut !

 

Observez cette femme ; elle s’est recroquevillée devant les rochers. Elle attend et semble endormie.

 

Son corps peut-être a chuté, c’est vrai. Il sursaute parfois, et subitement se raidit, se fige, s’immobilise.

 

Il lutte. Elle lutte.

 

Les lèvres balbutient des mots insensés ; on sent que les pensées deviennent peu à peu des prières, que le bleu du Ciel avale à grandes gorgées d’espérance tout le chagrin envahissant.

 

Les étoiles, elles, réchauffent lentement l’atmosphère pour que la nuit soit douce malgré tout…

 

Passe le temps …

 

Dors bien ma belle, le temps passe oui, c’est vrai, mais rassure-toi,  l’heure bleue indéfiniment règne…

 

 

Annick SB   ​

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 15:15

sujet semaine 38/2017 - clic

"Si tu fermes les yeux, alors viendra l'heure bleue"

lui avait dit l'ancien, mi gourou mi sorcier

pointant d'un doigt tremblant la ligne du glacier

Elle avait hésité, balançé, sacrebleu!

 

Cela faisait des mois qu'Igor avait filé

la laissant démunie, solitaire et en larmes

elle avait bien tenté, usant de tous ses charmes

de le tenir noué aux mailles du filet

 

L'astre dépérissait et mourut tout à coup

au loin quelque vieux loup appelait au carnage

elle s'abandonna au conseil du vieux sage

 

Sous ses paupières closes un soleil indigo

réchauffait ses sanglots et tout le marigot

demain elle prendrait le fusil à six-coups...

 

 

Vegas sur sarthe

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 15:10

sujet semaine 38/2017 - clic

 

- Écoutez...
- Mais... je n'entends rien...
- Justement. C'est le moment où les animaux de la nuit sont allés se coucher et ceux du jour ne se sont pas encore levés. Ce moment rare et précieux où le temps semble suspendu entre deux mondes. C'est l'heure bleue. Chut... Écoutez.*

 

César aimait cette heure bénie où, sortant de sa torpeur, le petit peuple souterrain et craintif  risquait un œil hors de son trou, où l’oiseau aux plumes nuitamment repliées s’étirait d’un vigoureux  battement d’ailes pour réveiller son petit corps froid un peu vif de la nuit. César, quant à lui, en avait passé une bonne devant l’âtre, en rêvant comme d’habitude à ses proies futures et en se relèchant les babines par anticipation. Mais la victoire serait dure, le petit peuple de l’herbe et celui des faîtes n’était pas né de la dernière pluie. Tous connaissaient César de renom et combien y avaient échappé de justesse…Un lézard y avait perdu sa queue en été et une mésange récemment quelques plumes.

 

Après une minutieuse toilette et un bon repas donné par sa maîtresse, Maître chat risqua un pas au dehors en posant prudemment une patte puis l’autre dans une herbe encore imprégnée de la rosée matinale. Ses vibrisses frémirent sous l’effet de la fraîcheur, puis il prit rapidement son rythme de croisière afin d’aller inspecter chaque coin du jardin susceptible de combler la petite faim qu’il sentait encore au fond de son estomac. César avançait sans bruit, faisant patte de velours et tentant d’intercepter tout signe de vie au creux d’un tronc, derrière un massif ou dans un des nombreux trous du jardin. Une sauterelle échappa de justesse à ses griffes, le coup de patte était, pour une fois, arrivé trop tard. Maître chat n’était pas encore réveillé sans doute.

 

Un ricanement se fit entendre. Tu peux toujours rire, répondit César, la prochaine fois, je ne te louperai pas, sale orthoptère stridulant. La sauterelle n’entendit pas la réplique, elle était déjà à 100 lieues, ayant repéré un brin d’herbe alléchant. César profitait du calme du matin pour tenter de capter le moindre bruit, le moindre déplacement, le moindre frémissement qui pourrait être l’annonce d’un petit complément matinal, genre moineau, merle ou rouge-gorge ! On les entendait bien entonner leur chant rituel et matinal (César en connaissait chaque mélodie par coeur), mais aucun d’eux de se montrait vraiment : il avait beau lever la tête pour les distinguer, rien à faire, ces finauds avaient décidément l’art de la dissimulation. Un joli papillon aux ailes jonquille fendit soudain le ciel encore empreint des torpeurs de la nuit finissante. César, surpris par cette arrivée impromptue, fit un grand bond en avant puis se projeta vivement en l’air afin de l’intercepter. Cette fois-là ne fut pas la bonne non plus. Ce n’était décidément pas son jour. Il jeta un regard rapide à droite et à gauche pour constater qu’aucun chat du voisinage n’avait pu être témoin de ces échecs successifs, ce qui les aurait bien sûr réjoui, c’est certain, et en particulier cette peste de Mina qui le narguait depuis quelques jours en minaudant, sans doute parce que sa maîtresse avait eu le mauvais goût, récemment, de l’affubler d’un horrible collier rouge muni d’une stupide clochette. Ridicule, pensa César, si elle croit m’attirer, cette pimbêche maniérée, avec ses airs de candidate à Miss Univers ! Mais pas de Mina à l’horizon, pour cette fois, l’honneur était sauf.

 

César, ignorant l’heure bleue, et insensible à la beauté de cette fin de nuit qui basculait doucement vers la lumière douce et tamisée d’une journée de septembre, alla s’étendre de tout son long dans l’allée, au pied de la statue du fond, celle qui représentait une jolie femme endormie. Mais insensible à sa beauté, et sans lui jeter le moindre regard, guettant d’éventuelles proies, et gardant un œil bien ouvert et une écoute attentive aux imperceptibles mouvements du jardin.  

 

* Kenneth Grahame, Le vent dans les saules (que je vous recommande !)

 

cloclo

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 15:05

sujet semaine 38/2017 - clic

« Romantisme cosmique

L'heure bleue, l'heure rêveuse

D'une humaine, façon licorne... »

 

L'enfant a suivi sa mère

A l'exposition, du haut de ses sept ans...

 

Il regarde la toile, ses étoiles, saphir,

Sa Joconde bleutée, énigmatique à ses yeux

Et son paysage, de martien, bleu nuit...

 

Il préfère de loin la vitrine de joujoux,

De l'autre côté d'la rue...les p'tits Schroumpfs, bleus...

 

Sa mère est fan de l'artiste

D'ailleurs si elle avait eu le sou...

 

« Maman, j'dois faire pipi ! »

Maman subjuguée est dans « son » monde

Le monde de Balasa...

« Maman... maman ! »

 

 

jill bill

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 11:00
Sujet semaine 38/2017

Sabin Bălașa - clic et clic 

 

L'expression à insérer facultativement est : L'HEURE BLEUE

 

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Bonne semaine,

 

 Mil et une

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