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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 15:37

 

 

 
Ciseaux, rabot, équerre
 
Menuisier ébéniste s'affaire
 
En artisan, nullement à grande échelle,
 
D'un siècle d'autrefois, manuel
 
Faiseur de cercueil aussi
 
Pour le nanti
 
Entre deux armoires sculptées
 
Une chaire de vérité
 
Un confessionnal, une statue
 
La Vierge à l'enfant Jésus...
 
Le môme ramasse les éclats
 
Pour en faire un patin en bois...
 
Sa femme file chanvre, lin, coton
 
Tisserande de la maison
 
Qu'elle vête simplement
 
Comme la vie qui s'écoule lentement...
 
 
jill bill

 

 

    
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 11:28

menuisier enfance moyen âge

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 11:00

 

 Toute la classe, dans le temple de la culture est silencieuse. Il faut rendre sa dissertation…

 

« Vous, Miguel, que pouvez-vous me dire sur la tauromachie ?... »

 

« Moi ?... Je veux devenir un grand toréador, Madame… »

 

« Ha bon ?... Et pourquoi ?... » demande la professeur étonnée.

 

« Je suis allé avec un de mes oncles, voir une corrida, une vraie... Une heure et trente minutes de combat, le temps d’un match de foot, sans la mi-temps…

Madame, c’est pour parader au défilé de présentation, dans l’arène sous les hourras de la foule avertie et experte ; c’est pour la réussite d’une véronique périlleuse avec un animal capricieux ; pour tous les « olé » qui résonneront dans ma tête coiffée, pour faire des passes de muleta, pour faire aussi voyager la cape rouge sous les naseaux fumants du taureau furieux. Pour enfoncer les banderilles multicolores dans le cuir de son dos trapu et voir dans ses yeux, danser la folie de près… »

 

Au fond de l’amphi, quelqu’un s’agite… Mais qui peut bien interrompre l’exposé de ce bellâtre aux allures de… Proserpine…

 

« Taisez-vous Pierre !  Laissez parler Miguel… »

 

« Je veux combattre la bête à l’épée nue, transpercer au plus profond son poitrail et atteindre ce cœur emballé à son moment fatal. Je veux être le Prince de sa mise à mort. Je veux les deux oreilles et la queue, je veux des fleurs lancées des gradins et les chansons des trompettes victorieuses dans mes tympans en récompense suprême !...

Je veux combattre dans l’arène comme un gladiateur des temps modernes et mettre à terre, oui, faire mordre la poussière à cet animal mythique. »

 

Toute la classe, attentive, s’est mise à trembler…presque admirative. Dans leurs regards stupéfaits, on lit comme de la frayeur intense... Sauf pour Pierre…

 

« Taisez-vous, Pierre... Mais encore ?... »

 

« Je veux être tissé de fils d’or et habillé d’argent, je veux briller au soleil dans une grande corrida et toréer les plus grandes bastides de Camargue et leurs élevages les plus sauvages...

Je veux avoir peur et rencontrer l’animal, pour savoir s’il est gaucher, pour comprendre ses réactions les plus infimes, pour le voir racler son sabot et laisser cette empreinte, tel un sillon gravé dans le sable, avant qu’il ne me charge.

Je veux qu’on tremble pour moi, qu’on se lève de concert ou qu’on agite ses mouchoirs blancs. Je veux faire chavirer le cœur des pâmées et affoler leurs éventails…

Je veux entendre les clameurs de la foule en effroi ou en admiration. Je veux toucher la Bête au plus près et sentir la chaleur intense de sa transpiration furieuse.

A sa force brutale, je veux opposer la finesse et l’intelligence… »

 

« Mais taisez-vous Pierre ou je vous fais sortir !... » dit la professeur irritée.

 

« J’ai la passion taurine qui coule dans mes veines, oui je rêve de ces moments historiques. Je veux voir les taurides quand je rentre sur la piste de danse, je veux être acclamé pour mon courage, mon audace et ma témérité. Je veux montrer « l’espada » sanglante à la foule conquise...

 

« Madame, je peux prendre la parole et vous soumettre ce que je pense de cet art machiavélique ?... » crie Pierre, du fond de la grande salle…

 

« Attendez un peu, Pierre ; Miguel nous a bien démontré sa passion et son futur métier de toréador. Miguel, avez-vous quelque chose à rajouter ?... » demande la professeur intéressée…

 

« Madame, la tauromachie est un art de vivre, une remise en question de sa condition d’humain, c’est savoir rester maître de l’animal dans l’intimité de son intelligence, devant ses six cent kilos de muscles et l’affronter, lui faire face, sans prétendre trembler…

C’est entendre son galop lourd, dans le sol vibrant, quand il bouscule les picadors et renverse les chevaux *carapacés.

C’est chercher son regard en feu et le capter pour l’amarrer à son futur de taureau vacillant. C’est danser avec la Bête, dans ce combat singulier, aux périls de nos vies.

C’est lui éviter le couteau de l’abattoir du boucher et lui faire une mort honorable au milieu de la foule *applaudissante et au soleil blanc d’une arène bondée…

 

« Salopard !... »

 

« Taisez-vous, Pierre !... »

 

« Assassin !... »

 

« Et vous, Pierre, que voulez-vous nous démontrer alors ?... » demande la professeur agacée.  

 

« Madame, si je le pouvais, je serais un  taureau !... » crie Pierre, bien loin de l’estrade.

 

Tout  l’amphi s’est mis à rire…

 

« Et pourquoi ?... » sourit la professeur amusée, en rajustant son grand chapeau bleu…

 

« Madame, je serai taureau pour mettre à mort ce matamore, cette papillote ambulante enrubannée de rouge comme son hémoglobine tiède qui giclera à la figure de la foule des sanguinaires au premier rang du spectacle de sa mort. Je l’encornerai au plus profond et je le ferai valser dans les airs, au plus haut... Puis je piétinerai son cadavre d’humain cruel avec la force de mes pairs, de mes pères et de mes aïeux morts dans les Arènes. Oui, je lui montrerai ses dernières étoiles…

 

« Mais enfin !... »

 

Pierre se lève et descend les escaliers pour s’approcher de l’estrade en parlant pour lui, mais fort…

 

« Vous ne savez pas, Madame : Quand je serai taureau et, même dans la prison de l’enclos, d’avant mon massacre, on pourra me jeter des sacs de sable sur le dos pour me briser quelques vertèbres et, ainsi, me rendre plus docile...

Ensuite, enfermé dans l’arène, on voudra « m’humilier », on cherchera alors à sectionner ou à léser les muscles releveurs de ma tête car cela affecte profondément mon système de défense naturel.  C’est le rôle des picadors et de leurs vieux chevaux, lors du premier « Tercio. »

 

Pierre lie ses gestes à la parole et on dirait qu’il se déplace, mais comme un taureau… 

 

« Vous aimez bien quand je les éventre pour votre plaisir, entendre craquer leurs côtes et voir leurs entrailles ternir la poussière… Vous pensez que je suis féroce, que je suis un danger pour la nature et que mon seul destin est cette rencontre avec mon bourreau…

 

Pour m’affaiblir encore, on va multiplier les hémorragies en évitant de me faire couler des flots de sang, ce qui pourrait trop vous rappeler l’abattoir. Toutes mes plaies seront internes. Quant au sang bien rouge que certains jugeront décoratifs, il sera jaillissant ou dégoulinant, en piquant mes artères du dos.

Pour augmenter mes tristes hémorragies, vous allez me soumettre à de brusques déplacements, parce que je suis d’une race qui suit ce leurre rouge, cette toile des vachers ou des garçons d’abattoir…

 

Pierre court d’un côté et de l’autre, sur la grande estrade…

 

Quand je comprendrai cet artifice, je deviendrai « avisé. »

Et toi, déguisé en sardine, pour les huiles déplacées en rang d’honneur, dans cette tribune en boite macabre, tu glisseras bientôt sous ta cape, ma sentence imminente. Mon temps sera alors compté pour ma funeste corrida, ma fin inéluctable. Et si je comprends vite, ma vie sera plus courte encore… Mais il faut que le spectacle continue… Alors, je chercherai un refuge ou un territoire et toi, le boucher de sévices, tu diras « querencia »

 

Pierre se traîne le long de l’estrade comme l’animal blessé… 

 

« Mon choix devra être net parce que je pourrais être un lâche et passer pour un « manso » En réalité, mes mouvements peu prévisibles seraient difficiles à parer.

Il serait même dangereux d’empiéter sur mon « territoire » et, pour toi, maigre marionnette vicieuse, cruelle, en costume du dimanche pour ma future messe, ton emplacement d’attaque sera la ligne de partage entre ton terrain et le mien.

Tu sais bien que tu pourras tirer tes effets spectaculaires de cette géographie invisible et t’agenouiller en me tournant le dos parce que je serai épuisé et réfugié dans mes restes d’espace vital. Et ces cons de spectateurs t’admireront pour ce subterfuge technique, te prenant pour un héroïque imprudent… »

 

« Pierre !... »

 

« Désolé Madame, je n’ai pas d’autres mots plus explicites pour ces voyeurs…

 

Mais je serai déjà à moitié mort… Tous les mouvements, si bien codifiés, imprimés aux leurres, que tu appelles « passes » révèleront ton « style » De ces choix « judicieux », de leur élégance et de leur enchaînement dépendront de mes déplacements, de ma fatigue et de mes lésions internes ainsi que de nouvelles « habitudes » que tu m’imposeras dans ton placement en terrain favorable.

Et puis, tu m’accorderas cette terrible passe, cette méchante véronique où tu me présenteras ta cape à deux mains comme cette Sainte qui a essuyé le visage du Christ.

Mes épines pourtant, me lacèreront le dos…Simulacre infernal… »

Et Pierre lève les yeux au Ciel, en laissant ses bras en croix…

 

« Tu vois, ton travail sera facile… »

 

La classe effarée retient son souffle… 

 

« Vous voulez dire encore quelque chose Pierre ? » s’étrangle la professeur…

 

« Vous aussi, alors, vous voulez voir mourir un taureau ?… »

 

« Ma faena dure à peu près quinze minutes, j’ai épuisé mon premier « tercio » Il me reste dix minutes à vivre, alors je vous offre ces dix minutes de souffrance…

Le second se voudra une accalmie…

Les habiles poseurs de banderilles aux manches enrubannées rivaliseront d’adresse voire de hardiesse, avec des numéros d’acrobatie pour ficher ces harpons dans mon dos, pour augmenter ma douleur et l’hémorragie. Et ce défi, les spectateurs vont l’admirer…

 

Je serai surpris et trompé par ces brusques évitements et j’aurai mal…

 

Le dernier tercio sera mon exécution.

Cette mise à mort par estocade et les passes permettront de me placer dans ta position favorable et favorite pour viser ma « croix » ; ton chemin avisé, c’est le sommet de l’omoplate droite, tu vas m’appeler, pour me faire approcher dans ma dernière charge et bénéficier de mon élan et tenter de me tuer.

Tu vas me braver en t’approchant au plus près de mes cornes.

Cette frontalité héroïque et théâtrale déclenchera l’émotion générale et des grondements de rumeur apeurée respectueuse pour ton courage affirmé, mais tu sauras bien te mettre dans l’angle mort de ma vision déjà défaillante…

 

Et dire que tu vas t’enduire de mon sang pour faire penser à une blessure imaginaire.

Tu es un assassin… 

Si je peux, je vomirai mes restes de sang par la bouche et non plus par mes plaies en te tirant la langue, pour ternir ton succès de matador.

 

Voilà, j’aurai duré quinze minutes dans ton arène, bien loin de mes verts pâturages et j’aurai soixante centimètres d’épée sadique qui me traverseront le cœur. »

 

Pierre s’écroule sur l’estrade poussiéreuse et agite frénétiquement les jambes…

 

Puis il crie :

 

« Telle est ma destinée : Etre taureau, roi de nos campagnes et mourir sans combattre et sans Honneur !... »

 

Toute la classe est silencieuse, chacun reprend sa copie et la cache, pour ne pas se comparer avec cette dissertation difficile…

 

Pierre se relève, retrouve sa place dans l’amphithéâtre et s’assoit en ignorant tous les yeux amicaux qui l’accompagnent. Il regarde sa copie sur son bureau, oubliée dans l’élan de sa foi…

 

Un applaudissement enraye l’atmosphère pesante, puis un autre et un autre…

La salle est debout et acclame Pierre avec des « bravos » d’enthousiasme. Il reçoit des boulettes de papiers chiffonnées des rouges, des jaunes, des oranges, des blanches, des grises, des noires, toutes les couleurs, comme une pluie de fleurs tombée du ciel…

 

Alors, il se lève, hoche la tête et salue la foule comme un…toréador vainqueur…

 

 

Pascal.

 

Désolé d’être un peu long…

 

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 12:06

        J’ai accroché cinq tableaux de grands maîtres dans mon couloir. Bien sûr, ce ne sont que des reproductions. C’est pas avec ma petite pension de reversion que je peux faire des folies. Et c’est pas ma fille et son mari qui vont améliorer mon quotidien, je l’avais prévenue, cette bécasse : au lieu d’épouser le fils Berthot, dont le père possède trois usines et un appartement en plein Cannes, assez grand pour nous recevoir tous, eh bien, la voilà qui a préféré ce benêt de Chassimon qui a tout juste un baccalauréat en poche. Et encore, il l’a passé deux fois et sans la moindre mention. Je me demande bien ce qu’elle lui trouve, quand je lui dis qu’il n’est même pas beau, elle me répond, cette gourde, qu’il a un certain charme et que de toute manière, ses choix personnels ne me regardent pas. Et que si, ma belle, qu’ils me regardent, qui c’est qui se paie sa bobine tous les dimanches à midi à l’heure du déjeuner ? C’est bien moi ! Elle a juré que lorsqu’ils auront plus d’argent, ils pourront se payer le restaurant ou quelques autres douceurs, et elle ajouté, la faux-jetonne, et puis maman, on t’aime bien, tout de même, malgré ton caractère de cochon… Fille indigne, que j’ai dit, après tout ce que j’ai fait pour toi !


Je me suis vengée comme j’ai pu, j’ai accroché les cinq croûtes dans le couloir d’entrée et dans l’ordre, s’il est assez futé pour comprendre, ce pur produit de Darwin (ce qui m’étonnerait d’ailleurs) et s’il sait décrypter le langage des peintres, il comprendra que le premier c’est pour sa tronche, qu’il a fortement dessinée en poire, avec son œil torve et son regard exsangue, le second, c’est ce qui doit se passer dans son cerveau, et encore, à ses meilleures heures, et après une longue période de repos, le troisième, c’est ma fille, élégante, distinguée, romantique, tout le portrait de sa mère, quoi, on se demande ce qu’elle fait avec cet homme moyen, banal et ordinaire. S’il ne saisit pas l’allusion directe du quatrième, là, je veux bien me pendre, y a des jours où aurait envie de faire un malheur, étrangler, égorger, démembrer, dépecer, transpercer, noyer, désintégrer…Ce qui me retient, c’est qu’il ne fera même pas un beau mort et qu’ il n’aura jamais l’élégance ni la classe de ce bel hidalgo entoilé. Tiens, ça me rappelle mes vacances d’autrefois, à Grenade, on était allés voir une corrida, c’était le grand El Cordobes qui officiait ce jour-là. Je ne vous mens pas, à un moment, il est passé tout près de moi, il m’a frôlée, puis m’a inondée de ses grands yeux de braise, j’ai chaviré et je me suis retrouvée dix mètres plus bas à plat ventre au milieu des gradins. Quelle frayeur ! M’en suis sortie avec une simple foulure, mais quelle foulure ! La foulure de l’Amour : instantané, fugace, douloureux et impossible. J’y pense encore parfois aujourd’hui.


Le dernier, c’est moi il y a quelques années. Bien sûr, la tenue est différente, mais tout de même, il y a une certaine ressemblance. Cheveux blonds (mon gendre dirait : filasses, mais ça, c’est mon gendre), le regard un peu sévère, mais ce ne sont que des apparences, car même si je cache bien mon jeu, j’ai un énorme cœur, je dirais même un coeur d’or, ça, tout le monde sait le reconnaître, à part ma famille qui ne me comprendra jamais.


J’ai hâte de voir l’effet que ça va leur faire ; si ça se trouve, ce benêt de Chassimon ne se rendra même pas compte du changement, la seule chose qu’il sait voir, c’est ce qu’il y a dans son assiette, et encore, il est capable de grogner et de se plaindre si le menu du jour ne lui convient pas. On va voir.


On sonne !

-Ah ! C’est vous ? Entrez, entrez, les enfants !!


Cloclo

 


 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:11

 

 

    Epuisée d’avoir nettoyé le grenier où séjournaient les toiles (originaux ou copies, je ne saurais dire, mais je penche pour des copies, Ignace, l’ex-propriétaire n’étant pas riche), je savourais un verre d’eau aromatisée de réglisse, quand ma nièce, Meriem surgit devant moi, sérieuse et bien droite sur ses sept ans.

« Dis, tu sais, les peintures que tu as descendues, elles sont toutes tristes… y a un garçon qui a perdu sa mère et qui l’appelle bien fort sur le pont de bois qui borde la mer et puis y a un blessé ou un mort, je sais pas. Ça me plaît pas, tout ça, à moi.

- Mais, Meriem, le peintre voulait peut-être que tu te sentes malheureuse pour que tu reconnaisses son art.

- Je comprends pas ! le peintre y peut tout faire ! Alors pourquoi y met des dames tristes, y a que la plaque du milieu que j’aime bien. J’en ferai une comme ça…

- Pourquoi tu l’aimes ?

- Passque y a plein de couleurs, comme une carte de google earth et je peux rêver à l’endroit où je voudrais aller.

- Et si tu fais une « plaque », toi aussi, qu’y mettras-tu ?

- Rien que du beau ! des couleurs jolies et des gens jolis qui meurent pas… Dis, je peux avoir un verre de réglisse moi aussi ? »

Le chat entra en miaulant, en désir de caresses que Meriem ne lui refusait jamais. La discussion ne pouvait se poursuivre devant une telle tâche…

 

Roseline


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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:37
 
       Ils sont trois dans le cockpit du vaisseau [¤@#!]  de l'escadrille affectée à la surveillance du système solaire.
Une belle équipe de branquignols détachés du Ministère de la Culture : matricules 00000001, dit 007, 001100110011, surnommé double zéro, et 0 pointé qui n'a pas reçu son badge à temps, en raison des restrictions de crédits..
 
Ils ont écopé de la terre.
La terre vue de l'espace.
Un travail facile puisque la planète n'émet plus de signaux depuis quelques années-lumière, et moins monotone que les sempiternelles mesures de cratères que doivent effectuer les équipes d'arpenteurs.
Eux, il leur suffit de faire des relevés archéologiques pour le service des archives.
Double zéro aime bien venir ici, d'abord il trouve jolies ces lignes et formes colorées et aussi il raffole des rats et des cloportes qu'il voit souvent gigoter dans les rayons de transportation des prélèvements.
Il faut toujours que 007 lui rappelle qu'ils ne sont pas là pour constater l'état de la terre là maintenant, mais pour effectuer des carottages dans les strates/temps pour collecter des fossiles.
 
Justement, ils viennent de remonter quatre échantillons. Ils sont déposés avec précaution sur les hologrammes du labo.
007 est à l'analyse :
- Notez et téléportez au vaisseau amiral :
- Echantillon numéro 1 – récent, datation : dernières heures de l'humanité. Gris,  moche, on dirait un gnossien. Biotope : gaz et fumées. Environnement sonore : sirènes.
- Numéro 2 -  un peu antérieur, vous chercherez la strate dans les tables. Blanc et noir, horizontal. Biotope : sable et crottin. Environnement sonore : trompettes.
- Numéro 3 – même couche/temps. Vertical, incomplet. Rose et bleu. Biotope : bois, poussière, alcool. Environnement sonore : cris perçants.
- Numéro 4 - beaucoup plus ancien. Vertical, incomplet. Bleu canard.
- canard ?
- je ne sais pas non plus, c'est ce que donne la grille d'étalonnage. Tiens c'est bizarre, je vois un croisement avec les archives de Pluton, vérifier si l'autre partie n'est pas enregistrée chez eux.
 
Bon, on arrête là ?
007 replie ses tentacules et se prépare à léviter voluptueusement, mais  double zéro demande "dites, chef, je peux encore jouer un peu avec les cloportes ?"

Emma

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 17:12

 

 
Pan!
AAAh!
Oh!
Splatch!
Hummm...
 
Nounedeb
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:58
 
Lundi:
Quelqu'un a crié.
C'était pas le cri comme d'habitude
 
Mardi:
La glace de ma chambre est toute cassée.
Y z'ont dit de pas recommencer et que c'est pas grave.
Y'a plus mon image dedans mais c'est tout joli avec le soleil
 
Mercredi:
Une jolie dame brune est venue avec des pommes.
J'aime pas les pommes mais je dis rien pour qu'elle revienne
 
Jeudi:
La dame brune est pas venue.
Elle a eu peur des gens en noir dans le couloir à cause du mort
 
Vendredi:
A la place du mort, y z'ont mis une vilaine femme
Elle est toute blanche avec un nid d'oiseau sur la tête
Elle cherche son nid partout mais je dirai rien
 
Samedi:
J'ai mangé un peu du nid d'oiseau
La pomme aussi, c'est pas mauvais, alors j'attends la dame brune
 

Vegas sur sarthe

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 16:40

 

Alors du plus profond de la vallée a retenti le Cri...

Cri énorme qui enfle en s'engouffrant par le moindre interstice,

Cri de stupeur, hurlé par une jeune femme qui vient d'assassiner son amant

Dernier râle de l'homme étendu. Il attend la mort, agrippé à son épée et sa muleta, vains trophées d'une vie qui s'en va.

Cri surhumain de la belle dame, sa mère agenouillée sous le vitrail aux mille couleurs qu’illumine encore le soleil couchant.

Tous ont entendu le Cri, sans savoir… ne voulant surtout pas savoir…

 
Marief
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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 08:07

 

« Dites, les gars, fameux coup notre petite escapade de monte-en-l’air de cette nuit !... »

« Ouais, c’était un vrai jeu d’enfant d’aller décrocher ces toiles !... »

« On va se faire un bon paquet d’oseille, du blé, de la tune, des pépettes !... »

« Même pas gardé, leur musée !... Une vraie promenade de santé !... »

« J’ai même souri à toutes les caméras, je suis une vraie vedette !... »

« T’es con… »

« Et tous ces tableaux !... C’était un vrai marché aux puces !... »

« Sans parler de ceux qu’on a laissés derrière l’échelle !... Tu te souviens ?... »

« Ben oui, ils ne rentraient pas dans le coffre !... »

« Tu connais, celle qui a le sourire béat, comme si elle avait quelque chose à cacher à tout le monde ?... »

« Moi, j’avais embarqué la crémière de chez Danone !... J’ai la même dans ma télé, tous les soirs ! Ha, ha, mais je ne voulais pas renverser le lait dans la voiture, j’ai pris une autre toile !... »

« Moi, je confondais Picasso et Pissarro et, comme je ne connais ni l’un ni l’autre, je les ai laissés… »

« J’avais effeuillé toute la collection des Magritte mais je ne comprenais rien à ses décors impossibles ; ils doivent encore être au pied de leur mur… »

« Hé, les gars, et si on les regardait de plus près, ces chefs-d’œuvre ?... »

« Oui, sortons-les vite de la bagnole !... »

 

« Dites, c’est quoi ça ?... Mais, c’est une vraie horreur !... »

« C’est qui, ce type qui gueule ?... »

« Oui, tu as raison !... Il vient de voir se faire écraser son clébard ou quoi ?... »

« Il n’avait qu’à le garder à la laisse, après tout !... »

« Comment il s’appelait, son chien ?... »

« On s’en fout… »

« Munch !... Munch !... comme le nom marqué derrière cette toile !… »

« T’es con… »

« Mais à qui tu veux qu’on revende cette calamité ?... »

«  A la SPA, pour que les gens ne lâchent plus leurs toutous au bord de la route !... »

« Tu parles d’une pancarte !... On ne peut rien faire avec ce cauchemar ambulant, même dans un asile de fous, on nous le refuserait : il donnerait des nouvelles idées noires aux locataires… »

« Allez, à la poubelle !... »

 

« Alors, toi, tu avais faim et tu as décroché cette monstrueuse pizza !... Regarde !... Il n’y a même pas les olives dessus et cherche pas les anchois, il n’y en a pas un !... Ha, je vous jure, on fait une sacrée équipe, tous les trois !... »

« Chez Pizza Hut, ils pourraient l’afficher en grand à l’entrée du magasin !... »

« Oui, ils sont chiches avec les tomates !... »

« Pizza Pollock, pizza mastoc !...  L’est même pas cuite,  sa pâte !... »

« T’es con… »

 « Mais c’est toi qui m’a dit de le prendre !... »

« Remarquez, on pourrait en faire un plan de Paris, il ne manque plus que les noms des stations de métro !... »

« Allez, on le bazarde… »

 

« C’est qui, cette blanche pimbêche ?... Non, mais tu as vu cette figure de carême ?... » « Faudrait l’emmener au soleil, cette nana !... »

« J’offre la crème bronzante !... »

« Rossetti, c’est lui qui l’a peinte, c’est marqué dessus, c’est comme le porc… »

« Oui, oui, on sait… »

« Rossetti… Rossetti, c’est pas l’ailier gauche de l’équipe d’Italie ?... »

« T’es con… »

« On dirait un mec, cette, cette… Proserpine… Je n’aimerais pas la croiser chez Grand Frais… »

« Et pourquoi, chez Grand Frais ?... »

« A cause de sa grenade dégoupillée ; elle est inquiétante, avec son regard incertain, elle a un mauvais coup en route… »

« L’était cocu, son footballeur de Rossetti !... »

« Allez, direction le rebut !... »

 

« Ha, ha… J’ai fait une fausse manip, j’ai pris un Manet à la place d’un Monnet… »

« Oui, un Manet, c’est presque de la fausse monnaie… »

« Celui-là, il a failli ne pas rentrer dans l’estafette !... Il est grand, ce mort d’arène !... » « Ben, dis donc, il a pris un bon coup de corne, celui-là !... »

« C’est sûr, il n’est pas mort du coryza, le beau toréador… »

« L’était peut-être occupé à remplir son mouchoir pendant que son taureau rédempteur l’encornait… »

« Je déclare le taureau vainqueur : un rhume à zéro !... »

« T’es con… »

« Ben quoi ?... Il a bien mérité les verts pâturages, le bestiau, non ?!... Les deux oreilles et la queue vous saluent bien, public assassin !... » 

« On n’a qu’à le refourguer à la fondation Brigitte Bardot, elle sera contente !... »

 

« Fallait même que vous embarquiez la mémé de service !... »

« Toulouse Lautrec… C’est où Lautrec ?... »

« A quelques minutes de Toulouse à vol de ta petite cervelle d’oiseau !... »

« Elle te rappelle ta grand-mère ?... »

« Non, mais t’as vu le chapeau ?... »

« C’est peut-être elle qui craquait si fort dans la bagnole… »

« Comment s’appelle t-elle ?... »

« Jane Avril, c’est marqué dessus comme… »

« Oui, on sait, on sait… »

« Faut être célèbre pour être peinte si âgée… »

« Ou avoir mis des étoiles dans les yeux du pinceau… »

« Bon, on en fait quoi de mamy les belles gambettes ?... »

« On l’emporte à l’hospice ?... »

« T’es con… »

« Y a qu’à l’entreposer avec les autres toiles ; elle surveillera le chien, la pizza, la terroriste et le mort, la douairière… »

 

« Laissez tomber, les gars, ça ne vaut rien tout ça. On les rapportera cette nuit et on les laissera devant l’entrée du musée ; Je comprends maintenant pourquoi il est si peu gardé. S’ils arrivent à faire des visiteurs, avec ces vieilles croûtes, c’est que les gens sont bien des crédules remplis d’inculture... »

« Hé, les princes de la cambriole, ce n’est pas demain qu’on fera fortune avec vos goûts d’ignorance… »

« C’est sûr, on n’a pas pris les plus beaux !... »

« Ouais, ce n’était pas une bonne pioche… »

« Demain, on tentera la Banque de France !... Délaissez les Voltaire mais si vous voyez des Pascal, prenez-les, ils ont une vraie valeur… inestimable !... »

« T’es con… »

 

Pascal.


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