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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 10:29

sujet semaine 21/2017 - clic

« Vous vous souvenez les filles quand nous allions à la piscine et que le gros Robert nous avait montré son p’tit oiseau ? »

 

- « Oh ! Oui je m’en souviens très bien, j' avais crié : Cochon de Robert, tourne toi ! »

 

Et il m’avait répondu :

 

- « Oh ! Les 3 naïades faites attention à vous et ne soyez pas effarouchées par mon bel oiseau.

 

Il vaut quand même mieux pisser sous la glycine, que glisser dans la piscine ! »

 

- « Quelle rigolade ! Quel charivari!"

 

- « Oui, pauvre Robert, c’est finalement lui qui a glissé de l’autre côté le premier ; paix à son âme. »

 

 

Jamadrou

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 11:34

sujet semaine 21/2017 - clic

Les commérages allaient bon train sur le banc installé depuis peu à la demande de la municipalité. Aucun compère, aucune commère n'aurait admis qu'ils y étaient opposés. Même que le père Jules, il l'avait dit au dernier Conseil municipal.

 

"Ça va servir aux siestes des fainéants !"

"Ça va être le lieu de rencontre des faignants !"

 

Le dernier sujet était le grand miroir de route au carrefour de la mare.

Pensez-donc, elle a dit qu'il s'était décroché tout seul lors de la dernière tempête.

- Mouais, on l'a peut'êt ben aidé à s'décroché hein ...

- Penses-tu, même pas besoin. Elle a dit qu'il était tombé au moment où elle passait avec sa voiture. J'te dis qu'elle est louche moi cette elle.

- Qui ça elle ?

- Ben sa voisine l'appelle la vieille sorcière c'est tout dire !

Les commérages allaient bon train et passaient déjà à un autre sujeet.

"Il parait qu'le père Jules, il a une recette spéciale pour faire pousser les légumes de son potager" 

Qu'es'qu'tu dis ?

 

Et le ton montait ...

Tant pour compenser la surdité des commères que pour couvrir le charivari des oiseaux dérangés dans les frondaisons de la glycine.

 

 

Jeanne Fadosi 

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 15:51

sujet semaine 21/2017 - clic

Anciennes lavandières, Louise, Soisig et Léontine ont gardé l’habitude de se retrouver tous les vendredis.  Elles aiment ainsi se réunir pour papoter, se raconter les derniers potins du coin et se remémorer ces ambiances animées où, au milieu des charivaris des marmots tout en battant le linge "on s’épouillait joyeusement en ragotant".

 

Et comme au temps des lavoirs, elles continuent à cancaner, à dénigrer tous les notables, les voisines, les bons hommes… Elles se gaussent, se moquent d’elles et des autres tout en évoquant le passé, ce travail dur, surtout l’hiver quand, manches retroussées, agenouillées toute la journée, elles devaient fracasser la glace, laver le linge dans l’eau gelée…

 

"On s’caillait souvent les miches, alors  fallait bien faire chuinter les esgourdes pour s’donner du cœur à l’ouvrage ! " 

 

Elles n’ont  rien perdu de leur verve et  leurs langues sont toujours bien pendues ! Ce qui leurs plait aux lavandières, c’ n’est pas tant la médisance mais c’est surtout de s’retrouver, de rire ensemble, d’se raconter.

 

A qui veut bien les écouter, elles ouvrent  volontiers la  boîte à secrets d’une époque où le travail certes était rude mais où on s’avait rigoler .

 

Histoires de femmes

Qui  nous livrent juste

Quelques instants de  vie.

 

 

 

Chloé

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 17:05

sujet semaine 21/2017 - clic

l' arbre

 

de toutes ses feuilles

 

écoute avec compassion

 

 

XYZpascal

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 19:40

sujet semaine 21/2017 - clic

Je vais vous conter l’histoire de trois vieilles sorcières. Cela remonte à quelques années maintenant. Un jour, alors qu’elles n’étaient encore que jeunesse frivole et beauté, ces trois-là tombèrent sous le charme du même jeune homme. Galant et charmeur fou à ses heures perdues, ce pauvre malheureux n’avait pas idée qu’un beau jour son passe-temps lui couterait cher. En effet, les jeunes femmes, toutes rivalisant de beauté, étaient du genre peu discrètes, et chacune aimait vanter son amour pour le bellâtre à qui voulait bien l’entendre.

 

Le village n’était malheureusement pas si grand et notre Don Juan fut rapidement démasqué grâce (ou à cause) des ragots qui filaient bon train. Les trois femmes n’étaient pas quelconques, elles avaient en elles ce côté fascinant, sauvage, fatal… S’il avait regardé de plus près, il aurait sans nul doute vu que cet amas de beauté était bien trop excessif pour être réel. Mais l’amour rend aveugle… sa bêtise aussi surement. Le trio se réunit et chacune espérait secrètement que les autres renonceraient. Après de longues heures d’un débat peu constructif, elles décidèrent ensemble d’une punition qui satisferait tout le monde : elles pourraient toutes l’avoir, il pourrait toutes les voir sans problème.

 

La punition s’abattit sur lui un soir que la plus jeune lui donnait rendez-vous près du banc public. C’est devant ce vieux mur de pierres froides et impersonnelles qu’il se fit surprendre et dut rendre des comptes non pas à une, ni deux mais trois sorcières. Pour seule réaction, ce grand gaillard, dans toute sa virilité, fondit en larmes, genoux à terre, pour implorer leur pitié. Mais elles n’étaient pas dupes. Vous les trouvez dures en affaire ? Il fut là même transformé en arbre. Un chêne ? Non, pensez-vous, c’est bien trop noble pour sa petite personne. Non, les femmes optèrent pour un arbre tordu, vicieux, aussi torturé que sa pauvre âme.

 

Le sort, à ce jour, fait toujours effet. Nos trois sorcières se réunissent près de leur victime pour un charivari, ce rendez-vous quotidien, depuis des lustres. Qui sait combien de temps vit une sorcière ? Et que peuvent-elles bien se dire ? Sachez juste qu’elles rigolent beaucoup et qu’elles sont depuis lors bien inséparables. Attendez, celle du milieu semble vouloir vous dire quelque chose ?

« Chut ou attention… »

 

 

Tilancia

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 15:06

sujet semaine 21/2017 - clic

T'as vu Germaine que l'maire y veut plus qu'on clamse à domicile?

Où qu't'as vu jouer ça, la Yolande?

Ben, c'est dans l'journal... l'maire de Laigneville il a signé c'qu'on appelle un arrêté!

Moi j'm'en fiche, j'suis née à Maigneville!

P't'êt ben mais t'as épousé l'Marcel de Laigneville alors t'es concernée, tout comme nous autres

Et les frontières, qu'est-ce que t'en fais des frontières?

Et où qu'elle est la frontière entre Laigneville et Maigneville?

Ben c'est l'fossé que l'Marcel il avait sauté pour venir me marier.

Ah ouais? Il avait pas sauté que l'fossé, vu comme t'étais grosse!!

Arrêtez d'vous chamailler les filles... c'est juste une fèqueniouze

...

Hein? C'est quoi ta fèqueniouze?

C'est un nouveau truc qui vient d'sortir... c'est des chars, des menteries, des trucs à la noix mais c'est en anglais pour faire plus nouveau

Pourtant l'maire de Laigneville c'est pas un fèqueur de niouzes... c'est pas n'importe quel féqueur, c'est l'cousin germain d'la Madeleine!

Ouais sauf que la Madeleine elle a cassé sa pipe la s'maine dernière alors ça risquait pas qu'elle soit arrêtée par son cousin...

En tout cas moi j'veux clamser dans mon lit, çui qu'on avait acheté au Mammouth avec le Dudule pour not' mariage!

T'as encore le lit d'ton mariage, toi? Y doit sacrément êt' défoncé!

Pas tant qu'le tien, la Fernande! Y'a eu qu'un homme dans ma vie et dans mon lit!

Arrêtez d'vous chamailler pour une fèqueniouze, les filles! C'est pas l'maire qui vous traînera dehors par les pieds au moment du dernier soupir...

T'as raison... et pis avant qu'on clamse il a tout l'temps d'arrêter son arrêté.

Ben... comment on fait pour arrêter un arrêté?

La Madeleine elle devait savoir ça, rapport à son cousin germain, mais c'est trop tard pour lui d'mander

Laissez tomber les filles, pisque j'vous dis qu'cest une fèqueniouze!

 

 

Vegas sur sarthe

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:30

sujet semaine 21/2017 - clic

Mes deux grand-mères ressemblaient à des grands-mères. Elles appartenaient à une génération où les coiffures, la mode et la photographie faisaient que les femmes n’avaient jamais l’air vraiment jeune.

 

L’une était une dame qui ne ressemblait pas à une grand-mère. Elle se tenait toujours droite malgré le deuil qui avait marqué ses jeunes années et elle s’habillait de couleurs vives. Son arthrose déformant ses mains et ses pieds lui faisait dire que les douleurs faisaient souffrir mais pas mourir. Ses cheveux courts teints étaient toujours impeccablement coiffés. Elle aurait pu s’acheter des vêtements plus chers mais elle faisait de vêtements peu chers un chic qui lui était propre et qu’on jalousait. Avec un physique moyen, on la remarquait malgré tout et après la mort de son mari, elle avait eu plusieurs demandes en mariage. Elle respirait la vie avec son sourire, politesse du désespoir. Avec deux de ses sœurs (fausses jumelles), elle était survivante d’une fratrie de treize enfants. Les trois sœurs s’asseyaient-elles sur un banc pour un charivari ? Je ne sais pas. Je me souviens par contre du charivari qui régnait parfois dans son appartement quand j’étais avec elle : nous dansions, chantions, riions. C’était une grand-mère dans la mesure où elle prenait le temps de m’écouter, de me donner des conseils, m’encourager en disant que j’étais belle et intelligente, sans jamais me juger.

 

Quand elle n’était pas avec sa famille bien qu’elle ait des ami(e)s qui l’appréciait. Je crois qu’elle aimait comme moi s’asseoir sur un banc pour regarder le paysage sans charivari de conversations avec des copines.

 

Mon autre grand-mère ressemblait beaucoup plus à une grand-mère avec ses longs cheveux gris retenus par des pinces, son dos voûté, son teint marqué par toutes les maladies et soucis de santé qu’elle avait eu tout au long de sa vie : tuberculose, pleurésie, deux hanches artificielles, un œil complètement aveugle. etc. Elle marchait avec difficulté et une canne. Elle s’habillait comme une grand-mère avec des couleurs sombres et/ou éteintes. J’ai passé beaucoup de moins avec elle qu’avec l’autre et il n’y a jamais eu de charivari entre nous. Elle était trop mesurée pour avoir elle d’autres éclats que les disputes que provoquait chez une adolescence sa vie trop calme à son goût. A part sa naissance et une partie de sa vie à Paris, elle était depuis longtemps une souris des champs alors que je partageais ailleurs mon goût de la ville. Elle était respectée pour sa spiritualité que je partageais avec elle. On aimait aussi sa bonté et sa générosité. Elle s’asseyait sur son banc devant sa maison après avoir enlevé quelques mauvaises herbes. Des dames venaient pour discuter avec elle. On lui téléphonait beaucoup et elle avait des correspondantes fidèles. J’étais parmi elles. Je lui racontais mes peines de jeune fille loin de mon charivari de flirts.

 

J’ai eu des troisièmes grand-mères avec lesquelles j’aimais me livrer à un charivari de confidences.

 

 

Laura Vanel-Coytte

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 17:00

sujet semaine 21/2017 - clic

Bon, alors les filles, vous devez vous douter pour que je vous ai conviées à notre petit rendez-vous secret, qu'il y a du nouveau!
- Humm...me dis pas que tu as reçu le petit colis...
- Si, Marguerite, je l'ai reçu hier matin et ... devinez...?
- Non?! Tu...
- Si fait ma belle, je m'en suis servie pas plus tard qu'hier soir!
- ....Et?
- Eh bien ma chère Marguerite et ma chère Anémone, je vous annonce que je suis désormais une pauvre veuve éplorée!
- ...
- ... Mais... comme ça...si vite...?
- Quoi! On avait bien dit qu'on le ferait, non? Il avait fini les peintures et réparé la toiture, je ne vois vraiment pas pourquoi j'aurais attendu quelques jours de plus puisque la poudre était arrivée! Faut battre le fer tant qu'il est chaud, mes cocottes, sinon on ne fait jamais rien.
- C'est vrai, tu as raison, Eglantine, mais tout de même, on ne s'attendait pas à tant... d'empressement de ta part...
- Ceci dit, ce qui est fait est fait et n'est plus à faire!
- Exactement! Le plus tôt était le mieux, d'autant plus chères amies, que maintenant, c'est votre tour... qui prend le relai?
- Attends quand même, faut qu'on se fasse à l'idée...Comment ça s'est passé? Ils ne souffrent pas?
- Comme une lettre à la poste, ça s'est passé juste comme ils disent sur la notice: ils mangent, ils vont se coucher et...gros dodo pour toujours tout en douceur! Lol, comme elle dit, ma petite-fille. Hop!
- Hop?
- Hop!
- Bon... Je veux bien essayer...mais...faut peut-être attendre quelques temps, deux morts coup sur coup dans le village, ça pourrait éveiller les soupçons, vous ne pensez pas?
- Non, on en a déjà parlé, je crois au contraire que ces terribles coups du sort fracassant la vie de trois pauvres femmes à si peu d'intervalle seront mis sur le dos de la triste fatalité. Donc, Anémone, tu es d'accord pour passer en second et toi Marguerite, tu fermeras la marche, c'est mieux comme ça car il faudra qu'on te donne un coup de main pour les dosages. C'est comme en pâtisserie: pas assez, c'est pas bon, trop, c'est raté.
- Ah oui, faut pas se tromper...comment tu t'y es prise, toi?
- J'ai fait un couscous Pitiak, il adore (piii-rates!)
- Et toi t'en as pas mangé...
- Ben non, sinon je serais pas là à vous raconter. J'ai dit que j'avais des gaz avec les pois chiches...
- T'aurais pu trouver autre chose, c'est la dernière phrase qu'il aura emportée de toi hi hi hi!
- J'ai mangé des oeufs mimosas et une religieuse au chocolat... j'avais besoin de douceur...
- Tiens, c'est une bonne idée, moi aussi je me ferai un petit truc sympa. Lui il mangera ses tripoux qu'il aime tant et moi j'irai me chercher des macarons chez Patichon, vous les avez goûtés? Une tue-rie!
- Et toi Marguerite?
- J'sais pas trop. Jules c'est un compliqué, son plat préféré c'est la paella, pff! Pas sûre d'avoir envie de cuisiner ce jour-là... surtout qu'en plus, les soirs de paella, il exige que je me déguise en danseuse de flamenco avec les castagnettes et tout le charivari...ça l'excite.
- Ha non, vas pas l'exciter, sur la notice ils spécifient bien: petit dîner dans le calme. Bon, t'as le temps de réfléchir. C'est pas tout ça, mes cocottes, moi faut que je rentre à la maison, que je m'aperçoive qu'il ne se réveille pas, que j'appelle le SAMU et que je me prépare un masque de douleur éperdue... Allez, c'est un mauvais moment à passer, concentrez-vous, les filles, hein. Après on aura plus qu'à attendre les assurances-vie et hop, on s'envole et à nous les jeunes danseurs de tango, les masseurs thaïlandais et les ténébreux siciliens!
- Hop?
- Hopopop!

 

 

Almanito

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 14:32

sujet semaine 21/2017 - clic

Un journée comme une autre, le soleil brille et Hortense en profite pour retrouver ses copines Lucienne et Charlotte assises sur le banc près du mur.

 

Hortense

Avez-vous appris la nouvelle ?

 

Lucienne

Quelle nouvelle ?

 

Hortense

Le maire ne veut plus qu'on meurt dans son village.

 

Charlotte

Comment ça, il ne veut plus ?

 

Hortense

Il dit qu'il n'y a plus de place dans le cimetière.

 

Lucienne

Nous voilà bien, où est ce que l'on doit aller alors ?

 

Hortense

Je ne sais pas, mais moi je reste chez moi. Le maire aura beau râler, je n'irai pas ailleurs et puis où ? Je n'ai plus de famille.

 

Charlotte

Moi, je n'ai pas de famille non plus et je refuse d'aller crever dans un mouroir en ville, non mais ! Il va m'entendre le maire.

 

Hortense

Toute seule, tu n'y feras rien.

 

Charlotte

Qui te dit que je suis seule, vous serez bien avec moi les filles et puis on peut trouver d'autres vieux et on fera comme les jeunes.

 

Lucienne

Les jeunes ?

 

Charlotte

Ben oui quoi, on fera un tel charivari jour et nuit que le maire ne pourra pas faire mieux que nous enterrer dans notre cimetière.

 

Hortense

C'est une bonne idée ça, je vais faire une banderole.

 

Lucienne

Moi, je vais emprunter le porte-voix de mon cousin  syndicaliste dans l'usine qui a fermé l'année dernière. Il a peut-être encore l'engin.

 

Hortense

Moi, je préviens tout le monde de la réunion qui aura lieu demain. C'est bon ?

 

Charlotte

Il n'y a pas de temps à perdre, allons-y.

 

Hortense

Compte sur moi, j'y serai.

 

Lucienne

Moi aussi.

 

Après de longs conciliabules, les pancartes, le boucan jour et nuit pendant un mois, le maire a changé sa position. Hortense, Charlotte et Lucienne pourront, lorsqu'elles seront décédées, être enterrées dans le village.

 

Aimela

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 14:15

sujet semaine 21/2017 - clic

- Les temps sont durs, ma pauvre dame, et vous verrez que bientôt on n’aura plus un sou pour nos retraites.Tout partira pour la jeunesse, la formation, les déplacements du président, les gueuletons à la Coupole.

 

- La Coupole, tu veux dire l’Académie française ?

 

- Non, le restaurant chic de Paris, c’est où c’est qu’y vont tous, quand y sont élus.

 

- Quel scandale, quand je pense que je ne peux plus acheter ma viande que chez Lidl.

 

 - Moi, j’en mange plus, comme ça, c’est réglé. Je mange des fruits et des légumes et ma soupe le soir.

 

- Vous avez vu le nouveau tailleur de la Fernande ?

 

- Non, qu’est-ce qu’il a ?

 

- C’est la Mathilde qui lui a refourgué, j’ai bien reconnu l’imprimé, et ses rangées de magnolias roses tout en bas.

 

- Quel mauvais goût ! Elle l’a juste un peu rétréci, vu que la Mathilde, elle doit bien faire ses 110 kg maintenant !

 

- Oui, les malheurs, ça fait grossir, on aurait jamais soupçonné qu’il partirait si vite, le pauv'  Mathieu.

 

- Oh, je m’en doutais, vu la mine qu’il avait à la fin. Et qu’y venait plus s’asseoir avec nous.

 

- Pourtant, qu’est-ce qu’on a pu rigoler avec lui !

 

- Oui, c’était un joyeux drille, ah, on va le regretter, pas vrai ?

 

- Et leur fille, qu’est-ce qu’elle devient ?

 

- Oh, elle est partie à la ville le mois dernier, qu’est-ce que tu veux qu’elle fasse dans nos cambrousses ?

 

- Ah, quelle pimbêche, celle-là, elle se prend pour le premier moutardier du pape, ou quoi ?

 

- Tu l’as dit, elle est gracieuse comme un fagot d’épines, et encore !

 

- Y sont durs, ces bancs, vous trouvez pas ?

 

- On pourrait demander à la mairie qu’ils nous donnent des coussins, à notre âge, ça nous servirait bien. Avec les impôts qu’on paye, y pourraient bien faire ça. Au fait, on ne voit plus la Bernadette, vous avez des nouvelles ?

 

- Ah, celle-là, la vieille rapiate, elle ne nous manque pas !

 

- Et quelle ragoteuse ! C’est elle qui a dit que je colportais de fausses nouvelles dans le village.

 

- Ah, la rosse, te traiter de câcatte ! Elle ferait mieux de fermer son clapet, celle-là.
Vous avez vu comme il a plu sur sa mercerie, ces temps derniers ?

 

- Ah oui, elle a vraiment l’air d’une vieille mamiche à présent.

 

- Quand je pense qu’elle a tenté de faire du gringue à Lucien, quel toupet !

 

- Surtout qu’elle savait que Lucien en pinçait pour moi, c’est tout de même déloyal !

 

- Ah, quel busard, bon, je trouve qu’il fait un peu frisquet, on remballe ?

 

- Oui, allons chez moi, on sera plus confortable pour papoter.

 

- Ah, les copines, c’est tout de même ce qu’il y a de meilleur au monde, nem don ?

 

Elles se lèvent.

 

FIN

 

 

Cloclo 

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