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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 12:00

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Sujet semaine 45/2016

Liu Bolin - 劉勃麟 - clic et clic

 

 

Le mot à intégrer facultativement est :

 

MERIDIEN(NE)

 

 

°°°°°°°°°°

 

 

Bonne inspiration !

 

 

Mil et une

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 11:30

sujet semaine 44/2016 - clic

A Triffouilles les Eaux Grasses
chez les Desmoisson Isidore et les Le Paroix Eugène qui sont petits-cousins par la tante Marcelline Devaut
on est fâché à mort depuis 1905 
pour une histoire de bornage d'un champ...
Je ne sais plus lequel d'une famille ou de l'autre
avait déplacé malencontreusement en labourant une pierre de bornage avec le soc de la charrue
et l'autre, bouillant de colère, avait accusé à tort de lui voler un arpent de bonne terre cultivable…
Sans accord entre gens de bonne foi,
on en vient aux mains à la sortie de la messe,
aux bals du 14 juillet, les bagarres éclatent à cause d'eux
même les gamins à l'école s'injurient et se cognent dessus à coups de sabots
à la chasse on se menace du fusil,
on va voir le maire, un "parigot" qui avait été élu à la majorité plus trois voix ,
et que tous les agriculteurs détestent parce qu'il n'est pas d'ICI mais qui a de l'instruction
Déjà, que dans cette campagne reculée, on mesure encore la "terre" en perche et arpent
on consulte quand même le relevé du cadastre 
qui avait été entièrement redessiné à la main en 1887 en suivant l'institution de système métrique
alors le système métrique vous pensez bien !!
On se rend sur place avec la chaîne d'arpenteur et une boussole
qui donne raison au premier en se basant sur les mesures de son soc de charrue...
N'ayant pas gain de cause, le soi disant lésé se rend à la ville au Palais de Justice
et un "procillon" sans fin s'ensuit sans que le juge ne trouve de solution équitable...
La guerre de 14/18 éclate 
et l'on retrouve malheureusement les noms de nos deux compères sur le Monument aux Morts

 

Aujourd'hui ces braves gars doivent se retourner dans leurs tombes:
on vient de marier Aurélie Le Paroix avec Daniel Desmoisson leurs deux derniers descendants!!
Les jeunes mariés à titre de réconciliation définitive ont décidé de garder leurs deux noms de famille
et de s'appeler Madame et Monsieur Desmoisson-Le Paroix
et par mariage sous le régime de la communauté les deux terrains n'en feront plus qu'un...
Tout va bien qui finit bien sans autre forme de procès…

 

 

 TooTsie22

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 08:10

sujet semaine 44/2016 - clic

Quand Yan eut fini d’installer sa cueillette d’automne  dans un petit panier d’éclisses de châtaignier, il eut envie de peindre ces beaux champignons.

 

Il aurait pu les trier puis les faire sécher pour les conserver pour l’hiver.

 

Mais à quoi bon, elle n’aime pas les champignons.

 

Il aurait pu les trier, les faire cuire et inviter ses amis.

 

Mais à quoi bon, il n’a plus d’amis.

 

Le clair obscur de sa vie le plongeait de jour en jour dans une mélancolie de plus en plus profonde.

 

Seul sont travail minutieux de peintre endiguait son vague à l’âme.

 

Nature morte, voilà ce qui le réconciliait avec la vie.

 

Des heures et des heures d’observation.

 

Des heures et des heures à faire courir ses pinceaux.

Quel paradoxe ! S’appliquer à donner vie pour l’éternité à ces jolis champignons, juste pour en faire une nature morte !

 

Quelques jours après avoir achevé son travail, une forte odeur de terre moisie, de pourriture avait envahi son atelier.

 

La belle cueillette fut jetée sur le tas de fumier.

 

 

Jamadrou

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 17:19

sujet semaine 44/2016 - clic

Anne-Laure se réveilla lorsque son père coupa le moteur du break. Elle bailla et s’extirpa de la voiture. Sa mère sortait déjà du coffre les sacs destinés à recueillir leur cueillette, les bottes et les cirés, Justin agitait devant Anne une chenille embrochée sur un bout de bois, Anne hurlait en se défendant avec son livre sur les champignons, son père leur criait d’arrêter tout de suite sinon…

 

Sinon quoi ? se demanda Anne en essayant de retirer ses baskets et chausser ses bottes sans perdre l’équilibre sur le sol boueux et glissant. Il aurait été tellement plus agréable de rester lovée sur le canapé, plongée dans son livre, fermant les yeux parfois, plutôt que de parcourir cette forêt pliée en deux à la recherche de cèpes et girolles.

 

Sans autre forme de procès, sa mère s’écria  « Tout le monde est prêt ? On y va ! ».

 

Fermant la marche, ses parents devant, l’inquiète Anne en troisième, l’espiègle Justin devant elle, elle s’enfonça dans le tapis de feuilles mordorées et dans l’odeur âpre de moisissure et d’humidité. Le soleil jouait avec les ocres et rouges, marrons et ors, elle écartait paresseusement les feuilles pour tenter de débusquer les précieux végétaux.

 

Anne cria : « J’en ai un ! » elle fut rejointe par toute la famille, « C’est un cèpe de Bordeaux » dit Justin, « Non, il a le pied trop fin… » répondit le père, « Poussez-vous que je vois bien », clama sa mère en joignant le geste à la parole et bousculant mari et enfants. Anne, qui n’avait jamais compris quel intérêt il y avait à ramasser une nourriture dont on n’avait pas la certitude qu’elle ne nous empoisonnerait pas, essayait vainement de trouver dans son livre une photo qui ressemblât précisément au dôme brun.

 

Il fut collectivement décidé de cueillir ce spécimen et de montrer leur cueillette le soir en revenant, à leur pharmacienne de voisine. Il fut aussi décidé par Anne de ne pas participer à cette folie et ne pas toucher à ses légumes du soir. Chacun poursuivit sa quête et tous foulèrent avec habitude et plaisir, lassitude et tendresse, le chemin dominical et fongique.

 

 

Isabelle

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 13:57

sujet semaine 44/2016 - clic

Comme elle était tout en grâce

et pas du tout grasse

plutôt que de lui faire un procès

elle servit une omelette aux bolets

au sculpteur Botero

plus amateur de boléro

que de champignons

qui retourna à ses oignons.

 

 

Jeanne Fadosi

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 12:00

sujet semaine 44/2016 - clic

Ça  fait longtemps que je l’avais repéré sans jamais lui parler. Il n’est pourtant pas ce qu’on pourrait appeler une beauté, pour une femme on dirait un canon, une bombe, un volcan, pour un homme on irait plutôt du côté de la mythologie, on parlerait de dieu, d’apollon, d’éphèbe, que sais-je encore. Lui, c’est l’antiportrait de tous ces modèles. Il est petit, pâlot, sans muscles,  il a le nez retroussé, le cheveu en bataille et un ventre légèrement bedonnant. Sans grande conversation non plus, la pluie, le beau temps, l’influence de la lune sur le jardinage, la disparition des espèces et la pauvreté des programmes télé. Mais quand on est en manque, que voulez-vous, on se contente de peu.


J‘oubliais de dire également que côté tempérament, il me paraît avoir une piètre idée de lui et manquer totalement de self confiance. C’est pourquoi, j’ai décidé de lui appliquer, après tous ces mois de silence, d’hésitation de part et d’autre, une méthode repérée récemment sur Internet et qu’on appelle  l’effet « pinder », celui dans lequel il se reconnaîtra (ou croira se reconnaître) aussitôt. J’ai lu que ce procédé de séduction positive donne à l’objet de vos désirs un sentiment d’orgueil et de revalorisation immédiate. Pour la première fois depuis que je le connais,  je me suis même permis de le tutoyer, ça fait plus intime et ça lui redonnera une bonne image de lui, j’espère.

 

« Je vois bien que sous ton air confiant, tu es quelqu’un qui se remet beaucoup en question. Ça se sent que tu es ce genre d’homme qui aspire à devenir meilleur de jour en jour. C’est rare. »

 

Croyez-moi, ça marche à tous les coups, cette façon de titiller la corde sensible. Il m’a regardé d’un œil neuf. A amorcé un redressement instinctif de la colonne pour gagner quelques centimètres. Je l’ai vu tout à coup sous un autre jour. J’ai même failli le trouver beau.

 

Ensuite, j’ai appliqué la suite de la méthode. Pas trop de compliments, mais une petite phrase anodine qui sent tout de même un peu sa contradiction :

 

« Tu es fort mais au fond tu es quelqu’un de parfois fragile, tu es sociable, mais il t’arrive de te sentir seul en ce bas monde ».

 

Mon homme n’y comprenait rien. 10 ans sans se parler et tout à coup, la folie.
Ses joues se sont empourprées instantanément, cela faisait un joli contraste avec le reste de sa peau de navet. Il a esquissé un sourire, tout en faisant mine de regarder ailleurs, comme si ces propos ne lui étaient pas adressés. Je sentis chez lui l’effet de surprise, de stupéfaction que mes paroles devaient opérer et opéraient sans doute réellement. Et je terminai par la conclusion préconisée par mon manuel en modulant mon timbre de voix afin de lui ajouter une pointe  de mystère inhabituelle :

 

« C’est ça qui me plaît, c’est ce qui m’intrigue chez toi »

 

J’ai cru qu’il allait s’évanouir. Il a reposé sa bêche et lâché le concombre qu‘il venait de ramasser au jardin.  Puis passé son index droit sur sa moustache, comme pour la dépouiller de toute poussière malvenue. Alors, pour le rassurer et lui prouver ma bonne foi, je l’ai invité à partager mon modeste repas de ce midi : des champignons farcis à la sauce échalote.

 

 

Cloclo

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:15

sujet semaine 44/2016 - clic

Au bord du champ


sous l'arbre à pignons


poussent sans autre forme de procès


les champignons

 

 

XYZpascal

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 12:04

sujet semaine 44/2016 - clic

Longtemps, j'ai poussé comme un champignon, beaucoup d'eau et un peu de soleil;

Du pain, un morceau de  biscuit  et je ressemblais à Alice au pays des Merveilles.

Mais j'étais trop grande, trop timide, trop sage, trop bonne élève: je passais en procès

Je n'avais pas  d'avocat: j'étais comme Alice perdue dans un monde trop concret.

 

Sans autre forme de procès, je fus condamnée à grandir vraiment, la vérité rendait adulte

La petite fille d'hier  qui voulait toujours  être sainte et demandait toujours des paroles

D'amour, je tombais dans un monde qui se dérobait sous les pieds d'Alice, une chute

Si profonde que je ne sais quand elle s'est arrêtée et réveillée voyante au pays des aveugles.

 

J'appuyais sur le champignon pour rattraper le temps perdu des hypocrites mensonges

Je voulais être vraie, être moi, être un champignon hallucinogène passé en procès

Pour sorcellerie: accusée, levez-vous, vous avez trop de charme et trop de vie; abstrait

Ce monde rêve d'Amour et ne souffre les amours contingentes sauf dans les livres.

 

Longtemps, je me suis couchée tard pour fuir la nuit qui ressemblait à une petite mort

L'abandon du sommeil nuisait à ma défense: se laisser aller est une faute pour qui tord

La perfection mais la perfection n'est pas de ce monde qui vit de rire et de loisirs.

J'aime l'étude et le divertissement en même temps, j'aime la politesse désespérée du sourire.

 
 
 
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 12:00

sujet semaine 44/2016 - clic

Ce restaurant existe-t-il encore ? On me l’avait conseillé avec une sollicitude pressante, car j’y trouverais la fin de mes tourments. Il s’appelait L’auberge aux Amanites. Je n’y ai dîné qu’une fois, mais j’en ai gardé le souvenir. On montait par des ruelles jusqu’à une placette plantée de mancenilliers. Il y avait une petite terrasse qui devait être agréable l’été, ornée de vasques de ciguë tachetée et bordée d’une haie de lauriers-cerises, mais la nuit était tombée et j’entrai.

 

Le lieu était sombre. Aux poutres noircies par la fumée et l’encre des coprins pendaient des rubans d’amanites tue-mouches. Il y avait du monde et je n’avais pas réservé. Je dus attendre au bar qu’une place se libère. Un tricholome équestre et un cortinaire couleur de faon parlaient à voix basse, accoudés au comptoir. Un inocybe au teint jaunâtre olivacé expliquait au barman, un jeune homme livide comme un entolome, qu’il arrivait de Patouillard. Je grignotai des amandes de pêche grillées disposées dans une soucoupe.

 

J’observai la salle. Sur le papier peint de la salle à manger jaunissaient des agarics. Les armillaires répandaient une lumière couleur de miel. Il y avait dans des calices de datura des bouquets de digitales et de colchiques qui égayaient les nappes. Des hommes et des femmes, seuls pour la plupart, mangeaient en silence, la mine grave. A une table isolée, des clavaires élégantes dînaient aux chandelles en compagnie de satyres puants.

 

Finalement, le maître d’hôtel, un paxille rubicond et serviable, me proposa de m’installer à la table d’une dame qui terminait son repas. C’était une lépiote brune et mélancolique, avec des joues rosées. Elle avait gardé son chapeau ocré et portait des anneaux aux chevilles. Je touchai ses pieds grêles en m’asseyant et m’excusai, puis me tus. Je songeai qu’une dernière étreinte pourrait être agréable, mais je manquai d’audace. D’ailleurs, elle ne tarda pas à se lever et nous nous dîmes adieu.

 

Je choisis une poêlée de galères marginées, servie avec une sauce au venin. J’hésitai pour le dessert entre une tarte aux baies de belladone et du raisin des teinturiers, car on était en saison. Le sommelier me conseilla d’accompagner les champignons d’une bouteille de vin de jacquez et d’en finir une fois pour toutes, avec le raisin d’Amérique, par une coupe de vin de noah. Je me rangeai à ses avis. Qu’en avais-je à faire désormais ?

 

N’empêche que ce funeste repas fut succulent, et je crois bien n’en avoir jamais fait d’aussi bon de ma vie, à m’en pourlécher les lèvres, qui commençaient à bleuir. Mais quand tout fut consommé, il fallut bien que je monte l’escalier de bois, la tête chancelante, jusqu’à ma chambre, où je m’étendis sur le lit et m’endormis aussitôt. Il me sembla entendre dans mon sommeil les cerfs bramer dans la forêt alentour, la mer mugir contre la côte, mais aussi dans les chambres voisines des gémissements et des râles, et soudain mon cœur cesser de battre.

 

Quand je m’éveillai le lendemain, le jour était déjà levé. J’ouvris la fenêtre en grand pour chasser un reste de migraine. J’aperçus le port en contrebas, où un grand voilier était amarré. Des marins roulaient des barriques sur les pavés et embarquaient des vivres. Je reconnus les compagnons d’infortune avec qui j’avais dîné la veille, qui attendaient qu’on leur donne l’ordre de monter à bord, et descendis les rejoindre. Je me retournai pour regarder une dernière fois L’Auberge aux Amanites, mais elle avait disparu.

 

Je me demande parfois si ce restaurant, où j’ai pris mon dernier repas, existe encore, et cette fois, je suis résolu à le savoir. Il se trouve que je retourne demain sur les lieux où j’ai vécu, et je compte bien tenter de retrouver l’auberge sur le port, afin de me convaincre que je n’ai pas rêvé, que c’est ainsi que tout s’est achevé. En effet, c’est la Toussaint, et comme chaque année, je me rends sur terre fleurir les maisons de mes descendants. C’est une tradition à laquelle je demeure attaché, comme d’honorer les vivants et garder leur souvenir en nous. En outre, je crois qu’il y a une vie avant la mort.

 

A chacun de mes voyages, les gens sur terre sont curieux et me posent beaucoup de questions. « Alors, comment est-il, Satan ? » Je n’ai pas à en parler, ni en bien ni en mal, il ne me revient pas de faire ni son éloge, ni son procès. Le plus souvent, je réponds de façon évasive qu’ils verront bien le jour venu, et ce jour viendra toujours assez tôt. Ils insistent cependant. « Oui, mais il est beau, il est laid ? » Alors, cédant par lassitude à leurs prières, je leur lâche en maugréant : « Il n’est ni laid ni beau, il est bolet Satan. »

 

 

Bricabrac

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 11:00

sujet semaine 44/2016 - clic

Je hais les natures mortes,

Les curiosités, les vanités

 

Je ne peux pas voir les champignons en peinture

Car c'est en pleine  nature que le champignon

S'exprime et qu’il s'épanouit

Un peu de rosée du matin

Un peu de crachin

Un peu de soleil

Dans le sous-bois

Et le voilà qui surgit

A travers le feuillage

Et les petites branches

Tombées de la nuit

Ceps, trompettes de la mort, girolles

La cueillette est heureuse

Et généreuse

 

Je hais les natures mortes

 

Je n'aime que le vivant

Je vénère le cueilleur de champignon

Qui vous apporte un plein panier

A déguster entre amis.

 

Je hais les natures mortes

 

J'aime surtout ce moment là

Ou attablés dans la cuisine

Nous gouttons aux champignons

Avec un vieux Pommard, que c’est bon !

 

Car au son des trompettes de la mort

Je manifeste l’hymne à la vie

A moins que je sois contredit…

 

 

Pascal Levaillant 
 

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