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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 10:24

sujet semaine 35/2017 - clic

 
K ilomètres ne servent à rien
 
 
L aisser le temps faire son oeuvre
 
 
A ccepter la déconvenue
 
 
X ylophone pour s'évader
 
 
O verdose d'air marin bienfaisante
 
 
N ouer des amitiés sincères
 
 
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 13:28

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer. Au loin le feu du ciel résonnait dans sa tête comme un écho, une sonnette d’alarme. Non il ne fallait pas. Ne plus y penser, oublier il luttait depuis tant d’années…  Mais ce soir…

Il a six ans et la cabane à outils en bois de grand-père est en flamme ; des flammes immenses qui lèchent les montants en bois et dégage une odeur à la fois chaude et délicieuse qui chatouille les narines mêlant des arômes de châtaigne, pommier ou tilleul à l’âcre de la fumée grise qui s’élève dans le ciel.

Depuis ce jour, il contemple tous les feux. Chaque jour, le père allume la cheminée ou le vieux poêle ; il reste des heures à regarder la danse des petites langues jaunes qui s’allongent gourmandes et voraces. Au fur à mesure qu’elles grandissent, elles deviennent orangé puis rouge sang, elles se tortillent, laissant échapper une fumée noire ou blanche. Le bois crépite, craque, chante.

 

Il a quinze ans, en cachette, il collectionne les briquets et les boites d’allumettes chapardés ci et là ; il adore la gitane qui danse avec sa robe de flamme.

Petit pianiste, la découverte de la partition de la « Danse du feu » de Manuel de Falla, le fascine. L’apprentissage fut difficile. Il veut jouer ce morceau compliqué pour son niveau débutant. Il vide ses poches, casse son cochon tirelire et garde la monnaie du pain. Il court tous les disquaires pour acheter toutes les versions qui puissent exister de Samson François à Arthur Rubinstein en passant par Alexis Weissenberg. Il écoute cette musique en boucle compare les versions, en reconnait les signatures, les phrasés les doigtés l’attaque des touches. Ivre de musique, Il se promène sur les chemins dans sa campagne natale. Il fredonne ou chante à tue-tête cet air qui l’envahit complètement jusqu’à ce que la musique ne résonne plus. Des brindilles rassemblées rapidement, du bois mort, l’allumette craque et tout flambe.. Dès que les flammes grandissent, rougissent, Il prend les jambes à son cou. Il  fuit, court se réfugier dans ma chambre où s’endort avec l’apaisement malsain voire pervers d’un devoir accompli. L’horreur le frappe au réveil… Il connait Alice, il est au collège avec elle. Sa famille, réfugiée loge dans la grange brûlée. Elle est intoxiquée par la fumée et sa mère légèrement blessée. Les larmes coulent mais ne peuvent éteindre le feu qui le dévore. Son grand-père lui tend la main ; il sait, il comprend. Plus tard la gendarmerie, puis les soins, plus de musique.

 

Les aboiements de Youka, sa petite chienne résonnèrent comme le klaxon et le fit sursauter. A pas lents, mesurés, il respira longuement, souffla plusieurs fois, caressa la chienne, sécha ses larmes et se retourna… Il était temps de rentrer. 

 

 

Lilousoleil

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 15:17

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait il contemplait la mer

 
Derrière l’horizon, ses rêves tous envolés
 
Ses projets d’avenir, à l’eau, engloutis, bien  sombrés
 
Remémorer cela le rendait plus amer.
 
 
 
IL a fallu qu’un jour, comme un coup de clackson
 
Tombe soudain sur lui cette malédiction.
 
 
 
Depuis lié à une médication perverse
 
Tel un  automate il divague en errance
 
 
 
Et sur cette plage là, alors désespéré
 
Finalement Gilles se décida à rentrer
 

 

 

Jak 

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 14:18

sujet semaine 35/2017 - clic

      Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer. Il aurait dû mettre des gants, un bonnet, une veste plus chaude ce qui lui aurait permis de flâner encore, de ne pas se sentir prisonnier dans le petit appartement à seulement dix-huit heures.

"Vivement l’été !" Il avait marmonné ces mots entre ses dents comme il le faisait de plus en plus souvent à propos de tout et de rien.

En entrouvrant la porte il prit une forte inspiration puis expira longuement, bruyamment, tout en s’ébrouant comme un jeune chiot, faisant danser ses longues boucles poivre et sel. Dans son bocal, le poisson rouge tournait, tournait, indifférent aux saisons et Jeanne vautrée dans l’unique divan, le regard rivé à l’écran de télé, sifflait son énième verre de Martini. Un ou deux par épisode d’une quelconque série américaine… Gilles avait abandonné l’idée d’en faire le décompte journalier. Les cadavres de bouteille tenaient seuls le rôle d’étalon et les voir alignés à même le carrelage du coin cuisine provoqua chez lui un violent haut-le-cœur. Comment pouvait-on boire de pareilles doses de ce breuvage infâme ? Comment sa compagne en était-elle arrivée là ?

- Tu es passé au supermarché ? interrogea Jeanne d’une voix pâteuse, ce que Gilles traduisit instantanément par : "Tu m’as rapporté mes bouteilles ?"

- J’ai acheté des œufs, du jambon et du pain. Je vais préparer une omelette.

Pas faim, fut la seule réponse de Jeanne.

--------

Du boulevard pointaient quelques coups de klaxon joyeux. Gilles, de la fenêtre, découvrit son voisin de palier faisant de grands signes d’au revoir à l’adresse d’une voiture qui déjà prenait de la vitesse.

- Jules est de retour des sports d’hiver. Il est parti avec son fils et sa famille cette année.

Les ronflements de Jeanne et le bruit de fond de la télé furent le seul écho à ses paroles.  Gilles secoua à nouveau ses boucles poivre et sel. Il était bien loin le temps où Jeanne amoureuse farfouillait dans sa tignasse en lui disant "j’adore ta chevelure, mon Gilles…"

La porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une valise tenue par un Jules bronzé et resplendissant de contentement.

- Vous partez en vacances également, Jeanne et toi ? se réjouit Jules à la vue des deux valises entourant Gilles.

- Hé, hé !... Ciao ! se contenta de répondre celui-ci en s’engouffrant à son tour dans l’ascenseur.

Comme les cloches de Saint Saturnin sonnaient vingt-deux heures, le poisson rouge s’immobilisa dans le bocal et Gilles disparut à jamais de la ville.

 

 

Mony

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 10:19

sujet semaine 35/2017 - clic

     Gilles avait cheminé loin de la ville, loin des klaxons et des gens stressés et stressants pour revivre pleinement. Là, sur cette colline silencieuse, le soleil lui faisait ses adieux.

 

Dans cet amas de couleurs pastel, seule son ombre et celle de la terre subsistaient. Cette beauté sauvage et éphémère laissera comme toujours place aux ombres et aux cauchemars les plus sombres. Gilles avait peur mais se remémorait les paroles de son grand-père : « la peur n'empêche pas le danger d'arriver... ». En effet, rien n'empêcherait la nuit de tomber, comme rien n'empêcherait la nuit, cette nuit, de l'emporter. Gilles, les cheveux courts, la mine rongée par la fatigue, le corps creusé par la maladie, ne demeurerait plus une ombre bien longtemps car sa lumière, depuis longtemps déclinante, allait elle aussi s'éteindre. Mais tout comme le noir cédant place à la lumière, tout comme la nuit fuyant le jour, Gilles ravivera sa flamme d'une façon ou d'une autre et nous reparviendra toujours.

 

Pour l'heure, son heure, elle resta là, interdite devant tant de beauté, se préparant à quitter cette chrysalide abîmée pour, peut-être, enfin renouer avec sa liberté.

 

 

Tilancia

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 12:46

sujet semaine 35/2017 - clic

 
Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer dans un nouveau livre
 
Et à oublier le quotidien fait d'agressivité et de coups de klaxon; son sourire
 
S'élargit à l'idée d'ouvrir ce nouveau paysage de feuilles, de mots et d'encre.
 
Il luttait contre les bruits de klaxon et les musiques et conversations inopportunes
 
En pensant à cet instant où assis non loin de l'amour de sa vie, il rentrerait au crépuscule
 
Dans un nouveau livre: un auteur suivi ou un inconnu qui souhaite une première rencontre.
 
Des personnages dont on attend chaque année la suite des aventures ou quelqu'un de célèbre
 
Au sujet duquel Gilles a envie d'en savoir plus ou de voir quelles bêtises on peut dire
 
Sur cet être exceptionnel qu'il admire. Rentrer dans un autre paysage que le sien, un autre
 
Monde, une ville étrangère à retrouver ou découvrir. Rester proche pour une intrigue policière
 
Ou une visite de musée par album interposé; prendre l'avion pour suivre un psychopathe
 
A l'autre bout du monde. Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer dans un nouveau livre.
 
 
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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 16:14

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer, non pas qu'il fut trouillard – il en avait vu tomber d'autres et des plus lourdes – mais il avait pour la première fois la désagréable impression que celle-ci serait la dernière.

Une meute de corbeaux déboussolés passa sur le dos en gueulant un air qui ressemblait au final de Rigoletto :"Della vendetta alfin giunge l'istante" et qu'il traduisit par "enfin le moment de la vengeance est proche"

Les veilleurs de nuit tentaient bien de chasser ces meutes à coups de canon à neige mais la neige se faisait rare tout comme les veilleurs de nuit depuis l'inflation galopante qui asphyxiait le pays autant que la centrale toute proche.

 

Il pressa le pas – d'abord le gauche puis le droit pour garder l'équilibre –  car un brouillard à couper au laser montait rapidement de la vallée et ces corbeaux qui rigolaient en italien ne présageaient rien de bon.

Il s'était fait surprendre par l'heure tardive en restant trop longtemps à observer sa ville grouillante et la centrale à biffetons depuis le sommet fumant de la décharge départementale.

Depuis deux jours la nouvelle centrale brûlait des kopeks arrivés de l'Est par drones, des liasses d'un papier crasseux qui ne valaient plus rien et qui dégageaient une odeur suffocante.

Comme Gilles atteignait les premiers faubourgs – les vrais bourgs ayant été rachetés et emportés par la maffia – il croisa la meute de corbeaux asphyxiée qui rebroussait chemin – si tant est que les chemins puissent être rebroussés – en crachotant un air ancien... du Pavarotti ou du Carruso, il ne savait plus trop.

En bas, Natacha avait dû mettre les masques de nuit aux petits avant de les coucher à la cave...

Avant qu'ils ne s'endorment elle leur aurait fredonné un des airs de son pays, Le poisson qui dansait avec l'écrevisse ou encore Je fais cuire du pain...

On avait tenté de leur expliquer ce qu'était le pain et leurs pauvres yeux rougis s'étaient illuminés d'un éclat nouveau.

Gilles emprunta le boyau étroit qu'il connaissait bien – c'était tout ce qu'il pouvait emprunter à ce jour – évitant la patrouille qui contrôlait l'accès par la Porte de la Liberté; si tout allait bien il serait bientôt auprès de Natacha et des enfants.

La nuit tomba brutalement avec le claquement sec et si caractéristique d'une AK-47

 

 

Vegas sur sarthe

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 18:14

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer...

Il avait passé toute la journée dans la montagne, à marcher...

et à contempler la nature, si belle en ce mois d'août,

que même les touristes et les randonneurs croisés régulièrement

n'avaient pas réussi à le déranger dans sa méditation.

Perdu à l'horizon, le soleil lui offrait ses derniers rayons...

la brise était chaude

et le flamboiement du ciel était d'une douceur sans pareille.

Debout sur la crête,

il appréciait à leur juste valeur ces moments de sérénité.

Dans deux jours, il serait de retour chez lui...

le rythme insensé de la vie parisienne

l'absorberait à nouveau,

remplissant chaque heure qui passe

de ses obligations absurdes et répétitives.

Ici, tout était clair et limpide.

La vie coulait sans bruit...

et l'univers avait un sens.

Il n'y avait rien à faire, rien à comprendre,

sinon goûter le moment...

marcher dans le vent,écouter les oiseaux du soir

et célébrer la beauté du monde.

Quelques secondes d'éternité.

Une petite idée du bonheur...

Mais le klaxon strident de Marie le rappela à l'ordre :

il fallait rentrer.

.

La Licorne

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 18:13

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer. Bientôt les sous-bois seraient trop sombres pour retrouver son chemin. La nuit serait sans lune. Il atteignit la clairière alors que les ombres s’allongeaient vers la petite cabane. Voilà déjà plusieurs mois qu’il y séjournait seul.

 

Avant d’entrer, il démarra le groupe électrogène. Le bruit et l’odeur remplirent instantanément l’espace, repoussant la quiétude agréable de la nature environnante. Gilles grimaça et se refugia à l’intérieur. Il alluma son ordinateur et reporta les résultats de ses recherches de la journée. Dans quelques jours, il aurait fini d’explorer la région Ouest entre le ruisseau Apika et la crête Dolée. Ces noms, Gilles ne les avait pas choisis. Il les avait trouvés dans les notes d’Henri.

 

Il faisait nuit noire, quand Gilles eut fini. Absorbé par son travail, il ne s’était pas rendu compte que l’habitacle n’était éclairé que par la lueur fantomatique de son écran. Il alluma les grosses lampes à l’huile, puis sortit éteindre le générateur abrutissant. Il accueilli le silence avec soulagement et délice. Il rentra se préparer à manger sur une vieille gazinière. Il aimait la lumière diffusée par les lampes à huile. Elle était chaude, dansante et ambrée. Cette lumière était vivante. Pas comme ces éclairages modernes blancs et immobiles.

 

Tandis que son repas mijotait, il compléta la grande carte de la région qu’il avait dessiné sur le mur libre de sa cabane. Les contours des reliefs étaient dessinés en noir. Chaque soir à son retour, il recouvrait en bleu les zones qu’il avait parcourues. Il y ajoutait des points rouges là où il pensait avoir trouver d’éventuels signes de ce qu’il cherchait. Tout ça il l’avait déjà reporté plus en détail sur son ordinateur. Mais les engins de la technologie moderne ne pourront jamais remplacer le charme d’une carte faite à la main déployée devant lui.

 

Il mangea son repas assis dans un vieux canapé face à la carte. Il la scrutait encore et toujours laissant vagabonder ses pensées. Comme chaque soir, il se replongea dans les souvenirs de la rencontre qui avait bouleversé sa vie quelques années auparavant. Il se rappela son émoi quand il avait compris être amoureux d’Henri, un homme. Il repensa à son impassibilité, lorsque son amant lui dit enfin d’où il venait. Au fond il l’avait su dés le début.

 

Il était bien douloureux de se remémorer la fin de leur histoire. Un bruit de klaxon suivi d’une violente collision, la lumière des gyrophares et le son des sirènes dans la nuit associés à l’éclat du métal fracassé et l’odeur de l’essence répandu sur la route. Et ces dernières paroles faibles, presque suppliantes : « Retrouve-les » … Bien sûr, il avait tourné et retourné cette soirée des centaines de fois dans sa tête. Il avait pensé à qu’est-ce qu’il aurait dû faire ou ne pas faire pour que le drame n’arrive jamais. Mais voilà c’était arrivé et il ne pouvait rien y changer.

 

Souvent il se disait que même s’il échouait dans sa quête, sa retraite dans ces montagnes boisées lui aurait permis de retrouver sa tranquillité d’esprit. Il soupçonnait d’ailleurs Henri d’avoir formulé cette dernière volonté en partie dans ce but.

 

Repu, il alla se coucher et sombra rapidement dans le sommeil épuisé par des heures de marche. Le lendemain, il se leva prestement. En s’habillant après une toilette de chat, un frisson d’excitation et d’appréhension l’envahit. Aujourd’hui peut-être il trouverait le peuple de l’homme qu’il avait aimé.

 

 

Jane Ligne

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 15:08

sujet semaine 35/2017 - clic

Gilles n'avait pas à se plaindre de sa vie, il réussissait tout ce qu'il entreprenait, patron de sa boîte, les commandes s'amoncelaient sur son bureau. Marié à Isabelle, sa belle comme il l'appelait, il en était encore amoureusement après plus de quinze de mariage. Il a eu avec elle deux beaux enfants, un garçon et une fille (le choix du roi) qui faisaient toute sa fierté. Oui Gilles était heureux jusqu'à qu'il ressente une douleur persistante et continuelle au fond de son crâne. On aurait dit des milliers de coups de klaxon qui résonnaient et l'enfermaient dans une solitude sans nom.

Fatigué par ses nuits sans sommeil à se frapper la tête contre les murs, il se décida à aller consulter un médecin qui lui fit faire tous les examens possibles et imaginables et ce matin, le médecin prit toutes les précautions pour annoncer la nouvelle.

- Monsieur, vous souffrez d'une tumeur au cerveau.

- Cela se soigne ?
 
- A votre stade, malheureusement, non.
 
- Combien de temps me reste-t-il ?
 
- Je ne peux pas faire de pronostic, six mois, un an peut-être plus au meilleur des cas.
 

Gilles resta muet quelques minutes, paya le médecin puis sortit prendre sa voiture. Il s’installa au volant et partit sans but.

Depuis le matin, Gilles était resté prostré sur la plage déserte, les vacances étaient terminées et les touristes partis à leur quotidien banal. Comment dire à Belle et aux enfants l'impensable ? Comment leur expliquer que d'ici peu de temps, il partirait loin, très loin ? Des tonnes de questions, des tonnes de souvenirs lui revenaient mais comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer et advienne que pourra... 

 

Aimela

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 14:31

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer. Mais il se sentait progressivement attiré, aspiré, par le ciel irréel, par ce trou qui l'enjolait, l'hypnotisait, irrésistible.

 

Les Gilles, dans le Nord, sont connus pour se débrouiller avec tout ce qui se présente, à tout, et surtout aux vertes et aux pas mûres, pendant leurs défilés débridés ... Mais, sur ce coup-là, Gilles s'était soudain retrouvé seul au bord de la plage, sur la corniche, le long des cabines. Et il ne s'était jamais senti aussi bien depuis longtemps. Il était déjà ailleurs, épiait, scrutait, ressentait que ... qu'il s'élevait, doucement, délicieusement, jusqu'aux limbes !

 

Ses collègues de travail étaient accourus sur le bord de mer dès sa disparition, car ils le connaissaient : un gilles maritime d'une espèce très particulière, très aimable mais totalement imprévisible.

 

Soudain résonna sur la mer un long coup de klaxon. Le ciel s'était déchiré. un trou énorme se découpait à travers les nuages. Une très grande silhouette noire, creuse, vide : celle de Gilles. Elle commença à avaler tout doucement, puis plus fort, puis comme un gigantesque aspirateur, toute l'équipe. Des volées de coups de klaxons les attiraient, les piégeaient telles des sirènes.

 

Ils pénétrèrent tous, formant une jolie ronde, dans la brèche à présent béante. Ils prirent la main de Gilles et tout ce monde disparut en affichant de beaux sourires  ...

 

Alors se referma ce que l'on nomme depuis ce jour "le trou de Gilles", sous de lourds grondements de tonnerre.

 

 

Loïc

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 14:21

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer.

Des couchers de soleil semblables à celui-là, pourtant, n’incitait pas à partir, mais donnait envie de passer la nuit ici, seul, à attendre sans bouger, sans parler… dans la fraîcheur du soir, puis dans le froid pénétrant de la nuit, le retour du petit matin. Sans bouger, sans parler, sans penser surtout. A ce qui fut son passé. Leur passé. A ce souvenir encore si présent de longues soirées à deux, à regarder le ciel, à scruter les étoiles, puis à voir la nuit basculer doucement sur eux comme un drap pour les recouvrir progressivement de sa plénitude apaisante, mais aussi de ces inquiétudes et de ces petites peurs que procure parfois le cri bref d’un oiseau ou le passage furtif d’un animal passant là derrière, au cœur des ajoncs de la lande. Ils se regardaient alors en riant et il la serrait très fort contre lui en lui demandant si elle n’avait pas eu trop peur. Non, Jeanne n’avait jamais peur en la présence rassurance de SON Homme, comme elle disait, mais qui un jour, sans prévenir, sans était allée vers un autre destin.
 
Gilles redoutait ce moment en se demandant si ce pèlerinage n’allait pas le détruire et l’enfoncer encore davantage dans la déprime et l’énorme solitude où l’avait plongé ce départ brutal, cette idée que, quoi qu’il fasse, rien ne serait plus comme avant, et que s’il voulait poursuivre sa route, il lui faudrait chasser de sa vue, et mieux, de sa vie, de son esprit, l’image de cette femme qu’il avait tant aimée. Le ciel était passé au rouge flamboyant, et l’incendie céleste s’ajoutait au feu intérieur qui le dévorait. Malgré la fraîcheur du soir, il se mit à transpirer à grosses gouttes. Le rythme de son cœur s’était accéléré. A deux doigts du malaise. Il aurait dû s’enfuir à toutes jambes et ne plus jamais revenir, mais une force gigantesque le retenait sur place et rivait malgré lui ses deux pieds au sol de la côte. Ses jambes pesaient une tonne et sa tête bourdonnait de mille bruits et de mille pensées.
 
Quand le soleil disparut complètement à l’horizon en plongeant l’océan dans une obscurité qui pour d’autres aurait pu être désespérément noire et lugubre, son esprit s’apaisa soudain. Le clapotis de la vague s’accorda tout à coup aux battements de son cœur qui s’était ralenti naturellement, le silence s’était répandu tout autour et une plénitude nouvelle s’empara de lui, sans qu’il en ait tout à fait conscience encore. Le souvenir et le chagrin avaient suivi le soleil dans son dernier plongeon. Gilles prit doucement sa respiration et amorça un demi-tour tranquille en tournant lentement et définitivement le dos à la mer.
 
Une vie nouvelle allait enfin pouvoir commencer pour lui.
 
 
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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 12:06

sujet semaine 35/2017 - clic

 
Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer.
 
Pourtant, les deux mains dans les poches, le regard loin devant lui, en équilibre sur ce qu'il croyait être le fil de son temps, il ressentait enfin ce bon vide celui qu'il aime tant appeler sa plénitude. Cette solitude voulue, espérée et enfin trouvée.
 
Il était là au pied d'une diagonale. Et prendre ce chemin de biais, ce serait prendre la tangente: la ligne d'écriture en solitude.
 
Celle qui permet de déposer tous les "maux" avec des virgules des points de suspension, d'interrogation d'exclamation, des belles majuscules des taches des ratures des coups de gomme des enluminures, jusqu'au point final.
 
Il se dit qu'il a beaucoup de chance et que chacun devrait avoir le bonheur de pouvoir écrire des pages hors champ hors cadre.
 
Il ramassa quelques morceaux de nuit, cette nuit qui lentement tombait. Il les déposa au fond de ses poches et ferma les yeux.
 
C'est alors qu'il entendit un coup de klaxon impatient, un appel et cette phrase assassine:
 
"Alors, elle te lâche ta prostate?"
 
 
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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 11:39

sujet semaine 35/2017 - clic

Comme la nuit tombait,

Gilles se décida à rentrer...

Enfin.

De vaine recherche en vaine recherche,

Les mains en poche,

Il baissa les bras, ce jour-là, pour la première fois.

 

Sans nouvelle, aucune,

Plus âme qui vive

Disparue, volatilisée,

Depuis, depuis, depuis...

Diable, l'eau avait coulé sous les ponts !

 

L'homme ne s'était résigné

Jamais

A abandonner le moindre espoir

Comme une seconde peau,

Depuis...

 

Gilles, Gilles Seguin,

Blanquette, sa chèvre fugueuse,

Eprise de liberté et de montagne

Là où le loup

Ne donne coups de klaxon

Pour s'annoncer...

 

Monsieur Daudet, en le lui vendant

L'avait prévenu, lui...

Une bougresse de sauvageonne !

 

« E piei lou matin lou loup la mangé »

Disent les bergers, en provençal...

 

 

jill bill

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 11:00
Sujet semaine 35/2017

source image - clic

 

Le mot à insérer facultativement est : KLAXON

 

 

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse : les40voleurs(at)laposte.net

Mode de fonctionnement du blog : clic

 

-------------

 

Belle semaine,

 

 Mil et une

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:18

sujet semaine 34/2017 - clic

Il était là… Venu de nulle part… Tombé au beau milieu du salon ! Comment ça 'qui ça' ? Le point d’interrogation voyons !

- Chérie ! Dégage moi ça de là bon dieu ! Mon boss doit venir dîner et il est hors de question…

- Tu aurais dû bosser dans les jeux de mots, explosa-t-elle soudain. Ce truc, quand je le regarde bien je me dis qu'il pourrait te faire une bonne doublure…

- HA HA HA ! HI-LA-RANT !

- Mais si, regarde : une grosse tête vide, un corps de crevette, les jambes coupées par le stress… Ton patron n’y verra que du feu !!

Elle repartit de plus belle dans son fou rire, allant même jusqu’à éponger ses beaux yeux verts d’un revers de manche.

- Hm. Nous dirons que ton humour est aussi mauvais que tu es belle !

- Rohh pas de panique, nous n’avons qu’à le découper.

- Mais la vraie question (fou rire redéclenché chez la belle)… Suzanne ! Trêve de plaisanteries, il arrive dans moins d’un quart d’heure et je…

- La vraie question, oui, tu disais ?

- Ne me regarde pas avec ce joli minois déformé par ton rire mal contenu !! Qu’est-ce que ça fiche ici ??!!!

- Je ne sais pas, je suis rentrée il y a une heure et il trônait déjà au milieu de la pièce. C’est un grand mystère ou, devrais-je dire, une grande interrogation, une question existentielle…

 

Enervé par sa chère et tendre qui repartait dans son fou rire, elle en était au stade de se tenir l’estomac d’une main tout en frappant la table d’une autre, il partit dans le garage chercher… mais oui, chercher quoi ? Une tronçonneuse ? Une scie ? Un cutter ? Y’avait qu’à tout prendre, y’aurait bien quelque chose qui fonctionnerait.

Dix minutes venaient déjà de s’écouler mais rien n’y faisait… Le point d’interrogation était fait d’une étrange matière, pas découpable, ni déchirable, ni écrasable, incassable et, ils le découvrirent également, lorsque Suzanne tenta de le pousser vers la porte, indéplaçable. Bref, une catastrophe sans nom puisque son boss arrivait dans cinq petites minutes à peine.

- Chéri, et si on essayait de… l’effacer ?

- Suzanne, bon sang, mais est-ce que tu t’entends ?

- Tu trouves encore le moyen de trouver une idée débile alors qu’on a un POINT D’INTERROGATION GEANT coincé dans notre salon ?!

- Dit comme ça… Très bien, je vais chercher quoi ?

- Pourquoi ne pas commencer par une gomme ?

- Une ?

- Une gomme !

- Une gomme…

 

Il partit chercher une gomme, se demandant si sa femme et lui-même ne devenaient pas complètement cinglés. Mais bon, en soi, la situation était déjà bien délirante.

Il revint avec deux petites gommes d’écolier.

- Nom d’une cacahuète ! Suzanne ! Regarde ! Ca s’efface !

Il oublia quelques secondes sa tâche pour enlacer sa femme et déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Ils gommèrent le point géant frénétiquement pendant ce qui leur sembla une éternité. Mais à la fin, subsistait un problème. Bien qu’effacé à présent, un petit monticule de petits points, obtenus pendant la penible tâche, siégeait sur la moquette.

 

« Diiiilllllllliiiiiiiiinnnnnnnnngg »

 

La sonnette les fit sursauter. Lui courut vers la porte

- Chef, vous arrivez… à… point !

Suzanne ramassa le tas de points et, sur le moment, la panique s’emparant d’elle, elle courut se réfugier en cuisine et, trébuchant, envoya valser tous les points dans… la marmite.

Lorsqu’ils passèrent à table, elle regarda son mari d’un air las en annonçant le plat :

- Filet mignon et ses petits points carottes…

Le boss sourit gentiment.

- Vous voulez dire « petits pois carottes ».

 

Les deux époux se regardèrent et éclatèrent de rire.  Il n’y avait plus que ça à faire…

 

Tilancia

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 10:41

sujet semaine 34/2017 - clic

 
Au fait c’est quoi un point d’interrogation
 
Une exclamation qui aurait grossi ?
 
Une mauvaise doublure de l’exclamation ?
 
Ne serait-ce qu’un point ventru comme un esse ?
 
Oh et puis je vous en pose moi des questions ?
 
Moi ? Vous ?
 
Ah non, Madame ! On ne me repousse pas comme cela,
 
Je suis et je reste !
 
Parce que si je partais,
 
Est-ce que je reviendrais ?
 
 
Je suis une interrogation
 
Un point c’est tout
 
 
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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 19:47

sujet semaine 34/2017 - clic

Pour ce casting la file d'attente était interminable !
Lisette arrivée en retard comme à son habitude toussota
les têtes se tournèrent vers elle !
question discrétion c'était raté-
Elle ne savait même pas quel était le rôle à tenir !
un comble-
le buffet et le réfrigérateur étant vides elle tentait sa chance
à tout va-
une toute jeune fille à la frêle silhouette lui adressa timidement
la parole !
Elle chuchota -- c'est pour doubler une grande artiste-
On doit avoir ses mensurations-
Ha bon rétorqua Lisette !!
Et elles sont comment ses mensu----
hum mensurations !
elle est longiligne--- comme moi !
ha oui en effet !!
j'ai dû me tromper de couloir !
Avec mes 1m76 pour 85 kilos
vous êtes de sa taille ça colle
oui mais avec mon poids je dois faire le double
Alors à moi toute seule je suis déjà une doublure !!
deux pour le prix d'une !
je plaisante-et j'ai faim !
je vais vous laisser tenter votre chance-
s'ils ont besoin de figurantes, je vous laisse mon tél !
Vous voulez bien ?
Vous êtes charmantes-
un peu maigre mais charmante-
 
 
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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 15:22

 

sujet semaine 34/2017 - clic

Inutile de passer le restant de sa vie à se poser des questions !

Voilà, c’est dit, c’est fait et si vous n’êtes pas d’accord, essayez donc  cet exercice :

Consigne 1 : Transformer ces phrases interrogatives en phrases affirmatives.

Consigne 2 : Y répondre en mots ou en pensées …

 

Aurais-je assez de temps pour lire tous les ouvrages qui s’empilent ?

Les photographies numériques qu’on ne regarde plus s’abiment-elles ?

Aurais-je assez de courage de tout quitter pour la campagne ?

Les barrières du jardin sont-elles assez hautes pour que mon chien ne se sauve pas ?

Aurais-je assez de force pour retaper cette ferme ?

Les pierres qui s’écroulent peuvent-elles être réutilisées ?

Aurais-je assez de mots pour vous dire que je vous aime ?

Les cœurs en pâte à sel suspendus sur les murs se décrocheront-ils un jour ?

Aurais-je assez de persévérance pour clore ce chapitre ?

Les papillons qui virevoltent sur les fleurs butinent-ils eux aussi ?

Aurais-je assez de patience pour éviter le drame ?

Les fleurs de mauve séchées donneront-elles bon goût à l’eau de la tisane ?

Tout est calme ; c’est le soir et je n’entends plus que les sursauts des rêves de mon chien.

Sait-il que la télé déverse des horreurs à longueur de journée ?

A-t-il compris que je l’ai éteinte ?

A-t-il senti que le monde est fou, en ce moment comme naguère et que les agitations humaines ne servent plus à rien ?

Comprend-il les peurs, les méfiances, les angoisses, lorsque, assis face à la barrière il se met lui aussi à hurler à la mort ?

...

Tout est calme ; je monte dans ma chambre et avant de plonger dans ce sommeil si doux qui chaque nuit me régénère, je murmure encore une fois cette prière :

Seigneur, je t’en supplie, arrache-les à leurs choix mortifères …

 

 

Annick SB   

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 20:45

sujet semaine 34/2017 - clic

Elle m'a dit:

"JE ou plutôt son ombre, sa silhouette, est en train de pousser le gros point d'interrogation dans le cagibi, derrière les surplus,  les  balais et les serpillères.

JE décide enfin de ne plus poser de questions

JE,  comprend  le tout,  à sa façon

Ne plus poser et ne plus se poser de questions.

Juste vivre :

-          Entendre et écouter

-          Goûter, apprécier ou apprendre à aimer

-          Sentir et emplir ses poumons de bon air

-          Voir et découvrir le beau pour savoir que le laid existe

-          Toucher le doux le rugueux le piquant le lisse le mou le tendre le dur le chaud

            le froid

-          Toucher ta peau ta tendresse ou ton indifférence

Ne plus poser de questions, vraiment c'est reposant.

Il ne lui reste plus qu'à se faire une idée de toute chose,  sa propre idée sans chercher à la défendre mais juste en étant capable de l'apprécier.

Faire ses propres expériences, (propres ou sales d'ailleurs, peu importe!)

Ne jamais en tirer de conclusions mais juste affiner sa perception ses sensations

Avancer sans poser de  questions c'est ne vouloir avoir aucune certitude,  c'est être libre.

C’est savoir dire non pour pouvoir donner au oui une belle importance

Interroger le ciel pour connaître le temps de demain n'a jamais servi à quelque chose ; les choses se font d'elles mêmes et sans notre intervention... 

Voilà pourquoi JE laisse questions et réponses au cagibi et s’aperçoit qu’expérience apprentissage compréhension ont beaucoup de valeur.

Mais il faut que JE conserve ce que les autres ne sauront jamais.

Les autres, en effet,  ne sauront jamais qu’au fond de sa poche percée, dans sa doublure, JE a la clé de tous les grands mystères.

 

 

Jamadrou

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