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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 18:55
Délice pensif.   Tilancia

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Le tintement des sonnailles résonne en ma mémoire. Les bêtes trempées de sueur, la terre chamboulée en plein cœur... J'y pense. Oui, j'y pense quand je déguste le vin de Provence.


 

Tilancia 

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:25
De la grappe à la cave de garde.   Jeanne Fadosi

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Il avait fallu plusieurs longues années de soins pour épierrer et assainir le sol. Quelques années de patience encore, des plants aux fruits.
Chaque année ensuite, tout au long des jours, les pieds étaient choyés et les mystères du ciel scrutés entre angoisse et espoir selon ses turbulences.
Il avait fallu une semaine à cueillir les grappes prometteuses, à fouler à pieds nus les grains ronds énivrants, déjà.
D'autres gestes quasi rituels pendant le temps des cuves.

Ici chez nous, loin de là-bas, le temps fébrile d'attente, entre le passage annuel du visiteur, devenu ami au fil d'une longue habitude, et l'arrivée des barriques commandées
Calmer encore l'impatience des petits et des grands avant la mise en bouteille.
Croiser les doigts pour qu'un temps frais et sec soit de la partie.

Ce jour-là était bien plus qu'une réunion de famille laborieuse ! Une cérémonie payenne joyeuse, emplie de rires autant qu'une ruche active.
Les bouteilles soigneusement lavées et séchées au soleil, miroitant sur leur if de ferraille.
La canelle bien étanche, emplir au goulot sans rien perdre du précieux nectar ; Laisser la juste distance entre liquide et base du bouchon. C'était l'affaire des plus grands !
Sans hésiter, d'un geste net et franc, enfoncer droit le bouchon de liège. Etape délicate et cruciale dont dépendait la qualité de la garde du vin. Corvée réservée aux plus adroits, que je me fis un point d'honneur d'égaler pour accomplir ce qui me semblait être un privilège, en dépit de mon jeune âge.
Badigeonner l'étiquette de colle à l'amidon, ne pas la coller de travers, ni trop haut, ni trop bas.
Enfin, délicatement poser la coiffe et la collerette d'étain.
Cadence soutenue et bien synchronisée, rythmée par des chansons.
Interrompue soudain par un juron quand un geste de la chaîne humaine défaillait, en rompant l'harmonie, bouchon de travers, giclée mousseuse entre goulot et canelle mal refermée ; ou trop tard, ...
Fou rires ...

Récompense de la collation et le droit, enfin, pour les grands, de goûter à la dernière bouteille, forcément incomplète. ... juste un doigt pour la petite ! (maman disait un dé à coudre)

Les oublier encore, plusieurs années souvent, dans le frais idéal du caveau bien conçu.
Rares les initiés au secret jaloux de son astucieuse serrure.

 

 

Jeanne Fadosi

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 21:51
En mémoire de Papy.   Christiane Blanc

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Quand on a descendu

Cet humide escalier

Les yeux tout embués

- l'enterrement,  triste sonnaille de l'humain,

Rappel des jours perdus-

On s'est pris à vouloir

Exorciser, oublier, conjurer

La noire tristesse du soir,

Nos crépuscules de vie.

 

 

Boire...

Une fameuse bouteille

Comme Papy les aimait

Honorer sa mémoire

Et se persuader

Qu'il aimerait nous voir

Déguster, chanter, décanter...

 

 

Las... !

Que n'avait-il pas fait

Gai luron de l'histoire ?

 

 

En guise de nectar

Nous trouvâmes

Sans âmes

Une caisse de bouchons

Oubliés dans le noir,

Encore rouges parfois,

… Cadavres de victoires,

De misères et de joies.

 

 

Christiane Blanc

 

 

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 17:50
Les bouchons de monsieur Henri.   Almanito

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Lorsqu' en s'éveillant le jeudi matin, Louise trouvait sa petite jupe plissée disposée sur la chaise près de son lit, elle savait qu'elle passerait la journée chez dame Paneraud. Paneraud A- U- D précisait toujours la dame en question, craignant qu'on ne la prit pour une de ces réfugiés venus d'Espagne ou d'ailleurs. Ex habituée des quartiers chauds, elle avait arpenté les trottoirs de Bordeaux toute sa vie pour se reconvertir en tenancière de bar dans une sous-préfecture du sud-ouest par la grâce et la générosité d'un micheton qui lui avait offert l'établissement.
Dès lors, la dame n'avait eu de cesse de s'acheter une respectabilité en menant son escadre d'employés dans une main de fer et sa clientèle de même.
Depuis son poste qui dominait toute la salle jusqu'à la terrasse et auquel elle accédait en empruntant quelques marches comme le curé monte en chaire, elle contrôlait son peuple tel un despote. L'embourgeoisement l'avait lestée d'une vingtaine de kilos qu'elle tentait de camoufler sous d'amples écharpes violemment bariolées par dessus des tenues dignes d'un couvent de carmélites et ses lèvres fardées d'épais rouges violacés qui révulsaient Louise au moment du "viens cocotte, viens me faire la bise", témoignaient malgré tout d'un passé chargé.
Jeanne déposait Louise bien avant la brasserie afin que, petite sauvageonne élevée sous les pins qu'elle était, elle s'habitua aux us de la ville, à marcher en faisant attention et à traverser toute seule.
La balade ne lui déplaisait pas mais son coeur se serrait aux abord de la brasserie. Elle osait quelques pas sur la chaussée pour éviter un individu en costume invariablement gris, qui se tenait constamment là, en terrasse, ses longues jambes maigres allongées devant lui, avec son profil "en lame de couteau" avait dit Jeanne, ce qui était très inquiétant. Louise lui prêtait l'intention de lui faire un croche-pattes si d'aventure elle passait près de lui, comme les garçons à l'école. De plus, l'inquiétant personnage souffrant atrocement d'un ulcère à l'estomac, ce qu'elle ignorait, affichait une grimace perpétuelle de douleur qu'elle interprétait comme un signe de cruauté et son nom imprononçable comportant tant de lettres dures et blessantes de K, de Z et de R entremêlées confirmait à ses yeux l'ignoble férocité de l'homme. "Mais non", lui avait dit Jeanne, "le pauvre, c'est le chauffeur de taxi...!". Et Louise avait secrètement souhaité que jamais au grand jamais, ni elle ni sa maman n'eussent à monter dans sa voiture.
Venait ensuite la grande salle, flanquée de banquettes usée et de chaises tarabiscotées de bistrot, que Louise traversait en serrant les fesses et tête baissée pour ne pas rencontrer les regards qu'elle croyait braqués sur elle et enfin la mémé Paneraud qui l'accueillait à bras ouverts, et Louise, après tant d'angoisse, se laissait emporter dans l'étreinte étouffante qu'elle détestait de la vieille dame.
Monsieur Henri, toujours impeccable dans son uniforme ceint d'un long tablier noir de premier garçon et le seul à qui Louise avait le droit de parler, apportait la grenadine "de mademoiselle" devant elle, avec double ration de sirop parce qu'il l'aimait bien et qu'il ignorait qu'elle détestait la grenadine. Louise sirotait un peu, faisait des bulles et prenait garde de ne jamais finir l'infecte mixture, faute de quoi une seconde lui était immédiatement imposée.
La journée était longue, Louise mourait d'envie d'aller regarder les joueurs de billards, ces grands qui tournaient autour d'une table jonchée de boules la fascinaient. Jeanne, lorsqu'elle était là permettait, mais dame Panuraud interdisait, "ces messieurs usant parfois de quelque vocabulaire incompatible avec l'éducation de cette petite". Jeanne souriait intérieurement, connaissant le passé de la dame, et la dame feignait de croire que Jeanne élevait sa fille comme une enfant de Marie. Personne n'était dupe mais c'était le jeu que la bonne mémé avait imposé et Jeanne l' acceptait contre ces quelques heures de garde durant lesquelles elle pouvait flâner à son aise devant les vitrines en rêvant de son Paris qui lui manquait tant.
Monsieur Henri avait l'âme d'un collectionneur. Outre les capsules de bouteilles avec lesquelles elle pouvait jouer, il avait, caché dans un placard sous la machine à café, une collection de bouchons. Chaque pièce répertoriée correspondait à un évènement important: la glorieuse finale de l'équipe de rugby de la ville, le mariage d'un important personnage qui avait choisi d'offrir son vin d'honneur dans la brasserie "oui, oui, ici même" disait monsieur Henri qui en était encore tout ému, ou bien des fêtes, des 14 juillets, des jours de l'an...
Certains, exposés sous verre, portaient même la signature de grands joueurs.
"Spanghero...Just Fontaine...Albaladejo...enfin, ça te dit bien quelque chose, non?" disait monsieur Henri, un peu agacé devant l'indifférence de Louise. Louise pensait que les bouchons sentaient la vinasse et que monsieur Henri était bien ennuyeux.  A son idée, les bouchons neufs étaient bien plus jolis mais peut-être que monsieur Henri n'avait pas les sous pour les acheter alors que les vieux étaient gratuits.
Un jeudi, lorsque Louise arriva, monsieur Henri avait disparu et c'était monsieur Lucien qui portait le costume de premier garçon. Monsieur Henri avait commis "une grosse, une énorme bêtise, que j'en suis encore toute retournée" avait dit dame Paneraud qui par représaille avait confisqué les bouchons. Monsieur Henri était parti en jurant de façon "fort vulgaire" qu'il ne reviendrait que si on lui rendait ses bouchons. Et Jeanne s'était penchée vers sa vieille amie pour entendre le grand secret que celle-ci, suffocante et scandalisée,  lui confiait dans le creux de l'oreille. Et Louise avait vu que sa mère,  en relevant la tête, retenait  une énorme, une monumentale  envie de rire.

 

 

Almanito

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 16:51
Conseil de Jamadrou.   Jamadrou

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Pour dissoudre vos bouchons, 
 
n'utilisez pas votre auriculaire 
 
mais un SPRAY AURICULAIRE!
 
 
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:25
Adieu et bonjour,   Laura Vanel-Coytte

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Adieuveauvachecochoncouvée, sonnailles
Je quitte  la campagne pour la grande ville
Adieu au chant du coq du petit matin blême
Bonjour  coups de  klaxon, sirènes hurlantes
 
Adieuveauvachecochoncouvée, sonnailles
Bonjour les bouchons de voiture et de champagne
Qui claquent comme des coups de promesses
Derrière les comptoirs des bars où l’on se regroupe
 
Adieuveauvachecochoncouvée, sonnailles
Je reviendrais voir le poulailler et le bétail
Je regretterais l’odeur des foins et la volaille
Adieu au silence qui gagne le paysage et mon âme
 
Bonjour le bouchon de champagne, symbole
D’une ville dont le centre en a la forme
Combien de bouchons ont sauté  en fanfare
Lorsque je prenais la clé des chants de fête.
 
Adieuveauvachecochoncouvée, sonnailles
Bonjour sonnerie du tramway qui me transporte
Adieu calme et solitude, adieu champs et sentiers
Bonjour clameur de foule un soir de fête de la musique
 
 

Laura Vanel-Coytte

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:23
Le tango des tergiversations.   Fabrice Parisy

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Elle n'attendra pas indéfiniment, là,
Où tu la fais tourner comme une ritournelle
Sur un disque rayé ; ton refrain « la la la... »
Aurait déjà lassé plus d'une pimprenelle.

Tu ne sais qu'étirer tes irrésolutions
Au long de ponts aussi réels qu'interminables,
Tanguant sur le tango des tergiversations...
Tes arguments sont-ils vraiment tous raisonnables ?

Tu veux avoir l'amour, sans ses désagréments ;
Prendre la lune, mais, sans sa face cachée ;
T'assurer que jamais le moindre des tourments
Ne viendra polluer l'idylle endimanchée ;

Elle n'attendra pas qu'il neige sur les toits,
Que le temps des regrets agite ses sonnailles,
Que le vin gaspillé laisse gourds et pantois
Bien des bouchons de liège et nombre de futailles...

 

 

Fabrice Parisy

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 18:32
 Pris dans les bouchons.   XYZpascal

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Un bouchon venant de champagne


était pris dans les bouchons


il avait beau activer klaxon et sonnaille


rien ne changeait


il faisait toujours du surplace

 

 

XYZpascal

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 18:29
Que ça saute !   Cloclo

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- Qu’est-ce qu’il fout celui-là au milieu de nous ? Il se la pète ou quoi ? Ce n’est pas parce qu’il a la tête ronde qu’elle est plus pleine que la nôtre ? Vous avez entendu, vous autres ? Il a dit comme ça à Jeannot, le troisième à droite, celui de la cave Saint-Julien-Les-Foix : oui, moi, on ne me débouche pas brutalement, comme vous, les gars, moi, on me fait sauter, et en l’air et le plus haut possible. Il a même ajouté : ouais, vous, pour vous extraire de la bouteille, il  faut s’aider d’un tire-bouchon, tandis que moi, je m’en sors tout seul, et en vitesse, encore  ! Et tout le monde explose de joie quand je m’envole ! C’est le délire, c’est la fête, c’est la joie des papilles !

 

- Je suis sûr que ce n’est même pas un bouchon de champagne, dit Nico, le dernier de la rangée, si ça se trouve, il bouchait un crément, ou un raisiné, ou mieux une vulgaire Blanquette.

 

- Ou un spumante bas de gamme, ajoute Maurice, dégoûté. Il fait son kakou, parce qu’il croit qu’on ne reconnaît plus le goût du vin sans la bouteille, tu parles d’une erreur.

 

- Moi je suis fin nez, je peux reconnaître un picrate d’un grand cru millésimé… dit Gaby le Pochtron.

 

- Et moi qui bouchais un Mouton-Rothschild 2001, tu parles d’une plaisanterie, ce gars-là est une erreur de la nature et n’aurait jamais dû se trouver parmi nous. Que diriez-vous d’une petite intervention discrète de notre part pour le chasser de nos terroirs ?

 

- Bonne idée, dit Nestor, mais comment s’y prendre ?

 

- Un bon coup de pied décoché tous ensemble, et pour une fois, il ne partira pas en l’air par plaisir ! Allez, les gars, prenez votre élan, je sens qu’on va passer un bon moment !

 

-  Et que ça saute ! Ajouta Jeannot, qui avait la blagounette facile.

 

 

Cloclo

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:56
Bouchons surréalistes.   Jak

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Steve Mills se balade, dans les rue de Paris, il est à la recherche

 

Oh ! combien délicate d’un sujet unique à croquer

 

Négligeant les passants aux pauses à la Doisneau, il tombe

 

Nez à nez devant une vitrine troublante de collectionneur

 

Alignés les uns sur les autres, pêle-mêle des bouchons de toutes origines.

 

Il a comme une sorte d’éblouissement, le passé, par réminiscence ranime sa jeunesse

 

Le temps où il courrait dans les vignes de son Massachusetts

 

Le temps où il était libre, ivre de liberté et de raisins gobés avec volupté

 

Et dans sa tête reviennent tous les bruits de sa province

 

Sonnailles du soir, appelant les vignerons au repos, glouglou du vin que l’on teste.

 

 

Alors il crayonne sur son bloc la future toile irréaliste de bouchons dont le spectateur se demandera s’il ne s’agit pas d’une photo.

 

 

Jak

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