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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 17:10
Revue de presse.   Aimela

Sujet semaine 12/2016 - clic

 
1 : Lumière
C'est de la lumière fixée sur les têtes que l'intelligence naîtra

2 : Trop bas
Voyons Victor, je t'avais bien dit que ce pont était trop bas mais tu n'en fais qu'à ta tête

3 : Immaculés
Blanc c'est blanc, il n'y aura plus d'enfants, ils partent tous en guerre

4 :Tel père
Aujourd'hui, un homme a accouché... d'un chat, ils se ressemblent œil pour œil.

5 : Moyens
La grenouille ne voulant pas se mouiller les pieds s'est installée sur le dos d'un scorpion

6 Cassé
Tout est cassé, c'est sûr que comme ça, cela fonctionnera beaucoup moins bien.
 
 
Aimela
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 17:05
Revue de presse.   La Licorne

Sujet semaine 12/2016 - clic

 

1.Expérience médicale
Une récente étude effectuée en milieu naturel, sur les rats de bibliothèque,
confirme un risque accru de développer des ampoules...sur le haut du crâne.

2. Petit gabarit
Elle est fan...tastique, la nouvelle petite Citroën, 
elle se faufile vraiment partout !

3. Cirque
Les clônes blancs sont de retour !

4.Petite phrase
David Bowie, récemment accueilli au Paradis, en même temps que son chat,
aurait dit en arrivant :
"D'yeux, notre paire..."

5. Conte défait
Et maintenant, Tornado, qui nous délivrera d'un baiser ?

6. Con-torsion
Noeud me parlez plus du yoga de la marine !

 

 

La Licorne

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 14:50
Revue de presse.   Emma

Sujet semaine 12/2016 - clic

 

1 Réincarnation.

Woody Allen s'est toujours pris pour une lumière.

 

2 Radins.com.

C'est quand Dumbo l'éléphant volant a un coup de mou qu'on regrette de ne pas avoir pris l'option "airbag de toit".

 

3 Inquiétante disparition.

On n'a plus de nouvelles du Général Li depuis que le Président Père de la nation a subi un décollement de rétine lors de la parade nationale.

 

4  Double vue.

Que crois-tu que nous vairons dans l'au-delà,  Azraël ?

 

5 Cherchez l'erreur.

Eh, Rainette, d'hab. c'est pas le scorpion qui monte sur la grenouille ?

 

6  Kâma-Sûtra.

Vite, Jeannine, la notice doit bien être sur google !

 

 

Emma

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 14:44
Revue de presse - Petites annonces.   Pascal

Sujet semaine 12/2016 - clic

 

1 Bibliothèque Rose

Aux rayons des pervers, les lecteurs restent couverts.

 

Pont de l’éléphant

Nissan est recalé au crash test en Afrique ; la route a été interrompue au trafic.

 

Tarte au citron meringué

Séparer le blanc des jaunes quand ils battent le pavé.

 

Rectification scientifique

L’homme descend du chat.

 

Love Is All

Les amours d’une grenouille avec un des Beatles.

 

Accident de yoga

On recherche matériel de désincarcération.

 

 

Pascal. 

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 14:41
Revue de presse.   Almanito

Sujet semaine 12/2016 - clic

 

1 Investissement.

L'Assemblée Nationale se dote d'un accélérateur des cellules composant la matière grise de nos élus, ayant également la particularité de lutter contre l'absentéisme.

 

Campagne électorale.

Le PS en difficulté se résigne à sortir les éléphants de la réserve

 

Sciences.

Une enzyme trouvée par hasard sur une plume de colombe permettrait de blanchir les armées de tous les massacres et exactions commises lors des guerres.

 

4 Première mondiale.

Un Anglais anonyme fait don de l'un de ses yeux à Blacky son chat aveugle.

 

A l'affiche

Sur vos écrans cette semaine, le film "Roule ma poule" tiré de l'essai éponyme du grand philosophe Nikos-Ali Agace.

 

6 UE.

L'Europe peine toujours à se sortir de l'imbroglio politico-financier dans lequel elle s'est malencontreusement fourrée en voulant faire un nœud à son mouchoir.

 

 

Almanito

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 14:34
Revue de presse - Melting-pot...   Jill Bill

Sujet semaine 12/2016 - clic

 

1 Culture...

Pas d'âge pour devenir une lumière !

 

Frontière...

Défense de passer !

 

3 Uniformément...

Défiler dans la képitale !

 

C'est tout vu...
Qui se ressemble s'assemble !

 

Querelle...
Se mettre quelqu'un à dos !

 

6 Dévouement...
Se plier en quatre !

 

 

Jill bill

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 12:00
Sujet semaine 12/2016

Source images : Web

 

 

Cette semaine, nous vous proposons une revue de presse :
 
il s’agit de donner un titre à chaque image et une légende en une seule phrase.
 
-------------------
 
Bonne semaine 
 
Mil et une
 
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 11:52
Bastet.    Jamadrou

sujet semaine 11/2016 - clic

 

Ils sont venus, ils sont tous là dès qu’ils ont entendu ce cri :

 

« Appropriation du casque de réalité virtuelle, réalité virtuelle, réalité virtuelle… »

 

Pas besoin de leur jouer les sanglots longs des violons sur un vrai Stradivarius pour leur faire croire qu’ils sont les meilleurs et les merveilleux élus des futurs androïdes dirigeants le monde.

 

Ils sont tous là, attentifs, prêts à entrer dans le monde de l’Artilect (rien avoir à voir avec les douces subtilités de l’Art, non non, c’est le monde où l’intelligence artificielle dépasse son créateur)

 

Ils savent tous qu’ils vont devoir leur nouvelle vie, leur nouvelle existence à l’exercice de la raison pure et non pas à une intervention magique ou divine. Pour avancer, la pomme n’aura plus besoin d’être croquée. Ils s’imaginent déjà tous alchimistes participants au Grand Œuvre de la transmutation du virtuel en réalité de notre quotidien qui sera le pain à croquer chaque matin.

 

Ils sont prêts à faire, assis, ce grand saut, à se laisser happer par cette réalité virtuelle. Chacun a apporté sa propre clef pour ouvrir le Grand Portail.

 

Ceux qui arriveront les premiers seront des Anubis à tête de chacal, les suivants seront des Horus à tête de faucon puis arriveront les Bastet à tête de chat. (Certaines femmes, que vous ne devinez pas sur cette photo,  se sont infiltrées  dans cette réunion  d’appropriation du casque de réalité virtuelle…) Vous avez compris que les Bastet seront les plus nécessaires et les meilleures . Elles avanceront discrètement, félines, en donnant de la joie, de la chaleur,  du soleil  et des maternités juste à celui qu'elles jugeront digne. Elles auront  le bonheur de construire tranquillement un monde à leur image.

 

Tous ces hommes gris tristes et bien assis ne savent pas qu’ils vont tous être robot fabriqué à l’image d’un être humain (même si cervelle et tête appartiennent à l’animal) mais qu’UN seul Vrai humain aura droit aux câlins des Bastet, au tapis rouge, aux baskets, à la décontraction, au sourire  et qu’en plus, ce vrai humain saura siffler comme un pinson !

 

 

Jamadrou

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:00
Le dernier effort.    Margimond

sujet semaine 11/2016 - clic

 

Mon nom pour la dernière fois résonnait
Il ne me restait plus qu'à marcher droit devant
Presser le pas
Courir
Un corps sain dans un esprit sain
Le dernier
Sans tapis rouge
sans gloriole
Je montais sur la scène
Une sono crachait des applaudissements
Personne ne me voyait

Ensuite
J'irais rejoindre le premier rang
On m'aidera à m'assoir
dans un fauteuil pareil à ceux de tous les autres
Coiffé d'un casque relié à la pensée unique
J'aurai abandonné mon autre vie 

 

 

Margimond

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 07:00
Des zéros et des uns.   Koda

sujet semaine 11/2016 - clic

 

Il y aura toujours, et toujours il y aura

chez l'Homme une tendance à générer des masses

de moutons un peu nuls qui suivent quelques 'as',

ces génies de leur temps à l'immense aura.

 

Quelques siècles plus tard, quand les meilleurs luthiers

reproduisent encore l'excellence d'un vieux maître,

de jeunes Stradivarius ne tardent pas à naître,

qui d'une autre façon viennent vous envoûter.

 

Les tableaux sont pixels, la musique est octets :

des zéros et des uns, quelle ironie du sort,

qui inondent les mailles d'un réseau enchanté.

 

Et la magie opère, dans un monde parallèle

où quelques 'number ones' diffusent du virtuel

aux masses de Panurge qui consomment 'sponsor'.

 

 

Koda

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 18:18
Je veux du rêve.   Clémence

sujet semaine 11/2016 - clic

 

Le sourire d'Adèle se figea et ses yeux s'écarquillèrent.

- Mais c'est quoi, ce truc ? s'exclama-t-elle en découvrant la photo en pièce jointe au courriel « semaine 11 »

On dirait des cartes SIM à lunettes 3D, fichées dans une boîte à …

Elle chercha un mot adéquat.

- Dans un coffret à dia-positives.

Elle continua sa tirade :

- Robotisés, cybertisés, lobotisés, anesthésiés  dans leur monde  virtuel d'une précision époustouflante, mais plat. Oui, plat.

 

Adèle venait de fêter ses vingt ans pour la troisième fois, et elle aimait comparer sa vie à un pont. Une culée ancrée sur la rive du passé, l'autre discrètement posée sur les rives d'un monde en mutation.

 

Elle se prépara un café en continuant son monologue :

-  Faut pas croire ! Même avec votre formatage à haute dose, vous ne viendrez pas à bout des irréductibles romantiques! Ceux qui susurrent « J'veux de cuir » , ceux qui crient « J'veux d'l'amour »

Ces derniers mots lui rappelèrent un souvenir éloigné d'un lustre. Non, deux !

 

« Moi, j'veux du rêve, du vrai, du rêve éveillé ! » avait-elle confié à son journal, après une période difficile. En ces mots, elle dessinait son avenir et voulait le marquer par un  événement prestigieux.

C'était un samedi…...

 

 « ………………... J'avais acheté le journal qui publiait un supplément sur les activités culturelles de la capitale. J'y ai trouvé l'objet digne de mes rêves. Un concert au Bozar.

La date de mon anniversaire étant proche, j'avais décidé de me faire vraiment plaisir. Je terminerais cette journée par une nuit dans un hôtel de la capitale.

 

Munie du catalogue des hôtels bruxellois, je commençai par celui qui était le plus proche de la salle de concert. Complet. J'élargis le cercle d'investigation. Complet. Complet. Ma déception fut complète aussi. Je fis une dernière tentative. L'établissement était prestigieux, mais j'invoquais moult raisons pour oser. Hélas, la réponse fut identique : complet.

Le réceptionniste entendit un tel désarroi dans ma voix qu'il me demanda de patienter. Mon cœur battait la chamade et s'affola lorsque j'entendis la réponse.

- Oui, je peux vous proposer une chambre. A un prix « abordable » si vous n'exigez pas un ascenseur.

 

Le jour « J » arriva. Tout était prêt. Ma journée de travail fut pareille à toutes les autres, mais à dix-sept heures, je savais q'une autre histoire allait commencer.

J'arrivai à l'hôtel. Je fus émerveillée.

Je montai dans la chambre. Je fus éblouie.

Au moment de partir, je priai le réceptionniste  de me réserver un taxi pour le retour.

 

L'air était vif. Je me sentais bien. Les lumières de la rue Ravenstein brillaient au loin.

La foule était dense aux abord du Palais Victor Horta.

J'étais émue et excitée à la fois. Pourtant, j'étais une fidèle du Bozar.

Mais ce mardi, c'était vraiment particulier.

 

Les portes s'ouvrirent. Je pris place au balcon. J'avais une vue parfaite sur la scène.

Le silence. Impressionnant.

La Camerata Salzburg prit place.

Anne-Sophie Mutter fit son entrée. Elle était magnifique.

Un sourire. Son Stradivarius était posé sur son épaule, l'archet suspendu...  

Les premières notes du concerto  KV 207 pour violon de Mozart s'envolent….

 

« Moi, j'veux du rêve, du vrai, du rêve éveillé ! 

 

 

Clémence

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 15:56
 O i o i o iooooo.   Vegas sur sarthe

sujet semaine 11/2016 - clic

 
La première chose que vit Marcel en entrant dans la salle obscure c'est qu'il n'y avait rien à voir. Plus précisément il n'y avait pas d'écran.
Il déchiffra une nouvelle fois son ticket d'entrée “Virtual Reality. Salle 5”.
Ou bien il s'était trompé de salle ou bien il s'agissait de théâtre et on ne lui avait rien dit.
Comme il se retournait – cherchant une ouvreuse ou quelqu'un pour le renseigner – il vit que tous les spectateurs portaient un curieux engin sur la tête, une sorte de casque opaque greffé sur leurs yeux tels le calao ou le casoar.
Pourquoi ne lui avait-on pas proposé ce machin à l'entrée?
Marcel toucha l'épaule du spectateur le plus proche de lui; celui-ci émit un grognement rauque à la façon d'un gorille.
Derrière le gorille un homme tanguait dangereusement, cramponné à son fauteuil comme un naufragé à sa pirogue. Marcel le retint de peur qu'il ne disparaisse dans les remous du fleuve...
Les remous du fleuve! Marcel réalisa avec horreur ce qu'il venait d'imaginer à l'instant.
Sous ses pieds, rien qu'une épaisse moquette et autour de lui une marée humaine agitée d'où montait un bruissement sourd.
Comme Marcel battait en retraite, une main se referma en étau sur son bras.
Une femme hystérique le secouait sans ménagement en poussant des cris de macaque ou de babouin.
Marcel tenta d'échapper aux ongles acérés mais la femme pourtant fluette ne lâchait pas son bras.
“Tarzan! Au secours!" hurla t'elle en se levant brusquement.
Marcel ne voyait guère d'issue à ce combat sauvage. La malheureuse allait disparaître dans la jungle, emportée par King Kong ou quelque tribu sanguinaire!
De sa main libre il arracha le casque.
La jeune femme retomba dans son fauteuil, échevelée, et leva un regard empli de reconnaissance vers Marcel :“Merci Tarzan. Vous m'avez sauvé la vie”.
Elle n'avait pas lâché son bras.
Marcel Tarzan prit un sourire satisfait. ”Oh ce n'est rien” dit-il à voix basse comme pour s'excuser d'être là “je viens déjà de sauver un naufragé”.
La jeune femme lui jeta un regard éperdu de reconnaissance :”Vous allez rester près de moi, n'est-ce pas?” et elle lâcha son bras pour remettre le masque sur sa tête.
Marcel Tarzan recula lentement, laissant Jane à ses ennuis.
A mesure qu'il reculait, des bribes de conversations lui parvenaient, des soupirs d'extase, des invectives, des cris d'effroi et des râles funestes.
Sous ses yeux chacun de ces esclaves casqués tremblait, jurait ou crevait dans l'indifférence générale et sans que personne ne vint à leur secours... à part lui.
Avant d'atteindre la porte de sortie il dut enjamber quelques corps secoués de spasmes et – ayant repoussé un ultime excité pendu à son cou qui beuglait “T'as d'beaux yeux, tu sais” – il sortit précipitamment.
Au guichet il demanda à être remboursé de la place qu'il n'avait ni virtuellement ni réellement occupée mais le préposé l'ayant virtuellement envoyé sur les roses il l'assomma d'un coup de poing bien réel.
 
Sur le parking du multiplex, des paradisiers chantaient en faisant la roue sur un lampadaire, un rayon de soleil jouait à cache-cache avec une canopée de pollution industrielle.
Marcel Tarzan rajusta son pagne et inspirant à pleins poumons l'air vicié du parking il chassa les oiseaux d'un O i o i o iooooo asthmatique puis se dirigea vers sa Panda géante noire et blanche qui ronronnait d'impatience.
 
Il n'était pas près de retourner voir un film de ce Mark Montagne-de-Sucre!
Pas étonnant qu'avec un nom pareil, les gens deviennent fous...
 
 
Vegas sur sarthe
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 09:48
Les dompteurs de girouettes.   Pascal

sujet semaine 11/2016 - clic

 

C’était pendant le grand loto annuel des tétraplégiques de Pilastre-en-Savoie ; parce qu’il restait des places, il avait été aussi invité quelques malvoyants et quelques malentendants, dans la grande salle omnisports du village. Comme à la parade, les fauteuils roulants étaient alignés dans une parfaite organisation de gala et tous les prétendants au bon carton écoutaient cérémonieusement les numéros sortants, soit avec des appareils auditifs appropriés, soit avec des lunettes à la vision tridimensionnelle, soit sur des consoles interactives sophistiquées. A part des raclements de gorge, des toux récurrentes de fond de salle et des grincements de chaise nerveuses, les participants étaient studieux comme à un concours de celui qui rira le dernier… (celui qui aura une tapette) Parfois, on entendait un guttural « quine !... » lancé dans un haut-parleur de console ; ou alors, un clignotant vert se déclenchait dans les carreaux opaques des lunettes spéciales du gagnant. Cela conférait à la salle une ambiance surréaliste, un peu comme si un congrès d’extraterrestres s’était réuni ici et s’esclaffait subitement en verdissantes couleurs pastorales.

 

Tout à coup, il est entré dans la salle un personnage, comment dire… atypique. Venu d’on ne sait où, sorti de je ne sais quel livre de Verlaine ou de Proust, avec des manières bigrement efféminées, il criait à la cantonade à qui pouvait l’entendre des : « Stradi ?... »  « Stradi ?... » en se penchant généreusement le long de chacune des allées pour tenter d’apercevoir l’objet de sa recherche. Il portait une jaquette, qu’il laissait flottante et quand il marchait, il avait sa façon de dodeliner du postérieur, tout en gardant le petit doigt en l’air, qui ne laissait aucun doute quant à sa qualité de véritable uraniste. Dans un séminaire d’anciens marins à voile et à vapeur, d’accord, je veux bien ! Mais au milieu de tétraplégiques, un véritable chevalier de la manchette !...

 

Imaginez le désarroi dans la salle du loto ! Un Stromboli ! Un tsunami ! Les ordinateurs branchés tombaient, les écouteurs dernier cri s’enrayaient, les lunettes sensationnelles s’embrouillaient !...  

 

Tout en se penchant, l’être volatil mettait sa main sur le genou du pauvre gars encore attentif au numéro dans son casque ! Il la posait aussi sur son épaule en clamant, avec son haleine de matador empapilloté, des « Stradi !... Stradi !... » désespérés. Dans son sillage, il laissait flotter un parfum gênant aux mélanges de sueur et d’eau de Cologne bon marché. Parfois la sueur cocottait plus fort que le sent-bon, parfois, c’était le contraire. Ne se démontant pas, avec une voix délicate, il haranguait tous les handicapés du bord des rangs ! « Hé ben, les gars, cherchez donc avec moi !... Vous n’avez pas vu mon Stradi ?... Le coquin a tiré sur sa laisse et il s’est échappé de son collier !...

Désemparé, ne sachant plus à quel démon se vouer, à l’un, l’homme à hommes balançait des œillades de prima donna ; à l’autre, il fronçait les sourcils comme un gendarme qui n’a plus un seul ballon à faire souffler à l’alcoolique pincé au contrôle. Tout en extraversion, il gesticulait, il implorait, il gémissait, il pleurait. Sous son tee shirt, ses pectoraux ressemblaient à des seins d’adolescente, son jean moulant galbait ses cuisses potelées et sa paire de godasses de sport à la mode détonait avec la moquette solennelle de la salle. « Vous n’avez pas vu mon Stradi ?... »

 

Etait-il un éclaireur de la Gay Pride ? Un échappé d’une cage de folles ? Une pédale joyeuse calée sur un coin de trottoir ? Les impotents étaient paralysés, les malentendants n’en croyaient pas leurs oreilles, les malvoyants en prenaient plein la vue pendant cet an vert du décor.

Sur les écrans, dans les lunettes et dans les écouteurs, on jouait maintenant à l’andro-game ; les numéros s’affolaient. Les clignotants verts tamisaient la salle d’exubérants flashs éblouissants, les haut-parleurs clamaient des quines à répétition…

Le service d’ordre ? Quel service d’ordre ?... A Pilastre-en-Savoie ? Je vous le demande ! Qui aurait pu penser qu’un plaisantin sodomite allait perturber le grand loto annuel des tétraplégiques du village (people) avec ses recherches désespérées ?...

 

Soudain, du côté de l’estrade, on entendit des cris, suivis de quelques aboiements joueurs ; facétieux, le clébard avait renversé le panier des billes numérotées et il les bouffait consciencieusement sous une table…

 

« Stradi ! Ne joue pas avec les boules des messieurs !... » dit-il, en rougissant un peu. La salle était verte, les haut-parleurs hurlaient, les écrans étaient saturés de pixels… Il récupéra l’animal, l’attacha gentiment au bout de la laisse avec son collier en vrais  faux diamants. Enfin, son Stradivarius dans les bras et pour ne pas partir sur une fausse note, il tint à peu près ce langage : « Hé bien, je vais promener mon Stradi dans la rue et, promis, je vous ramènerai vos boules ; comme ça, vous pourrez continuer à jouer, mais en attendant, il faudra que vous attendiez qu’il ai fait… son… ses besoins… » Au bout de ses doigts et de sa représentation, il souffla un baiser à toute la salle et dans une ultime galipette de Ganymède au déhanché syncopé, il s’enfuit sous les bravos et les vivats des spectateurs conquis…

 

Les tétraplégiques croyaient à une animation prévue par les organisateurs, les sourds l’entendaient bien ainsi et les aveugles n’y avaient vu que du feu… (vert of course)

Devant l’immense succès de cette interprétation a capella et à ouah ouah, il fut décidé à l’unanimité de rééditer chaque année cette initiative de trublion farceur ; aux numéros sortants du boulier et entre les quines, on jouerait des scénettes de Shakspeare, on raconterait des chapitres entiers de Somerset Maugham, on écouterait du Chopin, du Brahms et du Lully. On ferait venir quelques magiciens d’opérette, quelques dompteurs de girouettes et quelques conquérants de l’inutile. Et pourquoi pas les Folies Bergères parisiennes, récompensant le carton gagnant…  

 

 

Pascal. 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 18:43
Un jeudi soir, vers vingt heures.   Mony

sujet semaine 11/2016 - clic

 

C’est survenu sans prévenir, un jeudi soir, vers vingt heures.

Julien était rentré depuis trente minutes et n’avait pas encore eu le loisir de me dire bonsoir. J’avais bien tenté un "tu as passé une bonne journée ?" mais son smartphone réclamait son attention. Tout en rédigeant avec empressement une réponse à son interlocuteur, l’homme de ma vie faisait une recherche sur son ordinateur.

 

J’ai servi l’entrée : des tomates garnies de crevettes grises.  Julien, je le sais, les apprécie et, sur le chemin de retour du boulot, j’avais fait un détour jusque chez le poissonnier du centre-ville, réputé pour la fraîcheur de ses produits. Tout en continuant à pianoter de quelques doigts mon amoureux a enfourné le tout en quatre bouchées.

- Et ta réunion ? C’était intéressant ?

Pas de réponse…

Casque VR, vision à 360°, démonstration réservée à quelques privilégiés dont il faisait partie, nouveaux programmes… pauvre naïve, j’avais espéré que ce sujet le rendrait loquace.

 

J’ai présenté le plat. Il est tombé à plat. Comme les nouveaux sets, les coupelles garnies de fleurs, les deux bougies représentant nos deux années de vie commune et allumées tout spécialement pour l’occasion…

Le dessert en a pâti, il est resté cloîtré au froid.

Froid, je l’ai ressenti dans le dos quand j’ai entrevu l’index de Julien cliquer sur un "j’aime" juste avant que, les écouteurs sur les oreilles, il débarrasse distraitement la table.

 

Clic : j’aime.

Clic : commenter.

Clic : partager.

Et moi, étais-je moins accaparée par ce monde virtuel ?

Non, non, non !!!!!!!!!!!

 

Le froid s’est transformé en tremblements incontrôlables. Julien, dans sa bulle, ne s’apercevait de rien. Toujours en tremblant, je suis montée à l’étage et du fond du dressing j’ai sorti mon trésor oublié. Oh ! Ce n’est pas un Stradivarius, loin de là, mais c’est mon violon à moi. Vaille que vaille je l’ai accordé et les doigts hésitants j’ai entamé l’adagio d’Albinoni. clic

 

Doucement ma dextérité endormie depuis des mois m’est revenue. J’étais dans un bain de bonheur…

Quand j'ai arrêté de jouer j’ai aperçu Julien qui me regardait les yeux noyés de larmes.

C’est beau ! Comment avons-nous pu nous en passer ?

Et il m’a serrée tout contre lui.

 

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La désintoxication ne fut pas toujours facile, souvent nous avons chuté mais il suffisait à l’un ou à l’autre de saisir son instrument et d’entamer un morceau pour que le fautif se débranche de tout réseau et l’accompagne retrouvant ainsi cette belle complicité musicale qui nous unit depuis l’adolescence.

 

C’est survenu sans prévenir, un jeudi soir, vers vingt heures...

 

 

Mony

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 12:43
Facebook !   Laura Vanel-Coytte

sujet semaine 11/2016 - clic

 
Fichez-moi la paix avec Facebook
Allez plutôt avec moi danser le zouk
Chers amis, comme on dit sur Facebook
Empressez-vous de me traiter de plouc
Bisous, insultes et gentillesses de Facebook
Occupez-vous de me les dire in a book
Oubliez la mode, la frime, le look
 
Kiffez la vie, fuyez Facebook !
 
 
Laura Vanel-Coytte
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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 13:17
Pom pom pom pom...  Jill Bill

sujet semaine 11/2016 - clic

 

Drôle d'époque, drôle de planète
Mais où sont les poètes... !?
Rassemblement d'humanoïdes
Petits soldats bizarroïdes
Débranchés d'la réalité
Sur du virtuel rebranchés
Côte à côte
Qui pianotent
Entre facebookiens
Plus vraiment des terriens,
Et le sourire de Marc Elliot
Jeune milliardaire qui a la cote...
Pom pom pom pom
Pom pom pom pom
Non, je ne veux en croquer
Ne veux en croquer
Laissez-moi mon Stradivarius
Mon Stradivarius
Mon violon d'Ingres laissez-moi
Il est et fait ma joie
Et celle de ceux qui m'écoutent
Qui encore goûtent
Au plaisirs d'hier
Même si dans une autre ère
Informatisée jusque dans l'sang
Je resterai un orang-outan
Une pauvre primate
Jamais ne serai votre soldate...

 

 

Jill Bill

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 12:00

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Sujet semaine 11/2016

 Source image : Web

 

 

LE MOT A PLACER EST : STRADIVARIUS

 

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Bonne inspiration !

 

Mil et une

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 11:11
Voici la gentille légende…    Chantal

Sujet semaine 10/2016 - clic

 

Voici la gentille légende de petits êtres si invisibles dont on en soupçonne parfois jamais l'existence...


Je vais vous présenter le Brownie qui est un personnage proche cousin du Farfadet vendéen, du Kobold wallon et du Korrigan breton...
C'est un petit génie domestique sympathique et travailleur du folklore écossais.
Il effectue les tâches ménagères de la famille chez qui il s'est installé en échange d'un repas ou de la liberté de se balancer sur un fer à cheval accroché à côté de la cheminée.
Il apporte également la bonne fortune...
C'est vous dire que là-bas dans les Hautes Terres d’Écosse si on en a un qui habite dans sa maison il est apprécié choyé et respecté comme un petit dieu bienfaisant...

 

 

Chantal

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 11:07
Vieil Inuit.   Koda

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'Tain que c'est beau !

 

Et maintenant, vieil Inuit, tu fais quoi, hein ?

Ah pour ça, si c'était moche, le dernier pas s'rait plus facile...

En même temps, tu voulais du grandiose, te v'la servi...

 

Et le gamin qui se contorsionne pour prendre sa « photo gagnante » ! Qu'est ce que t'as été accepter de le suivre, celui-là ?

Ah c'est clair que s'il prend la photo après mon vol plané, c'en est fini de la première du National Geographic, il manquera la petite fourmi méditative au milieu. 

Hihi, lui qui voulait 'capturer' un lynx... Y'm'fait rire le gamin, autant essayer de peindre des farfadets. Un lynx, voyons donc... C'est méfiant comme tout, ces bestiaux, ça s'cache tout'l'temps... Et solitaires, de vrais ermites... Comme moi... Comme le vieux tigré de Mathilde, comment elle l'appelait déjà ? Elle, il se frottait dans ses jambes, et vas-y que j'te cajole par-ci, et des ronrons par-là... Moi, j'ai jamais eu droit qu'à des coups de griffe et des feulements. Quelle rosse celui-là... « Mais vas-y doucement », qu'elle me disait, « t'es trop brusque ! »... Facile, t'as pas des paluches de tourneur-fraiseur... T'avais... Ah, Mathilde... Cinq ans déjà, 'tain ça file.

 

Bon, gaillard, t 'as jamais été un contemplatif, bouge...

 

Et le gamin, là, qu'est ce qu'il fout ? Il change de point de vue, tiens donc... Jamais content de son cadrage... Ouais c'est ça, gueule tant que tu veux, t'as pas remarqué que t'as le vent de face ? J'entends rien, gamin ! Me fais pas rigoler, ou je trébuche ! ... Il va encore revenir tout essoufflé... et moi qui pensais que j'avais perdu ma condition... J'ai passé toute le temps de la montée à l'attendre... Bon, pour un gratte-papier, c'est vrai qu'il a pas mal d'endurance. Et ce voyage lui fait du bien, ça le décrasse. Mais ça vaudra jamais une vie de travail physique ! Pas si rouillé le vieux... C'est vrai que tu tiendrais bien encore quelques années ...

Puis le gamin, là, si t'es pas là pour lui apprendre la vraie vie, qui va le faire, hein ? 

"Innocent de la lune", comme on dit chez nous... Il me fait rire. Tout au long du trajet, qu'est-ce qu'on s'est fendu la poire... Lui qui se moque des borborygmes des Norvégiens...Et qui me rappelle cette fois ou sa petite Lucie a foutu le bordel dans mon atelier... Et moi qui jure! Et elle qui m'appelle Papy - « te fâche pas Papy, z'ai pas fait essprès ! »... Le gamin... Il me fait penser à Benoît, aussi... Ils auraient eu le même âge, ils jouaient ensemble dans la rue étant petits... Qu'est-ce que Mathilde a pleuré... Qu'est-ce qu'on a pleuré... Benoît... Allez, ressasse pas encore, mon vieux, c'était y'a trente ans...

 

Bon, danseuse de gigue, on revient à notre sujet... un pas en avant ou deux pas en arrière ?

 

'Tain que c'est beau.

 

Au fond, je crois que t'es pas si innocent que ça, le gamin... Tu savais que tu verrais ni lynx ni farfadet ici... La crise de la quarantaine, le voyage initiatique, le concours-photo... des couilles tout ça ! Tu voulais sortir l'ermite de son trou... Avec ta collection de blagues débiles et de vieilles anecdotes sur tous les vieux du village... Eh ben c'est réussi...

 

Arrête de faire le guignol, gamin, j'arrive !

 

 

Koda

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 18:27
C/O Berlin.   Clémence

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Il était né là-bas, au pays des glaces et des fjords.

Au pays du soleil de minuit et des aurores boréales.

Au pays des toundras et des forêts où Farfadet cède sa place aux Trolls. 

 

Atle était donc né en Norvège.

Il fut, dès son plus jeune âge,  envoûté par les paysages sublimes, blottis  dans les brumes ou écrasés sous le soleil.

L'image plutôt que les mots pour communiquer ses émotions.

 

Elle était née là-bas, au pays du Mont Augustus et de la Barrière de Corail.

Au pays des distances éternelles et des terres rouges.

Au pays du serpent arc-en-ciel  et du  kang-aroo  de Cook.

 

Adèle était donc née en Australie.

Elle fut, dès son plus jeune âge, envoûtée par les paysages sublimes, brûlés sous le soleil ou évanescents dans l'immensité du bush.

Le dessin au fusain plutôt que les mots pour communiquer ses émotions.

 

Ils n'auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant….

 

Les photos de Atle s'imposaient  régulièrement aux premières pages des revues spécialisées et des sites sur le Web.

Un tableau au fusain  projeta Adèle au sommet de la  renommée, grâce à son style « décalé ».

 

Atle et Adèles se rencontrèrent à Berlin.

Au C/O, leurs œuvres furent placée côte à côte.

Lui avait photographié.

Elle avait imaginé.

Une eau vert-de-gris glissait entre des falaises vertigineuses.

Des volutes brumeuses s'accrochaient aux monts enneigés, sous un ciel gorgé de nuages.

Une silhouette minuscule, posée sur un éperon, semble hypnotisée par le décor dantesque.

 

Il lui expliqua son obsession pour les instants extrêmes, pour le vertige de l'infini.

Elle lui parla du « Voyageur contemplant une mer de nuages » et de Schubert.

 

Ils quittèrent le C/O, la Hardenbergstraße  et s'en allèrent, main dans la main, vers le Ku'damm. Au loin se dressait l'Église du Souvenir ….

 

 

Clémence

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