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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 13:21

Joan Miró - Le carnaval d'Arlequin - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Au musée Picasso, la semaine dernière, j'ai vu "Paul en Arlequin", peint par son père.

Picasso a aussi représenté un "Arlequin accoudé" en 1901 en période bleue.

Cézanne peint Arlequin avec Pierrot dans une scène de Mardi-gras; quant au peintre

Florentin Lippi, il accompagne Arlequin de Colombine et je me souviens d'une comptine.

Toujours rococo, ce peintre du dix-huitième siècle abandonne les fresques. Miro surréaliste,

En peignant Arlequin, délaisse  le fauvisme, l'expressionnisme et le cubisme. Comme

Lippi, le peintre de la danse, Degas, donne à Arlequin Colombine comme cavalière.

J'ai pu admirer au Musée d'Art moderne de Paris vendredi dans l'exposition qui le confronte

A l'oeuvre de Balthus et Giacometti, celle de Derain , notamment "Arlequin et Pierrot"

Dans "Pierrot politicien", Arlequin ne semble être qu'un personnage secondaire de Thomas Couture.

Picasso les représente encore tous deux à la terrasse d'un café. André Lhote,

Le théoricien rend hommage à Watteau en peignant un Arlequin cubiste.

 

 

Laura Vanel-Coytte

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 15:49

Joan MiróMélancolique chanteuse - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Mélancolique chanteuse des succès d'un passé forcément fantasmé

Joyeuse danseuse qui lève haut les bras en brayant les refrains dépassés

Chanter, c'est comme crier son angoisse mais en ayant l'air enjoué

D'une mélancolique qui cherche à profiter du présent sans tarder.

 

La mélancolique chanteuse veut monter et se prouver  qu'elle peut danser

Sur un fil invisible qui part de ses peurs: revenant comme des vagues iodées

Vers  la plage: nager sur sa musique intérieure, jouer avec l'eau salée

Marcher, courir et  fredonner un air gai pour s'allonger sur le sable enflammé

 

"J'ai la mémoire qui flanche, je m'souviens plus très bien" le musée

Où j'ai vu ce tableau de Miro que ces courbes colorées enchante ma pensée

Ou la ville à visiter pour trouver cette "Mélancolique chanteuse" endiablé

 

Sur la piste surchauffée du bal des pompiers de sa ville dont on l'a rejetée.

 

 

Laura Vanel-Coytte

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 08:18

Salvador Dali - clic - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Des centaines d’années qu’il parcourt les mers sans jamais approcher des terres mais ce soir, fatigué et seul, Il est venu me chercher, lui le navire fantôme, perdu corps et âmes en allant guerroyer, je ne sais quel ennemi.
 
Je suis montée à son bord et malgré la tempête, je vogue et vogue encore, ne craignant ni la peur ni la mort. Je me sens bien, la mer me léche les pieds et le vent pousse les voiles vers des horizons lointains. Tout est beau dans l’univers, le ciel, les oiseaux, la mer, éternels mouvements de la vie. Sur ce navire tous mes soucis, toutes mes peurs se séparent de moi et tout doucement sans faire de bruit, la paix s’installe.
 
Elle commence par mes pieds puis doucement mais sûrement, elle monte le long de mes jambes , creuse un petit trou, le temps d’en prendre conscience, dans mon ventre un instant... Puis d’un coup envahit mon cœur de bonheur... Pour finir, elle embrase mon cerveau de mille feux. Dieu que c’est bon... Tout est irréel ici, je suis heureuse. Le temps de réaliser ce qu’il m’arrive, le navire revient sur la plage et me laisse là... abandonnée...
 
Depuis, tous les soirs, je retourne sur la plage et attends... en vain... Il ne viendra plus...
 
Oh ! Toi mon beau navire, tu es parti ailleurs, chercher de nouvelles recrues pour un instant, une éternité. Tu amèneras encore des hommes ou des femmes en quête de guérison en attendant que toi, tu sois en paix.
 
 
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 16:06

Vladimir Kush - clic et clic 

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Il s’était juré qu’aujourd’hui, en pleine possession de ses moyens, et devant un public averti prêt à l’entendre et à l’apprécier, il interprèterait la célèbre suite pour piano intitulée Papillons Op. 2, car cela lui correspondait si bien, lui qui adorait Schumann et sa puissance légère, ses envols éthérés ponctués parfois de notes sonores et frappées comme un grand coup de vent qui viendrait déchirer brusquement l’espace, sans doute pour nous rappeler que la musique n’est pas une succession de sons mièvres, délicats et attendus, mais aussi une affirmation de soi, un désir de l’auteur de surprendre, de déconcerter, de dérouter même parfois son interprète.
 
Cette oeuvre de Schumann, c’était une partie de lui-même, c’était d’abord un bruissement d’ailes, un envol délicat sublimé par l’immensité de la nue, cet effort soutenu de l’insecte pour atteindre des hauteurs infinies, là où tout n’est qu’harmonie et accord. C’était pour lui à la fois le bonheur, la poésie, la plénitude, mais aussi la souffrance, le plaisir de l’effort et de sa récompense. Le papillon à queue avait ouvert grand ses ailes pour plus de nuances, plus de finesse dans la gradation, plus de demi-teintes dans la perception des variations de l’œuvre.
 
Claudio ne sentait plus son être, pas plus que le contact de ce dernier avec le siège en velours noir. Tout son corps s’était tendu en arrière, ses yeux fixaient une hypothétique ligne qui se situait bien au-delà des limites de la salle. Puis, dans la suite d’accords du milieu, après les audacieux arpèges frappés qui la précédaient, il esquissa un sourire que personne ne remarqua, en dehors du personnel resté de ce côté des coulisses. Puis ce fut un long moment d’extase, suivi par une suite d’accords plaqués qu’il avait étudiés tant de fois avant de les interpréter d’une manière aussi mécaniquement parfaite.
 
Ensuite Claudio oublia tout, et même jusqu’à son nom : où il était, qui il était ; son visage s’était brusquement éclairé d’une étrange lumière, son corps s’était détaché de la salle pour aller vivre sa vie de papillon, dans les hautes sphères de la planète. Seules ses deux mains étaient restées là, à leur place, et évoluaient sans lui, au rythme des variations de la pièce, avec ses pleins et ses déliés, ses points d’orgue, ses piqués, ses legato … Lui, de son côté, vivait une autre histoire, aussi jolie, aussi étonnante, mais à mille lieues de cet endroit fermé et rempli de visages inconnus, qui semblaient l’écouter avec tant d’attention.
 
Soudain, la musique avait cessé, le rideau s’était fermé, un tonnerre d’applaudissements avait immédiatement suivi. Puis le rideau tout doucement s’était rouvert. Le piano était toujours là, magnifiquement décoré à l’image d’un gigantesque papillon prêt à s’envoler lui aussi pour le Grand Voyage. Quant à Claudio, il était déjà ailleurs, bien loin des mélodies terriennes, il avait rejoint d’autres musiques, d’autres contrées où le chant des Etres infimes rejoint et dépasse parfois celui des Hommes, en des harmonies si simples et si naturelles qu’elles ne nécessitent ni virtuosité, ni maîtrise ni talent si ce n’est celui du cœur.
 

Schumann Papillons Op. 2 clic

 
 
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 12:54

Les valeurs personnelles - R. Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Dans le cadre de leurs études, des camarades avaient pour leur professeur eu à faire une enquête auprès de personnes âgées vivant avec le minimum vieillesse. Une étude au croisement de l'économie et de la sociologie du travail et de la redistribution.
Leur travail d'enquête s'appuyait sur un questionnaire détaillé avec des questions à choix multiple puis des questions ouvertes, afin de permettre des comparaisons et des statistiques. Le troisième moment, un entretien libre, était le plus exaltant et le plus difficile.
Quand elles rentraient de ces journées, nous avions pris l'habitude à plusieurs copines de les accueillir à tour de rôle sur le lit d'une de nos chambres qui nous servait de canapé, autour d'un bon thé fumant.
Souvent elles s'effondraient et restaient de longues minutes sans rien dire. Nous respections ce silence dont elles avaient besoin, comme un sas de décompression. 
 
Nous savions qu'ensuite elles parleraient, un besoin pour évacuer tout ce stress qui à l'époque (nous étions dans les années 70) n'était pas encore nommé.
Leur lieu d'enquête était une maison de retraite pour anciens artistes, créée et fonctionnant grâce à quelques autres artistes philanthropes, plus chanceux et/ou meilleurs gestionnaires.
Que l'on se rassure, nos camarades ne nous ont jamais livré de noms. Elles étaient bien entendu tenues de respecter l'anonymat des enquêtés, qu'ils aient ou non connu la célébrité d'ailleurs. 
C'est le troisième moment de l'enquête qui était souvent délicat. Ces vieilles dames (dans le spectacle comme ailleurs, les femmes vivaient déjà en moyenne plus longtemps) n'étaient pas avares de confidences. Pour une fois que l'on s'intéressait à elles, comment ne pas user et abuser de cette écoute inespérée.
Presque toutes avaient connu une gloire durable ou plus éphémère au temps du cinéma muet ou de celui d'avant guerre ou du Music-hall et du Cabaret dans leur âge d'or. Elles avaient toutes eu, à une époque plus ou moins éphémère eu sinon le monde à leurs pieds, du moins le tout Paris.
 
Le fracas brutal de leur chute ou leur déchéance progressive avait souvent fait des ravages.
Nos camarades rentraient lessivés de ces entretiens débordant souvent d'aigreur, de mesquineries envers leurs co-locataires imposées, de hargne envers ceux qu'elles évoquaient en souvenir de leurs jours de stars.
Leur cadre de vie, sans être luxueux (on ne faisait pas alors dans la démesure) leur apportait un confort largement suffisant, tel celui de notre résidence universitaire. A ceci près que leurs appartements (une chambre ou un studio) y était beaucoup plus spacieux que nos 8 m2 réglementaires, sans compter les salons communs (salle de lecture, boudoirs, salle de musique ...)
Non, ce n'était pas leur misère physique qui était pénible, si l'on fait abstraction des marques du temps et des excès sur leur corps. C'était la misère morale et la solitude intérieure de ces femmes qui avaient mené une vie de luxe et l'avaient pour certaines brûlé par les deux bouts.
Le récit de leurs nostalgies et regrets, l'étonnement qu'elles n'avaient rien anticipé, c'était cela qui était éprouvant à entendre.
 
Voire, nous le devinions quelquefois aux récits de nos copines, leur désarroi de voir certains mythes (on employait alors l'expression de monstres sacrés, c'est tout dire) que nous avions admiré à la télévision ou même sur grand écran, ou écouté en disques, s'offrir à leur vue, se livrer en mots dans toute leur décrépitude. Et même sans pudeur ni retenue tant ces vieilles femmes étaient avides d'un public, tant la gloire les avaient submergées sans précaution.
Et puis, au beau milieu de ce spectacle affligeant, qui leur serrait un coeur encore plein des illusions de la jeunesse, une petite vieille pétillante, certes plus souvent second rôle et réduite à jouer les utilités, ne regrettant rien, se délectant de bribes du passé, se satisfaisant de son sort.
"Y a pire, n'est-ce pas ? La solitude, la vraie ....  la misère, la faim ... la rue ..."
leur faisant l'offrande avec générosité de ses souvenirs heureux et du sel de sa vie présente, voire de sa sagesse acquise chèrement.
 
 
En hommage à Jeanne Moreau qui a eu la générosité d'apparaître en vieille dame en maison de retraite et de prêter ainsi son talent à un premier film en 2015,
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 17:13

             Un soir que les cerisiers étaient en fleurs et que le rossignol chantait, enhardie par la bouteille d'aquavit qu'ils venaient de siphonner sous la tonnelle, Germaine dit à son mari :

- Jules, très cher, ne croyez –vous pas qu'après dix ans d'hymen nous pourrions peut être  laisser tomber nos voiles et nous montrer enfin l'un à l'autre ?

Ils le firent

et c'est ainsi qu'on passa à l'expressionnisme

René Magritte, Francis Bacon et Edward Munch

Emma

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 09:42

La clef des songes - R. Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Je suis une vamp à talons aiguille

Et je te promets la lune.

Perché sur cinq centimètres,

Je t’allume avec mon sourire

Rouge baiser cerise.

Viens voir ma lune,

Moulé dans une robe

Caresse mes formes.

Avec mon caractère lunaire,

Tantôt chatte, tantôt tigresse,

Je te veux et te repousse.

Dans la lune, je te laisse

Par une nuit de pleine lune

 

Voir l’arrière de mes talons aiguilles

 

 

Laura Vanel-Coytte

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 10:35

La condition humaine - R. Magritte - clic et clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

L’art est une fenêtre

Ouverte sur le monde

Extime et intime

Des paysages

Des autres

Et de nous-mêmes ;

Leurs différences

Et leurs ressemblances.

Des liens qui se tissent

Entre ici  et un ailleurs proche

Et lointain, un horizon infime

Et infini de nature,

De sensations et de culture.

Un autre monde si intense

Compliqué et facile.

Il suffit à cette heure

D’ouvrir la fenêtre. 

 

Laura Vanel-Coytte

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 19:47
Gediminas Pranckevičius - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

-  Les translateurs pour la nage trois sont priés de se rendre sans ultime-atom à la porte d'embaumement violette. Les translateurs pour…
AOUM s'extrait souplement du compartiment d'attente, défroisse d'un geste rapide son combinux puis va déposer son ultime-atom sur le tapis volant. En louvoyant habilement parmi les bans de touristes, elle parvient la première devant le serf-baire de faction à la porte violette. Elle y introduit sa quartpus et finalise les formalités.
 
Nom ?
- JE
- Accole nom ?
- AOUM
- Période de péremption ?
- Deuxième Saturnade de Julius XZP
- Pistil ou étamine ?
- Etamine
- Bien, votre entité est compadiskée. Avant l'embastisage, veuillez vous rendre au binparme et vous immerger totalement. Bonne nage.
 
AOUM sent monter en elle une tension euphorique. Elle tirelise depuis tellement de satures pour s'offrir cette nage ! Enfin, le grand moment est arrivé. Le binparme n'est pas une temporité très agréable, du moins au goût d'AOUM, mais elle suit à la lettre les instructions distillées par MAA TROON, un imposant pistil. Elle plonge dans la cuve d'extraits de fleurs lyophilisées, laisse son entité s'embaumer d'un parfum entêtant et, soulagée d'en finir avec ce cérémonial indispensable, elle cède la place à un autre translateur. Son combinux fluocarisé par le binparme colle au moindre pore de son aura et lui donne un joli teint violine. Déjà, AOUM sent les bienfaits de ce ressourcement dans l'amniose originelle. Son entité est plus compacte, son palpitant plus léger.
 
- Humono JE ?
 
Peu aguerrie aux technologies des nouveaux nages-opérators, elle sursaute en percevant la voix suave qui l'interpelle. Mentalement, elle y répond par l'affirmative et suivant les directives télépathiées elle s'installe à bord du Batis, à dextrio, deuxième allée côté hublot. Rapidement, toutes les places sont occupées par des humonos d'origines diverses : une famille de sanfrais, un couple liendaustra, un groupe de jeunes doises...
AOUM est ravie, elle aime ce brassage d'humonos, cette variété d'entité. A ses côtés, un pistil talri s'est installé. Lui aussi irradie des ondes violines et à leur contact AOUM est transportée de joie.
Le départ est imminent, le Batis vibre doucement, il exécute un quart de tour sur lui-même puis s'enfonce dans le Grandindigo. La voix décompte les étapes : premier sous-mair, deuxième sous-mair et ainsi de suite. Les yeux fixés au hublot, AOUM découvre émerveillée des mones âgées de plusieurs centaines d'années, des étoiles-filaments de toutes les nuances et le plancton composé d'éléments à l'origine des humonos, qui nourrissent encore et toujours des chats-poissons et autres animus.
Une lueur lointaine devient à chaque sous-mair une clarté de plus en plus lumineuse et bientôt la voix annonce : - le Batis entre en @.Bis. Nous avons été ravis de vous compter parmi nos translateurs et nous vous souhaitons un bon séjour à @.Biscyti.
  
@.Biscyti, enfin elle y est ! Son ultime-atom récupéré au passage du tapis volant, AOUM se dirige sans tarder vers le but de sa nage, vers ce lieu tant de fois rêvé et évoqué, le quartier de l'Encan dans le centre-cyti. Comme elle l'espérait, elle y découvre ABÂ, le commiprise délégué par Nepséidon, grand seigneur d'@.bis. Une foule cosmospolite se presse autour de lui attirée par la cédation à l'encan des trésors découverts dans les profondeurs sous-grandindigotes. De tous côtés, des humonos collectors et des @.bicotes férus d'antiquités lancent d'une voix haute des montants que notent les sbires dévoués à ABÂ. Celui-ci, d'un air blasé, clôture l'enchère et une @.bicote visiblement batte de sa chance se voit remettre une amphore d'un étrange vert céladon en échange d'une liée d'humos.
 
AOUM observe les transactions tout en se dirigeant vers les trésors mis à l'encan. Ancre rouillée, bouteilles, statuettes de bronze, pièces de monnaie se suivent à l'infini mais elle n'y prend garde. Son gépéèce intégré à son combilux l'oriente irrésistiblement vers un petit coffret désuet. Intriguée, elle l'ouvre et comprend en une temporité-éclair ce qu'elle attendait de cette nage trois. Surtout, surtout, il lui faut cacher son soleil interne et d'une démarche chaloupée, elle se loigne du coffret. Son palpitant cliquote à un rythme soutenu et son beau teint violine vire au carmin.
 
Ainsi, la légende des JE disait vrai, la médacoration magique, emblême et puissant bénéfe de la famille s'était bien perdue lors d'une nage agitée par un tourbillon sous-grandindigote en des temps lointains. Il est impératif qu'elle regagne sa place parmi les siens. Commence alors pour AOUM une longue sature. Quand vient enfin la présentation du petit coffret, elle interpelle le commiprise ABÂ en lui tendant un parchemin très ancien qu'elle a extrait de son ultime-atom. La foule se tait, intriguée par cette cédure inhabituelle. Après avoir pris connaissance du parchemin testant de l'appartence du coffret à la famille JE, ABÂ s'incline devant AOUM et procède à une cédation en règle au nom de Nepséidon.
 
- Gloire et vie au grand seigneur d'@.bis, grâce à lui et à l'encan, ma famille va retrouver sa dignité.
AOUM a prononcé ces mots de sa belle voix virile. Elle doit à présent rejoindre au plus vite le Batis, l'effet propice du binparme a tendance à se dissiper et les saintômes de la présurateure se font ressentir. Dans quelques saturnes, le temps de remonter tous les sous-mairs, AOUM aura rejoint les siens et, sa mission accomplie, elle pourra enfin envisager de séduire un pistil et de devenir père.
 
 
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 20:56

Dali, le sommeil - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

 

Il est encore quelque part

Un pays, ou une histoire,
De coupeurs de tête
Bien drôles de poètes... !
 
Un désert macabre
Qui se nourrit d'aventuriers
Décapités au sabre
A ne rien y gagner
A y perdre la vie
Sans façon, sans pareil
Sur de la fourche à momie
Séchés au soleil... !
 
Salvador, tu n'as pas honte
Me crie ma mère l'Oye
Lire semblable conte
A cauchemarder, ma foi !
 
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 20:49

clic            

 sujet semaines 30 et 31/2017 - clic    

 

Accablée par la chaleur, les yeux mi-clos, alanguie dans mon hamac, je palpais une angoisse m’étreindre. J’observais le paysage s’étaler  devant moi.

Sur une mer sans fin, des voiliers fantômes énigmatiques, des barques gouvernées stoïquement par des émissaires, les pieds bien ancrés  entre deux battants,
Des arbres dénudés,  des maisonnettes sans fumée, au loin des montagnes fudjiennes ténébreuses,
Un spectacle fantasmagorique  semblait s’offrir à moi
Un oiseau passa si grand qu’il me masquât  ce paysage.
Il tournoyait sans cesse allant et revenant toujours aussi impressionnant.
Je pris peur, et me protégeait le visage en croisant mes bras, craignant d’être attaquée
…..
J’émergeais de ce rêve éveillé…
Bizarrement, une pensée de Picabia me revint
"Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction."
 
Un message ?  
Ma tête alors, dans un fracas de vertèbres violentées, fit un tour complet sur mon axis vertébral, elle virevoltait  sans fin  dans toutes les directions
 
 
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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 17:56

Joan Miró - Le carnaval d'Arlequin - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

          Quand Joan a décidé de raconter l'histoire de ma vie, il était dans une de ces périodes où il se demandait s'il allait devoir mettre au clou sa collection d'yeux de verre (1, 2, 3, 4).

Tout en haut de l'échelle de l'évolution (5) sur laquelle caracolent les neurones (6), il plaçait les majorettes acoustiques (7), qu'il était tenu de citer par contrat, parce que pour manger il travaillait pour audika, qui le payait une misère.

Moi-même, à cette époque n'étais encore qu'une famélique fourmi ailée (8) ; je me produisais dans une boite de Pigalle, le 421, un mardi sur deux, en alternance avec un comique troupier. La bohèmeu, quoi.

Ma guitare, que j'aimais tendrement, s'appelait Victor (9). Victor n'était pas de tout repos : de sa jeunesse anarchiste il gardait toujours une mèche à portée de main (10), prête à allumer ce qu'il appelait ses bombinettes (11), qu'il rangeait dans son sac à main insubmersible (12).

Hélas Victor fut pris de profonde mélancolie (13) après avoir conçu une grande passion pour un certain Salvador (14), qui un soir lui avait demandé de jouer pour lui "Viens poupoule", et n'était jamais revenu.

Il se mit à abuser de la fumette (15), et sa musique, donc la mienne, se rétrécit (16) jusqu'à l'insignifiance. Ce qui fit dire à des critiques du tout Paris, ces hyènes de Omer D. et Lang de P. (17), qu'elle était comparable à la production (18) d'un intestin anémique (19).

Pour chasser les idées noires (20), moi qui suis restée fleur bleue (21), je m'accorde le soir ce privilège des bourses plates : rêver à la fenêtre de ma chambrette (22), en compagnie de Nestor, mon ténia apprivoisé (23).

Et je me prends souvent à penser à Antoinette (24),  ma chère grand-mère, qui fut cantinière chez les hussards ; à cette heure elle doit être à réparer ses lignes de pêche avec le chat Bismarck (25), près de la table où ses instruments  d'astronomie voisinent avec les reliefs d'un repas frugal (26).

Cette vision me ravigote, je regarde la lune par-dessus les toits de la ville et je crie "à nous deux, Paris"!

……..

PS. quand on sait qu'un Miro mort se vend 20,2 millions d'euros (chiffre 2012), on ne peut que regretter que pour vivre il ait dû vendre sa collection d'yeux de verre.

……..

PPS. et que moi, petite fourmi famélique, sa muse,  je n'aie jamais reçu un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau.

 

 

Emma

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 16:20

Oeuvre de Marcel Mariën - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

"Qu'est-ce que c'est que ce truc?" lui demandai-je "des lunettes pour cyclope?"

Germaine éclata de rire :"Je crois que c'est un explorateur de point G"

"Un explorateur de quoi?"

Dans cette boutique de farces et attrapes quelques rares clients nous lançaient des regards.

Elle prit l'objet en main :"Tu imagines ce que c'est que le point G, non?" et elle ajouta "cet endroit mythique que vous autres avez tant de mal à trouver!"

Je pris un air suffisant :"Bien sûr que je sais ce que c'est... j'irais les yeux fermés et sans cet accessoire à deux balles".

Germaine éclata de rire à nouveau :"C'est justement parce que vous êtes aveugles que quelqu'un a dû inventer ça!"

Les clients s'étaient rapprochés discrètement.

Je me sentais obligé de faire le malin :"Alors Madame je sais tout, explique moi comment ça marche"

Elle prit un air sérieux :"C'est comme une loupe, une lunette de vue qu'on pose sur le gland et qui permet de localiser notre emblématique point G"

J'étais perplexe à l'idée qu'on puisse chausser cette longue vue pour atteindre ce légendaire siège de l'orgasme, cette zône qu'un certain Gräfenberg avait mis si longtemps à localiser... cet homme persévérant avait eu bien du mérite et devait se retourner dans sa tombe!

Je revins sur terre :"Et ça coûte combien cette plaisanterie?"

Germaine me lança un regard noir :"Toi et ta radinerie..." puis ayant regardé le prix sur la boîte "50 euros"

"50 euros? Cette binocle? Je ne suis même pas certain qu'elle soit à ma taille!"

Les clients se marraient.

Germaine explosa :"A vue d'oeil j'en vois quelques uns à qui ça irait!"

Les clients riaient moins et se détournèrent.

Comme d'habitude Germaine faisait son intéressante et je compris qu'elle ne lâcherait pas le morceau.

Je sortis un billet de 50 euros :"Vas-y! Tu l'ajouteras à ta collection de bizarreries... mais ne compte pas me faire essayer ça, un point... c'est tout"

A la caisse, l'employé lui demanda si on avait un cyclope à la maison mais Germaine fit semblant de ne pas l'entendre.

 

 

Vegas sur sarthe

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 08:58

Jacek Yerka - clic et clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

Il y est

A l'année

Sur la plage,

Le sauvage

Le bonhomme

Le sous-homme

Visible de nuit

Qui le soleil fuit

Soupirent en choeur le vicaire

Et le maire...

Philosophe ou vieux fou

Sans le sou,

On ne sait trop bien...

Terrien

Ou pas, même,

En tous cas, un Jean de bohème !

 

En guise de clôture

Objets et chaussures,

La chose surprend

L'estivant

Nouveau venu... Quel bazar,

Réalité ou canular... !?

Qui est cet ermite

Qui s'abrite

Derrière porte et fenêtre

Closes, comme son être...

 

D'ailleurs, dans cet isoloir,

Est-il encore en vie...

Personne n'a envie

De le savoir... !

 

 

Jill Bill

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 08:49

Vladimir Kush - clic et clic 

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Sur le grand plateau d'échecs perdu au fin fond de la campagne le pion essaie de dompter le cheval mais celui-ci, rétif, s'est libéré de son lasso. Bien fait, pion, tu n'avais pas à te comporter ainsi avec lui…
 

Au même moment au loin un grand oiseau blanc s'envole sur une mer d'huile. Vole, oiseau, vole et très vite, un archet sur le mont veut ta mort. Ouf ! Il t'a raté. Va bel oiseau raconter la vie aux humains. Va leur dire que toute misère a une fin, que tuer n'est rien, seules les blessures sont terribles.

 

Elles sont si terribles qu'ils finissent par ne plus habiter leurs vêtements qui, délaissés, se font la conversation tout en regardant le miroir au fond du placard. Au pied de la redingote, une montre, au pied du manteau, une clef.

Se racontent-ils eux aussi leurs turpitudes ou ont-ils envie de s'enfuir comme le cheval que le pion voulait dompter ? Qui sait...
 
 
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 18:34

L'empire des lumières - R. Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

 

clic

Un soir, que rien ne poétise,

Une rue ordinaire

Des maisons ordinaires

Sans or, sans surprise,

Allume ses réverbères

Ses fenêtres

A l'avant, à l'arrière

Sur quelques mètres...

 

Rien d'une Avenue

D'un Boulevard

Ses chics boutiques et bars

Pour parvenus...

 

Pourtant, ma foi,

Rue de la Truie qui File,

Cochon qui s'en dédit,

On a juré

Sur la tête de son cent'naire

Ancien maire

De pister

L'assassin du p'tit Amory

Pédophile,

Ou pas !

 

On se l'accorde,

Comme le feuillage

Tombe après le fruit mûr

Tombera l'odieux personnage

Mûr

Pour la branche et la corde...

 

 

Jill Bill

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 10:42

Golconde - R. Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

 
C'était un petit matin d'été, c'était comme si c'était ce matin, tant le souvenir est vivace. Il faisait beau, je venais de me lever et à peine réveillée, j'ouvris la fenêtre lorsque soudain devant moi, descendirent silencieusement du ciel des milliers de petits hommes en noir, un melon sur la tête et un parapluie fermé à la main. Surprise, je me frottais les yeux (chose que je ne devrais pas faire car j'ai les cornées fragiles, m'a dit l'ophtalmo mais lui n'a pas vu ces petits bonhommes). J'étais encore sous le choc lorsque j'entendis "fenêtre ouverte, droit devant" et les voilà tous chez moi, des milliers et des milliers, en tas dans ma chambre que je ne pouvais plus bouger.
 
 - Oh ! Qui êtes-vous et qui vous a permis d'entrer comme cela chez les gens sans leur autorisation ?
 
Ils se mirent à parler tous ensemble, une cacophonie insupportable que mes oreilles en souffrent encore.
 
 - Stop ! Ne parlez pas tous en même temps, je n'y comprends rien. Qui est le chef ?
 
Silence puis...
 
 - Pas de chef chez nous, me répond l'un d'eux, mais je veux bien endosser l'habit si vous le permettez.
 
 - Ouf ! Cela fait du bien. Maintenant que c'est plus calme, dites-moi qui vous êtes.
 
 - Je suis René Magritte.
 
 - Impossible, il est décédé. De plus, c'est punissable de prendre l'identité d'un autre.
 
 - Mais, c'est vrai, nous sommes tous René Magritte.
 
 - Elle est bien bonne celle là. Arrêtez de vous moquez de moi. C'est lui qui a peint le tableau mais …
 
 - Justement, c'est notre père.
 
 - Bon, bon mais cela ne dit pas ce que vous faites chez moi.
 
 - On cherche les montres molles de Dali. clic
 
 - Je n'ai pas ce tableau chez moi.
 
 - On ne veut pas de tableau, juste les montres.
 
 - Elles étaient dégoulinantes et avec cette chaleur, elles ont du fondre complètement et puis qu'avez-vous besoin de ces énormes montres que vous ne pourrez pas porter ?
 
 - Ça, c'est notre affaire, dites-nous où elles sont.
 
 - Pour commencer, on dit s'il vous plaît, on ne vous a jamais appris la politesse ?
 
 - Excusez-moi.  S'il vous plaît Madame, dites nous où elles sont.
 
 - Je n'en sais rien, demandez à Dali, on vient de le déterrer, il vous dira sûrement ce qui en est de ses montres.
 
 - Ah ! Il n'était donc pas mort ?
 
 - Si, mais un laboratoire recherche son ADN.
 
 - C'est quoi ça ? Je ne connais pas.
 
 - Je ne peux pas vous expliquer, je ne suis pas scientifique.
 
 - Cela ne nous dit pas où est Dali et encore moins où sont les montres.
 
 - Désolée, les gars, je ne sais pas, renseignez-vous ailleurs et dégagez le plancher que je fasse le ménage.
 
 - Bien ! Au revoir Madame, ravis de vous avoir connue.
 
 - Moi, je ne suis pas ravie, les voisins vont encore cancaner sur mon compte. Dites plutôt adieu, cela m'arrangerait.
 
C'est ainsi qu'ils partirent tous ensemble me laissant sur le plancher des milliers de petits parapluies oubliés. Je ne sais pas pourquoi, à moins qu'ils aient perdu la mémoire et ne sachent pas où les retrouver, je sens qu'ils vont revenir me bassiner à nouveau...
 
 
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 07:51

La fissure - René Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Madame Renée

Laisse l'argent

Sur la commode

Et sa confiance, comme a une parente...

Le femme de ménage,

Travaillant un peu au Blake, a toujours les Klee

De la Goya

La maison blanche,

Avec vue sur mer, ses reflets...

Madame Renée

Laisse ses gens

Faire à leur mode

Quand elle est absente...

La femme de ménage

Ame dévouée

Sans faire de Degas

A son pain sur la planche

Et ses billets sur le Buffet...

 

Demain le jardinier à l'ouvrage

Seurat Courbet dans la roseraie,

Elle déposera pareil

Son dû sur la commode

Fenêtre rouverte

Priant un vent inerte

Qui rien ne dérobe

Laissant en sommeil

Le papier-Monet

Sage comme une image...

 

 

Jill Bill

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:23

Joan Miró - clic  -- Le carnaval d'Arlequin - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Mon parrain, j'en ai déjà parlé dans les premiers temps de mon premier blog. Il a enchanté les vacances de mon enfance et chaque image de jeux de baladins m'y renvoie inévitablement ainsi qu'au tout début des années 1980 où j'ai manqué l'occasion de le voir une dernière fois.
 
Après des années de démolitions et de chantiers, ces années-là ont vu le renouveau du quartier des Halles et l'ouverture du Centre Pompidou, dédié à une bibliothèque et à l'exposition des artistes contemporains (Dali, Picasso, Miro ...). Sur le parvis de Beaubourg où les files d'attente pour visiter ce nouveau lieu de culture dans cet étrange objet ne faisaient que s'allonger, l'espace était investi par des musiciens jongleurs, des équilibristes sur vélocipèdes, ou de simples joueurs de guimbarde, parfois même des cracheurs de feu. Un carnaval de tous les jours, une scène ouverte avant l'invention du concept.
Alors, vous pensez si ce tableau de Miro me renvoie à cette période !
 
En janvier 1980, mon parrain s'éteignait et j'avais écrit ce texte qu'un ami avait publié dans notre petite revue d'amateurs de danses et traditions populaires :
 "Quand les racines lèveront".
 
En hommage à ROGERLY, mon parrain, qui a ensoleillé mon enfance de ses farces, et a essayé de me transmettre un peu de la mémoire de son époque.
Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte.
Le clown blanc est mort.
Le clown musicien qui savait faire chanter un verre ou une feuille.
Il s’est éteint comme une chandelle que l’on souffle … sans une grimace. C’est sans doute pourquoi il a emporté ce visage serein.
Mais qui fera revivre sa musique ?
 
Oh, il est loin déjà le jour où il avait renoncé à ses instruments. Quinze ans ! Aucun argument, aucune supplication ne lui avait fait depuis lors égrener quelques notes. Même pour ses petits neveux*. Mais il avait continué à les faire rire.
 
En semaine il créait les motifs qui orneraient les robes du soir, brodées de strass. Robes de fête et de lumière.
Il était clown le dimanche.
Avec son compagnon Auguste, il allait de gala de bienfaisance en distribution des prix ou en comice agricole.
Ils étaient de toutes les fêtes et, le cœur gai ou le cœur triste, ils distribuaient de la gaîté et de la tendresse à ceux qui venaient les applaudir. Après le spectacle, le musicien, - le clown blanc -, était souvent sollicité pour animer la danse.
Le miracle se produisait alors : sous ses doigts qui trébuchaient tantôt pour le déchaînement des rires, s’animaient allègrement le quadrille et la polka, la mazurka ou la gigue. Souvent aussi, à la demande des plus audacieux ou des plus modernes, le charleston, et même la java et le fox-trot.
C’est ainsi que la danse vivait et évoluait avant guerre*.
 
Il est revenu d’Allemagne*.Les robes n’étaient plus brodées de perles et il a du changer de métier.
Il s’est retrouvé derrière un bureau, à remplir des dossiers pour les assurances.
- L’ère de la civilisation et du progrès, -
Déjà une corde avait cassé. Mais il lui restait les dimanches pour faire pleuvoir sur les gosses des milliers de perles de rires, avec Auguste.
Un jour Auguste ne s’est pas réveillé et le clown blanc s’est retrouvé seul devant les enfants. Mais sa musique et ses farces ne les faisaient plus rire. Ses tours ? Ils les connaissaient : ils avaient vu les mêmes, à la télé.
Alors il a pris sa retraite de clown et rangé pour toujours le violon géant, le violon lilliputien, la flûte et son habit pailleté.
 
Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte. Le clown blanc est mort.
Qui fera revivre leur musique ?
Sur le parvis de Beaubourg, devant l’église Saint Sulpice, à la Butte aux Cailles, les gens se sont mis à chanter, jouer et danser.
- Ce sont des fous disent les fâcheux.
Mais beaucoup s’arrêtent et regardent. Quelques pas esquissés et quelqu’un entre dans la ronde. Puis un autre.
Et d’autres encore.
Et c’est ainsi que la fête continue.
 
 
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 14:56

Zdislaw BEKSINSKIclic - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Mince

Un larron oublié

Sur la croix

Au mont Golgotha

Calvaire des suppliciés,

Qu'on me pince !!

 

Un larron...

Ô nenni, nenni !

Le clou étant réservé

Au condamné

Pétri

D'exception...

 

Mais alors

Serait-ce

L'autre, enfin Lui !

 

Ah si Zdislaw l'a peint...

 

 

Jill Bill

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