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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 16:19
 
Délicatement, la crème s'écoule sur cette bouchée tentatrice;
 
Envoûtante, posée sur son socle de papier, elle attire les papilles de Clarisse;
 
Lentement, elle approche ses doigts de cette douceur;
 
Instinctivement, ses narines se dilatent sous ces alléchantes odeurs;
 
Comme un léopard sautant sur sa proie;
 
Elle craque et croque dans ce délicieux chocolat.
 
La Balzacienne
 
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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 16:17
 
Léa s'en vient quand Léo part,
C'est le soleil qui fuit la lune ;
Deux moitiés de cœur, quelque part,
N'ont plus pour pont que la rancune
Et le silence déchirant
Sur l'océan les séparant.
 
Au salon de thé, si la crème
Coule toujours sur les gâteaux,
Leur goût n'est plus jamais le même,
Puisqu'ils sont fourrés aux râteaux.
 
Elle a beau paraître aussi belle
Dans son simili léopard,
Léa n'est pas cette Isabelle
Pour laquelle son Léo part ;
Et l’amertume qui ronronne,
En noir café, la chaperonne.
 
Nhand
 
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 22:29

 

         Une image surgit du fin fond de ma mémoire, la cérémonie sacrosainte du thé chez ma grand-mère. Le brownie, tout juste sorti du four ; Léontine versant l’onctueuse crème blanche, coulant indéfiniment sur la peau brune, exhalant des senteurs moelleuses et chocolatées. Mon aïeule, emmitouflée dans sa pelisse en peau de léopard jaunie, vestige d’une aventurière, vie insouciante au grand air et courses sauvages aux quatre coins du monde. Portant à sa bouche la tasse, petit doigt en l’air, buvait le thé à gorgées délicates ; reposait la porcelaine blanche ébréchée, tamponnait ses lèvres avec un mouchoir de dentelle ; depuis longtemps usé et déchiré par endroit. Puis s’endormait d’un coup ; bredouillant : « Neiges éternelles du Kilimandjaro, vous me faites frissonner… » tandis que je dévorais la pâtisserie, récompense d’une longue journée passée auprès d’une vieille dame réfugiée dans ses splendeurs d’antan.

 

Jaclyno'léum

 

 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 22:25

 

             Céleste, la cousine des Antilles venait souvent nous rendre visite.

Elle avait été baptisée Panthère, en possédant certains attributs (mais elle n’était pas rose, je vous vois venir)

Si elle avait ce surnom de Panthère, c’est parce qu’elle c’était une véritable beauté noire au mélanisme garanti pur ébène, avec une démarche gracieuse et svelte, qui rappelait bien cet animal.

Je me demande d’ailleurs pourquoi les autochtones l’avaient qualifiée de ce vocable, ce fauve n’ayant pas pignon sur rue dans ce pays autant que je sache. (Après tout pourquoi ne pas l’avoir affublée du nom de Léopard ?)

Quelques lettrés avaient dû trouver la comparaison savoureuse.

Bref, elle séjournait parmi nous et nous étions heureux d’écouter de vive voix les contes et des légendes antillais, qui n’avaient rien à envier à ceux des mille et une nuits.

Nous passions d’ailleurs des heures à l’écouter par les chaudes nuits d’été dans notre villa de la Cote d’azur, remplie de palmiers, ce qui rendait la scène encore plus authentique. -Des Palmiers qu’elle nous avait apportés au cours de ses visites, arbres resplendissant de santé qui faisaient une sérieuse concurrence à ceux de notre région par leur magnificence et leur robustesse.

- Nous avions essayé des palétuviers, mais aucun n’avait accepté d’être déraciné aussi loin de chez lui !

Je m’égare de mon sujet, car je voulais surtout vous narrer ses prouesses culinaires.

Bien sûr, là aussi elle avait ramené dans ses bagages pleins à craquer, des ingrédients typiques de là-bas, et nous en profitions sous toutes les formes.

Mais, surtout me reste de ma mémoire d’enfant, sa recette qui nous faisait succomber de gourmandise:

C’était son baba au Rhum.

Le plus étoilé des pâtissiers de l’hexagone, n’est pas prêt d’arriver à sa cheville !

Ah! le gout de la noix de coco, et celui de la vanille, je m’en lèche encore les babines !

Et la crème à base de mangues qu’elle faisait couler dessus généreusement elle en surajoutait sans fin, et on imaginait une coulée de la lave des volcans de son pays dont elle nous racontait la profusion d'embrasement

J’ai essayé maintes fois sa recette, qu'elle avait écrit pour ma mère, dans un français chanté phonétique, mais je suis toujours resté dans l’échec. (Probablement je n'ai pas su traduire!)

 

J’y ai renoncé, préférant et de loin garder ce souvenir proustien antillais dans ma mémoire.

 

JAK

 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 16:19


Feule, léopard de ma gourmandise
Qui vient à pattes de velours, et je salive
A ce supplice de Tantale tandis qu’une éternelle crème
Tombe sur le baba qui me nargue sur cet écran
Que je me retiens de lécher, et je feule
En te retenant, léopard de ma tentation.

Nounedeb

 

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 21:24


         Vous pourrez m'enfermer dans la cage aux léopards, me foutre sous le nez ce gâteau au chocolat dont vous aurez nappé d'une crème légère, je ne parlerai pas. S'il y en a qui se damnent pour ce dessert, ce n'est pas mon cas. Le chocolat, je ne l'aime qu'en hiver et en friandises, c'est tout alors votre truc, vous pouvez vous asseoir dessus, je m'en moque complètement. Quand je vois certains fondre littéralement devant des forets noirs, des Paris-Brest et toutes ces folies, je me gausse.

Vous pourrez m'enfermer dans la cage aux lions ou aux léopards. Non, je vous dis, je ne parlerai pas alors pas la peine de m'aguicher par mille façons. Je suis un puits sans fond quoique certains sont au courant et je compte sur eux pour ne rien dévoiler de mon dessert favori.

Ce n'est pas tout ça, il y a une odeur délicieuse qui sort de mon four, j'y cours et je mangerai tout, toute seule lorsque cela sera tiède.

Aimela

 

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 21:21

 

       Alangui sur la fine dentelle blanche, on eut dit un mamelon doré transpirant de sucre glace.
Comme j'y posais vivement mes lèvres gourmandes, un torrent de crème tiède m'inonda sans crier gare... service rapide avais-je pu déchiffrer sur la carte, mais quand même!
J'avais dû ressentir ça il y a bien longtemps, si longtemps qu'au tréfonds de ma mémoire ne revenait ni la chaleur du sein maternel ni le moindre souvenir du frisson qui anime le nourrisson au sublime instant de la tétée.
Comment de si fabuleux moments de plénitude peuvent-ils s'effacer à jamais de nos mémoires toutes neuves?
J'en étais là de mes réflexions lactaires quand la voix répéta dans un mauvais accent:»Vous me direz stop, Monsieur».
Comment disait-on stop en flamand ? Halt ?
La serveuse me dévisageait bizarrement, peu habituée à voir le client lécher son toffee avant le rituel incontournable de la crème anglaise.
Engoncée dans une stricte carapace - jupe noire, caraco noir et tablier blanc de la même dentelle chère à l'image du Carpe Diem - j'avais du mal à lui donner un âge.
Situé sur Wijngaardstraat, l'établissement au nom prometteur m'avait été chaleureusement recommandé car ici, les cupcakes et les waffles étaient à tomber. Pour l'heure le généreux caraco de la demoiselle sans âge était à mourir étouffé sur place mais je réussis à bredouiller Stop pour éviter de ruiner définitivement un superbe gilet de flanelle et le pantalon du même tissu, un de ces pantalons cintrés qui laissent transparaître les sentiments...


Carpe diem, profite de la vie... j'aurais tant aimé disserter avec elle sur le sujet mais la barrière de la langue est un mur infranchissable pour un français monolingue, et encore plus avec un gilet et un pantalon dégoulinants de crème!
De toute manière je n'avais aucun dictionnaire latin-flamand sur moi.
Aux gesticulations qu'elle fit - ponctuées d'explications où il était question d'eau chaude - je compris qu'elle me proposait d'aller rincer le désastre et je la suivis gauchement jusqu'à une arrière-cuisine.
Jamais aucune femme sans âge au généreux caraco noir ne s'était si joliment agenouillée devant moi pour fourbir mon pantalon... ainsi c'était donc ça l'accueil et la bienveillance légendaires de la Venise du Nord.
A hauteur de ceinture, la commedia dell'arte s'invitait dans un salon de thé brugeois et voilà qu'accroupie sans aucune pudeur, ma vénitienne du Nord, Colombine astiquait Pantalon!
 
Il est dans la vie d'étranges circonstances, des ressorts inimaginables qui vont au-delà de la conscience professionnelle et à cet instant précis j'en étais le plus heureux bénéficiaire.
Lola - elle prit à peine le temps de se présenter - serveuse de métier et gourmande par plaisir ne boudait pas le sien, n'en perdit pas une goutte et n'eut de cesse de mettre un joyeux désordre dans mon costume, après quoi nous primes rendez-vous pour le soir-même sur Philipstockstraat, un bar à tapas au nom encore plus prometteur: Les Quatre Mains.
J'avais largement le temps d'aller changer de costume et le sourire que m'offrit Lola quand je sortis m'ouvrait bien des perspectives...
Aux Quatre Mains je cherchai en vain un généreux caraco sans âge; Lola débordait outrageusement d'une seconde peau léopard... ou cougar, la différence me parut mince - je n'étais pas doué en matière de taches - et sans importance. Plus rien n'avait d'importance.
 
Vegas sur sarthe
 
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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 15:27

 

Je t’ai pris comm’ une gourmandise
mon cher Léo
mais peu à peu je me dégrise
c’était bien trop
allez renfile ta chemise
non, nous n’irons pas à l’église
ni au bistrot…

J’en suis gavée des tart’ exquises
de tes gâteaux à la cerise
et des kilos qui me déforment
pauvre Léo !
Alors pour retrouver ma forme
et rentrer enfin dans la norme
je te dis : pars !
Mêm’ si ton œil de Léopard
me fait encore un peu d’effet
même si j’aimais bien ton café
et tout’ tes bonn’ pâtisseries
je retourn’ à mes tapisseries
et te répète sans retard :
allez, Léo, pars !

 

 cloclo

 

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 11:50

 

Je suis en avance, comme toujours,
Avec mon rendez-vous
Avec vous
Par gourmandise, j'avoue,
Au Café Anglais, par amour,
J'aime prendre et reprendre le thé, chaud,
Dans ce décor tons léopard, le cake, glacé
Servi sur dentelle en papier
Avec la serviette brodée
Assise au fauteuil crapaud,
En vous patientant, prince charmant,
Qui prenez du retard
Volontairement, cher Balthazar,
Vous qui fermez les yeux, avec art
Sur mon péché mignon, délicieux amant !

 

jill bill

 

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 11:00

*

sujet semaine 24

 

LE MOT DE LA SEMAINE EST :  LEOPARD

 

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:40

 

Veux-tu mon cœur ? Je te l'accorde
Si tu parviens à l'attraper ;
Ne le laisse pas s'échapper,
Vas-y, vas-y, tends-moi la corde !

As-tu du cœur, dis, mon joli,
De cette couleur demandée ?
Ce serait une bonne idée,
Tu me gagnerais dans ton pli !

Valet de cœur, coupe la tête
À ce roi d'en face venu ;
Si tu n'es qu'un pauvre as tout nu,
Ce sera pour nous la défaite !

Zut ! Ainsi donc le valet et l'as
Étaient aux mains de l'adversaire,
Tu n'avais nul cœur, ça m'ulcère...
Cruel manque de chance, hélas ! 

 

Nhand 

 

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 16:40

 

      La dame de cœur hésite, se pose des questions. Sur lequel de ces messieurs va-t-elle jeter son dévolu pour en faire son amant ?

Elle manipule les cartes, éloigne d’office l’image du roi de coeur son vieux compagnon, homme certes bon et bienveillant mais si prévisible, si éloigné de la vie pimentée dont elle rêve.

 

Un autre roi ? Celui de trèfle ?

Certes ce souverain apparaît protecteur et de bons conseils mais lui portera-t-il réellement chance dans sa recherche ?

Dans le doute, elle le pose à sa gauche.

 

Le roi de carreau ?

Le côté grand voyageur du personnage n’est pas pour lui déplaire. Malgré cette qualité, l’autorité naturelle dont il fait preuve la rebute au plus haut point aussi restera-t-il sur le carreau !

 

L’influence du roi de pique n’est plus à démontrer et ce veuf a encore belle prestance pourtant cette habitude insupportable de lancer des traits acerbes à tout un chacun le renvoie illico au milieu du tas de cartes.

 

Par défaut, la reine de cœur se rabat sur les quatre valets.

Chez celui de pique elle ressent danger et trahison tandis que le valet de cœur lui apparaît immature et se complaisant dans l’éphémère. Basta !

Le chaud et froid apporté avec belle constance par les nouvelles du valet de carreau ne présage pas de grandes et joyeuses folies. Oust !

 

Ne reste plus que le valet de trèfle… Superficiel, célibataire, calme et joyeux… peut-être pourrait-elle le façonner à sa guise et avec lui vivre des aventures inédites ?

 

La reine de cœur enfile sa plus jolie robe rouge et ses grands gants de velours. Sur le sommet de sa chevelure elle pose une couronne délicate puis maquille ses lèvres d’écarlate. N’est-elle pas irrésistible ?

 

Hélas, le valet de trèfle trop préoccupé à combler les moindres désirs de sa reine ne lui prête pas la moindre attention.

Et à bien y regarder, elle aperçoit son propre roi contant fleurette à la dame de pique, celui de carreau flirtant avec celle de trèfle et ainsi, entre rois, valets, dames de toutes les couleurs, ce n’est que badinage, trahison, effluves d'infidélité.

 

Mais elle, la reine de cœur, n’est-elle pas la reine des reines ?

Comment tous ces messieurs si bien mis peuvent-ils se montrer à ce point rustres et l’ignorer de la sorte ?

D’un geste désabusé, elle déchiquette minutieusement les cartes colorées n’en gardant qu’une dernière entre les mains.

 

Il est très séduisant et plein de fantaisie ce joker ! A trop battre les cartes elle n’y a pas songé plus tôt…

 

Déjà sa vie lui semble plus belle et son air préoccupé fait place à un minois réjoui mais a-t-elle perçu le coup d’œil ironique de son futur amant ?

 

Mony 

 

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 16:15
 
Voilà exactement deux mois que Blanche - qu'on appelait Cappucetto Rosso ou petite cape rouge - se repose (et les lecteurs aussi) depuis qu'elle s'est endormie, adossée à une grande rame de haricot écossais à écosser - un tartan d'Edimbourg - aussi est-il grand temps qu'elle se réveille... ou alors qu'elle s'endorme à jamais.
Deux mois que sa marâtre ronge son frein au château dans l'attente d'ingrédient ou deux pour confectionner son masque de beauté de Cesare Frangipani... etc (on ne va pas tout répéter non plus)
“Nom d'un petit pot de beurre” baille Blanche en s'étirant “j'ai l'impression d'avoir dormi dix ans!”
“Ça m'étonnerait fort” répond une voix toute proche “vous avez à peine dix ans”
Etonnée, Blanche découvre un fringant écuyer, un de ces jeunes imberbes vêtu de rouge et bleu et coiffé d'un chapeau comme on n'ose en porter que dans les contes et dans les jeux de cartes.
“Quésaco?” demande en provençal Blanche à qui sa great-mother-fucker a conseillé de se méfier des fringants écuyers imberbes.
“Je suis La Hire mais appelle-moi simplement Lahire” répond-il en se découvrant “compagnon d'armes de Jeanne d'Arc mais appelle-la simplement Pucelle et je suis valet de coeur atout et avant tout!”
“Le copain d'une pucelle?” s'esclaffe Blanche “et moi je suis la Reine de coeur, gros naze”
“Reine de coeur, assurément” réplique l'écuyer toujours fringant et toujours imberbe “toute jeune que vous êtes je vous ai reconnue, vous êtes la Reine Judith... quant à moi je suis Lahire et pas Gronaze!”
Sidérée, Blanche se cramponne à sa rame de tartan d'Edimbourg :”Tu commences à me courir sur le haricot avec ta Judith! Je me nomme Blanche ou Cappucetto Rosso ou à la rigueur petite cape rouge mais pas Judith, valet de coeur de pacotille!”
“Pourtant vous portez l'habit rouge et bleu ainsi que le voile bleu de la Reine de coeur” rétorque t-il.
“Où t'as vu jouer ça?” s'emporte Blanche qui en oublie son provençal.
“Mirez-vous donc dans cette pièce d'eau” rétorque l'écuyer imberbe mais astucieux “et vous vous verrez telle que je vous vois, ma Reine”
“Ça suffit à la fin! Je suis Blanche et pas Marennes”
Alors Blanche lâche sa rame, s'approche de la pièce d'eau et s'y penche.
 
De l'autre côté du miroir improvisé, une créature semble en faire de même - une greluche sapée de rouge et bleu et d'une burqa bleue - lui renvoie un timide sourire en lui tendant une rose de la main droite.
“Qui es-tu, femme sans âge?” bredouille Blanche toute chose en prenant la pose et la rose.
Dans les contes, les reflets ont réponse à tout, y compris à ceux qui bredouillent.
“J'essaie d'être ton reflet” répond le reflet “celui de Judith, la Reine de coeur mais c'est pas fastoche avec cette pollution”
“Qu'est-ce que je disais?” persifle l'écuyer imberbe.
Loin d'être convaincue par cette image trouble, Blanche porte la rose à son nez pour la flairer comme on fait dans les contes et partout où on veut sentir la rose..
“Alors si je suis la Reine de coeur comme tu le prétends” minaude Blanche “qui serait mon Roi de coeur?”
“Vous ne pouvez pas ignorer notre bon Roi Charles, ma Reine” s'étonne l'écuyer imberbe et stupéfait “ce Charles qu'on nomme Grandes esgourdes!”
“Je ne connais que ma marâtre... et c'est bien assez” répond Blanche.
 
A ces mots la rose se transforme en vulgaire caillou et dans un grand plouf tombe dans le miroir improvisé et pollué.
“Quésaco encore?” insiste Blanche en provençal.
“On aurait dit une huître de ma Reine” suggère l'écuyer imberbe “une numéro deux, pour le moins!”
“Une huître de Marennes?” s'étonne Blanche “alors qu'attends-tu pour aller me la chercher?”
Ne faisant ni une ni deux ni trois, l'écuyer imberbe plonge à sa suite et disparait dans un monstrueux splash comme on n'en voit jamais dans les contes mais cette fois-ci, oui.
Restée seule, Blanche se met à danser :”Reine de coeur, Reine de coeur... après tout, pourquoi pas?”
“Et qu'est-ce qu'on fait pour le caillou?” l'interpelle le reflet du miroir improvisé, pollué et splashé.
“Est-ce ainsi qu'on s'adresse à la Reine de coeur?” s'écrie Blanche “pour le caillou... pas de quoi en faire toute une histoire mais j'en causerai à un Poucet, à l'occasion”
 
Vegas sur sarthe
 
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 16:51

 

Pendant que tournoyaient, flocules impassibles,

Sur la Reine de cœur à l’organe insensible,

Marâtre dédaigneuse grimée en Blanche-Neige,

Des fragments parfumés  lancés d’un télésiège

Par un Peau-rouge atteint lui aussi d’anosmie

Pensant la conquérir, faire d’elle sa mie,

Elle prit dans sa manche une carte traîtresse

Qui lui jeta un sort : Il tomba, maladresse ?

Aux pieds de sa déesse. L’odorat lui revint

Fort à point pour sentir le parfum d’un ovin.

A ces effluves forts il comprit que la belle

Si elle n’était Peau d’Âne, était mère maquerelle.

Abandonnant ses plumes de la tête à la queue

Il plongea dans la mer, où il devint Peau-bleue*.

*Également appelé « peau bleue », le requin bleu…
 

Nounedeb

 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 16:50

 

Toute petite déjà, je parlais aux fleurs. Elles partageaient mes joies et mes peines.

Et, croyez-moi, les fleurs me répondaient.

J’avais ce don de les entendre et de les comprendre.

Ce sont elles qui m’ont appris que celui qui les fait éclore, travaille simplement du regard, tel un magicien. Regard aimant, protecteur et stimulant. Oui, oui, simplement du regard, la sève monte alors dans leurs veines et les boutons éclatent.

Par la suite, c’est le souffle du magicien qui leur donne un parfum et c’est à ce moment précis que nous, les humains, nous voyons la fleur frémir, déployer ses ailes et se balancer au gré du vent…

Et si nous savons prêter l'oreille, nous entendons la mélodie du silence.

Je savais déjà tout cela le jour où j’ai  rencontré ce beau coquelicot en train de se lamenter. Il voulait lui aussi avoir de douces fragrances et rêvait de devenir  la fleur reine des cœurs amoureux.

Je crus alors très fort en mes pouvoirs divins et lui dis : 

« Je vais prendre un de tes boutons, le faire moi-même  éclore et le transformer en petite danseuse extravagante offrant aux gens qui s’aiment, oubli du quotidien, apaisement, sommeil réparateur. » **

 

A ma grande surprise, le Coquelicot, fermement refusa.

 

« Pas question ! Il n’est pas en ton pouvoir de faire éclore mes boutons. Tes mains les abimeraient en déchirant les pétales, aucune couleur n’apparaîtrait, aucun parfum.

Pétales blancs déchirés voleraient au vent tels flocons affolés ! Non ! Il n’est pas en ton pouvoir de me transformer, de me donner le port d’une reine offrant ses lèvres comme un désir du cœur, offrant sa couleur écarlate en gage d’amour, offrant son parfum en surimpression ! »

J’acceptais sa décision et j’allais partir quand je l’entendis murmurer : 

«  S’il-te-plaît, essaie. »

 

J’ai essayé et j’ai réussi !

 

Avec un bouton, j’ai fait apparaître une belle jeune fille à la robe de soie rouge, portant sur sa tête une magnifique couronne noire.

Malheureusement mon souffle ne lui a pas apporté le parfum souhaité.

 

Elle fit la moue et me tourna le dos.

 

Voilà comment le coquelicot devint cette fleur extravagante et fantasque, rouge baiser, baiser volé. Regardez-la bien, elle frémit au moindre souffle et son inconstance fait qu’elle passe et se fane vite.

 

Assise, sur ce talus ensoleillé, au milieu des coquelicots, ai-je trop respiré leur cœur, me suis-je endormie, ai-je rêvé ? Je ne sais.

Je constate simplement  que j’ai mal à la tête et je peux vous affirmer que le coquelicot est sans parfum…

 

Jamadrou

 

** N’avez-vous pas vous mêmes avec un bouton de coquelicot fabriqué une petite danseuse à la robe de braise et aux cheveux noirs comme l’ébène ?

 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 14:54
 
Le ballon de la proposition précédente sur miletune est descendu dans un pré tout vert. Déborah encore secouée par les effluves de fromages moisis en descend un peu étourdie.
 
- Ouf ! se dit-elle, enfin sur le sol, dommage que ce soit trop vert mais le fromage, j'en ai raz le nez.
 
Elle regarde aux alentours mais ne voit personne.
 
- Quelle poisse, pas un quidam pour admirer ma jolie robe rouge agrémentée de cartes à jouer.
 
 
Pour les personnes qui ne la connaissent pas, je signale que Déborah est une fille venue "d'ailleurs". Surréaliste à souhait, elle s'invente des mots, des costumes, voir même comme les chats, des vies...
 
Déborah, c'est ma copine et je ne permettrai à personne de se moquer d'elle. Elle dit qu'elle s'en balance mais je vois bien que quelques fois cela la rend triste et c'est dans ces moments là que je l'invite à faire des choses amusantes. Si le voyage en ballon était mon idée, les cartes sur sa robe et la couronne sur la tête c'est elle. Elle avait envie de jouer à Alice au pays des merveilles dans le ballon (sans le lapin), dommage qu'il a fallu redescendre très vite à cause du colonel bien fait.
 
 
- On fait quoi maintenant ? A part toi, il n'y a personne pour jouer, me dit-elle.
 
- Sortons de ce vert infâme et voyons si l'on trouve une voiture pour nous ramener à la civilisation.
 
- Ok, je te suis.
 
C'est ainsi que l'on vit sur le bord de la route, une joli femme rousse et sa faire-valoir qui n'est que moi.  
 
Aimela
 
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 11:45

 

Ma dame de coeur
Fut une dame piquante
Qui prit pour amant, oh, ah,
Notre valet à la chambre,
Sur le carreau suis resté...
Jusqu'au jour où, quelque part,
J'ai croisé une princesse, aux effluves de fraise...

Nouveau coup de coeur,
Descendante
D'un Louis, d'ores et déjà
Je suis prêt atout, de janvier à décembre,
Mettre les cartes de mon côté,
1000 bornes nous séparent
Qu'importe, ma belle javanaise !

Mais il est tard, oh
Elle m'attend...
J'arrive ma pomme d'amour !

jill bill 

 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 11:00
sujet semaine 23

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LE MOT A PLACER EST : EFFLUVES

 

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 13:43
 
                Au second jour Le Tout-Puissant appela le sec terre et le mouillé mer, il créa les montagnes sur la terre et les couvrit de neige, de verdure et d'arbres puis - entre la poire et le fromage - il convoqua Saint Nectaire et lui dit : «Mon bon Nectaire, ma bonne pâte, que crois-tu qu'on pourrait foutre sur ces pentes verdoyantes ? N'as-tu pas idée d'un truc utile, rentable, décoratif, un truc vivant quoi »
Nectaire se gratta un moment les croûtes - conséquences de cette varicelle qu'avait crû bon d'inventer Le Tout-Puissant - et répondit: » On pourrait y mettre des vaches qui paîtraient! »
« Pouahh ! » s'exclama Le Tout-Puissant « des vaches qui pètent ? A quoi ça sert que je me sois décarcassé à créer la couche d'ozone?»
« Euh... je parlais de pâturer, de brouter au conditionnel Tout-Puissant» répondit Nectaire.
Le conditionnel fraîchement arrivé restait encore nébuleux pour son créateur qui commençait à se demander si c'était bien utile.
“Admettons” dit-il “je t'apporte les montagnes sur un plateau avec cette chaîne himalayenne et ses neiges éternelles comme Moi, mets-y des vaches qui pèteront si tu veux pourvu que ça rapporte!”
“C'est que ça doit cailler dans le haut Himalaya” fit remarquer Nectaire.
“Arrange-toi pour que le caillé rapporte, Nectaire” répondit Le Tout-Puissant.
“OK” abrégea Nectaire qui avait fait anglais troisième langue après l'hébreu “je vais consigner tout ça par écrit”.
“N'en fais pas des tomes” s'impatienta Le Tout-Puissant “on a encore du boulot avant dimanche”
“Justement” répliqua Nectaire “c'est que j'aimerais en faire des tomes!”
“Fais à ton idée, Nectaire pourvu que ça rapporte... et comment appelleras-tu ça?” demanda Le Tout-Puissant.
“Je veux en faire un label, Tout-Puissant, quelque chose d'authentique, une AOC”.
“Une AOC, dis-tu? Quèsaco?” questionna Le Tout-Puissant en provençal.
“Une Appellation d'Origine Chrétienne, Tout-Puissant!” s'enflamma Nectaire.
Le Tout-Puissant buvait du petit-lait: “Ca c'est bon pour l'image, Nectaire... et ces vaches on pourrait les appeler yacks. Ca vaudrait 20 points au scrabble rien qu'avec le Y et le K!”
“Ouais mais pas facile de faire son beurre avec le yack, Tout-Puissant” fit remarquer Nectaire “vu que ça sera compliqué de traire le mâle... appelons-la plutôt dri”
“Va pour dri, Nectaire pourvu qu'elle paisse sans péter, qu'elle ait des mamelles et que ça rapporte. Il fera jour demain, Nectaire” conclut Le Tout-Puissant.
“Mais si ça caille trop, Tout-Puissant... si ça flocule, si ça vermicule comment veux-tu, comment veux-tu qu'ça coagule?” s'inquiète Nectaire.
“T'inquiète Nectaire, je vais créer la présure, ça sera surement plus utile que le conditionnel! Et puis c'est Moi le Créateur, non?” répond Le Tout-Puissant.
Ainsi, il y eut un soir et ça caillait, et il y eut un matin et ça caillait encore: ce fut le Troisième jour puisqu'il avait dit qu'il ferait jour demain, le jour des luminaires, du soleil, de la lune, des yacks et des dri qui furent féconds et copulèrent à tout va puisque telle était la consigne.
“De l'air pur, de l'herbe, du lait, du fromage... que demander de plus” pavoisait Nectaire.
“Euh... Nectaire, fais-moi penser de créer des bipèdes, mâle et femelle pour mettre de l'ordre dans cette partouze” grommela l'Eternel insatisfait.
 
Vegas sur sarthe
 
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:29

 

Le doigt noir du Malin montrait de mille vaches
Les pis lourds, et tonnait : « Il faut pasteuriser ! »
Crevant le ciel d’orage vint un rai de Lumière.
Se frayant un chemin parmi les rocs pointus
Désigna la vallée, survolée d’un ballon :
C’est là que se ferait le meilleur des fromages.
Et pour le déguster, il faudrait le gagner
A la sueur des crampons, au risque de vertige.
Un fromage au lait cru affiné en alpage...


Nounedeb

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