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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 15:20

 

Les lecteurs qui sont habitués à mes jeux d'écriture savent sans doute que je fais souvent appel à mes souvenirs, récents ou plus lointains. L'image de la semaine me renvoie à l'été 1976. Je reviens de vacances par le train. Un moyen de transport que je n'utilise plus que rarement depuis que j'ai acheté ma première voiture d'occasion il y a déjà six ans.

Pour l'heure, je suis assise, un livre à la main, pour passer le temps. A mes côtés a pris place un jeune homme, cheveux un peu longs et petite barbiche en broussaille, jean et tea shirt passe partout. A-t-il vu mon regard en biais ? Il éprouve le besoin de se justifier. Se justifier de quoi ?
- j'apprends à tricoter. J'espère que cela ne vous choque pas.
- non, pourquoi dites-vous cela ?
- en général, ça surprend ... et j'ai quelquefois des railleries.
- Des railleries ?
- oui vous voyez bien de quel genre
Moi candide
- non je ne vois pas
- mais si vous voyez. Mais ça n'a rien à voir. L'envie de savoir tricoter ne me transforme pas en femme.
Je commençais à comprendre et je souris
- Ne vous inquiétez pas. Mon père aussi tricote. Il s'y est remis pendant les mois d'immobilisation quand il s'est cassé la jambe. J'ai alors découvert qu'il savait tricoter depuis plus de vingt ans. Il s'y était mis pour soulager ma mère qui ne pouvait plus tricoter à cause d'un rhumatisme articulaire.
- Ah bon ?
- Mais oui ! Il fallait bien faire la layette de la troisième qui venait de naître.
- Alors ça ne vous choque pas !
- Mais non. Pas plus qu'un homme qui sait coudre ou broder ou tisser. Pas plus qu'une femme qui sait planter des clous ou fabriquer des meubles ... ou changer une roue, ou qui a quelques notions de mécanique.
Tenez, en Autriche, pour avoir le permis de conduire, il y a une épreuve obligatoire de mécanique.
Nous avons continué ainsi à bavarder tandis qu'il avançait dans ses rangs de tricôt jusqu'à la station où il est descendu.
- Merci.
Ce fut son dernier mot. Mais j'aime à croire qu'il assumait davantage son goût pour la pratique du tricôt. En convaincre les autres n'en était pas plus évident.

 

Jeanne Fadosi 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:42

 

Si tu savais comme je suis heureuse de t’emporter avec moi. Chaque seconde, tu es mon hôte le plus prestigieux ; tu es à moi, toute seule. Le sourire plein phare, le ventre en avant, j’avance dans ce monde et, dorénavant, je sais pourquoi j’existe. C’est ma mission terrestre de perpétuer la Vie. Quand je respire, j’ai l’impression de t’apporter tout mon air ; quand je suis triste, je pleure doucement pour ne pas que tu m’entendes ; quand je ris, il me semble que tu partages ma joie. Maille à l’endroit…

Tu sens les trépidations de la rame ?... Oui bien sûr ; j’ai reçu le message de ton petit coup de pied. Tu m’as fait perdre le compte de mes mailles, coquin.

Si tu savais comme j’ai hâte de te rencontrer. J’ai tellement de choses à te raconter. A l’échographie, ils ont dit que tu étais un petit garçon. Depuis, je pense ballon, je pense train électrique, je pense petits soldats de plomb ; le cinéma de ma vie se joue tout en bleu, mes pieds ne touchent plus terre. Maille à l’envers …

 

Bientôt, ils vont te poser sur la plage de mon ventre et je te caresserai avec les vagues de mon Bonheur. Quand je regarde par la vitre, je te vois partout dans les paysages. Tu seras grand, tu seras beau, tu seras fort, tu seras courageux, tu seras roi. Maille à l’endroit…

Tu feras ta place sur cette banquette ou ailleurs, transport en commun ou transport pour chacun, surpeuplée navette ou fusée interplanétaire. Maille à l’envers…

 

Un instant, tu cours sur le quai, tu attends patiemment, tu lis un  hebdo, tu découvres les décors du métro ; un autre, tu pleures dans un landau, tu fais la manche, tu es recroquevillé sur une canne, tu ris, entouré de quelques femmes, tu cours d’exploits en exploits. Maille à l’endroit…

Vite, je chasse ces vilaines visions fugaces ; sans cesse, je repeins l’ambiance avec d’autres truculences plus merveilleuses et je t’entends babiller des « maman, maman », tu souffles la bougie de ton premier anniversaire. Maille à l’envers…

 

Un jour, tu me racontes tes premières récitations, tu me tends ta lettre au père Noël, ton carnet de notes est élogieux. Un autre jour, je te vois : pendant l’orage, tu es sous le préau, à l’abri de son toit. Maille à l’endroit…

Et puis, je me découvre dans la glace du métro, je me réalise, effigie enceinte à lunettes, cherchant continuellement dans le futur les meilleurs squares, les meilleurs parcs, les meilleurs espaces verts. Maille à l’envers…

 

Les autres, ils se demandent pourquoi je souris tout le temps. S’ils pouvaient me prendre un peu de mon bonheur, juste pour se réchauffer le cœur. Attention, le contrôleur. Toi, tu es mon petit passager clandestin, mon trésor, mon butin ; il va réclamer mon titre de transport, ce maladroit. Maille à l’endroit…

Il va regarder mon ventre rond et penser : c’est un garçon ; c’est sûr, à Bastille, il aurait pensé : fille. Je vais lui tendre mon ticket réglementaire. Maille à l’envers…

 

Je suis curieuse de savoir si tu vas aimer les épinards ; si tu n’aimes pas, ce n’est pas grave ; moi, je n’arrive pas à les avaler. On n’en fera pas ! Les jours de pluie, on restera à la maison ; on regardera la télévision ! Mieux, on jouera, toi et moi, au Monopoly, au jeu de l’Oie. Maille à l’endroit…

Les jours d’été, on ira se baigner, je t’apprendrai à nager, on ira voir la mer ! Maille à l’envers…

 

Station debout, station du futur, station assise, station couchée ou station Opéra, maille à l’endroit,  un jour, tu auras peut-être un petit frère. Maille à l’envers…

 

Mon bébé, pour que tu n’aies jamais froid, maille à l’endroit, je tricote une brassière, ton premier pull-over. Maille à l’envers…

 

Pascal

 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:39

 

Tout était parfait jusqu'à ce fameux jour.


Complices nous étions, et ce, depuis toujours. Par chance, nous avions le bonheur de se retrouver chaque soir dans le train qui nous ramenait à la maison.

Notre gare de rencontre journalière était banale, mais dans l’enthousiasme de cette journalière retrouvaille nous la sublimions. Elle devenait lumineuse, même les soirs de pluie. Et dans le wagon, nous allions bon train dans la communion…

Tout était dit, nos soucis, nos heurs et malheurs, nos angoisses, nos joies, nos espoirs.

Nous projetions plein d’idées folles, ce tour du monde en croisière, ce trek en Afrique.

Nous savions bien au fond de nous que c’était impossible, mais cela nous entraînait dans des rêves de délire, et nos rires fusaient.

Lorsque le flot de nos verbiages était tarit, nous nous moquions gentiment de ceux qui étaient autour de nous.
Ils ne s’en rendaient pas compte, tous absorbés dans leur anxiété du moment. Untel raide sous sa capuche, l’autre avec ses cheveux en bataille…

Et lorsque nous arrivions enfin, tout les tracas de la journée semblaient s’être évaporés

 

Jusqu’à ce jour…


Celui, maudit, où elle s’inscrivit à un club de tricotage, le bien nommé L A I P T
(Laine Aiguilles Idées pour tricoter)

Et depuis fini nos bels et piquants échanges……
Elle ne parle plus, elle tricote !

Et morose, je cogite, pensant à tous ces jours à jamais enfuis.

Même la promesse qu’elle m’a faite de me tricoter une écharpe ne me fait pas sourire.

 

 Jak

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 16:09

 

Dans le car qui les emmène
De Saint-Sulpice à la Souterraine
Chacun tricote à sa manie,
La longue écharpe de l’ennui.
Petits points serrés des heures perdues,
En rêverie, en vain roman ou Sodoku,
Tout pour remplir ces heures incongrues,
Où le temps est comme suspendu,
Entre le foyer et sa bobine de routine
Et le labeur, pelote de tant d’épines.

Dans les petits points des heures perdues
Se glisse la beauté de la sage inconnue.
Chut…La vois-tu ?
La vois-tu ?
Alors tout n’est pas foutu !

Lyne

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 19:55

 

Combien de kilomètres, à perdre haleine
A-t-elle tricotés, la belle Hélène ?
Combien de fois le tour du monde,
A-t-elle tricoté, de pelotes de laine, en pelotes de laines ?
Un point à l’endroit, un point à l’envers,
Aiguilles cliquettent, un nombre impair
Tournent au rang suivant, sans échapper une maille.
Les doigts habiles, la matière, travaillent,
Echeveaux de soie, laine naturelle,
Parfums sauvages, acidulés,
Pendant que s’allonge l’écharpe nacrée.
Tour de cou moelleux, rempart contre la froidure.
Combien d’aller-retours travail-maison, sans perdre une maille,
Un diminué, un jeté, maille glissée, maison-travail,
Demain, à cette même place, tricotera la belle Hélène.

*Margagne, en bordeluche, signifie maille lâchée, ou mal tricotée

 

JaclynO'Léum

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 18:33

 Emoji

C’est qui, cette nana ? Elle est vachement bien. Des verres fumés dans le métro, comme moi ? C’est peut-être une actrice. Je lui demanderais bien si c’est elle qui a tricoté l’espèce de gros gilet qu’elle a sur le dos. Avec ses lunettes, et sans maquillage, impossible de la reconnaître.

 

Emoji

Il est pas mal ce type. Il se prend pour un acteur, ou bien c’en est un vrai ? Je sens bien que derrière ses lunettes noires, l’air de rien, il me reluque. Il a un faux air de Jean Louis Trintignant. Bon, je finis ma rangée, et je lui demande l’heure. S’il a une Rolex, je laisse tomber.

 

 Nounedeb

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 18:31
 
C'est ma métromanie, il faut que je tricote
une maille à l'endroit, une maille à l'envers
si c'est bon je descends à Filles du Calvaire
sinon je n'aurai plus qu'à changer à La Motte.
.
Une maille à l'envers, une maille à l'endroit
au pire je reprends à zéro... rebelotte
j'ai démonté les mailles, embrouillé ma pelote
dites-moi on va bien jusqu'à Choisy-le-Roi?
.
Une maille à l'envers, à l'endroit une maille
pourquoi ai-je voulu tricoter ce chandail?
il fait noir tout à coup et on est à l'arrêt.
.
Une maille à l'endroit et l'autre de travers
c'est la Bérézina... euh non, c'est Chemin Vert?
Comment ça mon ticket? Qu'est-ce qu'on fout au Marais?
 
Vegas sur sarthe
 
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 16:37
 
En regardant cette image, je me souviens.
 
Il y a de ça trente neuf ans, j'attendais mon second enfant, j'étais heureuse à l'époque. Je m'étais mis en tête de me faire une jolie veste blanche avec des liserés oranges tout autour et sur les poches pour être belle au printemps.
 
Je crochetais dans la voiture, devant la télé et dans d'autres moments de libres jusqu'au jour où ma mère tomba malade et qu'elle se retrouva à l’hôpital et c'est tous les après-midi que je m'adonnais à mon labeur, un jour alors que ma veste était bien avancée
 
- Elle ne sera jamais finie cette veste.
 
- Mais si, regarde, il me reste que les poches et le liseré.
 
- Je te dis qu'elle sera jamais finie.
 
Je n'ai pas voulu la contrarier et nous avons discuter enfin moi car elle souffrait de trop pour parler.
 
C'était un mardi, le mercredi, elle  est  tombée dans le coma dont elle ne s'est jamais réveillée . Elle est décédée trois jours plus tard, un samedi.
 
J'ai essayé de consoler mon père, je l'ai aidé à m'occuper des papiers administratifs et puis mon fils est né et là il y avait beaucoup à faire si bien que ma veste est restée dans la commode. C'est deux années plus tard que je l'ai retrouvée mais en la voyant tous mes mauvais souvenirs me sont revenus alors je l'ai donné avec le reste de laine à une amie en pensant qu'elle la terminerait .
 
La vie a continué, mon amie a déménagé et on a perdu le contact c'est après bien des recherches que j'ai eu des nouvelles de ma veste. Elle n'a jamais été terminée car mon amie de l'époque perdait quelqu'un de sa famille alors qu'elle aussi travaillait sur cette veste. Elle non plus n'a jamais voulu la voir. Il ne manquait que le liseré orange.
 
Aujourd'hui encore, je me demande comment ma mère a su que cette veste ne serait jamais terminée.
 
Aimela
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 16:36

 

Assise dans le bus, pour cacher ses beaux yeux noisette,

elle porte de grandes lunettes fumées papillon.

Oui, c’est bien, belle image. Et tel un papillon elle rêve.

Ou plutôt, elle retrace en pensée sa vie qu’elle crochète méticuleusement. Son cocon de chenille se dévide, elle tisse et retisse. En tressant ainsi des trames, elle essaie de s’inscrire elle-même dans cette nouvelle journée, dans la vie.

On croit qu’elle crochète un fil blanc ? Brides et demi-brides…En fait, en songe elle écrit sa biographie, qu’elle n’a pas choisie mais qui s’est tissée pour elle ou malgré elle.

Comme la chenille papillon, elle a écrit la trame de toutes ses mutations, transformations.

Fillette sauvage, amoureuse, femme heureuse, tressage de hasard de chance et de don, mère qui crochète ses layettes. Et chaque soir tout défaire et chaque matin tout refaire dans le bus qui la transporte jusqu'à son laboratoire de recherches ; tout refaire, refaire le monde.

Elle est dans son univers, c’est ainsi qu’elle peut entrer dans la trame, devenir fibre, se tisser, se recomposer, se changer. Et voilà sa biographie qui doucement avance à coup de crochet, de dentelles, de trous, de brides et de points en suspension tellement débridés.

Oui elle est dans son monde et ses mains s’agitent non pas pour tuer le temps mais pour lui prouver qu’elle bouge et vit dans cet espace et qu’elle participe à la création du livre d’histoires…  

 

Jamadrou

 
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 13:30

 

Quadragénaire

Ce mot n'a rien de grave
Encore,
La force de l'âge
Le bel âge...
Mais coquin de sort
Enceinte de Gustave
De ses basses affaires...

Ma mère, le prendra bien, en fera des tonnes,
Elle en rêvait depuis si longtemps...
Mon Gus aura le sifflet coupé,
Mes collègues, je m'attends à du froid et du chaud...
Pour l'heure je n'ai dit mot... à personne,
Dans le silence indifférent
De l'autocar bondé
Je crochète sa layette, incognito... !

Enceinte à quarante ans,
Après avoir loué un film érotique,
Comme jamais... « Pour le meilleur et le plaisir »
Soudain Gustave et sa bête
Plus ne se sentant...
(Quoi... ? Vous faire un dessin... !! P'tits comiques
Demandez à Charlie, sans rire...)
Fut s'extraodinaire dans la galipette !!

Deux mois plus tard,
Derrière mes lunettes noires,
J'ai un peu honte et bonheur à la fois
Je lui cherche un prénom, au fond de moi,
Emmanuelle ou... Charlie, mouais,
Charlie ou Emmanuelle... Ou les deux, qui sait !

Jill bill

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 13:26

 

Chaque jour de travail

Dans le métro parisien
Ils se sont côtoyés
Ils allaient vaille que vaille
Le plus souvent sans entrain
Loin de leur maisonnée.
Mais un jour de retrouvailles
Ils ont osé
Un sourire en coin,
Un mot sur le rail
Une idée, des petits riens
Ce fut le début d'une longue amitié.

 

Marief

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 12:00
sujet semaine 7

source : wikipédia

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:44

 

Bonjour, le journal de 13h

Au sommaire :

Les dernières nouvelles de l’étranger

Le président Hollande en déplacement à Honfleur pour l’inauguration d’un petit musée consacré à Eugène Boudin

La réforme annoncée dans l’Education Nationale

La cueillette des fraises conjuguée cette année avec la fête de la violette près du canal du midi à Toulouse

Mais avant tout nous voulons vous montrer cette photo… Carnet rose

Cet animal étonnant né dans le zoo de Laponie du sud. Une jeune femelle kangourou avait été amené dans ce zoo après bien des pérégrinations. Mise dans un enclos, Kangoune, c’est le nom de la demoiselle a donné naissance à un animal lui ressemblant trait pour trait mais avec des bois à la ramure impressionnante. Notre équipe dépêchée sur place nous apprend que cette nouvelle espèce est un rennekan. Le bébé, se porte bien, la maman aussi… Quant au père nous savons seulement qu’il était de passage, les traces d’un traineau ont été relevées pas loin du parc. Gageons qu’à l’avenir, Renkan, c’est le nom de baptême du nouveau né, saura se montrer utile auprès Père Noël. Reste une question et elle est de taille…Comment le nourrisson va entrer dans la poche ?

 

Lilou
 
 
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 11:54

Après l’explosion de la centrale EPR de Finlande, une sorte de neige épaisse, aveuglante, avait recouvert toute la planète. Plus rien de visible. Rien de vivant, rien de minéral, et cette matière inodore qui avait tout stérilisé. Puis, après plusieurs siècles, quelque chose avait soulevé cette couette blanche. Voyez-vous, la vie avait repris, par-dessous. Et voici. C’était Premier Animal…

Nounedeb
 
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 15:02

 

Eloignez les enfants,  je vais vous raconter une histoire cochonne.

 

Savez-vous, bonnes gens, ce qu’est un sanglochon ?

J’entends les plus lettrés proposer "le sanglochon des violons de l’automne". Tout faux ! Un sanglochon est le fruit, (pauvre petit, car ce sont toujours les enfants qui trinquent) des amours sulfureuses d’un sanglier et d’une truie.

Imaginez ! Un sauvage, un brutal, défonçant la barrière pour abuser d’une gourde dans la soue (aïe chéri, tu piques beaucoup ce soir).

C’est honteux, mais il faut reconnaître quelque panache à ce viol acrobatique.

 

Mais que penser du cochonglier, petit frère du précédent, bâtard lui aussi, mais issu de l’union d’un porc et d’une laie ? Alors là, chapeau, parce que  hors déluge ou savant fou, les possibilités de rencontre doivent friser le zéro.

 

La nature regorge d'histoires du même type, ce qui démontre in fine qu'en tout cochon il y a un homme qui sommeille.

 

La palme en ce domaine revient sans nul doute aux grands félins : les lions tigres jaguars léopards mélangent allègrement leurs chromosomes pour fabriquer des  ligre liguar liard tigron tiguar tigard jaglion jaguatigre jagulep leopon léotig lépjag, j'en passe et des meilleurs, c'est la grande partouze dans la savane !

 

J'ai un faible pour les charmants cama et lamel selon que papa est un  lama et maman un dromadaire, ou l'inverse, et le crocotte, fils illégitime d'un loup et d'une  chienne, sur fond de scène d'horreur pendant que les chevreaux se font égorger sous la lune.

 

"Quand même", dit le directeur des laboratoires Monstranto  au délégué d'Ikea à Canberra, " je comprends bien que vous cherchiez à tirer profit de la surpopulation de kangourous en leur faisant fabriquer des porte-manteaux. Cela est tout à votre honneur et relève d'une belle logique commerciale ET écologique.

Vous avez vu sur notre plaquette que  nous œuvrons pour le bien de l'humanité, et au premier chef pour solutionner la grande question de nourrir les quelque 9 milliards d'individus que comptera cette planète en 2050. Nous produisons déjà des vaccins et des médicaments dans le lait des ovins et avons convaincu les populations de la nécessité de manger rats, criquets, chiens et chats, en plus de la spiruline. Ce qui, en réduisant l'élevage des gras et flatulents bovins  éradiquera simultanément  l'obésité et le trou dans la couche d'ozone.

 

Mais en ce qui concerne les porte-manteaux bio,  je crains de ne pouvoir vous aider. Car les rencontres entre renne et kangourou sont rarissimes ; à moins d'organiser une importation massive très onéreuse de l'un ou l'autre. Et puis, à supposer que nous y arrivions, les bois sur la tête des jeunes kangourennes déchiquetteraient la poche marsupiale.

 

Sans compter que nous risquerions d'obtenir des rennes sauteurs, pour lesquels je crains que le marché ne  soit extrêmement restreint…

 

Emma

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 19:14

 

Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves.

Seules les traces font rêver.

La parole en archipel – René Char

 

Deux heures de hors-piste. Mathy ressent la fatigue de l’effort. Les raquettes qui le maintiennent à la surface de la couche neigeuse semblent faire partie de son corps ; les bâtons prolongent ses mains, cadencent son équilibre.

Il ne faut pas renoncer. Jamais. L’instinct de chasseur est le plus fort.

Chasseur ? Pas vraiment… Pour lui, tuer n’est pas la finalité de la traque. Débusquer, acculer, voir les volutes d’haleine haletante voilà qui le comble.

Qui de l’animal ou du chasseur se joue de l’autre ?

Animal ? Rien n’est moins sûr.

Qui, que, Mathy poursuit-il ?

Les traces sont larges, inconnues. Espacées aussi.

Furtivement, au travers des sapins, il aperçoit la ramure d’un élan et il s’en étonne. Serait-ce cette bête mythique que nul n’a jamais pu approcher ?

L’animal est vif et bondissant, déjà il disparaît dans un creux. Pas question de faire une pause, la proie impose son rythme.

L’homme s’épuise, néglige la vigilance impérative dans cet environnement hostile.

Quand son corps glisse longuement dans une faille Mathy perd la notion du temps.

 

Ses muscles sont endoloris, la faim le tenaille. Les raquettes et les bâtons brisés sont dispersés il ne sait où. Saura-t-il se sortir de cette impasse ? Lentement il rampe sur la glace, avance, glisse et recule. Il recommence encore et encore.  

Le jour décline soudain. Du moins le croit-il.

Quand sa main gauche est happée par une patte il lève les yeux, ébahi d’admiration. Ainsi elle existe bel et bien cette bête extraordinaire ! Mi-marsupial, mi-cervidé, du fond de quel âge surgit-elle ?

A présent le chasseur se sent proie. Enserré contre le ventre de l’animal que va-t-il advenir de lui ?

En quelques bonds prodigieux, le duo regagne le plateau éclairé. Quelle heure peut-il être ? Qui se soucie de son absence ? Les questions, sans réponse, se bousculent.

Mathy est déposé les deux pieds à nouveau dans la neige. Tout en le maintenant encore contre lui l’animal plonge son regard dans le sien. Longuement. Intelligemment.

Un pacte secret semble les lier à jamais.

 

De retour au village, tous vont le traiter de fada, d’affabulateur, de doux rêveur mais lui se sait poète.

Seule la trace de l’animal  l’a fait rêver.

Seule ?

 

Mony

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 23:01

 

Dans l'échancrure de mes rêves

Je ne savais pas que des fragments de souvenirs pouvaient se faufiler,

Se faufiler pour disparaître

Ou se faufiler pour être à jamais imprimer dans mon histoire en images.

Dans l'échancrure de mes rêves

Je ne savais pas que des fragments d’inachevé

Dansaient la sarabande en farandole folle

Dans l’échancrure de mes rêves

Je ne savais pas que les fragments de possible brisé

S’assemblaient pour créer la chimère vive.

 

Au Canada à 20 ans, je devais allée,

La destinée n’a pas voulu

En Australie, l’amour j'aurais dû suivre,

La raison m’a tenu la main.


Ce matin une vérité est assise dans la neige de mes songes...

Chimère, mensonge sautant de vérité !

Je ne savais pas que sans nous,

Nos rêves oubliés s’adaptaient,

S’organisaient, copulaient et survivaient.

Pourtant, j’ai toujours su

Que le pays des rêves n’est que joyeuse, heureuse et douce folie.

 

Jamadrou

 

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 20:28
 
Cocu largué dans la poudreuse,
Même pas eu le temps
De sauter dans son slip kangourou,
Tout comme son ombre, gênée
Se caillant les valseuses
Recherche igloo désespérément
Pour une nuit chez l'inuit... Coucou !
Ohé ohé ohé... !!
Y a quelqu'un... ? Y a quelqu'un... !!
Et l'écho bègue de répondre, hein hein hein... !
 
jill bill
 
 
 
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 19:27

 

Réchauffement climatique
A la une du Quotidien Extrapolaire
7 octobre 3019
Des explorateurs, connus pour avoir découvert nombre de nouvelles espèces animales*, viennent d’en découvrir une autre.
Au cours d’une expédition dans le bush, ils ont pu observer une nouvelle race animale.
Cerf ou kangourou ? Quoi de plus normal de rencontrer dans ce paysage glaciaire un cerf. On se souvient, en effet, que les cerfs de Laponie, fuyant la fonte des neiges, ont émigré en masse, vers les terres australes, en pleine période de glaciation ; tandis que les kangourous, pour éviter de mourir de froid, émigraient en masse, vers le pôle nord.
Au cours de leur exode respective, des cerfs ou biches esseulés auraient-ils rencontré et sympathisé avec des dames kangourous, désireuses d’emplir leur poche désespérément vides, des messieurs kangourous se seraient-ils laissé séduire par les grands yeux de mesdames biches ?
Nos chercheurs, partis enquêter en Laponie, ne nous ont pas encore communiqué le résultat de leurs travaux, assurant que cela ne saurait tarder.
En attendant de connaître la solution de l’énigme, nous lançons un GRAND CONCOURS :
- Proposer un nom pour cette nouvelle race.
NB : Nous nous réservons le droit de refuser les propositions à caractère raciste, et celles que nous jugerons très bêtes.

 

*Voir nos différents articles sur les crapauds buffles -6/02/2999-, du 13 décembre 3001- les souris chauves – 13/12/3001-, les bonobos à lunettes – 26/08/3014-; du 6 septembre 3014,les crocodiles sacs – 6/09/2789-, les visons manteaux -21/ 06/2745- , les poules coupe-lait -03 /11/3002-
 
 
JaclynO'Léum
 
 
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 16:07

Le kangourenne est un marsuvidé ou cervipial de la famille des macropocervidés ou “tuyau de poële”. On le rencontre en Austrador ou en Labralie... quand on le rencontre, car il est timide.
On ne doit pas le confondre avec un cerf-vidé qui n'est rien d'autre qu'une peau de ruminant.

Le kangourenne est un animal de trait et aussi de point... tout comme le morse qui possède pour sa défense un excellent alphabet.

Il y a bien longtemps le kangourenne côtoyait le mammouth. Aujourd'hui il cotoie en bonne intelligence le casino géant et le walmart, surtout à l'approche des fêtes.
Vers Noël lorsqu'il traverse fréquemment les centre-villes son nez s'illumine de rouge. Lorsqu'il repasse au vert, on a le droit de traverser sauf qu'un kangourenne peut en cacher un autre.

A la naissance le kangourenne-baby rejoint la poche abdominale ou KIB (kangourenne in box) d'où il ressort avant que les bois n'aient trop poussé, soit deux cent jours ouvrables.

Sa queue ou « pelle à neige « - grande et puissante - commence au bas du dos et s'arrête au bout d 'un moment. Encombrante, elle lui interdit toute marche arrière, tout comme le demi-tour chez le dahut.

Le kangourenne porte des bois recouverts de velours qu'il perd en automne et aussi en lambeaux; on dit alors qu'il se déplace en hardes.
Il migre vers le Nord fin avril avant le dégel car les hardes bondissant jusqu'à trois mètres de hauteur pourraient briser la glace.

Lorsque le kangourenne hiverne, on dit qu'il végète-à-rien, le reste du temps il se nourrit d'herbe et de feuilles.

Ses prédateurs sont les loups, les ours et les Austradoriens qui les abattent massivement depuis que Cro-Magnon montra l'exemple, selon la méthode appelée SAG (sans autorisation du gouvernement).
Certains disent que le kangourenne rumine. Disons qu'on ruminerait à moins.
 
Vegas sur sarthe
 
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