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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 16:34

sujet 39/2020 - clic

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Après Le temps des cerises, j'ai dû évoluer. Faut vivre avec son temps.
Alors je suis passé à La danse des canards mais on m'a lancé des navets et des miettes de pain... j'ai compris que trop de canards tuaient les canards.
C'était le temps des Yéyés, de Salut les Copains alors j'ai essayé le Madison Twist et le Locomotion mais aux fenêtres les gens me réclamaient « A présent tu peux t'en aller » … alors j'ai changé de rue.
 
Je me suis mis aux élucubrations d'Antoine avec quelques harmonies empruntées à André Verchuren – on ne se refait pas – mais là-haut ça chantait « Annie aime les sucettes » comme si j'étais là pour vendre des sucreries.
J'avais du mal à être en phase avec mon auditoire, des gros nazes abrutis au Métro Boulot Dodo et qui cherchaient un peu d'évasion du haut de leur HLM.
J'ai bien tenté Les deux pigeons d'Aznavour mais je n'ai reçu que des graines.
Un jour je venais tout juste de mettre au point ma version de Tomber la chemise, surtout le passage où ça dit « Tous les petits gavroches et les têtes abîmées
Et les faces de pioches autant que les minets
Ont mis le feu en sautant à  l'envers » quand ceux du quinzième (l'étage, pas l'arrondissement) m'ont crié « On veut du Scorpion ! ».
 
J'ai mis du temps à comprendre qu'ils parlaient d'un groupe de hard rock et encore plus de temps pour m'adapter !
Allez transposer une Gibson Flying V en piano à bretelles quand vous n'avez suivi que les cours par correspondance d'Yvette Horner !
J'y ai laissé trois phalanges et une belle arthrose aux poignets mais je leur ai sorti mon Still Loving Youuuuu... nom de Dieu !
J'ai pas eu le temps de voir si ça leur plaisait qu'ils étaient déjà passés à autre chose.
Je suis condamné à être un has been.
Aujourd'hui ils veulent du Julien Doré.
J'aime pas Julien Doré.
 
 
Le blog de Vegas sur sarthe
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 18:39

sujet 39/2020 - clic

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Il a levé les yeux vers le ciel, Marcel...

et il a vu le nuage.

Un gros nuage noir et imposant qui n'en finissait plus de s'enfler
et qui recouvrait peu à peu, de son ombre grandissante,
toutes les rues, toute la ville...
 
Il est resté longtemps derrière sa fenêtre à observer, Marcel.
Et à force d'attention, il a remarqué une chose :
c'est que chaque personne, dans la rue, envoyait,
sans s'en rendre compte,
une petite goutte grise dans les airs.
Toutes ces petites gouttes grises montaient, montaient...
et finissaient par s'agglomérer là-haut,
en une masse compacte et menaçante.
 
Il a encore regardé, Marcel.
Il a regardé les visages, les attitudes des passants...
Et il a compris que les petites gouttes étaient
des gouttes de tristesse, d'amertume,
de stress ou de colère...
Il a compris que c'étaient
les émotions négatives des gens
qui alimentaient le nuage
et qui lui donnaient de plus en plus d'ampleur,
de plus en plus de force.
Il a compris que si l'on ne faisait rien,
le nuage finirait par éclater
et par répandre une pluie méchante
sur toutes les têtes...sur toutes les vies.
Une pluie de malheur.
 
Alors, il a mis son béret, Marcel.
Il a mis son béret et il a pris son accordéon.
Muni de son béret et de son accordéon,
il est descendu dans la rue,
et il a joué...
Longtemps.
Longtemps.
Toute la journée.
 
Il a joué tous les morceaux de sa jeunesse,
tous les morceaux qui lui venaient,
toutes les musiques de son coeur.
Il a joué Moustaki et Brassens,
Brel, Piaf et Trenet...
Trenet surtout,
parce que c'est le plus joyeux.
 
Au début, il a joué seul...
et puis un enfant s'est arrêté...
Puis une dame et une autre encore.
Pour écouter.
Petit à petit, les notes ont envahi la rue.
Elles se sont posées un peu partout...
Sur les trottoirs, sur les toits, sur les devantures...
Elles ont commencé à danser dans les têtes
à faire fleurir des sourires...
 
Et petit à petit, au fil des heures,
il a vu les gouttes changer de couleur...
elles ont rosi...elles se sont fait plus légères...
Un rai de lumière a filtré au travers du nuage...
Les gens l'ont vu
et ont souri de plus belle...
 
A la fin de la journée,
la ville était comme transformée.
Libérée.
Le soleil était revenu.
 
Alors, il a joué un dernier morceau, Marcel.
Son préféré, qu'il avait gardé pour la fin.
 
A ce moment-là,
il a vu une colombe descendre du ciel.
Tout doucement, elle s'est posée sur son béret...
Mais il continué,
comme si de rien n'était...
 
Et puis trois autres colombes sont arrivées.
Du bout de leurs pattes, du bout de leurs ailes,
elles ont fait tinter les clochettes.
 
Il les a reconnues, Marcel.
C'étaient les clochettes de la paix.
 
 
Le blog de La Licorne
25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 09:22

sujet 39/2020 - clic

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Rentrez-vite blanches colombes, les walkyries de la cause animale sont sur le pied de guerre. Elles accourent au moindre son discordant, au miaulement dissonant, au couac disharmonieux.

 

Rentrez blanches colombes ! Hier, ce sont mes puces qui ont été placées. Le galetas d’un squat leur a servi de nid. Trois ans qu’on travaillais ensemble, que je les laissais me picorer la couenne, que les avais dressées à sauter de mon béret sur les clochettes en rythme.

 

Et le scorpion que j’apprivoise, où finira-t-il celui-là ?  Dans un vivarium ? Ou anonymement, dans un zoo de province ?

 

Ah, misère ! C’en est fini de mon crincrin et de ses ritournelles. On a beau dire, les petites bêtes c’est accrocheur ! C’est ça le commerce, faut se démarquer, attirer le chaland, créer la surprise, le fidéliser. La musique charme l’oreille et la vue scotche le badaud et l’incite à mettre la main à la poche.

 

Va falloir que je me recycle !

 

 

L'Entille

25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 07:51

sujet 39/2020 - clic

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Son vieux béret sur la tête, 
Tourterelles en compagnie, 
Avec elles, c’est la fête ;  
Très discrètement nous sourit. 
Rêvant à son bonheur d’antan, 
Que lorsqu’il était un enfant, 
Son père faisait tourbillonner 
Cette foule se laissant griser. 
Là, doit se faire une raison, 
Presque du SCORPION l’aiguillon. 
Qui s’arrête pour l’écouter ; 
À part ces bestioles ailées ! 
Le décor n’est plus le même ; 
Ce présent a tout chamboulé. 
Face à ce grand dilemme, 
Le plaisir l’emporte sur l’apogée. 
 
Le blog de Colette 
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 19:16

sujet 39/2020 - clic

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Une colombe est posée sur le béret, sur la partie arrière du béret, la plus haute en altitude. Nous dirons un mètre quatre-vingt-cinq.

Le monsieur est un accordéoniste. Il sait peut-être jouer d’autres instruments. On ne sait pas s’il a posé la bouteille vide derrière lui juste au coin de la fenêtre.  

Il a chaussé des lunettes noires. Il porte un manteau. Par-dessus, sur les épaules, il a déployé une pièce de tissu aux motifs floraux, maintenue par les bretelles de son « piano du pauvre ». Il ne semble pas que ce soit une protection imperméable. 

Il a la tête légèrement penchée vers l’avant. Est-ce l’effet conjugué du poids de l’instrument, de sa concentration, et de sa volonté d’apporter un certain confort à sa complice perchée, voir plus haut ?

Côté main droite de l’instrument, on aperçoit la plaque du fabricant « De Bruyne ».

Trois autres complices, de paisibles colombes, sont posées sur un perchoir sur la gauche de l’instrument. Elles peuvent actionner une cloche et des clochettes en se déplaçant. La main gauche de l’instrumentiste joue et se promène sous ce petit échafaudage astucieux.

C’est un petit orchestre. Connaît-il des airs populaires, des chansons de troubadours ?   Joue-il la valse des scorpions ?

Il a son petit succès et ses habitués dans le quartier. Et c’est bien.

Il est attendu et apprécié, ses notes font partie du tableau, elles instillent légèreté et gaieté au décor, c’est comme s’il transportait une guinguette avec lui une belle tranche de vie. 

Et ça n’a pas de prix.  

 

 

Le blog de K

 

24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 17:40

sujet 39/2020 - clic

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C’était en 1955 exactement. Je me souviens bien de la date, car mes parents m’avaient promis cette année-là de me faire visiter Paris pour la première fois. Récompense de mon examen de 6° réussi, l’année suivante, j’allais intégrer le prestigieux collège de jeunes filles de ma ville, tenu rigoureusement et sévèrement par sa directrice, Mademoiselle Dubourg. Ah, on en avait mis du temps pour arriver, vous pensez, avec la vieille 203 qui n’en pouvait mais, mais qui nous avait conduits tout de même vaillamment jusqu’au centre, sans panne et sans anicroches, par des routes dangereuses souvent, à cause de leur étroitesse et de l’impatience des conducteurs à doubler les traînards. Nos voisins en firent d’ailleurs les frais dans les mêmes moments et perdirent tous deux la vie en allant à un mariage à Paris.
 
Ce drame ne s’était pas passé encore et c’est joyeuse que j’arrivai dans la capitale en ayant chanté sans arrêt dans la voiture, et un peu agacé mon père qui voulait se concentrer sur sa conduite. La tour Eiffel fut notre première visite, j’étais émerveillée de tout ce que je voyais. A un moment, nous nous sommes retrouvés dans le quartier des Halles, avec ses commerces, ses ouvriers, sa foule bigarrée, son agitation. Quel contraste avec ma petite ville si paisible, si calme ! En bas d’une grande horloge, il y avait un musicien qui s’accompagnait avec un accordéon. Je n’aime pas trop l’accordéon, maman a dit que c’était  le piano du pauvre et moi je joue du piano, pourtant on n’est pas si riches non plus !
 
Ce qui m’a plu, ce sont les pigeons posés sur sa tête et en équilibre sur son engin, je n’ai jamais compris comment ils faisaient pour ne pas faire écrouler le système et humilier ainsi notre artiste qui s’en donnait à cœur joie avec les airs du moment. Il ne chantait pas, mais moi, je les reconnaissais tous, ces airs, à les entendre à la radio, qui tenaient une grande place dans nos vies, vu que la télé n’existait pas.
 
Je chantais mentalement dans ma tête en suivant l’air : Le piano du pauvre, Mes jeunes années, Cerisier rose et pommier blancLa java bleue et enfin tous les standards du moment.
 
Quand il fallut partir, je fus bien triste, parce qu’en dehors du musicien, ce sont ses pigeons qui m’amusaient trop et je me demandais si celui qui était sur sa tête n’allait pas avoir envie, à un moment, de… Bon, vous comprenez ce que je veux dire. Mais tout se passa très bien et nous poursuivîmes notre route à la rencontre de nouvelles découvertes.
 
Je n’oublierai jamais ce premier contact avec la capitale. On ne remplacera jamais, c’est sûr, et quoi qu’on en dise, la grâce et le bonheur des premières fois.
 
(date de la photo, 1955, Paris)
 
 

Le blog de Cloclo

24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 16:09

sujet 39/2020 - clic

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Je suis l’as de l’accordéon.

M’lasse pas de jouer sur mon bandonéon.

 

Je joue pour me faire un peu de pognon

mais sur la plage ce n’est pas facile, oh non !

 

Sur ma tête rythment les pigeons

qui se foutent pas mal des scorpions

qui dans le sable harcèlent mes arpions.

 

Mais un jour je serais le champion

D’la guinguette ornée de lampions

Et tous, au son de mon accordéon

avec langueur ils danseront

 

Alors là je deviendrais le garçon

Qu’on salue bas, car plein de picaillon

 

 

Le blog de JAK

24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 16:03

sujet 39/2020 - clic

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Mais que vois-je au détour d’une ruelle,

Un homme avec un accordéon tenu par des bretelles,

J’ai l’impression de changer d’espace-temps,

Et de me retrouver il y a quarante ans,

Dans une ville pavée,

Avec des artistes à tous les coins de rue,

Qui partagent un instant de leur vie,

Avec les passants qui s’agglutinent autour d’eux,

Pour profiter de la musique et des chansons,

Cet homme, avec son béret vissé sur la tête,

A des partenaires particuliers,

Trois tourterelles, qui apparemment apprécient sa musique,

Et picorent tout en écoutant l’accordéoniste,

L’homme ne demande rien,

Pas de soucoupe pour recevoir des pièces,

Il veut juste partager sa passion avec les autres,

C’est cela qui le rend heureux,

Il aime son instrument, et écume les bals musettes,

Afin de régaler les autres de son art,

C’est un homme généreux,

Et j’espère qu’il ne s’arrêtera pas de jouer pour les autres,

Car il apporte beaucoup de bonheur autour de lui.

 

TARVAL

24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 15:58

sujet 39/2020 - clic

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Bien loin de sa première histoire chaotique et passionnelle avec un homme scorpion qui avait le double de son âge ou le gémeau, son pygmalion qui avait 50 ans de plus qu'elle, l'enfance de Cannelle fut sage, très sage, trop sage? Elle regardait la télé avec ses parents. Danièle Gilbert, la blonde animatrice coiffée comme elle à la Mireille Mathieu que l'on voyait beaucoup à la télé comme Rémy Bricka[1], qui avait un accordéon parmi la trentaine de kilos et la vingtaine d'instruments qu'il portait sur le dos.
Claude François et ses clodettes, Stone et Charden, les émissions de variété des Carpentier. Cannelle a aimé cette époque, son enfance qu'elle ne savait pas heureuse mais qu'il l'était. La joie d'aller à l'école, le plaisir du goûter, faire ses devoirs en regardant "Les visiteurs du mercredi[2]", les variétés de cette époque qu'elle aime encore écouter, gaie, les costumes colorées comme l'étaient les tenues de sa grand-mère, comme elle aime que le soient les siennes pour avoir un coin d'insouciance dans un océan d'ennuis qui se déchaînent sur elle depuis qu'elle a perdu son Daniel qui la sauva de la déchéance après que la frénésie de séduction se soit transformée en quête dangereuse des limites.
 
[1] - clic
[2] - clic
 
 
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 15:48

sujet 39/2020 - clic

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Avec son air vieil d'accordéon

qu'il traîne partout

le bonhomme s'asseoit dans la rue et il joue

Il joue pour le plaisir

pour le sien et celui des passants

Puis il se met à chanter

avec sa belle voix de basse

sa chanson préférée

 
« On se voyait au café des trois colombes
Au rendez-vous des amours sans abri
On était bien, on se sentait seuls au monde
On n'avait rien, mais on avait toute la vie » clic

 

Les passants s'arrêtent, ils sourient

esquissent furtivement un pas de danse

il y a toujours une suite à la chanson

Ils attendent les colombes

Car le clou du spectacle

ce sont les colombes

Elles arrivent, comme conviées

par cet air qui donne envie de voler

Elles ont entendu la chanson

L'une, toujours la même

se pose sur sa casqeutte

c'est son amie

les autres se groupent sur sa caisse

inclinant la tête, elles écoutent

et quand il a fini

que les passants ont applaudi

elles s'envolent à tire d'ailes

vers les buissons fleuris

de la rue de Paradis

Et les passants qui se sont battus

avec les scorpions qui jalonnent leur vie

s'en vont tout ragaillardis

avec ce refrain qui chante dans leur tête

et oublient un instant leurs soucis.

 

 

Le blog de Lecrilibriste

24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 15:34

sujet 39/2020 - clic

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Cet accordéoniste n’est pas une vedette,Autour de lui, aucune Clodette.Les médias ne parlent pas de cet artiste,Qui n’est pas égoïste.Il joue pour satisfaire,Et parfaireSon amour de la musique,Sur son tabouret, stoïque.Assis au milieu de son village,Lui donnerait-on un âge ?

 

 Béret basque sur la tête,C’est son habit de fête.Lunette de soleil,Il n’a pas son pareil !Quatre pigeons l’écoutent,La musique, leur casse-croûte.Ils sont son auditoireEt ne le laisse pas choir.La nature reconnaît son art,Il joue sans écart.

 

 Elle ne peut l’abandonnerNi, avec un scorpion, lui lancer une avoinée.Il joue avec le cœur,Pour son bonheur.Avec elle, il vit en harmonie,Et dans son cœur de la sympathiePour celle qui la donne viePar un amour inassouvi.Il est devenu son amiComme son voisin Jérémie.

 

 Ses grands doigts glissent sur le clavier,Sans jamais dévier.Il joue pour son amie la nature,Qui écoute son écriture,Qu’elle joint au chant des oiseaux,Dans le ciel, là-haut.Le soleil accompagne cette harmonie,D’une belle cérémonie,Et réchauffe l’universDe ses rayons grands ouverts.

 

 

Le blog de Chatondaniel

24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 15:00

sujet 39/2020 - clic

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L'accordéoniste m'a accordé une entrevue
et le droit à l'image.
Entre vues de l'esprit
et vue de Paris
j'aime cette photographie
Il faut être aveugle et poète comme lui
pour entendre les tourterelles
jouer de la clochette
sur leur plateforme nomade
et sentir la plus belle
sur le béret/cymbale
donner le tempo
en coups de bec précis.
Oui l'accordéoniste m'a accordé une entrevue
il aime les oiseaux la musique et le vent
il aime son accordéon
et la généreuse amitié des passants.
 
 
Le blog de Jamadrou
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 14:09

sujet 39/2020 - clic

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Dans les rues de Paris

Quand revient la belle saison

Son rayon de soleil

Le musicien tout pareil

Avec son accordéon

Revient jouer ses mélodies...

 

Scorpio l'italien de Sicile

N'a pas de chien savant

Bien dressé et docile

Gigotant au son de l'instrument...

 

Non ! Sa ménagerie, quelques tourterelles,

Musiciennes à leur manière

Sur le piano à bretelles

Grelot, clochette, pour deux notes singulières

Et faire se retourner sur eux

Le piéton parisien

Qui sous ses cieux

N'a le temps de rien...

 

Scorpio, signe du scorpion,

Fidèle à son coin de trottoir

N'a pas d'autres ambitions

Que celles d'amuser son auditoire...

Pas de soucoupe

Pour obliger au geste, à l'obole

Lui et sa p'tite troupe

Se mettent en scène, pour la gloriole...

 

 

Scorpio l'italien de Sicile

Taiseux sous le béret

Mais des mains à rendre volubile

L'accordéon, jamais muet...

 

 

Le blog de jill bill

22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 11:37

sujet 38/2020 - clic 

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Elle était là, bleue comme l’océan, devant moi…m’invitant à entrer.

J’étais partie tôt ce matin-là dans le but de découvrir les merveilles de cette île sur laquelle j’avais décidé de passer quelques jours de vacances, loin du tumulte de la ville, loin de ma vie habituelle…loin de tout ce qui me pesait et me polluait. Je pensais retrouver un peu de paix intérieure, seule au milieu de nulle part.

 J’avais choisi cette île parce qu’en lisant le dépliant déposé à l’entrée du cabinet de ma psy, j’avais été séduite par les photos de paysage : une eau si claire que la lune s’y reflétait en se parant de couleurs bleutées, des sommets verdoyants qui surplombaient le seul village de pêcheurs de l’île, une bulle de fraîcheur naturelle... Une quiétude mêlée de curiosité s’échappait de ces images paradisiaques et m’avait de suite séduite.

Mon escapade avait commencé dès l’aube, sac au dos, appareil photo en bandoulière… Je voulais profiter de la fraîcheur matinale et du soleil levant qui, tel Narcisse, se miroitait dans les vagues écumantes avant de s’échouer avec elles sur le sable blanc. Et peut-être aurais-je la chance d’apercevoir quelques animaux de la faune locale ?

Après une heure ou deux de marche sur un sentier bordé de fleurs colorées et embaumantes, d’arbres majestueux sans doute centenaires, j’arrivai sur un plateau dégagé d’où la vue était époustouflante ! La sérénité et la plénitude m’envahissaient. Je me sentais bien…juste bien…cela faisait si longtemps que je n’avais pas ressenti ce calme en moi. Je respirais enfin.

Après une pause, je repris mon chemin en direction d’une source que j’avais repérée en préparant ma randonnée. Elle était indiquée sur une carte que je m’étais procurée dans le hall de l’unique hôtel de l’île. Sur mon appli de téléphone, les internautes la décrivaient comme un lieu ressourçant au milieu des montagnes, un petit paradis au cœur de la forêt et 5 étoiles étaient décernées à cette randonnée. Pour l’instant, je ne pouvais que confirmer : ça valait vraiment le coup !

Arrivée à la source du Mystère, c’est le nom du torrent qui nait ici, je m’allongeai un instant pour savourer la douceur du bruissement de l’eau qui s’écoulait dans un magnifique étang aux eaux turquoise. Seuls les chants des oiseaux résonnaient contre les roches sombres qui entouraient la source. Du bonheur à l’état naturel.

Mon regard fut alors attiré par un éclat lumineux derrière les herbes. Je m’approchai et à ma grande surprise, je trouvai une vieille clef rouillée mais finement ciselée. Un travail de maître. Je souriais toute seule en imaginant tous les trésors que pouvait dissimuler sa serrure fermée à jamais ! Je pris la clef et la glissai dans une poche de mon sac à dos.

Je levai alors la tête et m’aperçus que le ciel se couvrait…pourtant la météo n’avait annoncé aucun orage. On ne peut vraiment plus se fier à rien ! Renfrognée, je décidai donc de rebrousser chemin et de rentrer à l’hôtel.

Mais je fus vite rattrapée par une pluie battante …le ciel était maintenant noir et je distinguais péniblement le chemin devenu boueux...Grrrr, pourquoi fallait-il toujours que j’ai la poisse même quand tout devrait être idyllique ???  Je devrais porter plainte contre les météorologues qui m’avaient bernée. « Soleil éclatant toute la journée, pensez à votre crème solaire ! » qu’ils disaient. Tu parles, encore des bobards pour touriste naïf, oui !

Qu’est-ce que j’ai pu être stupide de croire que je pourrais bénéficier d’un peu de zenitude sans contre-partie désagréable !

Ruminant mon manque de chance, je ne remarquai même pas que mes pas s’étaient éloignés du chemin, depuis un bon moment…ce n’est que lorsque mon visage se retrouva couvert de boue après une chute monumentale dans un ravin que je le réalisai. Encore heureux que je ne m’étais pas blessée, car mon tel ne fonctionnait évidemment plus, l’écran était brisé en mille morceaux ! Par contre, mon dernier Canon haut de gamme était hs, bravo… en fumée mes économie pur pouvoir me le payer, disparues toutes mes photos paradisiaques…la POISSE !!!

Après m’être relevée, le dos douloureux, des égratignures partout, mes vêtements trempés… je m’aperçus que la pluie avait cessé. Je râlais encore quand je vis un bâtiment un peu plus loin. Je m’avançai, pensant pouvoir trouver un refuge le temps de me remettre de mes émotions et de sécher.

Mais plus je m’approchais, plus un sentiment étrange me serrait la gorge…il n’y avait pas qu’un bâtiment…mais un village entier. Je ne l’avais pourtant vu indiquer nulle part. Le silence était pesant, mais je pénétrai quand même dans les ruelles étroites. Personne.

J’errai dans les rues de ce village perdu au cœur des montagnes, un village abandonné à son sort depuis peu semblait-il. Je ne sais ce qui avait fait fuir ses habitants…une tempête de trop ? Un danger inconnu ?

Un frisson me parcourut tout au long du dos à l’idée que j’étais seule dans ce lieu ignoré des cartes touristiques, ignoré du monde…même sur mon GPS il n’apparaissait pas.  Je commençais à sentir l’angoisse monter en moi. Je m’apprêtais à rebrousser chemin pour retrouver le sentier qui menait à l’hôtel lorsqu’elle se dessina devant moi au bout d’une rue.

Elle était là, bleue comme l’océan, devant moi…m’invitant à entrer.

Allais-je oser franchir cette porte entrouverte dont la serrure me rappelait les ciselures de la clef ? La clef de la source du Mystère, ce ne pouvait être une coïncidence…

 

Le blog de Mary Grimoire

21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 13:56

sujet 38/2020 - clic 

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Sous le portique sculpté

comme celui d'un temple

une porte entrebaillée

d'un bleu de mer Egée

te convie à entrer

la vie s'y alanguit

à l'abri des rayons

brûlants de l'été grec

 

Celui qui est parti

l'a laissée entr'ouverte

car il attend Vassiliki,

le temps d'aller chercher

Ouzo et tzatziki

pour accueillir celle

dont son cœur est épris

Ensemble ils danseront

tangos et sirtakis

jusqu'au bout de la nuit.

 

Le blog de Lecrilibriste 

21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 13:49

sujet 38/2020 - clic 

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Il m’a dit, donnons-nous rendez-vous.

Je ne connaissais pas la ville, il s’est occupé de tout.

Il me savait facétieuse, il s’est montré ambitieux.

Par courriel, je reçu un plan des lieux

Sur parchemin plusieurs fois gratté.

Les rues étaient parfois nommées

Des monuments y étaient indiqués,

La poste, la mairie dûment précisées.

Un signe a attiré mon regard,

Une main, non loin de la gare.

Le jour et l’heure y figuraient.

C’est demain et j’y serai.

Dans un autre mail, j’ai reçu aussi

Une photographie,

Une porte bleue, sans numéro, sans adresse.

Un jeu de piste, une allégresse.

Et me voici,

Sur le parvis.

La carte dans les mains,

Guide de mon chemin.

Une bulle éclate dans mon cœur,

Je suis presque à l’heure.

La porte devant moi, légèrement poussée,

Accueillante, et moi ébranlée.

Je pousse, il est là.

L’inconnu,

Déconvenue !

Un petit bonhomme gras.

Un rictus accroché sur un visage masqué.

Je voudrais m’échapper

Mais la porte s’est refermée.

 

 

L'Entille

20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 16:56

sujet 38/2020 - clic 

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Visitant une ville,En évitant les quartiers bidonvilles, À la main, un plan du syndicat d’initiative,Des photos explicatives,Nous allions à la recherche,Fort de cette perche,De maisons anciennes,De la ville, les doyennesAyant traversé tant d’années,À la démolition, non condamnées.

 

 Une histoire racontée par les pierresN’ayant jamais quitté leur tanière.Cette ruelle, chemin des condamnés,Nos ainés,Aboutissant à un échafaud,De grandes familles, le chaos.La plus grande église nommée cathédrale,Par une bulle papale.D’autres églises, anciens monastères,De plusieurs administrations, locataires.

 

 Sur une petite place, une porte nous a attiréeArrêtés devant pour l’admirer.Porte bleue à moitié ouverte,Nous étions en alerte.Que dire de son entourage en pierre,Cachant une ancienne poudrière !

 

Les échanges allient bon train,Chercher la vérité nous étions contraints.Derrière la porte bleue à moitié ouverte,S’offrait à nous une galerie étroite couverte.

La peur au ventre nous l’avons traversée,Nous donnant la main sans nous disperser.La galerie ouvrait sur un cloîtreIl nous fallait débattre,Monument non indiqué sur notre guide ;Remontait-il au temps des druides ?Y priaient des moines ou des sœursQui s’occupaient de fleurs.Toutes les portes étaient fermées,Nous ne nous sommes pas alarmés.

 

 Reprenant la galerie en sens inverse,Un homme nous attendait à l’abri de l’averse.Il nous parla bien gentiment,De tous ces bâtiments.Normalement la porte aurait dû être fermée ;De l’histoire du site, il nous a informés.De grands travaux sont en cours,Comme dans les alentours.Un ouvrier a sans doute oublié le tour de clé,De cette porte, nous avions eu les mots-clés.

 

 

Le blog de Chatondaniel

20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 13:44

sujet 38/2020 - clic 

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J'ai pleinement réalisé que Casablanca portait bien son nom quand j'ai commencé à m'y promener au sens de Rousseau[1]. Le blanc dominait bel et bien cette ville que je découvrais les yeux grand ouverts alors que je n'avais aucune envie de venir y vivre. La deuxième couleur dominante était le bleu de l'Océan et du ciel. Tout cela était éclipsé par la bulle dorée du soleil qui pétillait dans mon corps comme les bulles champenoises de ma jeunesse.
 
[1] clic
 
 
18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 15:59

sujet 38/2020 - clic 

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Il se réveilla une nouvelle fois.

Juste là, maintenant… Tout ça parce qu’il avait parlé de mettre la clé sous la porte ce qui, si l’on y songe, n’est pas si facile.  Sous un porte-malheur alors ? Non plus.

Il se rappelait vaguement ces histoires de portes, un truc qui doit être ouvert ou fermé, une porte doit être toute verte ou fermée, ouverte ou bleue, bleue comme quoi déjà ? - la peur, sois à ce que tu penses !

La porte ! La ferme ! plutôt crever, rien ne le faisait flipper comme une porte entrouverte, non rien et sans doute, était-ce à cause de l’entrée possible de la moitié des abus.

Et puis, mince, en toute indignation, une porte entrouverte, la confusion, tu fais comment pour y écouter le chant des termites, ah ça, personne n’en parle jamais !  Déjà que les murs ont des oreilles.

 Dans sa bulle, sa geôle, retenu -par qui ? pourquoi ? quels porte-flingues (que ne l’avaient-ils pas mis à la porte) ? – son séjour se prolongeait, sans carte, et il avait perdu la notion du temps : fini, midi à sa porte. Et plus que son cœur, les portes battaient en lui, une obsession, un véritable porte-à-porte mental qui espérait-il le conduirait à la porte de secours où l’on crie en urgence « y a quelqu’un ? » … enfin pas trop fort sinon ils vont te repérer.

Derrière sa porte de frigo, il claquait des dents autant qu’une porte mal fermée et cette pensée paradoxalement le remplissait d’espoir, à défaut d’enfoncer des portes ouvertes, est-ce ainsi qu’un passage se crée ?

Pour l’espion qui ne venait et n’allait plus nulle part mais végétait derrière sa porte de bois, balayer devant sa porte était ce qu’il voulait le plus au monde désormais, ça voulait dire je suis sorti !

 

 

Le blog de K

18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 11:17

sujet 38/2020 - clic 

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Une porte seule au milieu de nulle part, une porte bleue là nous obligeant à entrer car il n'y a pas d'autres solutions que de l'ouvrir cette porte. Tout est vide par ailleurs.

 

La porte ouverte, nous entrons dans un tunnel bien profond comme lorsque l'on entre en nous et recherchons ce qui nous pousse à vivre alors que tout dans ce tunnel et dehors n'est que magma. Pas la moindre petite bulle pour échapper rien qu'un instant à l'horreur qu'est devenu ce monde pourri par les oligarques et leurs marionnettes.

 

Ce monde vide d'humanité au bord de l'explosion est bien réel quoi qu'en disent les gens endormis dans leur confort béat de certitudes.

 

Se réveilleront-ils un jour ? Nul ne le sait et si ils le font, dans quel état de désolation se trouveront-ils ? Je ne sais pas. La peur m'étreint d'un coup et je marche, marche, dans ce tunnel comme un zombie à la recherche d'une âme éveillée prête à me tendre la main pour continuer. Elle ne viendra pas car c'est en moi, c'est en nous que se trouve la solution et chacun à la sienne pour se sauver du purin nauséabond où nous sommes enfoncés par manque de clairvoyance des buts mortifères des gouvernements.

 

Quel avenir nous attend ? Je ne sais pas. Tout le monde n'a pas encore passé le tunnel et si l'on y parvient, nous devrons changer car nous sommes à la fin d'une civilisation telle que l’on a connue.

 

 

Le blog Aimela

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