Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 16:49

sujet semaine 42/2017 - clic

Mardi 28 sept 1955.
 
Journée de merde ! Je savais bien que ne devais pas me rendre à ce rendez-vous !
Sapée comme une grue sur les bons conseils de Françoise ! Elle veut ma mort…
Albert ? Inconsistant, laid, puant.
Au cinéma, il a voulu m’embrasser, sa grosse poigne sur ma cuisse. Je voulais juste savourer le film avec mon acteur préféré, James Dean.
Mais ce gros porc se faisait insistant, collant.
Quelle ironie maman ! Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Mais tu n’es plus là.
J’aurais aimé venir te voir. Mais j’avais vraiment trop mal aux pieds, à cause de tes chaussures trop petites pour moi. Je voulais que tu m’accompagnes encore un peu.
J’ai mis ta robe aussi et pris tes bijoux.
Je ne te ressemble pas. Tu étais belle, moi pas. Mais ce n’est pas grave car dans le fond je ne veux pas être toi. Etre une « vraie femme » ne m’intéresse pas. Je veux juste être LIBRE.
Demain, je remets le pantalon de mon père.
 
 
D.S
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 11:51

sujet semaine 42/2017 - clic

 

Dimanche prochain, nous irons voir l’exposition consacrée à Irving Penn au Grand Palais

Nous avons réservé comme ça se fait quand on vient d’un peu loin et à cause du succès

Que cette exposition doit avoir auprès des amateurs de mode, de photographie et de cet artiste

Qui s’est intéressé non seulement à la mode mais aussi à tous les aspects du monde

Qui nous entoure : le monde des paillettes et celui des petites gens, la forme et le fond.

Lorsque nous attendrons pour rentrer dans l’exposition, si des gravures de mode

Me regardent avec ironie car je n’aurais pas le look étudié des mannequins photographiés

Par Irving Penn, je m’en ficherais car comme Irving Penn, je m’intéresse au monde

Qui m’entoure dans tous ses aspects : à la mode un peu et à tout ce qui m’entoure

 

 

Laura Vanel-Coytte

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 15:18

sujet semaine 42/2017 - clic

 Ah, ces Balando, ils ne m’y reprendront plus ! On dit qu’on trouve tout sur le net, c’est peut-être vrai, mais choisir des chaussures sur catalogue, c’est comme choisir un vin avant de le goûter ! Le mois dernier, je vois de beaux trotteurs entièrement cuir vachette, extérieur, intérieur, semelles élastomères anti ampoules, anti frottement, anti tout, soldées à 30%, je me dis, ça, c’est une bonne affaire. Je commande, je reçois, j’essaie, rapidement, j’avoue, ce jour-là j’étais pressée, Loïc m’attendait au bas de l’escalier, nous allions à un cocktail chez les Jourdain… Bref, je me dis, c’est bon… et ce matin, également pressée (c’est fou ce que les rentiers ont un emploi du temps chargé !), avant d’aller chercher Janine pour l’emmener au restaurant puis faire les boutiques, comme tous les vendredis, j’enfile de confiance mes chaussures neuves. Tout se passe bien au début, et puis, au bout de 2 km dans les rues de Paris, je ressens une vive douleur au pied gauche. Janine me dit : c’est peut-être ton hallux valgus qui te gêne ? Tu devrais te faire poser une orthèse, ça te soulagerait ! Janine est bien gentille, mais il faut toujours qu’elle me conseille sur tout. Voyons, Janine, tu sais bien que j’ai été opérée l’année dernière ! Ah oui, c’est vrai, je croyais que c’était l’autre pied !! Ou alors, peut-être une ampoule ? Non, ces chaussures sont neuves, je pense qu’elles s’assoupliront à la longue, et puis, voilà bien 2 heures que nous déambulons. Eh oui, la fatigue… et l’âge sans doute aussi, ajoute Janine, qui n’a aucun tact et ne rate jamais une occasion de me faire sentir qu’elle est la plus jeune !  J’ai failli répondre « mêle toi de tes oignons », mais j’ai voulu éviter le jeu de mots, de peur de la voir éclater de rire, car à ce moment précis de mon récit, je n’en avais nulle envie, et mon pied me faisait de plus en plus mal.

J’ai repris la dite chaussure en main pour bien l’examiner, pour tenter de dénicher l’éventuel caillou qui se serait fiché dans une extrémité ou glissé subrepticement sous un bout de semelle décollée, mais rien ne paraissait anormal. Je retournai la chaussure  pour y déceler une possible anomalie, il n’y avait que l’indication de la pointure inscrite au talon : 38. Pour plus de sécurité, j’enlève l’autre chaussure, je les compare point par point, je retourne la chaussure droite pour la comparer à la gauche et là je lis : 39.

Ces crétins de Balando m’avaient envoyé des chaussures de pointures différentes et je n’y avais vu que du feu. Il ne me restait plus qu’à me rechausser et à héler le premier taxi pour rentrer chez moi au plus vite. Ma journée était gâchée. Ca nous fera faire des économies, a dit Janine pour me consoler. Et elle ajouta avec une pointe d’ironie: la prochaine fois, tu feras  plus attention pour  trouver chaussure à ton pied ! Ah cette Janine, je l’aime bien, mais pour ce qui est de l’humour, je pense qu’il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Et avec de bonnes chaussures, surtout  !

 

Cloclo

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 20:01

sujet semaine 42/2017 - clic

Nini, qu'elle s'appelle. Mais dans la rue c'est Princesse. Pas qu'elle soit plus fière ou mieux née que les autres, mais parce que son mec, c'est le Prince, un caïd fils de caïd, que jamais personne ne penserait à contester son territoire, qu'il avait du reste bien étendu depuis que son paternel s'était fait étendre, lui... Peut-être à cause de ça, d'ailleurs, comme qui dirait pour venger sa mémoire...

Ça lui faisait encore plus de rues à arpenter, à Nini, vu que la théorie de Fernand - pardon, du Prince - c'est que le personnel doit tourner, pour pas lasser le client et pour pas que ta tronche s'imprime trop vite dans la rétine des poulets. Ça finissait quand même par arriver, mais le Prince arrosait suffisamment large pour éteindre les braises quand ça sentait le cramé.

Nini, elle est pas née dans le milieu. Du temps où elle s'appelait Aline, elle vivait comme tout le monde, avec un père qui ramenait chaque mois sa paie d'honnête ouvrier mal payé et une mère qui travaillait au noir pour boucler un budget mort le quinze. Dans leur vie médiocre, il avait eu la chance de n'avoir qu'une fille. Ils n'auraient jamais pu allonger une thune de plus pour un autre gosse.

Nini avait grandi sans démonstrations d'affection mais sans taloches. Elle avait l'esprit vif  et savait tourner sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir. Elle suivait à l'école et se voyait bien travailler dans un bureau, loin de l'usine qui faisait survivre son patelin. Á seize ans son paternel lui avait permis d'aller au bal le samedi soir, avec sa copine Yvette chaperonnée par son frère aîné, plus occupé à chahuter avec ses copains qu'à garder un oeil sur sa frangine qui, elle, perfectionnait sa technique du tango avec tous les boutonneux du coin en mal de chaleur humaine.

Un soir qu'elle s'ennuyait ferme dans un coin de la salle des fêtes en sirotant un jus d'orange tiédasse, Aline avait décidé de rentrer chez elle sans attendre Yvette. Il pleuvait, elle avait couru et perdu une chaussure dans une flaque. Un mec était descendu d'une bagnole garée sous un réverbère, il avait ramassé la grole, l'avait épongée sur son futal avant de se pencher pour la glisser au pied trempé d'Aline, transportée d'un coup dans l'univers féerique des bouquins qu'elle dévorait quand elle était môme. Il était prévenant, regard de braise sous le large bord de son Borsalino chocolat. Sa gabardine fleurait le tabac blond et sa bouche disait qu'elle était belle comme une sirène avec ses cheveux bouclés où s'accrochaient des perles de pluie. 

Il avait proposé de la raccompagner. Il était revenu, souvent, jusqu'à ce que ses parents s'habituent et se laissent embobiner pour lui permettre de partir à la ville. Sans dire quelle ville. Elle ne les a jamais revus. Lui n'était plus ni tendre ni même poli. Elle était devenue Nini et n'avait plus connu que les trottoirs des bureaux, à partager avec d'autres filles aussi paumées qu'elle. Et puis son homme avait pris du galon et son surnom à elle avait changé, mais pas sa condition.

Ce soir elle en a marre. Marre de se faire exploiter, tabasser, marre d'arpenter le bitume, de devoir sourire quand elle a envie de pleurer. Dire qu'il y a des secrétaires qui font la gueule en se posant tous les matins devant leur machine à écrire...

S'assoir, rien qu'un instant, histoire de masser ses pieds douloureux, voler quelques minutes de répit à la vie...

Une voiture s'arrête, une vitre se baisse : "Alors, Princesse, on abdique ?" grince une voix ironique...

 

 

Galet

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 11:27

sujet semaine 42/2017 - clic

A peine née et déjà enfermée dans une boite de nuit.

 

Mais comme elle était belle la propriétaire de lieux l’ exposa.

 

De là elle découvrir la vitrine sur le monde

et cela fit naître en elle des envies de voyage et de découverte.

 

Elle se fit séduction pour conquérir le cœur d’une belle.

 

Et la voilà à battre le pavé pendant de longues heures sans pouvoir souffler.

 

Alors elle eu l’idée de serrer le pied de la belle

elle le serra si fort que celle ci s’arrêta, retira son pied

et lui permit de respirer...

 

 

XYZpascal

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 05:59

sujet semaine 42/2017 - clic

Elle fait une pause.

Les murets pourraient raconter la fatigue,  les pieds usés, la trouille, la captivité.

Ils n’en font rien ; ils laissent aux photographes le soin de tout étaler sur papier glacé.

Rumeur, angoisse dans le cœur…

Scandale.

Elle fait une pause.

Depuis quand court-elle ?

Pourquoi soupire-t-elle ?

Qu’a-t-elle massacré, oublié, quitté ?

Les pavés pourraient expliquer les difficultés à avancer, se poser, se positionner.

Ils n’en font rien ; ils laissent le silence crier.

Rumeur, angoisse dans le cœur.

Dédale.

Elle fait une pause. 

Enfin, c’est ce que l’on suppose.

Les bas sont mouillés et les talons usés.

Ils ont parcouru toute la ville, clopin-clopant.

Ils laissent aux pavés le soin de tout faire claquer.

Les malheurs,  les rancœurs, les difficultés …

Tout va s’envoler !

Elle est fatiguée.

Elle est traquée.

Elle fait une pause.

Et soudain, en un  instant, elle souffle, paupières fermées  et sans ironie aucune, se laisse enfin aller…

Elle soupire.

Un long souffle qui  grandit, grandit, devient baume, nuage, enveloppe, chaleur, lumière, mystère…

Elle est émerveillée. Elle n’a plus peur.

Elle se repose et dans le tambourinement des battements de son cœur elle se sent touchée, rassurée, appelée ; elle saisit enfin que la page est tournée.  Dans quelques instants la fuite ne sera plus nécessaire. Les pieds pourront se remettre à marcher.

Elle fait une pause et devient libre de dire, de pleurer, d’avancer : la parole est dévoilée.

Peurs, reproches, méfaits s’envolent et disparaissent à jamais.

Elle n’est plus tracassée ; elle vibre, respire, se réjouit.

La pause est finie ! Désormais elle a la Vie…

 

 

Annick SB

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 14:55

sujet semaine 42/2017 - clic

Pour l’avoir LUI à ses pieds.

L’ironie voulait qu’ELLE souffre.

Gant de soie pour protéger ses menottes

Jolis bas pour galber ses gambettes

Et ce soleil  qui rayonnait…

Talons hauts

Escarpins étroits

Et cætera

Elle serait en retard au rendez-vous

Tactique ou douleur insupportable ?

Repos

Oter ces escarpins

Reprendre souffle

Massage des pieds endoloris

Vraiment la séduction est une dure affaire.

 

Jamadrou

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 12:45

sujet semaine 42/2017 - clic

Touriste coquette

Boude la basket,

Si seulement mademoiselle

Qui préfère la dentelle

Le haut talon

Au plat talon

Etait plus raisonnable

Chaussant le mot confortable

Pour fouler

Le pavé

Du bout de monde

Ou abonde

Le va nu pied

Qui ne connaît le chausse-pied...

Bref, sans ironie,

Mademoiselle, à papa la fille,

Pavoise

Dans sa qualité de bourgeoise,

Qu'importe le lieu

Si on est une Richelieu !

 

Belle toujours et savoir souffrir

Telle est sa devise en tailleur pied-de-poule

Plutôt que de s'abaisser ma foi

A la garçonne...

 

Son guide la trouve, conne

Mais qui paie est roi...

Ce soir à l'ampoule

Qui jurera tel un charretier, miss Elvire !

 

 

jill bill

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 18:58

sujet semaine 41/2017 - clic

Vais-je répondre à la consigne proposée par Mil et une cette semaine ?

Je me pose cette question depuis cinq jours, déjà.

 

Si j’écris, c’est que je n’aurais eu aucune raison de le faire.

Cette raison est pourtant la plus belle, dixit le Chat.

Si je n’écris pas, mille raisons m’auraient poussée à le faire à tout prix.

Hélas, pas la meilleure.

Cruel dilemme !

 

Sniff !

Mais quelle est cette odeur titillant mes narines ?

Grillade de dorade chez Monsieur G. ?

Hum, hum !

 

Le proverbe dit :

Ne faites pas confiance au chat quand il y a du poisson au menu.

 

Youppie ! Quelle chance ! 

Je peux enfin me mettre à la tâche avec ou sans raison.

Quoique !

Que vais-je écrire à présent ???

 

 

Mony

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 14:17

sujet semaine 41/2017 - clic

Chère Amélie,

Je t’écris sans raison puisque tu ne m’as pas écrit ces derniers-temps, alors que si tu m’avais écrit, j’aurais eu des raisons de te répondre et toi sans doute l’envie ou la nécessité de me répondre à ton tour, surtout s’il y avait matière à une réponse urgente. Ton silence me pèse évidemment, mais toi, contrairement à moi, n’as-tu peut-être plus aucune raison de m’écrire, et écrire sans raison pour toi est-ce sans doute une mauvaise raison pour prendre la plume et de me donner les raisons de ton silence. L’amour et la raison sont deux notions tellement antinomiques que je me demande parfois si ton silence n’est pas plutôt un signe de ton attachement à moi, et je devrais me réjouir sans doute de ne plus avoir de nouvelles depuis quelques mois. Mais j’ai beau me raisonner, je me demande si  la raison ne l’a pas emporté chez toi sur le sentiment, et j’aimerais connaître ton sentiment sur la question par une petite réponse qui pourrait éclairer ma lanterne sur ce point précis. Si c’est l’absence de sentiments pour moi qui en sont le motif, alors je ne peux que donner raison à ton silence, mais si c’est pour d’autres motifs, il me faudra m’y résoudre et trouver en moi des raisons de me consoler et d’oublier. Souvent, j’ai perdu la raison pour toi, souviens-toi, et je ne pourrai qu’écouter la tienne si tu me contrains désormais au silence et à l’oubli. Si ta décision se fait au nom de la raison, eh bien je ne pourrai que m’incliner devant elle. Et cesser de t’écrire sans raison. Bien à toi.

 

Ton biquet.

 

Cloclo

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 09:56

sujet semaine 41/2017 - clic

Écrire

Mène à lire

Pire

Se relire…

 

Mais est-ce une raison

 

Pour arrêter de dire

Ce qui inspire

Nous fait médire

Ou séduire

Ce qui de nous transpire 

 

Sans raison

 

Juste pour le plaisir

Une chance de saisir

La couleur d’un désir

L’espace d’un soupir

 

Est-ce déraison ?

 

Je donne ma langue au chat !

 

 

Galet

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 17:35

sujet semaine 41/2017 - clic

Sidonie répétait que
ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire
qu'il faut rester muet-
en écriture elle faisait pareil !
elle griffonnait des mots-
des phrases sur ce qu'elle voyait-
ce qu'elle entendait-ressentait-
dans un joli petit cahier à gros carreaux-
ainsi quand la maitresse donnait une rédaction  :
quelle chance de puiser dans ses trésors-
Alors elle devenait bavarde, elle remplissait
des pages et devait se limiter-
On ne la trouvait plus bizarre et les bonnes
notes qu'elle recevait lui donnaient raison-
gageons qu'elle va poursuivre une filière
littéraire murmuraient les parents -
Nous serions comblés-
l'avenir nous le dira pour la jeune Colette !
 
 
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 16:35

sujet semaine 41/2017 - clic

Ecrire à perdre la raison
Ecrire à n'en savoir qu’écrire
A n'avoir que le mot comme horizon
Et ne connaitre de saisons
Que par la douleur de ne pas écrire
Ecrire à perdre la raison

 

Ah c'est toujours une chance que d’écrire
C'est toujours un élan brisé
Mon pauvre poème, ma page blanche
Toi qu'on lit ou qu'on dédaigne
Dans tout mot qui n’est pas lu

 

 

Laura Vanel-Coytte

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 20:48

sujet semaine 41/2017 - clic

Au fond de lui, il avait toujours rêvé d'écrire, je crois.
A la fin de sa vie, cantonné dans une chambre de malade située en étage qui lui interdisait l'accès au jardin, privé de visites et d'activités, il s'attabla devant une feuille blanche et un stylo.
Il racontait. Timidement au début, il s'excusait presque. La lettre qui comportait une dizaine de feuillets recto/verso commençait souvent un samedi pour se terminer d'un mot affectueux le mardi, serrée, dense et compacte, couverte de sa petite écriture penchée et tremblante difficile à déchiffrer:
"Ne fais pas attention à l'écriture et à l'orthographe douteuse, il y a si longtemps que je n'ai pas écrit. En outre j'ai beaucoup oublié de la grammaire que j'avais pourtant étudiée (ré) au début de ma retraite il y a déjà neuf ans écoulés. De plus ma respiration saccadée n'arrange rien..."

Il évoquait sa jeunesse dans une famille d'ouvriers du Nord, bâclait le portrait de sa mère qui ne lui pardonna jamais un accouchement difficile et ce bras légèrement abimé qui le complexa durant toute son enfance et sa vie de jeune homme, parlait avec admiration de son père et de Paul, son frère aîné, admiré de tous car il savait tout faire de ses dix doigts, alors que lui, si malhabile, se réfugiait dans  la nature et la rêverie que nourrissait ses lectures passionnées.

"Paul partait toujours en premier et je suivais, nous longions le petit bois ombragé jusqu'à l'étang où nous nous baignions l'été. Papa n'avait pas les moyens mais il avait réussi à nous acheter des vélos. A l'époque, rares étaient les enfants dans les environs qui en possédaient et nous nous considérions comme de grands privilégiés..."

Il y eut plusieurs lettres, remplies des plus beaux souvenirs de l'enfance, la mer du Nord dans sa brume nostalgique et ses doux dégradés de gris, de bleu, de vert dont il tomba définitivement amoureux à la première seconde qu'il la découvrit, le souffle court et les jambes vacillantes, le grand-père coco qui commentait le journal en chti et lui fit boire son premier verre de vin, un bon gros rouge qui tenait au corps et rendait joyeux tout en cassant les mollets mais dont il fut également émerveillé. Puis l'exode, l'abandon de la maison qu'on ne reverrait peut-être jamais, et la Bretagne, son second grand amour qui demeura son refuge tout le long de sa vie.
"Je ne t'ennuie pas avec toutes mes histoires?"
Non, j'aimais le lire et je le lui disais, malgré la lecture difficile. Je savais ses pudeurs et ses non-dits, je devinais bien plus qu'il n'écrivait.
Dans sa dernière lettre, il parlait de la solitude et de l'attente. De ses minuscules attentes dans sa vie de plus en plus restreinte. C'était si simple et touchant:

"J'attends qu'Arlette m'apporte mon petit déjeuner: trois tranches de brioche et de la chicorée avec du lait chaud. C'est bon. Je suis assis devant la fenêtre et je la vois le jardin. Elle commence toujours par sortir les fox quand elle arrive, pour éviter les dégâts. Je les vois jouer dans l'herbe et ça aussi c'est bon.
J'ai encore envie d'écrire, l'écriture, ça fait passer l'angoisse. Je radote et tu es patiente..."

Ce jour-là, il avait joint une carte venant d'une exposition d'objets d'art au Louvre. Un petit singe vert en biscuit, assis si seul, si triste. La tête penchée sur ses mains qui serraient sans doute un fruit doré ressemblant furieusement à un morceau.. de brioche.  

Almanito

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 11:51

sujet semaine 41/2017 - clic

Écrire sans raison

pour avec un peu de chance

la retrouver

 

XYZpascal

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 17:13

sujet semaine 41/2017 - clic

Sans raison j’ai enlevé le capuchon du marqueur bleu et j’ai gribouillé sur la façade.

Ensuite, toujours sans raison j’ai saisi, entre le pouce et l’index, un morceau de charbon de bois et j’ai écouté le crissement de la trace faite sur les pierres.

Puis, j’ai trempé toute la main dans le pot de peinture rouge et j’ai fait glisser ma menotte sur le mur.

Je cherchais à faire ressurgir un sens, une cause.

Sans raison, j’ai regardé ma main fripée et tachée, je l’ai essuyée sur ma jupe et je me suis mise à pleurer ; j’allais assurément me faire gronder par Claire.

Sans raison, j’ai éclaté de rire ; plusieurs fois en hochant la tête de plaisir.

Puis le vent a soulevé ma jupe, alors  je me suis tue et balancée.

J’avais profité de quelques minutes de leur inattention pour agir, tracer, répandre.

Ça m’avait un peu soulagée.

La trouille a laissé place à la bonne humeur.

Puis le rire aux larmes.

Comme toujours.

Le calvaire s’est déplacé sur le crépi, figé sur l’étoffe.

C’était fini.

Des gens en uniforme sont venus rendre visite à maman et l’ont fait pleurer.

La journée avait bien commencé. On se préparait toutes les deux pour aller en visite ; en traversant le parc, on devait donner du pain sec aux canards et ensuite rejoindre la maison de grand-mère.

Le bruit des coups sur la porte a tétanisé maman. Ils étaient insistants.

Elle m’a attrapée par les épaules et m’a dit calmement : « Va dans ta chambre. Surtout ne dis rien, ne parle pas, ne crie pas.»

Elle a ouvert la porte, a baissé la tête et les a écouté.

Je n’ai rien dit et je l’ai regardé traverser l’appartement, les yeux brouillés de larmes.

Je suis allée dans ma chambre comme elle me l’avait demandé. Je me suis assise sur le rebord du lit et j’ai attendu qu’elle revienne quelques minutes plus tard en balançant mes jambes, en silence.

Lentement elle a caressé mes cheveux en disant : «  C’est fini maintenant. »

 Aujourd’hui, je crois que j’ai compris quelque chose.

J’ai vu Claire sourire en regardant le mur coloré.

Elle ne m’a pas grondé.  Elle m’a prise par la main et m’a raccompagnée dans la chambre. Elle m’a aidée à me déshabiller, à enfiler ma chemise de nuit. Elle m’a regardée m’asseoir sur le rebord du lit. Puis, elle est sortie et a fermé la porte.

Pour la première fois depuis des mois, j’ai pu prier.

Puis, lentement, je me suis glissée sous les draps ; le sommeil est venu rapidement.

J’ai rêvé que j’écrivais sur une feuille de papier avec une plume d’oiseau, comme dans les vieux contes. En haut de la page je dessinais une enluminure dorée. C’était une colombe.

Ce matin, j’ai  regardé par la fenêtre et j’ai vu que le mur n’avait pas encore été nettoyé.  

Parfois, peut-être silence rime avec  espérance, graffitis avec pardon.

Le cœur a ses raisons et l’Esprit sa puissance…

 

Annick SB      

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 17:08

sujet semaine 41/2017 - clic

Le chat est l’ami des poètes, des écrivains, des peintres…

Son calme, sa somnolence, sa chaleur, apportent, en même temps que l’inspiration, le regard pénétrant de celui qui comprend tout,  discrètement et sans jugement.

Voilà pourquoi nombre d’artistes ont un chat et voilà pourquoi nombre d’écrivains, de poètes ont écrit sur les chats…

Colette, Baudelaire, Paul Eluard, Maurice Carême, Pablo Neruda, Prévert  etc…

Moi, je ne suis pas écrivain mais j’écris chaque matin et, pas d’chance, je n’aime pas les chats.

En fait j’aimerais être poète mais je crois que je suis juste un peu folle, oui une folle c'est une fille qui a perdu la raison, un jour, sur sa route et a du mal à la retrouver.

Un matin que j’écrivais pour ne rien dire, juste pour le plaisir de voir courir mes mots sur ma feuille blanche, un chat est venu se poser sur le rebord de ma fenêtre ouverte et (surtout ne rigolez pas) il s’est mis à me parler. : « Écrire sans raison n’est pas folie Mademoiselle,  mais bien la plus belle façon d’écrire. »

N’en croyant pas mes oreilles, je l’ai regardé droit dans les yeux

« Ces yeux jaunes qui
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit. »*

Il n’a pas cillé, pas bougé mais a eu l’air de m’analyser et de comprendre ma folie.

J’ai frissonné, me suis sentie devinée jusqu’au plus profond de mes tripes, alors j’ai voulu que vite il disparaisse de ma vue.

Qu’il parte loin très loin, là-bas où c'est tellement loin que jamais on n'en revient** car lui, savait, alors que moi je me sentais incapable de le déchiffrer.

Il est resté impassible et n’a pas bougé d’un millimètre.

C’est à ce moment là que le petit reste de ma raison a glissé sur son indifférence,
j’ai vu que ses yeux sont en chiffres d’or* ce chiffre d’or qu’il faut détenir pour atteindre l’absolu, et que moi je n’avais pas.

J’ai alors déclamé le plus fort possible l’Histoire, pour lui faire peur, le faire partir,  pour lui crier sa fourberie et mon non-amour des chats !

Petite fille j’ai été blessée en profondeur par un chat.

« Un village écoute désolé
Le chant d’un oiseau blessé
C'est le seul oiseau du village
Et c’est le seul chat du village
Qui l'a à moitié dévoré
Et l'oiseau cesse de chanter
Le chat cesse de ronronner
Et de se lécher le museau
Et le village fait à l'oiseau
De merveilleuses funérailles
Et le chat qui est invité
Marche derrière le petit cercueil de paille
Où l’oiseau mort est allongé
Porté par une petite fille
Qui n’arrête pas de pleurer
Si j’avais su que cela te fasse tant de peine
Lui dit le chat
Je l’aurais mangé tout entier
Et puis je t’aurais raconté
Que je l’avais vu s'envoler
S'envoler jusqu’au bout du monde
Là-bas où c'est tellement loin
Que jamais on n'en revient
Tu aurais eu moins de chagrin
Simplement de la tristesse et des regrets

Il ne faut jamais faire les choses à moitié »**

 

Mon étrange sorcier visiteur est alors parti au loin (sans rien dire !)

Mais la voisine est arrivée en courant pour venir voir si tout allait bien.

 

        *  Des mots empruntés à Pablo Néruda : Ode au chat      

       ** Une histoire empruntée à Prévert : Le chat et l’oiseau

 

le 7 octobre 2017  17 h  ....le chiffre 7 porte -t-il chance

 

 

Jamadrou

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 16:58

sujet semaine 41/2017 - clic

Réponse au chat

 

C'est vrai que écrire sans raison est la plus belle raison d'écrire seulement c'est utopique. Celui qui écrit a toujours une raison de le faire qu'elle soit lucrative ou pour son plaisir sinon, il ne prendrait pas une feuille et un crayon et ne dessinerait pas dessus des lettres qui formeraient des mots puis des phrases.

 
Si au début, on écrit pour nous soigner des maux, on finit vite par le besoin de se raconter notre vie ou celles des autres ; voire même inventer des histoires rocambolesques. Certes, on n'a pas toujours la chance d'être édité mais qu'importe, la joie est toujours là sans quoi, on n'écrirait pas le chat.
 
 
Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 12:29

sujet semaine 41/2017 - clic

Cher docteur G...

 

Ai-je une raison de t'écrire, ketje... ?

Suis pas malade, juste vieille !

Tu cherches, tu cherches... !

 

Mais si, mais si, es-tu bête,

En tant que Malvira

Malvira Lollipop clic

Aaaah tu m'remets, enfin...

Ta p'tite fiancée à la télé

Jusqu'à ton infidélité avec ce, Chat, millionnaire !

Malvira virée pour un philosophe à deux balles

Moa qu'avais d'la conversation tout d'même,

J'jurais et j'crachais comme personne !

On devait s'marier, tu t'en souviens... ?

Tu m'as jetée dans les bras du prince Laurent

Il a mauvais goût, ce fut Claire !

Depuis, ce que j'deviens... ?

C'est gentil de m'le d'mander !

J'ai ma statue à Flobecq, en tenue d'Adam...

J'ai écrit mes mémoires « Vous, ta gueule ! »

M'en reste, pas ta chance !!

Suis belge, mais les royalties... soupir !

Si tu pouvais m'envoyer un colis à Noël

Histoire de ne pas t'écrire

Pour ne rien dire hein....

J'aime ces pilules qu'on nomme langues de chat ;-)

 

 

Grosse baise et sans rancune, Malvira

 

jill bill

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article
5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 20:56

sujet semaine 40/2017 - clic

J’ai sifflé quelques notes de Carmen et j’ai attendu la tête levée vers l’étage. La tenture a frémi, juste frémi mais j’ai eu le temps d’apercevoir un nez, une bouche. Chantait-elle en réponse à mon appel ? Son souffle était-il  espérance ?

J’ai réussi à m’éclipser en prétextant que j’avais piscine, ont été les seuls mots que Manon a prononcés en balançant son sac de sport à l’arrière de ma voiture garée dans une rue adjacente à la sienne.

Dix-neuf ans, nous avions dix-neuf ans !

L’amour est enfant de bohème qui n’a jamais, jamais connu de loi… combien de fois depuis cette époque ai-je chanté ce refrain de ma voix de baryton ?

Ironie ou joie, bluff ou sincérité ?

La fuite et l’exil ont certes un peu terni l’aura de la liberté promise comme s’est terni le peu de vêtements emportés. Mais qu’importe, l’amour nous tenait chaud au cœur et sous le soleil de Katmandou tout allait reprendre couleur…

 

Titine, ma vieille bagnole acquise avec le petit pécule gagné les mains dans le cambouis dans le garage de mon oncle, a passé les Alpes comme une jeunette. J’étais fier d’elle !

En Turquie, épuisée par tant d’efforts, elle a déclaré forfait dans un nuage de fumée. Je n’ai rien pu faire pour la réanimer !

L’amour est enfant de bohème…

Arrête de siffloter cette rengaine débile, a hurlé Manon au bord de la crise de nerf.

La fièvre l’a fait délirer trois jours durant. Un villageois, espèce de vague rebouteux, a tenté de la soigner en lui faisant boire un liquide douteux dans lequel flottaient des grains de poivre rouge.

Les tripes en feu, elle était bien loin la vie de bohème…

 

Diplomatie était un mot étranger à mon père.

Amour par contre lui était familier.

De tous ses mots hurlés au téléphone, c’est le seul dont je me souviens. Un rictus suivi d’un vrai sourire nous a accueillis à l’aéroport et la vie a repris son cours.

Disputes, jalousie… comme pour tant d’amoureux, elle nous a aussi éloignés l’un de l’autre…

L’amour est enfant de bohème…

Quand, au hasard des jours, je croise encore Manon, je ne peux m’empêcher de siffloter mentalement.

Je suis retraité à présent et le seul regret que je garde au fond du cœur c'est l’insouciance de nos dix-neuf ans.

 

Mony

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
commenter cet article

Contact

  • : Mil et une, atelier d'écriture en ligne
  • Mil et une, atelier d'écriture en ligne
  • : écriture en ligne
  • Contact

Recherche

Pour envoyer les textes

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse mail les40voleurs(at)laposte.net
 

Infos