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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 22:02

Dans le train


Paraître, ne laisser rien transpirer
A la gare le retrouver,... banalités
Ma vie vécue, ne la connaîtra pas
Partir c'est revivre un peu, voilà...
Revenir, pourquoi?
Revenir vers quoi?
Apparat, apparences,
Futilité, violence...
Revenir c'est mourir un peu
Enterrée près de ce Monsieur...
Mon inconnu, t'ai laissé ce matin
Te reverrai-je? ce n’est pas certain
Alors, amasser des souvenirs
Faire fructifier nos délires,
Comme autant de trésors,
Comme autant de trésors....

 

Randover

19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 19:05


Dans le train c'est vrai, il y a toujours un avant et un après.
Une tranche de vie, de temps, d'ennui, d'oubli.
Dans le train, c'est ça, on ne sait pas vraiment où l'on va...

Cela nous berce, nous transperce ...

Dans le compartiment on le sent, il y a toujours un dehors, un dedans.
Des regards, des pensées, des gênes, des désirs que l'on croit secrets.
Dans le compartiment c'est certain on ne sait pas vraiment d'où l'on vient...

Cela nous berce, nous transperce ...

On ose ou pas fixer, scruter, parler, sourire et se cacher.
On pose ou pas un doigt sur la mèche de cheveux un peu folle, sur le pli de la jupe ramollie, sur la page du livre qui attend, sur la vitre qui nous renvoie les gens, leurs pleins et leurs vides, leur peurs et leurs joies ...

Cela nous berce, nous transperce ...

Dans le train, souvent, c'est vrai, on ne sait vraiment pourquoi, on ne sait pas vraiment comment mais ... on se surprend ...

Annick SB

19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 18:03

 

C'est des moments magiques, des choses qu’on n’explique pas, 

C'est des moments uniques, des choses qu'on n'oublie pas.

Mon cœur a fait le vol d'une infinie magie,

Mon âme s'est élevée bien au dessus du gris,


Qui m'enroule parfois...



Comme un état de grâce, où tu brûles en dedans, 

Du feu qui dit : c'est toi, ce que tu es vraiment.

Je deviens oiseau libre et je n'ai que l'amour,

Qui me file le vertige mais me porte toujours,


Pour voyager vers toi...



Alors sont seuls le vent, le soleil et l'envie,

Et mes montagnes d'amour en relief de ma vie.

J'ai quitté cette terre pour l'espace émotion,


J'ai cueilli en ce ciel nos plus belles vibrations,

J'ai pris au doux nuage, de l'amour profusion, 

Et à l'oiseau sauvage, la liberté passion,


Fais-en tes paysages, je serai toujours là,

Jusqu'au dernier voyage, mon amour est pour toi...

 

Charlie

19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 09:51

Tandis qu’elle relisait pour la énième fois le manuscrit de sa vie, elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle devait se rendre dans cette ville d’Allemagne avant de pouvoir l’éditer.

           La lettre de son père,  défunt depuis peu, était pourtant claire : si un jour elle devait écrire sa biographie, elle devait d’abord se rendre à Manheim avant la conclusion de l’ouvrage. 

          Ce matin elle prit donc la décision de monter dans ce train qu’elle trouvait lugubre du fait de son deuil. Les yeux rouges cachés sous sa capeline elle laissait vagabonder ses pensées.

          Tous son univers s’ébranlait, son père n’était plus, sa force, son soutien avait disparu à cause d’une stupide crise cardiaque ! Elle en voulait au monde entier de cette disparition. Elle avait même rabroué le petit vieux qui voulait s’asseoir à côté d’elle dans le compartiment ! Pourquoi vivait-il lui alors que son père adorait était parti si brusquement ? Elle voulait être seule avec son chagrin.

           Elle relit l’adresse, la relit… Pourquoi devait-elle impérativement se rendre à cet endroit ? Une sourde angoisse l’envahissait…

          Le chef de gare annonça : « Manheim ! Un quart d’heure d’arrêt ! ».

          Elle rangea sans hâte ses écrits dans le grand sac ne comportant qu’une seule tenue de rechange, par précaution, car elle n’avait pas du tout envie de s’éterniser dans une ville totalement inconnue.

          Tandis qu’elle longeait la grande avenue et cherchait le numéro 21,  l’angoisse augmentait. Son cœur se mit à battre très vite et elle eut envie de faire marche arrière…  Mais la porte était là, imposante, mystérieuse… maitre R… notaire. Un notaire !

Elle monta les marches en bois impeccablement cirées, appuya tremblante sur le bouton de la sonnette. La porte s’ouvrit et un homme trapu, grassouillet, l’accueillit chaleureusement.

          - Très heureux de vous rencontrer, votre père m’avait très souvent parlé de vous…

          Devant son air étonné, car jamais son père ne lui avait parlé de ce notaire, celui-ci la pria de s’asseoir et déplia un énorme dossier dont il sorti une lettre.

          - Votre père tenait à ce que je vous donne cette missive en main propre après vous l’avoir lue…

          Elle était glacée, comme si tout le sang s’était retiré de son corps. Pourquoi tant de mystère ?

          Le notaire commença sa lecture… la lettre datait du jour de sa naissance… Etrange coïncidence… Elle fut envahie par une peur panique ! Allait-elle apprendre que son père n’était pas son père ? Mais pourquoi en Allemagne et pas en France ?

         Plus la lecture continuait plus ses yeux s’agrandissaient, l’étonnement faisait place à l’angoisse.  Comment son père avait-il pu garder un tel secret ?  Et sa mère ? Jamais elle n’en avait parlé ! Le savait-elle ? Triste guerre qui avait réuni deux êtres en mal de tendresse. Aucune colère, aucun ressentiment ne l’habitait. A la fin de la lettre, elle dit simplement :

          -Il va falloir que je change ma biographie… et où est-elle ?

          Le notaire ouvrit une porte latérale et dit :

          Voici Teckla… votre sœur…


Violette dame mauve

 

17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 20:10

Voyage surprise

"Un jour mes mots ne seront que des silences...alors ce jour là...il sera trop tard; Mais si tu entends ces silences, alors tu auras tout compris..."

Voilà les mots qu'elle lisait dans le train qui la conduisait vers son autre, son anima, son alter égo...
De temps à autre, elle regardait le paysage qui défilait sous ses yeux...Doux bercement chaotique de l'amour....Son chapeau lui cachant la moitié des yeux elle se disait que personne ne verrait le trouble qui était en elle...Et pourtant...Ce voyageur assis de l'autre coté ne cessait de la regarder...Elle avait le sentiment de l'avoir vu quelque part...Miss Darling repris sa lecture, se délectant de chaque mot ...L'amour de l'écriture les réunissaient, bien qu'ils aient chacun leur jardin secret respectif...
Ce début de roman était très prometteur...Elle le lui dirait avec délice dès qu'elle serait arrivée. Ce qu’ils aimaient par dessus tout, c'est se surprendre l'un l'autre. Hier encore elle était en Jeans et baskets, alors qu'aujourd'hui, il la verrait glamour-austère...
Elle jeta un dernier regard à ce ciel rougeoyant, en pensant à ce pont, où ils s'étaient embrassés la première fois, quand au moment de reprendre sa lecture, le voyageur inconnu se leva et l'accosta:
-Madame, puis-je me permettre de vous offrir ce modeste bouquet de mots? Il lui tendit un bouquet de papier sur lesquels étaient écrit des mots...
Puis il enleva son chapeau, sa moustache, ses lunettes....
Les yeux pétillants, Miss Darling éclata de rire et, se jeta dans les bras de l'inconnu, qui n'était en réalité que l'homme pour qui elle était dans ce train...Toutes ces années de complicités....garder ce sentiment intact...
Pour une surprise c'était une surprise...Comme elle les aimait, et qui faisait qu'elle l'aimait...

 

Pascale

17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 19:12

La belle inconnue

Le cri strident de la locomotive à vapeur sur la lande environnante, me sortit soudain de ma léthargie passagère. Bien assis sur mon siège dans ce train qui m’emportait loin de chez moi, j’ouvrais doucement les yeux et observait le soleil qui s’enfuyait déjà dans la lumière du soir.

C’est à ce moment là que je la vis. Elle était assise seule avec moi dans ce compartiment. Une belle inconnue. Une jeune femme blonde d’environ une vingtaine d’années. Elle portait un tailleur bleu très chic et un chapeau à large bord assorti Elle avait un livre posé sur ses jambes croisées qu’elle lisait d’un air absorbé.

Derrière sa voilette, je ne distinguais pas ses traits. Elle avait du sentir mon regard sur elle car elle releva doucement la tête et je découvris un visage d’ange aux yeux d’un bleu profond. Elle me sourit l’espace un instant, avant de reprendre sa lecture où elle l’avait arrêtée.

Face à cette vision céleste, je n’osais pas bouger, de peur qu’elle ne s’enfuie. Je restais donc là immobile à la regarder, à l’observer, afin de savourer chaque seconde passée en sa compagnie et surtout pouvoir ainsi graver son image tout au fond de mon être.

Quelques instants plus tard, elle se leva et descendit à la station suivante. A travers la vitre du train je la suivis du regard. Une fois franchi le tourniquet, elle se dirigea tout droit vers une grosse berline noire qui l’attendaient sur le parking. Mais avant de s’engouffrer à l’intérieur, elle se retourna une dernière fois dans la direction de mon train en me faisant un geste d’au revoir de sa main accompagné d’un large sourire.

Quand le train s’est ébranlé à nouveau, il ne restait d’elle dans le compartiment, que l’odeur d’un parfum capiteux et un mouchoir avec les initiales « H » et « N », brodées en fils d’or, oublié sur son siège.

Toute cette histoire est bien loin à présent. Je n’ai jamais revu cette jeune femme. Aujourd’hui, je suis vieux et seul. La vie est sur le point de me quitter. Il ne me reste plus maintenant de cette belle inconnue à laquelle je suis toujours resté fidèle, qu’un vieux morceau de tissu terni par l’usure du temps et une odeur de parfum que j’arrive encore à sentir parfois quand je frotte entre mes doigts ces deux lettres : H et N.

17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 19:11

Capeline

 

Je choisis le fond du compartiment. Je m'installe « dans le sens de la marche » car je ne supporte pas d'avancer en ayant l'impression de reculer, je m'éloigne de la fenêtre pour être à l'abri des courants d'air vicieux, je sors mon bouquin et le livret de photos. Je sais que je somnolerai sûrement pendant les deux heures de trajet. Je sais aussi que j'irai fumer une cigarette dans le couloir. Mais avant, je vais rêvasser devant le paysage pendant toute cette première demi heure où le train suit le fleuve. Je suis prête à passer un voyage agréable, calme et serein, dans un wagon tout à fait vide, très éclairé, agréablement climatisé.
Tout à coup, sans que je ne l'ai vu arriver, je me retrouve avec un bonhomme en vis à vis, installé à un mètre de moi, posé là, en face, dans la travée opposée et, qui me regarde. Regarder ? Non, ce n'est pas le mot... Il ne me regarde pas, il me fixe, m'examine, me détaille, m'évalue...
Impossible d'être tranquille ! Même dans un train vide !
J'ai juste le temps de voir de gros yeux globuleux dans un visage avachi. Je baisse la tête. J'attrape le livret que je feuillette sans beaucoup d'attention. J'ai un peu descendu ma robe sur les genoux, je baisse la tête dans une attitude de lectrice attentive et laisse ainsi mon regard caché dans l'ombre de mon chapeau. Je l'aurais pourtant bien volontiers enlevé ce chapeau ! Mais là, je ne vais pas me découvrir sous le regard du monsieur d'en face... J'ôterai cette capeline quand il sera parti.
Quelle idée aussi j'ai eu de m'affubler d'un chapeau pareil ! Bon d'accord, c'est elle qui me l'avait offert, mais quand même ! « Ah ma fille, une capeline, voilà qui donne un air distingué ! ». « un air distingué ? » Pffff !
C'est sûr, je ne vais pas la voir souvent ma brave mère, et là je lui ai fait le grand jeu de la jeune femme bien sage et bien distinguée justement, jupe aux genoux, pull montant, petit col bien sage, et capeline assorti, avec un brushing bien gonflant... Elle a été très fière de sa fille ! Ça va la rassurer jusqu'à ma prochaine visite.
Et le bonhomme aux gros yeux, qu'est ce qu'il fait ? Dans ma position, je ne vois que ses chaussures : des grosses paraboot.... un gentleman farmer un peu négligé. Il a la chaussette qui tirebouchonne. Je n'ose pas lever la tête.
Pendant tout ce temps, je rate aussi le spectacle du fleuve et pourtant, on doit être à hauteur d'Avignon...
C'est bizarre, j'entends d'étranges bruits de grattements. Je baisse un peu plus la tête quand je réalise qu'ils proviennent de mon voisin. On dirait qu'il frotte quelque chose de manière irrégulière.
Je reste la tête baissée.
Pétrifiée, je n'ose imaginer ce qui se passe ... Mais j'élabore quand même des possibilités... Il y a vraiment des malades partout !
J'ai lu je ne sais plus où que les trains étaient des lieux privilégiés pour les dragueurs en chasse... Il paraît que les wagons et les rythmes des trains nourrissent bien des fantasmes.
Surtout : ne pas le regarder.
Ça me fait penser à une enquête qui était parue dans je ne sais plus quel journal féminin. Il y avait une question : « avez-vous déjà fait l'amour dans un train ? »
Les bruits de l'obsédé d'en face n'arrêtent pas et sont parfois encore plus appuyés. Je suis tétanisée et reste cachée sous ma capeline.
Alors que je regarde ses chaussures,je vois soudain un crayon qui tombe... un crayon pastel. Le voisin d'en face se penche, et alors, plusieurs crayons dégringolent.
Je relève la tête pour voir ce qui se passe. Il est en pleine manoeuvre pour récupérer tout ce qu'il a fait tomber. Je vois sur ses genoux un carton à dessin et sur une grande feuille blanche l'esquisse d'une femme en bleu, assise dans un wagon vert. Elle a la tête baissée et une capeline très distinguée.


Odile

16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 14:16


Le dernier voyage


J'ai pris le train du dernier voyage qui va m'emmener dans la ville de lumière où nous nous sommes rencontrés.
Je suis montée dans un wagon au hasard ! Je cherche surtout un compartiment vide, tien en voilà un ! Ouf !!
Je pourrai ainsi lire et relire en toute tranquillité le compte-rendu que le médecin m'a tendu il y a mois d'un air attristé et hochant juste la tête.
Je le savais de toute façon, je me doutais du résultat, le corps parle assez fort et j'avais déjà tout organisé avant même d'avoir en mains ces résultats.
Ma décision, je l'avais prise aussi, pas de traitements longs, douloureux et humiliants , j'irai là bas dans cette ville où je t'ai rencontré, aimé, perdu.
Je suis partie sans bagage bien entendu, mais j'ai revêtu ce matin la robe bleue que tu m'avais offerte ce jour là et pour laquelle nous avions longuement cherché un chapeau qui compléterait idéalement ma tenue.
Il me permettra de plus, si quelqu'un devait venir s'asseoir en face de moi dans ce train de masquer un peu mon visage.
J'ai longuement brossé mes cheveux qui sont restés aussi blonds et soyeux qu'aux premiers jours de notre rencontre;
j'ai enfilé des bas de soie, ma dernière petite folie.
Dans ce train qui roule et dans lequel des gens rient, parlent, chuchotent, je suis assise seule, perdue dans une lecture inutile.
Je suis calme, sereine,  j'ai pris la bonne décision, je le sais.


Eva

15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 17:23


Elle

 
Elle avait surement le même âge, des vêtements sombres et pas de chapeau.
Seule dans le compartiment, elle a soupiré de soulagement :
Personne pour tenter d'engager la conversation, remarquer son teint pâle, ses yeux tristes et son regard figé.
Frileuse, elle se rencogne dans le coin fenêtre, un livre à portée de main sur la banquette. Elle ferme les yeux , bercée par le mouvement rythmé du train.

Un mois déjà, c'était hier, et maintenant c'est "plus jamais".
Un long trajet et ce sera l'accueil pour un nouveau chagrin ;
Mais lui, là-bas, moitié de sa source première, sa chandelle doucement s'est éteinte à son heure... même si ce n'est jamais l'heure.

Dans une nouvelle gare, un couple âgé pénètre dans le compartiment, discrets, souriants.
Quelques mots sont échangés, puis ils s'installent:
les petits gestes du quotidien, l'attention douce à l'autre, prévenance, quiétude.
Dans son coin silencieuse,brusquement la morsure poignante du coeur étreint:
La certitude du "Plus Jamais Possible".

 

Brume

14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 12:12

Marie

- Cette fois, c'est la dernière. Tu m'entends, Marie. Je t'interdis de revenir. Tu prends ce train, tu livres le colis et tu restes là-bas.
- Mais toi, Roland. Qu'est-ce que...
- Ne t'occupe pas de moi. Je vais essayer de trouver un moyen. D'abord, je dois être sûr que les documents sont bien parvenus à l'office. C'est trop important. Ils contiennent des informations essentielles. J'ai enfin découvert la localisation de leur XT300 et même, il se trouve qu'il y a une faille dans leur système de sécurité. Avec ce que contiennent ces papiers, Lola saura tout ce qui lui manque encore pour monter une opération de nettoyage. Tu comprends, Marie ? De toute façon c'est fini. D'ici peu, leur foutue arme ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
- Et qu'est-ce tu comptes faire après ?
Je vais disparaître en essayant de ne pas laisser de traces. Il ne faut pas qu'ils sachent d'où provient la fuite. On a encore quelques camarades infiltrés. Je crois que je vais passer par la Finlande. Lola me fera revenir ensuite. Ne t'inquiète pas mon amour.

Déjà deux ans. Deux ans que j'ai pris ce train. Deux ans sans nouvelles. La guerre est finie maintenant. Roland, où es-tu ?

Je me souviens quand il m'a déposée devant la gare centrale et qu'il m'a dit d'y aller.

- Tu fais comme d'habitude. Tu marches tout droit, la tête haute. Un peu fière, hautaine. Le train part dans cinq minutes, quai B. Tu vas vers les premières. Voiture 6, compartiment 8. Voilà ton billet. Tu seras seule. De toute façon, j'ai réservé tous les autres sièges. J'ai glissé les microfilms dans la couverture de ce petit livre. Inutile de le planquer, c'est totalement invisible.

Et puis, un peu brusquement, il m'a poussée hors de la vieille voiture. Moi j'aurais voulu échanger un baiser avec lui, pas seulement un vague signe de la main. Il a démarré en trombe et la guimbarde a disparu à l'angle de la rue.

Mécaniquement, j'ai fait comme il me l'avait dit. J'ai traversé la gare. Elle était pleine de soldats qui criaient. J'ai longé le quai jusqu'à mon wagon. Je me suis installée et le train est parti. Je ne me souviens plus très bien du voyage, je crois que j'ai dû lire le scénario que mon imprésario m'avait adressé quelques jours auparavant. Un navet, j'ai refusé le rôle. C'est seulement quand j'ai vu par la fenêtre que nous avions dépassé le petit pont au dessus de la rivière qui s'étire le long de la voie ferrée que j'ai su que j'avais franchi la frontière. Alors, les larmes ont commencé à couler.

 

Roland Ivy

14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 12:09


Il ... elle

Qui pourrait soupçonner que vêtu d' une robe marine, d'un chapeau noir bien enfoncé sur une perruque blonde, je suis un homme recherché pour meurtre ? Personne.
Je ne voulais pas la tuer.  Seulement, elle me cassait les pieds, pieds qui pour ma chance entrent dans des chaussures du trente neuf. J'ai mis destalons plats je peux courir au cas où...
Étant folle amoureuse de moi, elle m'a laissé entrer, m'a servi un verre le temps quelle finisse de se préparer. Elle voulait sortir, moi non , je lui ai dit, elle a passé outre alors je suis entré, derrière elle dans la salle de bains, je l'ai étranglée … Vite fait bien fait.
Je suis entré chez moi, j'ai emprunté les vêtements, la perruque, le maquillage, le sac avec les papiers de ma sœur jumelle. On se ressemble tant tous les deux habillés pareil. Je rejoue mon enfance mais sans elle cette fois.
J'ai pris ma voiture, me suis rendu à la gare, pris mes billets et me voilà assis sur la banquette . J'ai sorti un livre et fais semblant de m'y intéresser, mes pensées sont sur mes genoux noueux. Moches pourraient peut-être me vendre. Pourquoi n'ai je pas mis des collants ?


Aimela

13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 15:24

Voyage entre deux nuits

Train de nuit à lire jusqu'au bout du voyage,
Aube fragile sous les voiles des nuages.
Écrin d'ennui, laissant défiler les paysages,
A veiller tard pour effacer tous ses ombrages.

Les pages blanches couchées sur sa robe noire,
Sans amarre ni encre, fuyant dans le soir,
Immaculées des larmes de son désespoir,
Compartiment C, à gauche au fond du couloir.

Veuve de Truffaut dans cet omnibus perdue,
Au regard abaissé semblant boire le jour,
Cette jeune mariée toute de noir vêtue

S'enfuit pour fuir la mort à ses trousses toujours,
Sortant d'un film d'Hitchcock, quittant enfin la peur
Pour échouer dans un tableau d'Edward Hopper.

 

Sebarjo

13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 13:30

Sur le quai

Un jour, je partirai
Je prendrai, moi aussi, le train pour l'aventure
Mon corps frissonnera au rêve de l'audace

Dans des livres nouveaux,
des terres inconnues,
des vies où embarquer,
mon regard voguera

J'oublierai le ciel aux yeux rougis et le pont entre l'hier et l'aujourd'hui s'écroulera dans les abysses de ma mémoire devenue amnésique

L'aurore aux yeux de biche viendra éclore sur mes jambes de soie

Imago

12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 18:38

 

Bien ma veine ! Me voilà bon pour un tête à tête de quatre heures avec une pimbêche !

Même pas un regard pour répondre à mon bonjour ! À peine un grognement...

Ma parole, elle se prend pour qui ?

Ou alors, elle Me prend pour qui ?

Peut-être qu'elle se dit  "me voilà bien ! Quatre heures en tête à tête avec  le serial killer du Nevada" ?

Je vais étaler le journal devant moi pour qu'elle voie la photo du type qui s'est évadé de la prison de Carson City ; elle verra bien que c'est un gros chauve, alors que moi....

Hum... pas mal mon gomina, même dans la vitre il fait de l'effet. 

Peut-être que je devrais me raser la moustache ? Margaret trouve que je fais danseur de tango, et alors ? Ils plaisent aux femmes, les danseurs de tango !

Pas à celle-ci, en tout cas. Elle ne regarde, ni dans la vitre, ni mon journal.

 Encore une de ces fichues suffragettes qui haïssent les hommes !

Non, elle est trop élégante. Chic et sobre, mais d'un guindé !

Ses cheveux sont superbes. Enfin, le peu qu'on en voit. Blond vénitien, c'est rare comme couleur. Son menton est bien joli aussi. Peut-être que son chapeau cache un visage brûlé ? Pauvre femme !

Qu'est-ce qu'elle lit ? Sans doute une revue pour dame, recette de cold cream pour teint de lys, et modèle de chaussettes au tricot...

Je ne vois pas bien. Si je laissais tomber ma canne, je pourrais approcher...

Ah dis donc, « revue philosophique du nouveau monde »  

Ça te la coupe, hein, mon vieux Joe ? Je savais bien que c'était une pédante, une bourgeoise qui se prend pour une intellectuelle.

Je plains son mari ! Est ce qu'elle en a un, seulement ? Du genre à faire fuir tous les partis, ces femmes-là !

Quand même, elle n'est pas mal roulée. Elle n'arrête pas de croiser et décroiser les jambes. Je suis sûr qu'elle cherche à m'allumer... mais si je tente quelque chose, je risque de me prendre une gifle.

Si j'allais me promener dans le wagon fumeur, je trouverais peut être quelqu'un à qui causer. Parce que cette huitre, là....

Ah voilà le contrôleur...

- Madame Garbo, je vous en prie, je n'ai pas besoin de vérifier votre billet, c'est un tel honneur de vous avoir à bord !

 

Clairette

12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 16:35

Seule à bord

Solitude d’un voyage sans bagage
Une simple revue pour tout rivage
Une à une, volage, tourner les pages
Par pudeur sans fard et sans visage
De la vie cacher les funestes ravages
Avancer prudemment avec courage
Ne pas craindre le prochain virage
L’aventure est rude à défaut d’être sage
Le train en train-train en a effacé l’âge
Pour mieux gommer ses dommages !

 

ABC

11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 21:49

La mystérieuse

Un train, un compartiment vert
Une femme, un mystère
Seule sur la banquette
Un livre elle feuillette
Derrière un bibi bleu
Je ne vois point ses yeux
Sont-ils verts, bleus, noisettes
Mon coeur épris de sa silhouette
Dans le couloir guette
Un regard lancé même de travers
Belle inconnue que je croise en hiver

Vers quelle destination
Quel horizon
Quel amant amoureux
Allez-vous de ce wagon mystérieux....

jill bill

11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:12

 

- Contrôle des billets ! Mademoiselle ?

Une angoisse monte en moi. Pas de panique, tendre le titre de transport, ne pas lever la tête, reprendre le document, remercier.

Encore une privilégiée qui voyage en première. Elle n’a même pas daigné me regarder. Jolie, classe, mais snob ! Pas assez bien pour elle le petit contrôleur !

Le paysage défile, ne pas l’observer, ne pas entrevoir mon reflet dans la vitre, lire ou faire semblant. Encore deux heures de trajet. Cela fait si longtemps que je n’ai plus voyagé en public. Pourvu que personne ne s’installe à mes côtés.

 

- La place est-elle libre ? Vous permettez ?

La voix est virile, racée, polie. Une paire de Paraboot, impeccable. Un bas de pantalon en cachemire. Mes yeux rasent le sol du wagon.

Au secours ! Je ne puis plus respirer !

Une échappatoire : les toilettes !

Je saisis mon sac et me précipite, les bords du chapeau repliés laissant les livres sur la banquette. Tant pis ! Ouf ! Je suis enfin en sécurité.

Il fait si chaud. Les manches de ma robe collent à la peau. Je préfère l’hiver, emmitouflée anonyme dans des épaisseurs de laine. Un rien plus sereine. Un rien !

On frappe à plusieurs reprises à la porte.

- Occupé ! est ma seule réponse.

Peu m’importe, ils n’ont qu’à se rendre dans un autre wagon. Je ne bouge plus d’ici coincée dans ce cocon minuscule.

 

16 heures ! Le train arrivera bientôt à destination. Ma chère Marie sera-t-elle sur le quai comme convenu ? Quelle va être sa réaction ? Elle ne m’a plus vue depuis… Et la mienne ? Comment rester naturelle ?

Prudemment j’entrouvre la porte des toilettes. Personne ! Mon sac en bandoulière, mon chapeau en avant sur mon front, je sors et j’attends l’arrêt du convoi.

 

- Mademoiselle ! Tout va bien ?

Trop tard ! Le contrôleur se penche vers moi, je ne l’ai pas entendu arriver.

Et notre regard s’accroche furtivement. Furtivement mais irrémédiablement. La pitié je n’en ai rien à faire. Je me hais ! Je le hais !

Mais surtout, surtout, je hais Martial, sa jalousie et son jet d’acide !

 

Plumette

11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:02


La solitude ce n’est pas gris ou noir
la solitude
c’est transparent sur un trottoir

La solitude c’est le reflet de soi auquel on se raccroche
dans la vitre du train
pour dire adieu
au quai

La solitude c’est les banquettes moulues
d'accueillir tant de corps qui n'ont plus rien à dire
et ailleurs un quelqu’un qui n'attend plus celui que l'on ne sera pas

Solitude
la fin des déguisements

 

Russalka

10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 18:24

De grâce ...


 

Le train démarre .
On vient de quitter Avignon .
Arthur m'a accompagnée sur le quai ; il était heureux.
Je suis songeuse, contente que le compartiment soit vide.
Par précaution, je garde mon chapeau pour ne pas croiser l'éventuel regard d'un passager retardataire qui bêtement me sourirait par politesse.
Comment vais je annoncer la nouvelle à Arthur ?

J'ai une heure de voyage pour y réfléchir .
Le livre sur mes genoux est un prétexte .
La revue également .
Dans le train, je ne lis jamais, je cogite.
C'est toujours le même scénario.
Je rends visite à des inconnus rencontrés sur des sites, je me plonge dans leur vie, leur objets, leur intimité le temps d'une soirée, parfois un peu plus ; ensuite, ils me raccompagnent à la gare pensant avoir dégoté la perle rare.
Leurs yeux naïfs plongent dans mon sourire secret.
Ils pensent y voir une prochaine fois.
Il n' y a jamais de prochaine fois.

Il ne connaissent de moi qu'un prénom et mon numéro de téléphone portable ; je prends soin d'effacer très vite le leur.
Je n'aime pas être enquiquinée.
Mes amies me disent cruelle.
Je me trouve désabusée ...
Mais, de grâce, ne jouons pas sur les mots !

Annick SB

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