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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 19:05

sujet 40/2019 - clic

Il est 12 h 45, je suis à mon ordinateur occupée à regarder mon courriel lorsque soudain :

 

 - Ouh ! Ouh !

 

 - Qui m'appelle ?

 

 - Ben nous !

 

 - Qui nous ?

 

 - Les montres.

 

 - Les montres ? Je ne vous vois pas...

 

 - PFF ! Andouille, regarde mieux, nous sommes sur le site de mille et une.

 

 - Désolée les filles, je n'ai pas le temps, entre le ménage, mes occupations en dehors et mes soucis, je ne vois pas le temps passer, le temps me brûle.

 

 - Et tu crois qu'il ne fait pas pareil avec nous, on se ramollit et si tu ne viens pas nous sauver, c'est un magma que tu vas retrouver sur le site et crois nous les lecteurs vont râler, ils ne pourront plus écrire.

 

 - Je ne vois déjà pas ce qu'ils vont sortir comme texte sur des montres alors ne rien faire les reposera et ils seront ainsi en forme pour une prochaine proposition.

 

 - Ah oui ? Tu vois ça comme cela ? 

 

 - Ben oui, que voulez-vous que je vous dise de plus.

 

 - Tu ne veux pas parler de Dali ? C'est pourtant ton peintre préféré.

 

 - C'est vrai mais je lui ai écrit et il ne m'a jamais répondu. 

 

 - C'est qu'il n'avait pas le temps, il était en train de nous peindre, tu l'as dérangé et pendant qu'il lisait ton courrier nous on fondait.

 

 - Il pouvait recommencer, d'ailleurs à vous voir, cela n'a rien changé, vous êtes toujours molles. 

 

 - On le sait et c'est pourquoi on vient te chercher pour nous sauver car c'est bien de ta faute si nous en sommes là.

 

 - Désolée les filles, je dois partir, on m'attend pour la préparation d'une grève, je dois aussi sortir le chien et c'est urgent. Peut-être une autre fois qui sait ?

 

 -  Nous serons mortes la prochaine fois et tu auras dans ta boîte de courriel toutes les colères des lecteurs mécontents.

 

 - Ecoutez, je ferai ce que je peux, je vais essayer d'écrire un truc mais je ne vous promets rien.

 

5 heures plus tard environ, il est 18 h 18, c'est important de dire l'heure comme cela il n'y a pas de surprise. Alors il est vrai que je ne donne pas les minutes ni les secondes mais cela n'a pas d'importance. Si ?  Vous croyez que j'ai le temps de calculer, j'ai du travail…

 

- Ouh ! Ouh !

 

Mince alors, revoilà les montres qu'est-ce qu'elles me veulent encore ?

 

 - Tu en as mis du temps !

 

- Et alors, on ne fait pas une réunion en 5 minutes et puis je vous ai dit que je n'avais pas le temps de m'occuper de vous surtout que rien n'a changé, aucune de vos aiguilles n'a avancé d'un iota. Alors vous n'êtes pas à des années près.

 

 - Ce qu'il ne faut pas entendre ! C'est sûr qu'avec des gens comme toi, tout se casserait la figure.

 

 - C'est cela oui, avec tout ce que je fais, on se permet de critiquer... Allez au-revoir les filles et surtout à ne jamais vous revoir.

 

 

 

Le blog d'Aimela

9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 18:01

sujet 40/2019 - clic

Ainsi fond fond fond l’heure d’été

Pendant que l’heure d’hiver se durcit

Mais que font les marionnettes ?

Et que fait le temps ?

Sans surprise il joue

Et nous un peu bêtas

 (Alpha et oméga ne sont pas loin)

Nous parlons de lui et de la vie

Jeu de hasard jeu du destin

Où se trouve donc notre liberté ?

Le temps ne peut pas être deux aiguilles qui tournent

Tourner en rond ne sert à rien

Et ne fait pas avancer les choses

Certains pensent que le temps pourrait être un jeu de dé

Cette image de dé est aussi intéressante que ces montres distordues

Si le temps était un dé

Mes élucubrations pourraient être vérité
Pour que le dé roule il faut quelqu'un pour le lancer

Le souffle seul ne pourrait pas le faire avancer telle une bille
Il ne pourrait avancer seul que si sa trajectoire était en pente
On sait tous qu’un dé ne peut pas remonter la pente

Et on se doute bien que la mauvaise pente le mènerait au néant
Et on sait aussi que chaque homme va suivre une trajectoire différente

Son dé dans sa poche trouée
Alors on peut se dire que pour aller de l’avant

Il faut vraiment avoir le bon sens et la bonne trajectoire.

Je vous le dis

Ne portez plus de montre

(oméga ou tout autre marque)

Faire tourner en rond le temps à son poignet ne sert à rien

Mais le lancer comme un dé dans la bonne trajectoire et avec bon sens

Ça c’est primordial !

 

 

Le blog de Jamadrou

 

9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 14:52

sujet 40/2019 - clic

Le temps ne meurt pas

Il est et va

Sans surprise, sans soupir

Faisant naître, vivre et mourir...

 

C'est nous qui disparaissons

 Comme neige au soleil fond...

 

 Tic tac tic tac, la vie tourne

Toc toc toc toc, la mort frappe...

 

Que tu sois insecte ou pachyderme

Petit ou grand humain,

La vie se referme

Quand le livre arrive au mot fin...

 

Ce mot qui angoisse

Car il est mystère éternel

Nul ne revient conter

Son au-delà

Après son ultime messe...

Une croix dans ta paroisse

Deux dates sur terre

Rappelant ton passage de mortel

 Couché-là

Au cimetière, ta dernière adresse...

 

 Tic tac tic tac, la vie tourne

Toc toc toc toc, la mort frappe...

 

 

Le blog de jill bill

8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 15:15

sujet 39/2019 - clic

Cest fou de s’imaginer

Innocemment que les ciseaux

Servent uniquement et

Exclusivement

A couper un ruban…

Un proverbe dit, je crois : si

X a deux branches comme lui

 

Cest aussi pour couper court

Immédiatement à des rumeurs

Sournoises

Et injustifiées qui prétendent que l’instrument sus-nommé

A principalement, grâce à

Une pointe acérée des fonctions hautement tranchantes et castratrices.

Signé X qui préfère garder l’anonymat

 

 

Le blog de Cloclo

8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 15:00

sujet 39/2019 - clic

Cher fils,

 

Tu m'as demandé de te parler de ta tante Lilli. C'est difficile. Tu as raison, généralement on évite le sujet. Mais je vais essayer.

 

Lorsque tu étais enfant, tu l'a rencontrée souvent, t'en souviens-tu ? Ma grande sœur et moi étions assez proche. Elle a été une petite fille joyeuse mais assez effacée, affectueuse, très sage, très ordonnée. Elle n'aimait pas peiner les autres. Elle partageait toujours ses jouets et ses friandises et je pense en avoir honteusement profité !

 

Jeune-fille, elle avait une beauté douce et ronde. Elle était très amoureuse de Julien, boulanger avec son père. Ils se sont épousés et ont eu trois ans de bonheur, mais pas d'enfants et puis malheureusement il s'est fait renverser à vélo et après elle n'a plus « regardé » d'autres hommes.Petit à petit, elle a pris la relève de ta grand-mère. Elle faisait des travaux de couture pour des particuliers ; beaucoup de robes de mariées, c'était sa spécialité. Le temps a passé, imperceptiblement. Te souviens-tu de son grain de beauté, au coin de la joue qu'elle appelait « son papillon du sourire » ? De ses mèches rebelles ? De ses éternelles blouses bleues ? Des ciseaux attachés par un cordon autour de son cou ? Tu aimais aller chez elle, elle te prodiguait une impressionnante quantité d'histoires et de gâteaux au chocolat. Et elle t'avait cousu toute une famille de poussins en velours que tu as longtemps traînée un peu partout. Et aussi, tu arrachais toujours les bouts de fils qui se collaient à ses vêtements.

 

Puis nous avons déménagé. Elle n'aimait pas téléphoner. Ni elle ni moi n'aimions les longs trajets en voiture. Nous nous sommes presque perdues de vue.

 

La dernière fois … Je n'en ai jamais parlé, même à ton père. Depuis l'avant dernière fois, elle avait pris un gros coup de vieux. Elle tremblait imperceptiblement. Ses vêtements étaient légèrement en désordre. Elle m'a raconté que le matin même elle avait voulu recoudre un bouton sans réussir à enfiler une aiguillée. Mot à mot, elle m'a dit : «  Aux vieux ouvriers, de vieux outils. Mes ciseaux sont émoussés ; je n'ai pas réussi à avoir une coupure nette du fil ; impossible de le rentrer dans le chah de l'aiguille. Impossible. Quelle galère de vieillir ! » Et sans transition, elle m'a demandé des nouvelles de Sarah et de toi. Et puis à mon départ elle a voulu de toutes forces que j'emporte le collier de Maman. Le lendemain on l'a retrouvé morte dans son lit. Avait-elle pris des cachets ? On ne sait pas. Je ne sais pas. Pour ma conscience, j'espère que non, mais si elle l'a fait, maintenant je suis apaisée à ce sujet. Je garde ta tante Lilli dans mon cœur.

 

Cher fils, profite bien de chaque instant de bonheur. Je t'aime.

 

Maman

 

 

Le blog d'AniLouve

5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 21:10

sujet 39/2019 - clic

La nouvelle salle des fêtes va être inaugurée

Monsieur le maire est agélaste

(d'habitude, il ne sourit jamais)

mais il vient de siffler six anisettes

qui l'ont tout émoustillé

Le député s'est déplacé

les adjoints, les conseillers

la population est presque au complet

sauf l'opposition qui s'est groupée sur le côté

pour surtout ne rien manquer

et pouvoir ensuite bassement critiquer

Le ruban tricolore barre la porte d'entrée

Monsieur le Maire appelle deux de ses administrés

ou plutôt deux belles filles, plutôt bien roulées

qui tiennent le ruban chacune d'un côté

au milieu sont le maire et le député

Une petite fille apporte sur un coussin brodé

une paire de ciseaux d'une taille démesurée

ce sont ceux du tailleur du parti opposé

Que diantre ! C'est une farce ? Que va-t-il se passer ?

Il se passe … Il se passe … que le maire soudain s'est écroulé

Yeh ! la vue des grands ciseaux l'a terrorisé crie quelqu'un du parti opposé

ce n'est pas ceux que j'avais préparé, crie la secrétaire affolée

Ouille ! Ouille ! Ouille ! il a cru qu'on allait le castrer, crie un rigolo du quartier!

Bref ! Tout le monde s'est précipité

le député a appelé les pompiers

la fanfare s'est mise à jouer pour meubler

Le maire s'est enfin réveillé avec un sourire égaré

l'anisette avait fait son effet... inespéré

le ruban n'était toujours pas coupé

La secrétaire avait enfin retrouvé les ciseaux adaptés

Alors, cérémonieusement, le maire a coupé le ruban

Tout le monde a applaudi

et la salle des fêtes a enfin été investie

Toutes les suppositions ont été marmonnées

tout le monde a voulu un morceau du ruban

qui marquait cette journée d'un sceau particulier

mais personne n'a jamais deviné le fondement de cet éblouissement

et chacun le cherche encore aujourd'hui.

 

 

Le blog de Lecrilibriste

3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 22:39

sujet 39/2019 - clic

Bateau ciseau

Lalalère

La galère

Bateau ciseau

C’est moi qu’a eu le dernier mot

 

Et schlack !

Chassez l’intrus !

Un grand coup sur le bec

N’avait qu’à pas la ramener.

 

J’en ai encore des vibrations

J’écume de colère

Sur un fond rouge vif

 

Moi qui m’appliquais tant

Soucieux  de mon espace

Tirant la langue

 

Et le voilà qui se ramène

Tout frétillant

Pimpant

Jaune soleil !

Quelle impudeur …

 

Et schlack 

Coupé tout net

Faut pas toucher à mon ego !

 

 

JC  Scant 

3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 19:02

sujet 39/2019 - clic

«Ne coupez pas !!»
Je l'aurais parié. A chaque fois c'est la même chose, je n'y coupe pas : il se trouve toujours quelqu'un pour me couper le sifflet.
Si encore c'était pour dire quelque chose d'intelligent mais c'est bien souvent prétexte à couper les cheveux en quatre.
C'est pourquoi très tôt j'ai décidé d'écrire, même si parfois ce foutu copier-coller-rogner me joue des tours.
Il faut dire que cette malédiction avait commencé dès ma naissance !
Qu'est-ce qui a pris à cette accoucheuse de pacotille de cisailler le cordon qui me retenait si intimement à ma petite maman chérie ?
Cette stagiaire en boucherie-charcuterie s'est penchée sur moi – j'ai pu constater qu'elle en avait une belle paire – et Couic, d'un coup de ciseaux à vous couper le souffle elle a commis l'irréparable.
« Même pas mal ! ». C'est pas une raison.
Allez réparer ça, vous. Comment faire ? Un nœud, une épissure? Pourquoi pas un scoubidou ?
C'est que je l'affectionnais mon placenta – même s'il y a à boire et à manger là-dedans – mon ravitailleur en vol, celui que j'appelais mon sac-à-ventre.
Et qu'en reste t-il aujourd'hui ? Un zigouigoui, comme un petit escargot au gras du bide pour me rappeler mes origines bourguignonnes et ces cinq centimètres de tuyau desséché conservés dans une petite boîte avec mon bracelet de naissance.
 
Résultat, au bout de cinq jours on a coupé les ponts la sage-femme et moi ; on n'avait plus rien à se dire... surtout moi.
Je l'ai quittée un mardi ou un samedi, bref c'était un de ces matins de novembre avec un brouillard à couper au couteau... décidément ça continuait !
Fort heureusement dans mon nouveau chez-moi c'est à dire dans les vignes c'était moins dangereux car la taille ne commencerait qu'en décembre et les adultes se contentaient de surveiller les fermentations alcooliques et malo-lactiques... autant dire qu'ils cuvaient dans les chais à bariques.
Moi j'étais pour quelque temps condamné à la sobriété et je surveillais mon lait pour m'assurer qu'on ne me le coupait pas à l'eau pour cause de disette.
C'est qu'on était bien fauchés en 47.
C'est quand même drôle les coïncidences de la vie. Pensez que j'étais dans mon année Zéro au moment même où Rossellini terminait le tournage de son « Allemagne Année Zéro ».
Quand je songe qu'il avait du crier « Coupez ! » à la fin du dernier rush, j'en ai des frissons dans le nombril.
J'exagère un peu... un réalisateur italien ça ne dit pas « Coupez », ça dit «Tagliare» voire même « Tagliatelles » pour les western-spaghetti mais c'était pas son genre à Rossellini.
Lui son genre c'était des histoires de famille, la famille Köhler, le même nom inscrit en lettres d'or sur les tablettes de chocolat réservées à ma grande sœur mais ça n'intéresse personne.
« Plus tard t'en auras une grosse » me disait ma sœur en agitant sa tablette sous mon nez, ce à quoi j'enrageais de ne pouvoir lui répondre «si on ne me la coupe pas ! »
Avec le recul je pense qu'elle faisait allusion aux caries...
Cette phobie de la castration ne m'a jamais quitté et perdre la tête était un cauchemar récurrent où j'ai vu cent fois Louis XVI, Danton ou Robespierre se faire raser gratis.
Ne cherchez pas la moindre paire de ciseaux chez moi et puis ne me coupez pas ! J'arrête.
 
 
Le blog de Vegas sur sarthe
3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 16:45

sujet 39/2019 - clic

J'ai failli connaître mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père, vous vous imaginez ? Il est mort la veille de ma naissance ! C'est mon arrière-grand-père qui me l'a expliqué ce matin. Juste avant de mourir (à vrai dire, il n'est peut-être pas encore mort, mais cela ne saurait tarder). Cela faisait des années que je n'avais plus été lui dire bonjour. Cela me faisait trop mal de voir sa déchéance. Il n'y a pas de fin heureuse, sinon peut-être mourir d'épectase, mais Alzheimer est probablement le pire que l'on puisse imaginer. Il y a dix ans, la dernière fois que je lui avais rendu visite, il ne m'avait même plus reconnu. Il avait déjà quatre-vingt-neuf ans, mais quand même, cela fait un choc.

 

Ce matin, donc, quelle n'a pas été ma surprise de recevoir un coup de téléphone de ma grand-mère, qui m'annonçait, des larmes (de joie ?) dans la voix que depuis son réveil ce matin, son père allait mieux, et que s'il ne se souvenait pas de ce qui s'était passé ces dix dernière années, par contre, il reconnaissait à nouveau ses proches. Et qu'il avait même demandé à me voir. De toute urgence. Face à cette invitation pour le moins surprenante, j'ai demandé un demi-jour de congé et suis allé lui rendre visite.

 

Quand je suis arrivé, il m'a aussitôt reconnu et m'a salué d'une voix chevrotante, mais parfaitement audible. Il m'a alors raconté l'extraordinaire vie de son arrière-grand-père, Aloïs. Mais non, pas Alzheimer, ne confondez pas tout, s'il vous plaît ! La veille de ma naissance, il venait de fêter ses cent soixante ans et il commençait à trouver le temps long. Vous ne me croyez pas ? Vous vous dites que c'est impossible ? Qu'on en aurait parlé dans les médias ? C'est que chat échaudé craint l'eau froide, et Aloïs n'avait nulle envie que l'un ou l'autre chercheur russe crie à une nouvelle arnaque, encore plus invraisemblable que celle de Jeanne Calment. Non. Toujours bon pied bon oeil, oublié des hommes (complètement ! Il ne payait plus d'impôts depuis près de cinquante ans) et des Moires, il coulait des jours heureux chez son arrière-arrière-petit-fils. Et en parlant des Moires, c'est bien là que le problème se trouvait. Ne me dites pas que vous ne connaissez pas ces trois sœurs qui incarnent le destin et régentent notre vie à toutes et tous. Il y a Clotho, la Fileuse, qui tisse le fil de la vie. Et puis, Lachésis, la Répartitrice, qui le déroule. Et enfin Atropos, l'Implacable, qui le coupe de ses ciseaux intraitables. Dans le cas d'Aloïs, c'était Atropos le nœud du problème, un comble pour une tisserande. Elle avait des trous de mémoire, un comble pour une Moire !

 

Aloïs, qui commençait à en avoir assez de sa vie terrestre, devenue une vraie galère, et qui aspirait à plonger dans les eaux du Léthé afin de tout oublier avant de revenir dans un corps nouveau, s'en fut donc trouver Zeus pour plaider sa cause. La question de savoir si Zeus doit se soumettre aux Moires ou s'il peut infléchir le cours du destin, l'emporter sur ce qui est tracé d'avance n'est toujours pas résolue, les plus grands mythologues grecs n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord à ce sujet. Enfin, l'important est que le souverain de l'Olympe réussit à convaincre Atropos d'enfin s'occuper d'Aloïs, et plus généralement de notre famille.

 

Bref, voilà ce que m'a raconté mon arrière-grand-père ce matin, ajoutant qu'il n'avait nullement envie de fêter demain ses cent ans, que c'est pour cette raison qu'il m'avait demandé de venir en urgence, moi, la réincarnation probable d'Aloïs, afin qu'il puisse tout m'expliquer de vive voix avant de lui-même s'en aller. Car la nuit passée, il avait rencontré Atropos en songe. Elle semblait à nouveau souffrir de sa maladie neurodégénérative. Elle a toutefois promis de s'occuper très prochainement de nous.

 

C'est bien évidemment exceptionnel de demander un congé pour l'enterrement d'une personne qui n'est peut-être pas encore morte, mais comme je veux être certain de pouvoir assister aux funérailles de mon arrière-grand-père, je m'en vais de ce pas trouver mon chef de service afin de

 

 

Le blog de Passion Culture

3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 11:32

sujet 39/2019 - clic

J'ai vu oui j'ai vu...
Mon dieu qu'as-tu vu?
J'ai vu des ciseaux danser
Deux lames comme deux âmes
en train de faire des pointes
Pointes acérées
Ballet étrange
J'ai vu deux âmes tournoyer
bras en arceau au dessus de la tête
Deux âmes asexuées nombril bien vissé
Mon dieu qu'as-tu vu?
J'ai vu une paire de ciseaux danser
et d'un coup sec, clac!
je l'ai vue couper le fil jaune de la vie
 
 
Il n'avait que 32 ans.
 
 
 
Le blog de jamadrou
2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 20:11

sujet 39/2019 - clic

Depuis 15 jours, je me creuse la tête. J’ai un beau contrat qui vient de tomber sur ma table… et ce n’est pas trop tôt car les huissiers sont à ma porte, et ce n’est pas pour prendre l’apéro.
 
Bref, je dois dessiner le carton d’invitation du chantier naval d’à-côté. Le patron a construit une galère sur la base de celles qui voguaient par ici au XVIIe siècle et sur lesquelles furent envoyés les protestants, les opposants, les repris de justice… bref, tous ceux dont on ne voulait pas trop s’occuper, mais qu’on ne pouvait pas mettre à mort…
 
Plus mon voisin m’en a raconté, moins j’avais d’idées. D’abord, je voulais faire un bateau… puis je voulais rendre hommage à tous ces hommes qui y ont été envoyés, puis je voulais mettre en évidence le grand nombre de personnes nécessaires à la chiourme…
 
Quelle galère ce carton d’invitation… Plus j’essaie de les ordonner, plus mes pensées s’égaillent en tous sens.
 
Et voilà le téléphone qui sonne. C’est ma mère… Je déteste qu’elle me téléphone pendant que je travaille, ça me déconcentre !
 
Durant son monologue où elle me raconte sa dialyse et l’accident de Madame Pochon la couturière, je griffonne sur mon bloc… Une couturière a des ciseaux… Et ces ciseaux sont en action, quelques petits traits pour montrer le mouvement… Ma mère continue à soliloquer. Je me contente de petit humhum de temps à autre… Tiens, ces ciseaux, qu’est-ce qu’ils coupent ? Ma mère me parle de sa collecte de fonds pour le ruban rose, la lutte contre le cancer du sein… Ah, ben mes ciseaux, ils coupent un ruban… Ma mère m’invite à déjeuner dimanche… Un dernier « humhum, à dimanche, M’man » et je raccroche.
 
Et voilà, le carton… il est là… Griffonné en quelques minutes, je l’affine un peu et vais présenter le résultat au chantier naval. Du contremaître à l’apprenti, tout le monde approuve mon dessin « résolument moderne et graphique » d’après le patron.
 
Vivement l’inauguration!
 
 
2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 13:49

sujet 39/2019 - clic

 Ma vie galère

Souvent envie de couper les ponts

De me jeter d'un pont

En finir avec mes galères...

 

A l'emporte-pièce

Vivre sous les ponts

Sous un porche, dans le métro,

 Parce que sans boulot et alcoolo

Pièces à mon pantalon

A mendier la pièce...

 

Envie de couper le fil de ma vie

Existence à la vaut rien

D'un banc à un autre banc

D'église en église aussi

Moi qui n'ai plus rien

Que ces chaises et bancs...

 

Un banc pour toit

A la fois table et lit

Au jour le jour

Et si je garde un fond d'espoir

Celui qui me retient

Qui s'emploie

A ne couper le fil, le fil de ma vie

Sans retour

Un soir

C'est pour toi mon gamin...

 

Indigne d'être ton père, ne dis rien,

Je le sais bien,

D'ailleurs ta mère m'a remplacé

M'a bel et bien oublié...

Moi, j'attends comme un miracle

Dans ma débâcle

 Une lumière au bout du tunnel

Qui redonne une vie nouvelle

Comme avec la mort

 Parfois, j'espère encore...

 

 

Le blog de jill bill 

30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 17:43

sujet 38/2019 - clic

Depuis longtemps, Suzanne cherchait l’âme sœur. Un homme en qui elle pourrait avoir confiance. Un homme généreux. Un homme fidèle. Un homme tendre et honnête, qui ne lui joue pas la comédie en se faisant passer pour ce qu’il n’est pas… L’homme de sa vie, l’homme de ses rêves, quoi!
 
Dans les années 80 et 90, elle lisait les petites annonces des journaux, et puis elle s’était mise aux sites de rencontre. Pensez donc, même Madame Jeanne, la concierge acariâtre de son immeuble, y avait trouvé un homme qui partageait maintenant sa loge et sa vie. Alors elle finirait bien par trouver.
 
D’ailleurs… cela faisait quelques semaines qu’après un échange de numéros de portables sur www.rencontremagique.fr, elle conversait tous les soirs au moins deux heures avec Justin. Elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance. Il était généreux. Il répondait fidèlement à chacun de ses messages. Sa voix avait vraiment de tendres inflexions lors de leurs interminables discussions.
 
Comme elle, il aime la nature, les balades, observer les oiseaux au rythme des saisons. Jamais elle ne l’a entendu maugréer contre le vent, la pluie, la chaleur, la sécheresse. Il aime tout de la nature, y compris ses caprices. Comme elle qui trouve que les gens sont pénibles à se plaindre tout le temps.
 
Il aime passer du temps avec sa sœur et ses neveux et nièces. Il les voit au moins deux fois par semaine et ne tarit pas d’éloge sur les progrès des uns et des autres: les premiers pas de Sophie, les grandes idées de Tadéo, les devoirs de Charlie, les bonnes blagues de Jules… A force d’entendre parler d’eux, Suzanne a déjà l’impression de les connaître, et presque de les aimer.
 
Et puis ses yeux!!! Sur les photos reçues, Justin ne se départit jamais d’un regard intense et joyeux. C’est sûr, il est l’homme dont elle a besoin.
 
C’est décidé, ils vont se rencontrer. Jules lui a donné l’adresse de sa boutique et elle viendra le chercher à l’heure de fermeture… Elle regarde sa montre toutes les 3 minutes. Le temps s’écoule lentement en cette après-midi d’automne. Mais voilà que l’heure approche finalement.
 
Suzanne se rend au lieu de rendez-vous… et se fige devant la boutique Aux mille et unes saveurs. Ce n’est pas la douce boutique d’épices qu’elle s’était imaginée… Non… C’est… une boucherie… et pour Suzanne, végétalienne convaincue… c’est inimaginable de vivre avec un boucher!
 
 
Le blog de Bourgeon créatif 
29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 20:05

sujet 38/2019 - clic

« Bonjour Madame... »
 
« Appelez-moi Germaine, comme d'habitude»
 
« Si vous voulez... Que puis-je pour vous, Germaine? »
 
« Et bien je viens comme chaque mois pour renouveler mes médocs... le docteur Martinet n'est pas là ? »
 
« Euh... il n'y a pas de drogue ici mais j'ai forcément ce qu'il vous faut dans la boutique ma petite dame »
 
« La boutique ? Le docteur dit plutôt cabinet »
 
« Le cabinet ma petite dame, c'est au fond à droite. Ici c'est la boutique»
 
« C'est nouveau ces sacs à provisions qui pendent au plafond ? C'est original»
 
« Ce que vous prenez pour des sacs à provisions, ce sont des jambons »
 
« Des jambons ? Je comprends. Vous soignez en culpabilisant ceux qui ont de la cellulite ! Et ça fonctionne? »
 
« Euh... j'en écoule pas mal au moment des fêtes, surtout ce Parme de 24 mois. Voulez-vous le goûter ? »
 
« Ne me tentez pas docteur. Je ne sais pas résister au gras. Mon mari me dit toujours que ... »
 
Et Germaine relève sa jupe sur ses cuisses : »Si c'est pas une sacrée culotte de cheval ça, n'est-ce pas docteur ? »
 
« Euh... ne m'appelez pas docteur et puis … dans cette boutique ma petite dame on ne paie pas en nature »
 
« Ces potions là, ces bouteilles, c'est original comme conditionnement »
 
« Euh... c'est juste de l'huile d'olive extra-vierge. Avec une tomate-mozza vous m'en direz des nouvelles »
 
« Je sais bien ce que c'est que vierge, docteur mais extra-vierge ça m'en bouche un coin ! »
 
«Pourquoi tenez-vous tant à m'appeler docteur ? »
 
« Je comprends. Vous n'avez pas encore votre diplôme ? Je trouve que vous vous en sortez très bien, Monsieur... Monsieur... »
 
« Appelez-moi Ali »
 
« Bien docteur Ali. Et pour mon renouvellement de médocs... vous ne m'auscultez pas comme le fait le docteur Martinet? »
 
Germaine dégrafe son corsage : »Vous n'êtes pas encore très à l'aise avec les femmes n'est-ce pas ? »
 
« Euh... c'est à dire... je devrais peut-être fermer la boutique. Un client pourrait entrer»
 
Germaine glousse: »Je viens de comprendre. Vous êtes spécialiste en extra-vierges ce qui est loin d'être mon cas! Vous êtes compliqués vous autres gynécologues»
 
« Euh... non... je ne suis spécialiste de rien, Madame Germaine. Juste Ali comme c'est inscrit sur la porte... Chez Ali Kiproco-Spécialités italiennes »
 
« Ah ? Donc vous n'allez pas renouveler mon traitement ? »
 
« Euh... non... pour ça vous devriez voir en face au Cabinet Généraliste »
 
«Donc je ne me déshabille pas, cependant... »
 
« Euh... Cependant quoi ? »
 
« Je vais quand même me laisser tenter par ce jeune jambon de 24 mois... »
 
 
Le blog de Vegas sur sarthe
29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 18:11

sujet 38/2019 - clic

Viens donc avec moi, viens jusqu' « Au bec fin »

l'épicerie fine, rue des Augustins

j'aime à respirer les épices du monde

rien qu'à lire leurs noms

j'entame un refrain

car mon esprit vagabonde

vers les pays voisins

vers les pays lointains

et leurs délices en nombre

 

Amandes amères, extrait de café

piment d'Espelette et menthe poivrée

pur sucre de canne et fleur d'oranger

paprika, curry, et pignons grillés

sésame pavot et oignons grelots

cari et safran, poudre à colombo

de Madagascar vanille en goguette

basilic et thym, laurier, ciboulette

me donnent envie d'entrer dans la fête

et de cuisiner en rabelaisien

des mets inédits au goût souverain

espagnols, indiens ou bien marocains

qui n'aient vraiment rien de végétalien

 

Quand j'ai le bonheur d'aller « Au Bec fin »

 

 

Le blog de Lecrilibriste

29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 16:40

sujet 38/2019 - clic

Je ne suis pas très branchée "comédie" au sens premier de "pièce de théâtre" [1]
 
Que ce soit pour jouer, aller dans le lieu "comédie" et y voir jouer une pièce.
 
Mais, malgré moi, je crois que je joue comme vous et nous tous la comédie chaque
 
Jour car ma vie et la vie est une comédie lorsqu'elle n'est pas trop souvent tragique.
 
 
 
Si vous ne croyez pas que tout repose dans notre quotidien sur le commerce
 
Peut-être m'accorderez-vous qu'aller à l'épicerie fine ou manger à une grande table
 
Relève de la comédie car n'est pas arranger des produits de notre vie quotidienne
 
D'une façon à ce que nous les payons plus cher, voire les  yeux de la tête.
 
 
[1] clic
 
 
29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 13:38

sujet 38/2019 - clic

Scener 1 : (Devant la vitrine de la « Salumeria Nazionalie». Arlechino et Brighella interpellent  « Il Padrone », le patron du magasin)

Arlechino (A) - per favore Padrone ! jouste oun pétit morceau de pain…

Brighella (B) - et oun po di salami...

Padrone (P) - Niente ! niente ! Vous n’aurez rien du tout ! Espèces de vauriens, va nu pieds, immigrants !

A et B - ma ! siamo italiano !

P - vade via, vade via ! Passez votre chemin ! Espèces de fainéants, via !

(A et B s’éloignent un peu de la vitrine)

Arlechino -Vieil avare sans cœur ! Même pas un bout de pain. Dieu le lui rendra  bien!

Brighella - aspetta oun po ! Attends un peu ! jé crois que j’ai oune idée…

 

Scène 2 : Toujours devant la Charcuterie Nationale

A et B ont changé  leur masque de valets de comédie et  revêtu une combinaison bleu marine… ils arrivent essoufflés devant le Padrone.

Les deux : padrone padrone !

Padrone - ma ché cosa ché encora ?

Les 2 - ah padrone ! padrone, elles arrivent, elle sont tout près ! Les Terroristes !

P - ma qué cosa diché ?

A - Les terroristes ! Les brigades Anti spézié

B - les Anti Spécies ! Les Véganes !

P - les Véganes !

A - oui ! Elles s’attaquent  à tous ceux qui mangent de la viande

B - et surtout à tous ceux qui en font commerce!

- nous les avons vues à l’œuvre tout à l’heure, devant la Boucherie Firenze...

- les plus plous terribles d’entre elles

- la 269 ! La plous terribilé !

- Toutes des femmes

- « liberazione animale » qu’elles criaient…

- elles ont tout cassé !

- jeté du sang sur la vitrine

- et pendu le boucher sur l’un des crocs de sa boutique !

- Padrone -mama mia ! dio Santo !

A - attenzione ! elles arrivent, je les entends déjà !

P - ma qu’est ce que jé po faire ?

B - c’é ouna soluzione !

A - presto presto ! Elles arrivent bientôt !

B - (bombant le torse) – Nous on est spécialistes…

A - spécialistes della Securita !

P - si si ! La Sécurita ! La Securita Nazionale ! Et viva Italia !

B - on va garder votre magasin !

A - on sera vos vigiles !

P - Si si ! Garder le magasin ! Ma ! Ça va augmenter mes frais d’exploitazione !

B - pas oune problème, padrone !

A - jouste una pétite contribouzione !

Padrone – cuanto?

B - abbiamo pensato… per comminciare… chaque matin, un gros jambon de parme…

P - oun prosciuto di Parma, entier ? Vous voulez me ruiner ?

A - attentenzione padrone. J’entends leurs cris de furies endiablées,  à mort les oppresseurs, « Liberazione animale !» …

P - va bene ! Dio Santo, oun prosciuto di Parma… et basta !

B - plous : 2 miches de pain, quelques saucisses et oun po di salami…

P - non, non, vous allez me ruinez ! Non, ça jé ne po pas !

A - la « 269 « patrons ! La « due cento sesenta e nueve », la piou terribile !

P - bene bene ! D’accord ! Basta cosi ! Mais vous me protégez. Chaque matin, devant mon magasin ! Allez, au travail !

B - hé, apetta padrone !

A - on mange pas sans boire !

B - vous nous mettrez ouna bouteilla de vino rosso !

A - due bottiglie !

B - et dou bon vin ! du Barbera !

Padrone - si, si due Barbera… Dio Santissimo ! Les Brigades Anti Spèzié ! Le monde est devenu fou !

 

 

JC Scant

27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 11:52

sujet 38/2019 - clic

A la une de tous les journaux ce matin : un boucher lâchement poignardé dans sa boutique. Les malfrats ont creusé un tunnel de 2 km pour atterrir juste au dessous du tiroir-caisse, ils en ont emporté le contenu, soit 2680 euros et sont repartis comme ils étaient venus.
 
Il faut dire que Monsieur Loyau était le boucher le plus renommé de Paris. C’est Madame Truchet qui l’a découvert en premier, baignant dans son sang. En voyant le pauvre homme à terre,  les boyaux à l’air, la malheureuse ne put se retenir de crier : mon Dieu, quelle boucherie !
 
Les journalistes sont déjà à la porte et se bousculent tandis qu’on emporte le corps. Personne ne mettrait en doute leur bonne foi, évidemment, mais chacun y va de ses commentaires et filme la scène à sa manière.
 
On se dirait dans Delicatessen, commente le premier, très féru de cinéma, ou dans un film avec Jean Yann, dit un autre. Avec courage, il s’enfile dans le sombre tunnel au cas où les assassins y seraient encore, tout en prenant soin de faire un lent travelling tout au long de son parcours, en commençant par le tiroir. Dix secondes. Le temps de s’apercevoir qu’un billet de vingt euros a échappé à leur vigilance. Cinq secondes. Puis sur la tache de sang carmine à souhait, trente secondes. C’est enfin  la descente infernale, où il manque de chuter à tout instant. Il ne réapparaitra que dix minutes plus tard, décoré ça et là de quelques beaux spécimens arachnéens vivant sous  terre.
 
Pendant ce temps-là, d’autres journalistes ont envahi le magasin. Tous ont repéré l’énorme tache d’hémoglobine et s‘en donnent à cœur joie pour effrayer au mieux l’âme sensible des téléspectateurs. Puis, attirés par les pièces de viande qui pendent au plafond, ils promènent lentement leur caméra sur chacune d’elles. A la manière dont ils les filment, on peut deviner leurs goûts en peinture. L’un est franchement pour Rubens et l’école flamande et s’attarde sur quelques pièces disposées harmonieusement par le mort sur l’étalage, un autre a repéré une belle tête de cochon et l’encadre dans son viseur pour lui donner des airs d’Andrej Juzewicz. A un autre endroit, pendent à un gros crochet deux jolies pièces d’où saillent harmonieusement les côtes, à la manière de Goya. Regardez, dit l’un deux, on croirait vraiment un tableau de Caillebotte, non ? Je n’aime pas Caillebotte, rétorque l’autre, c’est un peintre trop « viande blanche ».  Celui-là en effet filme à la Soutine et s’attarde férocement et désespérément sur quelques pièces sanguinolentes et grossièrement taillées.
 
Malgré la gravité de la situation, chacun d’eux s’accorde à dire qu’il n’y a pas de meilleur endroit pour un caméraman qu’une boucherie, car les boucheries sont des petits joyaux de clair-obscur, de lumière tamisée et de couleurs variées, d’harmonie mêlant intimement néoréalisme et poésie classique au solide savoir-faire de l’homme de (du) l’art (lard). En effet, les formes verticales s’accordent magnifiquement avec les plateaux horizontaux du comptoir ; descendant du plafond, les chapelets de saucisses, primesautières, tranchent avec les statiques tournedos ou les larges tranches de filet mignon, régulièrement rangées sur leur plat. Tandis que le doux regard des bovins morts semble dire qu’ils vous ont pardonné depuis longtemps.
 
Difficile d’admettre que cet endroit « photogénique »ne soit pas le lieu rêvé pour un décor de crime…
 
Les manchettes seront variées dès demain matin : Le mystère du boucher coupé en deux reste entier. Sanglante boucherie à la boucherie Loyau et plus prosaïquement : le boucher mort ne rendra plus la monnaie.
 
Tous les moyens seront bons pour dévoiler demain au monde entier un nouvel épisode, effroyable mais terriblement esthétique, du Ventre de Paris.
 
 
Le blog de Cloclo
27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 07:50

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Un homme, affublé d'un chapeau de traviole et d'une veste mal boutonnée, chaussé de pantoufles, tape furieusement sur la porte d'une boutique fermée.

 

- Tonio, Tonio, ouvre s'il te plaît ! Tonio, ouvre. C'est Louise ...

- C'est fermé, tu vois bien . Reviens demain. Non, attends … Elle a un problème, ma sœur ?

- Ouvre, je te dis. Elle a des envies.

- Mais je ne vends pas de fraises, tu sais bien.

- Justement, Louise, ce n'est pas des fraises qu'elle réclame. Elle veut du jambon. Elle répète en boucle : «  du San Daniele de chez Tonio ». Je vais craquer.

- Ah, je connais ça, j'arrive. Ces femmes enceintes, quelle comédie !

- Ta femme aussi réclame du jambon ?

- Non. Elle, c'est les radis. Tout à l'heure, elle m'a envoyé en acheter deux kilos.

 

Maintenant les deux hommes sont attablés devant un verre de vin. Ils se réconfortent et se rassurent mutuellement.

 

 

Le blog d'AniLouve

26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 12:50

sujet 38/2019 - clic

 Tout est faux j'te dis... !

Quoi, cette vitrine, une comédie... ?

 

Oui ma chère épouse !

Tu blagues mon cher mari... ?

Tu ne rentres plus dans tes blouses

Ta boulimie, encore ta boulimie... !!

 

Tant que nous nous baladerons en ville

Et ces moult tentations femme

Sois tranquille

Tu prendras encore des kilogrammes !

 

Est-ce ma faute si tout fait envie

En bonne épicurienne,

Ah cette charcuterie italienne...

Toi tu sais te maîtriser toi... M'enfin chéri !!

 

Oui, toi tu gobes !!

Bon soit Maïté, entrons chez Bibulle

Une fois encore, une fois de trop

Gare aux kilos

Et tant pis pour le ridicule,

Et ta garde-robes... !

 

 Bonjour monsieur...

Bonjour madame...

Plaît-il pour votre service... ?

Ah, un gros peu de tout, cieux...

Tout est bon dans l'cochon, dame !

Jambon et saucisse...

 

Avec vingt petits pains,

Et dix bouteilles de vin... !

 

Euh chérie... !!

Tout ça pour un soir, tu veux ta mort... !?

Invitons ta mère alors... !

Ah non, que nenni...

 

Avec son appétit d'oiseau

Tu vas encore la mettre mal à l'aise...

Elle se force, elle toujours à l'eau

Et à l'oeuf mayonnaise ! 

 

Enlevez une tranche de jambon monsieur

Et de saucisson... !

Avez-vous monsieur

Du faux jambon et du faux saucisson... !?

 

 

Le blog de jill bill 

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