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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 20:13

sujet 19/2019 - clic

Elles sont les descendantes de Noé les filles ! Je les ai reconnues tout de suite, moi même étant descendante indirecte par la branche des cousins d’Adam, une branche spécialisée dans la culture du cidre.
 

Le capitaine de l'arche nous rappelle ici son histoire. Incroyable comme elles ressemblent à leur papy les donzelles ! Je sais bien que la genèse attribue à Noé trois fils, mais c'est évidemment une fake news ! En fait, le célèbre patriarche à l'arc-en-ciel avait trois fils : les filles n'étaient pas à la mode, pour effacer la honte d'avoir engendré trois femelles, il exigea que dans sa biographie, on lui accorde trois fils : Sem, Cham, et Japhet. En fait, dans la petite baignoire où papotent les trois donzelles, on reconnait Sandrine, Charlène et Jocelyne.

 

Elles ont hérité de leur lointain papy le goût merveilleux de la boisson...Tout le monde le sait, le père Noé était alcoolique, confirmation donnée par le célèbre peintre Michel-Ange, et toujours exposé à la chapelle Sixtine aujourd'hui. Noé endormi à poil, rond comme un manche de pelle...Je n'invente rien, C'est le célèbre peintre qui nous le rappelle. Entre nous, Noé, on le comprend d'avoir aimé la boisson car tout comme nous l'a rappelé Boris Vian, en référence à l'histoire de Noé et de son déluge :

 

"Je bois n'importe quel jaja
Pourvu qu'il fasse ses douze degrés cinq
Je bois la pire des vinasses
C'est dégueulasse mais ça fait passer l'temps".
clic 

 

Passer le temps, il le fallait pour endurer 40 jours de pluie incessante, entouré de bestioles puantes, à plumes et à poils., car les normes Européennes n'avaient pas encore érigé des directives de dépollution. Bref, ça fait plaisir de retrouver un peu de notre histoire, sortie du fond de la grotte d'inculture dans laquelle on nous enferme dès l'école maternelle. La dame qui pose de dos en sirotant un verre de pastis ? C'est une descendante de Mathusalem, elle s'est confortablement installée car elle a l'éternité pour siroter. Sa mémé, aux jolis cheveux grisonnants l'encourage. Faisons de même ! Santé !

 

 

Le blog de France Lacoste

13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 15:20

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Au loin s'éclate le Vésuve

Mais là dans un tub à glaçons

pour dégonfler leurs petits petons

et calmer cette chaleur d'étuve

cinq nanas papotent en rond

 

Muses de Niki de Saint Phalle

Et pour fêter l'exposition

qui eut un succès colossal

auprès des fans du nu intégral

et des gens dodus, fous d'admiration

 

Et Suzy fait péter le bouchon

d'un millesime Moët et Chandon

pour trinquer à cette belle affaire

qui fit d'elles les histrions

des rondeurs et des formes pleines

sans funestes contestations

 

Aujourd'hui, copines comme cochon

elles se sont payé une croisière

pour fêter cette première

où elles ont laissé les complexes

qui les menaient à l'addiction

des tuniques sans formes

des stress et dépréciations

 

C'est une croisière comme elles aiment

où le dieu Jupiter, en douce, en cuisine veille

à combler leurs aspirations

pour que les menus soient sans restriction

raffinés, délicieux, plantureux,

et servis par de beaux garçons

 

 

Le blog de Lecrilibriste

13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 06:24

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Pulpeuses et pétillantes,

Nous sommes les Pulpées.

Clara et Lucie,

Louise et Pétula,

Nous sommes belles.

Gaies et rondes,

Rondes et gaies,

Comme nos bulles préférées,

Nous sommes les Pulpées.

Pas de contraintes, pas d'astreintes,

Les conventions au pilon,

Nous sommes les pulpées,

Et nous sommes libres.

Liqueur de cerise,

Pas de régime,

Ni même matrimonial.

Pour notre quatre heures,

Quatre petits mousses accueillerons

Dans nos grottes rebondies.

Mais Isabelle la belle

Ce jour nous a quitté

Pour fabriquer en floppée

Des bébés cadums

Dorés et frisés, frisés et dodus.

Nous sommes les Pulpées,

Nous avons des formes,

Notre mode est rieuse,

Nous tenons la forme.

Notre mode est lumineuse.

Cueillons, cueillons,

Les tendresses de la vie.

 

Nous sommes Nous.

 

 

Le blog  d'AniLouve

11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 18:30

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L'origine du monde cache t-elle une grotte[1]?

 

Rien n'empêche un peintre ni quiconque

 

D'aimer les femmes et les paysages

 

Et pourquoi ne pas aimer une femme

 

Dans un paysage d'un volcan: la lave

 

Eruptive comme une jaillissement orgasmique.

 

Les femmes de Courbet ressemblent

 

A celles de Beryl Cook, les bulles

 

De champagne donnant la forme

 

Des femmes épanouies et vivantes:

 

Moi j'ai des formes et des rondeurs[2]
Ça sert à réchauffer les cœurs

 

 

--------------------------------------

 

[1] clic

[2] clic

 

 

 

Le blog de Laura VANEL-COYTTE

11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 17:16

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« Faites péter la roteuse, les filles ! »
« Dis donc Germaine, tu peux pas parler mieux que ça? On est en croisière de luxe quand même »
« Oh vous savez, moi les croisières de luxe... à part visiter la cabine du commandant de bord... »
« Tu l'as déjà visitée ? On n'est parties que depuis hier »
« Patience les filles. J'en suis à l'échauffement. J'ai déjà investi celle du second »
« Le petit brun bedonnant ? Il a pas dû te faire grand mal »
« Taisez-vous, jalouses. Il est pas plus bedonnant que vous et moi... et en pleine extase il m'a comparée au Ngorongoro«
« Pauvre Germaine, mais le Ngorongoro c'est un volcan en sommeil»
« Passe que j'avais un peu abusé du cocktail d'accueil mais je le retrouve ce soir après son quart »
« A voir son pif, ça doit être après son quart de rouge !»
« Mauvaises langues. Vous vous souvenez du naufrage du Concordia ? »« Forcément, on pense qu'à ça depuis le départ»
« Et ben c'était moi, enfin à cause de moi. Le commandant était en train de visiter ma grotte quand on a fait naufrage »
« C'est pas possible »
« Ouais... et le Star Princess en 2006, c'était encore moi. On avait fumé la moquette, alors forcément l'incendie a pris... »
 
 
« Tiens, le commandant regarde vers nous, Germaine»
« Laissez moi sortir du jacuzzi les filles, qu'il me voie sous mon meilleur angle »
« Dis Germaine, si jamais tu décroches un rancard... préviens nous qu'on ait le temps d'enfiler nos gilets de sauvetage ! »
« Alors, vous la faites péter cette roteuse, les filles ? »
« T'as quelque chose à fêter, Germaine ? »
« Ouais, mon nouveau maillot « Stromboli »
« C'est vrai qu'il est hot ! Va pas foutre le feu à ta cabine »
« Vous en faites pas les filles, je l'enlèverai rapidos »
 
 
11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 13:06

sujet 19/2019 - clic

Comment vous la trouvez, vous, cette croisière ?

Ah, épatante, je ne regrette pas d’avoir économisé pendant 4 ans

- Et vous Roselyne ?

- Parfait, on peut dire qu’on mange bien !

 

- Oui, et équilibré, on a bien fait de choisir la formule « Maigrir en mer », n’est-ce-pas, Evelyne ?

 

- Tout à fait Marianne

 

- Et leur vin, c’est du vin de Sicile ?

 

Oui, il paraît que la lave, ça fait pousser la vigne

 

Vous ferez la montée au volcan ?

 

- Evidemment, c’est prévu dans le programme minceur, ils sont forts, ces italiens !

 

- Il paraît que la pizza, ça ne fait pas grossir

 

Non, surtout si on prend la printanière, avec des ananas et des aubergines !

 

- Sucrésalé, je déteste, je préfère la complète avec des pommes de terre, des oignons, des lardons et des champignons

 

- Mais ça, c’est la flammekueche, chère Roseline, soyons raisonnables, nous sommes ici pour MAIGRIR !

 

- J’ai bien compris, mais ça ne nous empêche pas de profiter des bons produits d’Italie, un BON produit bien cuisiné ne fait pas maigrir, c’est connu ! Il faudra que j’aille faire tantôt mes compliments au Chef !

 

- Vous irez au repas spécial ce soir ?

 

- Oui, il paraît que ça va être fameux !

 

- Et copieux, vous n’avez pas un petit creux, vous, Simone ?

 

- Ah si, si on allait faire un petit tour au bar, il paraît qu’ils ont de ces tartes meringuées !

 

- Je vous ressers un peu de Chianti, Yvonne ?

 

- Vous croyez que c’est raisonnable ?

 

- Allons, on n’est pas ici pour se priver, du vin comme ça, on n’en trouvera pas chez nous !

 

- N’empêche que leur Mojito, il est extra, je leur demanderai la formule

 

- Et si on allait à la piscine, ce serait bien pour notre ligne !

 

- Oui, parce que d’ici à ce que l’on puisse s’installer toutes les cinq dans la bassine, il va nous falloir fournir  encore de gros efforts…

 

- Oh, mais on va y arriver, allons,  courage, les filles  !

 

- Dites donc, je n’ai pas payé cette somme faramineuse pour m’affamer midi et soir ! Et puis, il faut qu’on prenne des forces pour la montée du Stromboli demain !

 

- [Toutes ensemble en prenant l’accent de la mère Denis] Ah oui, ça c‘est bien vrai ça !



Le blog de Cloclo
11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 09:33

sujet 18/2019 - clic

Barbe rousse et Barbe grise s’interrogent sur  la vie, la politique, le président et la menace qui gronde et patati et patata

La parlote a bon dos et les tableaux observés à la hâte sont un petit alibi exquis dans une conversation sans fin et sans issue

Ils cherchent du regard la distraction éphémère d’une œuvre d’art laissée là par choix ou simple hasard

Les tableaux silencieux n’en pensent pas moins, témoins de leur époque et du passé révolu

Ne dit-on pas d’ailleurs que les murs ont des oreilles ?

Colère et sagesse s’entretiennent à qui mieux-mieux …

Personne n’a vraiment tort et personne vraiment raison

Ils cherchent, s’interrogent, titillent leurs pensées, et leurs idées - révolutionnaires ou pas - jaillissent, fusent, éclatent à grande voix

Ils vivent, enfin c’est ce qu’ils croient !

Bla, bla, bla …

Pendant que calmement la brodeuse, elle, brode

Rouge passion, rose tendresse ; une pointe de crème et de bleu pour parfaire l’ouvrage

Minutie, patience, précision, persévérance, tout est là

Pique, pique et soulève l’aiguille

Les petits points sont rouges comme l’est le désir de ses joues attirantes

Roses comme le battement de son cœur amoureux

Et crème comme une gourmandise 

Un peu de bleu aussi pour le Ciel et l’espérance

Elle vit, elle prie, enfin c’est ce que je vois !

Et là, oh merveille, c’est sans aucun bla, bla !

 

 

Le blog d'Annick SB   

8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 14:32

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Ce 5 mai 1915, elle s’était vêtue de sa robe préférée, la rouge, celle qu’elle portait le jour où elle avait rencontré Paul…

 

Ah qu’il était beau, ce jour-là, vêtu de sa chemise de bucheron légèrement ouverte sur son torse musclé et suant… Qu’il avait fière allure ! Elle avait été chargée d’apporter quelques rafraichissements aux employés de son père et aussitôt que son regard avait croisé celui de cet homme, d’un bleu cristal si profond, elle avait su.

 

Chaque jour, elle était revenue.

 

Chaque jour elle avait tenté de lui parler sans jamais oser…C’est Paul qui, le premier, lui avait adressé quelques timides mots de remerciement avec son sourire ravageur auquel elle ne pouvait que succomber.

 

Chaque jour, leur conversation s’était amplifiée jusqu’à ne plus pouvoir s’en passer. De fil en aiguille, un amour tendre et puissant s’était tissé entre eux. Plus le temps avançait, plus la distance entre eux deux leur devenait insupportable. Pourtant ils se retrouvaient en cachette de son père, homme ténébreux si protecteur de sa fille qu’elle craignait de déclencher sa colère s’il avait connu cette relation secrète … Ils avaient donc préféré rester discrets … pour l’instant…

 

Son père était un homme bon malgré sa froideur apparente, mais quand il s’agissait de la prunelle de ses yeux, le seul être encore présent à ses côtés – son épouse lui avait été malheureusement enlevée par une maladie cruelle - toute tolérance semblait disparaître de son esprit pourtant si ouvert habituellement. C’était une torture pour Blanche de devoir mentir à son père, mais elle manquait de courage pour lui avouer son amour profond pour Paul et repoussait toujours le moment de lui dévoiler ce que son cœur dissimulait, malgré le réel désir de Paul de demander sa main officiellement.

 

Le 3 août 1914, la vie avait décidé pour eux. L’Allemagne avait déclaré la guerre à la France…Paul était parti au front. Depuis, elle n’avait plus aucune nouvelle de lui…Blanche ne savait pas s’il était encore vivant ou si la grande faucheuse le lui avait ravi … à jamais !

 

Depuis elle n’avait plus goût à rien, elle ne sortait plus, restait cloîtrée dans le manoir de son père.

 

Le seul passe-temps auquel elle acceptait encore de se prêter, c’était la broderie. Elle brodait pour lui, son Paul qu’elle attendrait toujours, telle Pénélope forte et aimante attendant Ulysse, son seul amour. Chaque fil, chaque coup d’aiguille était comme une croix tracée sur le mur d’une prison donnant forme au temps qui s’écoulait inlassablement.

 

Ce 5 mai 1915, comme chaque matin depuis le départ de Paul pour défendre la France, ce pays qu’il aimait tant, elle avait attaché ses cheveux en chignon, ne laissant s’échapper qu’une légère mèche le long de son doux visage. Une mèche que Paul tortillait souvent entre ses doigts avant de l’embrasser tendrement…

 

Son père avait invité quelques amis, espérant redonner le sourire à sa fille chérie dont il ne comprenait pas l’attitude taciturne. Il la mettait sur le compte des nouvelles désastreuses qui touchaient nombre de leurs amis : des fils, des pères, des maris périssaient sous les assauts ennemis…Cette guerre qui devait être courte et rapide durait et semblait s’enliser davantage chaque jour au grand désespoir de tous.

 

Blanche restait prostrée sur son canevas, espérant ainsi pouvoir caché l’horrible sentiment que la situation provoquait au fond de son coeur. La présence de ses hommes qui feignaient s’intéresser aux tableaux d’art que son père collectionnait l’indisposait, cela mettait davantage en exergue l’absence du seul homme qui lui manquait terriblement. La douleur n’en était que plus vive. Telle une toupie aiguisée tournoyant sur elle-même, elle lui transperçait l’âme.  Blanche luttait pour ne pas se laisser entraîner dans le sillage de ce sombre tourbillon. Elle devait rester forte, Paul reviendrait et alors elle ne laisserait plus personne, pas même son père, empêcher leur amour de vivre au grand jour. Elle l’espérait du plus profond de son cœur. Attendant ce futur auquel elle s’accrochait, elle se plongeait dans ce refuge fait de fils et d’aiguille… Blanche brodait indéfectiblement.

 

 

 

Le blog de Mary Grimoire

8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 10:30

sujet 18/2019 - clic

Eux :
— Qu'est-ce t'en penses de la Lerolle, ici présente ?
— Une bûcheuse.
— Beau parti.
— Mauvais caractère.
— Dressage et asservissement en perspective.
— Audacieux.
— Lucide.
— Femme du pointillisme.
— Femme du divisionnisme.
— Nous voilà mal embarqué mon frère.

Elle :
— Qu'est-ce qu'ils fabriquent les deux messieurs à marmonner devant les portraits de Manet ?

Eux :
— N'a-t-elle pas une sœur ?
— Une toupie !
— Une toupie ?
— Qu'est-ce ?
— Une maîtresse femme.
— Nous sommes faits .
— Non point. Il faut de la fermeté, mon frère.
— Fermeté, fermeté ... je ne veux pas un combat de boxe tous les soirs.
— Femmelette.
— Tu es piquant.
— Je prends la sœur et tu prends celle-ci, présentement.
— Une fraction de seconde de vie pour une éternité de ténèbres.
— Qu'importe ...

Elle :
— Ils en prennent du temps ces messieurs. Voudrait-ils faire achat ? Père, refusera. D'ailleurs, sont-il là pour quelle affaire ?

Eux :
— Quel intérêt ?
— N'est-elle pas envoûtante ? Vois-tu pas une Aphrodite ?
— Tu pousses le bouchon un peu loin mon cadet.
— C'est mon genre, mon aînesse.
— Attendons son père à ce rendez-vous, ce bon bourgeois et mécène, voir si la dot vaut le détour.
— Nous ferons un bon marché de ses filles.
— Possiblement.
— Sûrement.

Elle :
— Qu'ils sont impolis de ne point me saluer. Des goujats sans doute. Des malandrins tout à fait. Je plains leur épouse.



 

Le blog de Max-Louis MARCETTEAU 

7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 18:03
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Penchée sur mon métier, je m’applique à ma broderie. Le point compté n’a rien de bien sorcier, il faut juste être attentive. Un, deux, trois minuscules croix rose tendre, dix en vert fougère, une, là, presque cachée, en jaune tangerine et voilà le dessin qui prend du relief. Je redresse un peu le buste pour juger de l’ensemble, change mon aiguillée de couleur, et reprend consciencieusement mon ouvrage. Enfin, c’est ce que je veux laisser croire. En vérité, je me fais transparente et j’écoute. J’excelle dans cet art.

Non loin de moi, Papa et Oncle Georges discutent. Eux aussi font semblant. De parler peinture, par exemple, en scrutant d’un air pénétré et faussement connaisseur le dernier tableau acquis au « Salon des Refusés », certes, mais d’une très belle facture tout de même… En fait, ils discutent politique (Ah, encore les Balkans !), mécanique (la Type A de Panhard et Levassor leur met des trémolos dans la voix), chasse (le dix-cors de la semaine dernière chez Mareuil, mon cher…) et, en baissant le ton car, tout de même, je suis là, des femmes… Ce sujet-là, au moins, ils le maîtrisent, si j’en crois les ragots de cuisine que je fais mine de n’avoir pas entendus. Mais là-bas comme ici, j’ai l’oreille fine. On semble beaucoup s’amuser sur les bords de Seine. C’était sans doute pour cela, le nouveau canotier qui a tant fait pousser de grands soupirs résignés à Maman que Père a juré que jamais il ne le portera en sa compagnie !

Un, deux… et sept croix blanc de neige, à peine visibles sur la fine étamine. Charlotte a la taille bien prise et Adèle n’est pas farouche. Quant à Hermance, elle a de quoi remplir les mains d’un honnête homme. Un honnête homme ! Je ne les regarde pas mais les imagine très bien l’un clignant de l’œil, l’autre lui donnant un petit coup de coude dans les côtes…

Un, deux, trois… dix points violet impérial s’en vont agrémenter le reste. J’envie ces femmes qui profitent de la vie. La mienne est encadrée de « il faut » et « on ne doit pas », parce que je suis une demoiselle. Elles, ce sont des « filles » (j’entends résonner le qualificatif qu’on ne prononce pas, on s’est suffisamment sali la bouche !). Pas le droit de rester « en cheveux » après ma toilette, pas question d’oublier son corset, ni ses gants pour sortir et surtout sortir accompagnée d’une femme, la bonne dans le pire des cas. Je voudrais… cinq croix marron doux… monter sur une bicyclette, me baigner sous les branches des saules… trois croix bleu des mers du sud… parcourir le monde, ou a défaut aller acheter un panier de fraises au marché, seule, et regarder vivre les gens. Je voudrais pouvoir dire ce qui me gonfle le cœur et tourne dans ma tête, comme une toupie folle qui se cogne aux parois, je voudrais…

 

- Allons Messieurs, cessez de philosopher, le thé n’attend pas, claironne ma digne mère en entrant, suitée de Madeleine, la bien nommée, portant un grand plateau fumant et odorant.

 

Elle s’approche de moi et se penche sur le métier, porte une main à son cœur et lance d’un voix mourante à son époux : « Cette enfant fait mon désespoir ! Cette tête de linotte a fait une croix de trop et voilà une mésange avec un bec crochu ! » En se posant dignement, bouche pincée, sur le bord d’une bergère, elle continue : « Jamais vous ne trouverez de mari si vous ne portez pas plus d’attention à votre ouvrage, ma pauvre Jeanne ! »

 

Pour Maman, la condition féminine tient en un point, à sa juste place. Un point c’est tout. 

 

 

Le blog de Galet

7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 08:14

 

sujet 18/2019 - clic

- Regarde là, la petite jeunette, là !
 
- Oui, elle s'applique, hein ? Toujours aussi perfectionniste ... Elle veut tromper son monde, non ? Elle voudrait bien te pêcher, tu sais, elle connaît ta situation, elle recherche l'homme riche qui emplira son bas ...
 
- Je peux savoir, messieurs, le sujet qui semble vous emballer ainsi ? .........
 
- Emballer, emballer, comme vous y allez ! Nous ne sommes pas des coureurs, et puis quoi ? Mais tout de même nous devons vous avouer qu'il qu'il nous arrive, le soir, de pleurer comme des madeleines, car nous avons le béguin. Moi pour vous, et mon frère pour Yvonne, votre sœur. Mais nos avances restent inutiles.
 
- Ma sœur, vous l'avez sans doute remarqué, est très timide et engage rarement une conversation.
 
- Elle ne parle pas ? Pfuuu … Alors je me charge de l'inviter au prochain bal, pour une belle petite toupie, douce ou endiablée selon son ressenti. Je vous garantis qu'elle arborera vite un sourire radieux et rêveur, digne d'un enfant hypnotisé par une toupie, tiens, qui termine tranquillement ses évolutions tandis que s'arrête le son aigrelet de la boîte à musique.
 
- Et si nous aussi nous vous invitions aujourd'hui, mademoiselle ? Cela vous permettrait de laisser un peu votre besogne …
 
- Besogne, comment cela, besogne ? Comment pouvez-vous imaginer que c'est une besogne ? C'est un plaisir, messieurs, un loisir, et sachez que rien ni personne ne m'oblige à faire quoi que ce soit, jarnicoton !
 
               Yvonne entre subitement, en furie :
 
- Mais vous allez sortir d'ici, messieurs ? Saperlipopette, vous n'êtes entrés ici que pour allumer les gueuses, ou quoi ? Votre place serait plutôt à la pêche, le long des rues noires, le soir. Les tableaux, ici, n'ont rien à faire de cochons comme vous, sortez !
 
- Attends, Yvonne, attends ... Ils venaient de nous inviter à sortir ! Idiote !
 
 
 
6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 11:26

sujet 18/2019 - clic

Pique dessus, tire dessous

pique dessous, tire dessus

tambour brodeur sur les genoux

brode la belle aux cheveux roux.

 

Mais que fait-elle ici

à broder dans cette galerie

avec son chignon en toupie

ses joues roses et ses gestes précis

 

Brodant son abécédaire

aux aguets, elle attend, elle écoute

sans avoir l'air, les commentaires,

des visiteurs, car elle doute

 

C'est elle l'artiste inconnue

avec sa patte et ses pinceeaux

son génie et son œil aigu

qui illumine ces tableaux

 

Un visiteur émerveillé

ne tarit pas d'éloges

il veut connaître l'inconnu

avoir ses tableaux dans sa loge

 

L'autre critique bassement

c'est son métier, il accomode

ce qui se fait dans l'air du temps

Il n'a pas d'état d'âme, il est snob

 

Ah ! que n'a-t-elle pour nom Renoir

pour que s'arrachent à un prix fou

ses croutes, et dissipent ses doutes

sur la fière valeur de son art

 

Pique dessus, tire dessous

pique dessous, tire dessus

tambour brodeur sur les genoux

Rage la belle aux cheveux roux.

 

Le blog de Lecrilibriste

5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 17:48

sujet 18/2019 - clic

‌‌Ca lui avait pris, on ne sait quand, peut-être  après une visite au Louvre où elle avait vu Toupiankhamon ou peut-être après avoir lu Tristes Toupiques.
Un jour, elle avait enfilé  la robe de sa grand-mère, serré ses cheveux en un  toupion strict et depuis elle brodait.
Elle ne mangeait plus, pas même le toupissime plat de toupinambours que sa maman lui préparait avec amour, ne dormait plus non plus, les yeux baissés sur son ouvrage, à la faible lueur d'une toupiote, elle brodait.
Tout pire, ses chevaliers servants qui toupillonnaient autour d'elle tentèrent de la distraire, bals, pique-niques, art toupiaire, concerts et tout le toupime, rien n'y fit, elle brodait.
Riquet à la Touppe lui-même l'emmena à Toupico puis voir les neiges du Toupimanjaro, qu'elle considéra comme toupie de sansonnet: devant la Catedral de la Inmaculata Concepcion, elle brodait!
Elle brodait, elle brodait, elle brodait des toupies.

 

 

Le blog d'Almanito

5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 15:53

sujet 18/2019 - clic

C'est dans la grande Écloserie que naît le troupeau, corvéable, bêtes interchangeables, c'est la valétaille. Rations congrues, le ciel n'est pas bleu, le pré n'est pas vert, ferme la bouche.

 

Dans l’Écloserie dAurora, chaque naissance est fêtée, et sur chaque arrivant  immédiatement est tatouée une marque indélébile.

 

La pointe est la marque des mâles, les meneurs à qui échoira la conduite du troupeau.

 

La toupie est la marque des bêtes de parade.

 

Les pointus sont engraissés par d'obligés serviteurs.

 

Les toupines sont formées par des Maîtres-éleveurs qui subliment leurs rondes beautés fragiles et leurs qualités reproductrices.

 

Les pointus décident. Les pointus jugent. Les pointus accumulent. Ils butinent. Ils surveillent leurs toupines.

 

Les toupines ornent. Les toupines sont la Beauté. Et elles créent de la Beauté. Elles sont vouées à l'art, elles sont musiciennes, chanteuses, brodeuses, danseuses, peintres, potiches.

 

Chaque pointu qui se respecte expose en son antre quelques œuvres d'art. Et fièrement ils exposent deux ou trois toupines,  pour leurs rayonnantes beautés, pour leurs atours, pour leurs parfums, les mystères de leurs coiffures. Pour leurs chants. Pour la satisfaction des yeux. Pour le plaisir des maîtres.

 

Assurément, les toupines sont de bien belles bêtes  !

 

 

 

Le blog d'AniLouve

5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 09:57

 

sujet 18/2019 - clic

Christine Lerolle brode[1] pendant que deux hommes derrière elle regardent des tableaux: quatre œuvres dans l'oeuvre: y rentrer et voir avec eux ce mur de peintures; en même temps, que représente Christine Lerolle dans sa broderie? Cinquième oeuvre dans ce tableau d'Auguste Renoir.

 

Christine Lerolle brode alors  que le jeune Auguste-Gabriel Godefroy joue avec un toton, une espèce de toupie. Jean-Siméon Chardin a représenté une autre fois ce jeune homme occupé à la même activité. Comme le portrait de  Charles Théodose , son frère aîné tenant un violon, ces trois œuvres de Chardin sont plus des scènes de genre (comme celui de Renoir) que des portraits figés.[2]

 

Beaucoup de (jeunes?) gens répugnent à entrer dans un musée (comme dans une bibliothèque ou une librairie) pensant qu'on n'y trouve que des natures mortes, incluant dans ce genre(longtemps roi) de la peinture, tous les autres. Je leur dirais(mais il faudra qu'ils le vivent par eux-mêmes) que les œuvres sont des représentations de la vie(vivante, oups) et en même temps "l'art lave notre âme de la poussière du quotidien"(Pablo Picasso). L'art(comme les livres, les films), c'est la vie et en même temps, "on intensifie la vie"(François Truffaut).

 


[1] clic

[2] clic

 

 

Le blog de Laura Vanel-Coytte

1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 16:56

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Je l'appelais le Café Barbe à Tabac du Tonton Joseph, le petit café dauphinois, avec sa tonnelle en glycine qui sentait si bon au printemps. Dans le café aux tables de noyer rutilantes, règnait une effluve prégnante de pastis et de tabac froid . C'était encore le temps des balbutiements du rock n' roll. Le café se remplissait le dimanche après la messe car l'église était en face. Il faisait le plein à l'occasion d'un concours de boules qui se déroulait sur la place de la même église, ou d'une course à vélo dont l'arrivée était forcément la place de l'église, centre du village, et le Café Barbe à Tabac du Tonton Joseph qui était le point de référence obligée pour la remise des trophées.

Mais celui que j' appelais le Tonton Joseph, qui avait toujours une blague en réserve et un sourire contagieux qui vous enveloppait, avait d'autres cordes à son arc que celle de cafetier . Il était tour à tour cafetier, paysan, sportif invétéré, et surtout … surtout … barbier … Et là, c'était du sérieux !

Car il était barbier et coiffeur, le Tonton Joseph. C'était sa singularité, c'était sa fierté, sa petite vanité, un art qu'il avait appris par je ne sais quel mystère mais où il se révélait et il excellait ..

Barbe de trois jours, de six jours, de dix jours ou barbe de toujours, aucune ne lui résistait. Il rasait, il taillait, il sculptait, il inventait. Quelque poil que ce fut, poil sauvage, doux, dru ou velu, lisse ou frisé, quelque barbe que ce fut, collier, bouc ou barbe touffue, trouvaient leur maître.

Sans faire de chichis, le client, qui était toujours un ami, entrait dans son salon, non par le café, mais directement, par un tambour qui s'ouvrait sur deux portes, celle de la cuisine en face et celle du barbier à gauche..

Il pénétrait alors dans une grande salle aux carreaux de grès rouges ebréchés, qui servait de repli, avec de vieux meubles emplis de la vaisselle du dimanche, quelques jambons et saucissons pendus au plafond, quelques objets hétéroclites, des sacs de blé ou d'avoine posés à même le sol qui attendaient.

Et au fond... tout au fond, il y avait le salon du barbier. C'était une alcove éclairée d'une fenêtre où trônait un fauteuil tournant recouvert de moleskine noire, installé devant une coiffeuse en chêne recouverte de marbre brun veiné de beige, avec un miroir pivotant qui vous regardait bien en face.. Sur la table par ordre chronologique d'utilisation, s'étalaient tous les outils du barbier.

Cachée derrière un sac de blé, fascinée, je le regardais oeuvrer à son art. C'était un rituel. .

Il commençait à installer le client sur le siège, déboutonnait le col de chemise, l'entourait d'une grande serviette nid d'abeilles, s'enquerrait de ce qu'il désirait, puis passait à l'offensive, sérieux, précis, concentré. Dans un bol de porcelaine blanche, il faisait mousser le savon à barbe à l'odeur de cologne avec son blaireau et badigeonnait de mousse le cou et le visage du patient jusque sous les yeux. Puis, le coupe-chou entrait dans la danse. D'abord, il l'aiguisait, puis glissait en douceur de bas en haut, en traçant des lignes bien nettes, puis de haut en bas, ou, selon la barbe, taillait aux ciseaux, au poil près avec une attention et une précision particulières. Enfin, avec l'épisode de la mousse, c'était le moment que j'aimais le plus, il passait sur le visage du client une énorme houpette de poudre rose aux senteurs de cologne puis, content, le grand rire revenu, il se reculait pour voir l'effet produit et il était heureux.

 

et à écouter pour le plaisir : les 4 barbus - clic

 

 

Le blog de Lecrilibriste

1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 14:24

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Clémentine naquit un beau jour de 1865 au bord d’un joli lac de Lorraine. C’était une enfant très jolie, avec des traits fins et de jolis yeux noisette. Mais à l’âge de 18 ans, quelle ne fut pas sa stupeur de découvrir, sur sa lèvre supérieure, un léger duvet qu’elle mit tout d’abord sur le compte d’un dérèglement hormonal passager. Petit à petit le duvet se transforma en belle moustache et conjointement une jolie touffe de poils se mit à pousser sur son menton, ce qui fit dire quelques temps plus tard à un phénomène rencontré à la foire de Nancy, et qui s’exhibait sous l’enseigne de LA FEMME A BARBE : madame, vous avez plus de moustache que moi.

 

Clémentine était affolée. Mais malgré son handicap, elle épouse à 20 ans un brave boulanger qui acheta plus tard un café, où chacun venait pour admirer de son épouse la longue barbe qui, à présent, s’était mise à frisoter puis onduler pour former de jolies boucles dont chacun lui faisait le compliment. Le mari épris disait, lui aussi, y trouver son compte et n’hésitait pas à lui caresser amoureusement la barbe qu’il trouvait très douce, tout en lui jetant des regards enamourés.

 

C’est ainsi que loin de vouloir supprimer cet accessoire qui aurait dû nuire à sa naturelle beauté, Clémentine s’en servit pour attirer la clientèle et les curieux qui venaient de plus en plus loin pour constater ce phénomène. On construisit un hôtel de 100 lits dans son village, et cinq trains supplémentaires par jour pour les plus éloignés. Un beau jour, elle reçut même une lettre de BARNUM l’invitant à rejoindre son cirque pour une grande tournée en Amérique. Mais Clémentine était chauvine, et refusa de quitter ses Vosges natales.

 

Son mari tombant malade, elle vit de sa notoriété et des nombreuses cartes postales éditées sur elle. Un jour, elle accepte même de poser dans une cage aux lions avec des fauves qui ne sont guère plus poilus qu’elle. C’est le triomphe général. Elle en profite pour noter dans ses mémoires : "J'étais belle et j'entendais les murmures d'admiration des hommes"." Les lions deviennent ses familiers, elle trinque et boit dans la cage, toute la population est à ses pieds. Ensuite, il lui vient l’idée de s’habiller en homme, mais c’est interdit à cette époque, il faut l’autorisation du ministre de l’intérieur, qui accepte et prononce cette phrase célèbre à l’occasion « De cette citoyenne qui n'a pas droit au vote, faisons une femme qui porte culotte et que sa barbe serve d'exemple à toutes ces bigotes rétrogrades qui se battent autour des bénitiers » Mais Clémentine ne manque pas de féminité pour autant. Elle est très coquette et très bien habillée, les nombreuses cartes postales de l’époque le prouvent.

 

Après la mort de son mari, elle achète un bar, qu’elle nommera évidemment : « Le café de la femme à barbe » et qui remportera un grand succès.  Sa force naturelle et ses 100 kilos sont des atouts précieux pour vider les clients un peu trop alcoolisés. Parallèlement, un docteur étudie très sérieusement son cas et publie de nombreux rapports sur elle, des hommes se font tatouer son visage sur la poitrine, on l’adule, on l’encense, bref, c’est la gloire assurée. En 1935, on en fait même une chanson.  clic

 

Avec l’âge, sa barbe a grandi, blanchi et fait souvent très peur aux enfants. Mais elle gardera jusqu’au bout des traits jeunes malgré son âge. Elle mourut le 19 avril 1939. Trente ans plus tard, on ouvrait dans sa ville le premier et unique Musée de la femme à barbe. 

 
source :  clic
 
 
 
Le blog de Cloclo
1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 08:41

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Midi. Le soleil est une anomalie, les nuages toxiques, la ville possédée… et moi aussi (sans e).

 

Le monde du-tout-rasé est venu me cueillir à la porte de mon salon de coiffure, un matin de novembre de l’an deux mille soixante-huit. La mode “Bonze” a démarré, après le miracle de la résurrection de la planète. Je ne me souviens plus vraiment de ce miracle et si c’était vraiment un miracle. Toute information étant noyautée dès le départ, et telle groupe d’influence faisait le forcing que la manipulation et les contes-à-dormir-debout étaient légion que toute vérité était salie par effet et mourait comme un embryon à qui l’oxygène de la maman aurait manqué.

 

Midi. Ma vie est une anomalie, mes projets toxiques, ma femme possédée… et moi aussi (sans elle).

 

Il me reste la vie. Une aubaine pour certains, une chienlit pour les autres. Questions de castes et de coup-de-bol (et pas la coupe au bol). Conceptuellement, je ne devrais pas exister. Je suis une anomalie dans un programme humain. C’est dire toute l’aventure que je vis est d’autant extraordinaire que je suis devenu le Nostredame de mon époque. Toute anomalie n’est pas sujette à devenir une élimination probable. La preuve, je suis vivant. Une rareté, certes mais débitant du phrasé comme le devin devant ses brebis changées en apôtres pour la bonne cause.

 

Midi. Le mot est une anomalie, les joies toxiques, les oiseaux possédés… et moi aussi (sans aile).

 

J’invente des prophéties pour des humains défaits d’avenir sur le parvis de mon salon qui rassemble tous les genres comme des alphabets dont les langages se recentrent les uns les autres pour survivre contre la bactérie informatique au virus du passé à la musique de la voix d’un rock and roll déhanché par la voie du chemin d’un espoir qui s’est lui-même égaré à la boussole du devenir errant en haillon dans la forêt protectrice et matriarcale… et pourtant… pas de miracle…

 

Midi. La terre est une anomalie, l’air toxique, le cercueil possédé… et moi aussi.

 

 

Le blog de Max-Louis MARCETTEAU 

28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 17:19

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Quand vous êtes sur le Larzac, et chose étrange où que vous soyez sur le Larzac, la première grange à droite, c'est là : c'est l'univers des Zélides, les Zeureux Velus.

Le meilleur  moment de l'année pour les visiter, et c'est bientôt, est le treizième jour du treizième mois, début de leur grande fête de Rock'n Barbe. La fête dure treize jours et a pour devise :

A la Rock'n Barbe

On mange

On boit

On chante

On danse

La Barbe, la Barbe, la Barbe !

 

Mais je raconte trop vite, commençons par le commencement, avant la Rock'n Barbe vient la treizaine de préparation.

Le JourZéro, on se repose pour faire provision de forces.

Le JourUn, on lance la fermentation des boissons.

Le JourDeux, on se confectionne des habits de fêtes, et les enfants fabriquent les pompons verts et rouges.

Les JourTrois, JourCinq, JourSept et JourHuit on répète les chants et la musique (le matin) et les danses (l'après-midi).

Le JourQuatre on paie ses dettes, on rédige sa déclaration d’impôt et on se réconcilie avec les zélides fâchés.

Le JourSix on prépare des surprises. Les enfants dessinent BonZélide et reçoivent au choix une barbe à papa verte ou une barbe à maman rouge. Les dessins sont punaisés sur la porte de la grange.

Les JourNeuf et JourDix, on prépare les mets, les gâteaux, les confiseries, les jus de fruits. Les enfants gonflent les ballons et confectionnent des guirlandes.

Le JourOnze, on se shampooinise, on se champanise, on se peigne cheveux et barbes et on prend la photo triptyque gauche.

Le JourDouze est celui du barbier, les rendez-vous ont été enregistrés le jour de Rock'n play, soit cinq mois à l'avance. Ce jour là, et ce jour seulement, toutes les folies pour barbes et cheveux sont autorisées et même encouragées, sauf les coupes naturellement, et plus c'est fun, plus c'est fun. On peut se faire friser, ou défriser, se faire des nattes africaines ou égyptiennes ou indiennes, on peut se faire décolorer ou colorer, se faire crêper, se faire crémer, parfumer, poudrer, géler ou gélifier. On peut utiliser des perles, des pompons, des bijoux pilaires, des nœuds, et en fait n'importe quels ornements. On prend alors la photo triptyque centrale.

Vient la dernière nuit avant la fête, et on essaie de rester le plus possible immobile dans son lit ; c'est un des pires moments de la vie de Zélide.

Les Zélides sont maintenant prêts pour la Rock'n Barbe.

Mais je raconte trop vite, commençons par le commencement. Avant la treizaine de préparation, viennent les Quatre Temps de l'année.

Le premier trimestre dit La Pousse est celui des projets et des commencements, contrats, divorces, mariages, naissances, déménagements, rentrée scolaire, régimes ... C'est durant La Pousse que les Zélides grognent le plus et on les surprend souvent à se gratter le menton ou se frotter le crâne. C'est également durant La Pousse que les Zélides sont les plus joyeux, les plus entreprenants et les plus farceurs.

Le second temps est La Vagabonde. C'est le moment des voyages, des festivals, des événements sportifs, des expositions, des marathons. C'est durant la Vagabonde que les Zélides se sentent le plus surs d'eux et le mieux dans leur peau.

Le dernier jour de La Vagabonde, appelé LongueurMédiane, les Zélides se présentent devant le photographe officiel pour leur photo officielle d'identité valable un an.

Le troisième temps est celui de La Sérénité. Les Zélides se laissent vivre. C'est le bon moment pour les réunions de famille, les pique-niques, le théâtre, le cinéma. C'est un temps calme.

Le dernier trimestre est celui de L'Attente. Statistiquement, c'est pendant L'Attente que les psychozélides et les croquemorts ont le plus de travail. Les couples et les familles sont mis à mal. L'Attente est un temps de bilans et de remises en question, de colère et de découragement. Cependant, le moral remonte au fur et à mesure qu'approche la Rock'n Barbe.

Mais je raconte trop vite, commençons par le commencement.  Avant tout, il faut dire que les Zélides ont deux particularités. Peut-être avez-vous déjà deviné que les Zélides attachent une importance extraordinaire à leurs barbes, qu'ils arborent fièrement dès leur maturabarbe, à sept ans, et quelque soit leur sexe. L'autre particularité est leur taille miniature. Et à ce sujet, il est important de remarquer que malgré leur petite taille, leurs poils poussent d'un centimètre par an. Au bout d'un an les barbes arrivent au nombril et les cheveux au ras des fesses (d'où l'importance de LongueurMédiane).

Bon … Et maintenant il est temps pour la fête, vive la Rock'nBarbe ! Et comme le dit la chanson :

A la Rock'n Barbe

On mange

On boit

On chante

On danse

La Barbe, la Barbe, la Barbe !

 

On mange, on chante, on danse, on boit, c'est comme chez vous et moi, avec un soupçon d'excès . Mais il faut que je vous explique le dernier vers de la rengaine : « La Barbe, la Barbe, la Barbe ! ».  Le dernier jour de la fête, qui est aussi le dernier jour de l'année s'appelle Le Sacrifice. Ce jour là, on engage des pleureuses professionnelles et après quelques dernières libations, chaque zélide se rase entièrement. Puis on prend la phototriptyque droite et chacun rentre chez soi en zigzagant ou en rasant les murs. Et c'est fini pour l'année et fini pour cette histoire.

 

 

Le blog d'AniLouve

28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 14:10

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Marc s’apprêtait à fermer sa boutique de barbier. Les derniers rayons d’un soleil éblouissant s’infiltraient sournoisement à travers les lames des stores en piteux état. Oh ! Il avait bien pensé à les changer, mais les temps étaient difficiles et bientôt il prendrait une retraite bien méritée. D’ailleurs les futurs propriétaires du local - s’il réussit à le vendre – voudront sans aucun doute tout modifier. Alors à quoi bon ?

 

Plus de 40 ans qu’il rasait habilement des clients de plus en plus exigeants et, à vrai dire, de moins en moins nombreux. Marc ferma la porte à double-tour, son petit appartement était situé à l’étage. Il y avait accès par l’arrière-boutique. Il passa un dernier coup de balai. Il se sentait nostalgique ce soir-là.

 

Il s’assit un instant sur le vieux fauteuil marron au centre de la pièce, là où, bien des années auparavant, son idole, dont la voix au rythme endiablé et parfois plus suave du Rock-And-Roll résonnait régulièrement à travers le vieux poste radio qui avait désormais rendu l’âme, s’était lui-même assis !

 

Elvis Presley en personne.

 

Même dans ses rêves les plus fous, Marc n’aurait jamais pu imaginer rencontrer en chair et en os celui dont les portraits ornaient déjà à l’époque sa boutique, celui qu’il admirait depuis ses débuts.

 

Monsieur Presley, là, devant lui, prêt à lui confier son visage qui déchaînait les foules et en particulier les jeunes filles ! Monsieur Elvis Presley en personne dans sa modeste boutique de barbier. Impensable et pourtant si réel.

 

Marc s’en souvenait dans les moindres détails.

 

Ce jour-là, il était vêtu comme d’habitude d’un pantalon de toile beige et d’une chemise blanche, son tablier de barbier par-dessus. Il était en train de raser Samy, un fidèle client toujours enjoué, devenu un ami au fil du temps,… aujourd’hui décédé. Son « coupe-choux » tout neuf frôlait avec précision la peau tannée du visage de Samy pour lui donner cet aspect lisse et doux qu’il arborait fièrement auprès des gentes dames. Samy était un sacré charmeur.

 

C’est alors que la clochette suspendue à la porte avait tinté. Une silhouette était apparue dans l’embrasure de la porte, suivie d’autres hurlantes retenues par un barrage de gardes du corps. Le cœur de Marc s’était mis à galoper tel un cheval fougueux. Un sentiment indéfinissable s’était emparé de lui, ce jour-là, mêlé d’excitation et d’angoisse. Etait-ce bien lui ? Etait-ce bien Elvis ? Aucun doute.

 

Ce dernier s’était alors approché et avait demandé à être rasé de près par Marc qui, il est vrai, avait la réputation d’être parmi les meilleurs barbiers de la région. Région où Elvis Presley était en tournée à ce moment-là. Marc s’était exécuté avec talent tout en devant maîtriser son tremblement d’émotion… Une fois la tâche accomplie, Monsieur Presley avait payé gracieusement Marc et lui avait signé un de ses portraits qui trône toujours en bonne vue au-dessus de la devanture.

 

Quel souvenir mémorable !

 

Marc soupira. Il était loin ce temps où sa boutique de barbier attirait les hommes de tous les alentours… Marc rangea son balai et son tablier, …gravit les marches jusqu’à son appartement où il reprit ses habitudes de vieux célibataire. Demain, peut-être, se résignera-t-il enfin à vendre définitivement…Il était 21h30, Marc s’endormit après avoir avalé le reste d’une soupe de légumes, nostalgique mais heureux comme un homme satisfait de sa vie simple et pourtant extraordinaire.

 

 

Le blog de Mary Grimoire

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