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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 14:38

sujet semaine 15/2018 - clic

Tout commença le jour où il n'y eut plus un seul insecte et plus un seul oiseau.

Super Dieu (qui était un dieu n'ayant aucune ressemblance avec tout ce que les hommes avaient pu imaginer) tourna enfin son regard sur la petite planète bleue en désarroi.
Voyons cela fit-il en la saisissant entre le pouce et l'index, je vois ce que c'est et je commence à en avoir ma claque de ces abrutis auxquels j'avais tout donné, il est temps de procéder à quelques ajustements. Sur ce, il attrapa de l'autre main sa boîte à outils et son microscope, exécuta les réglages adéquats et reposa la planète au bon endroit dans l'univers sans que nul ne s'aperçut de rien.
Cependant sur terre, cela faisait un moment que certains s'inquiétaient et lançaient des alarmes qui retombaient à plat comme des crêpes sur un violon car s'ils parlaient beaucoup ils agissaient peu, tandis que d'autres considéraient que l'on pouvait fort bien se passer de la gent volatile et de tous les désagréments fienteux (oui et alors, qui dit mieux?) et sonores qu'elle engendrait. Quant aux insectes, n'en parlons pas, à la quasi unanimité, l'on se félicita de leur extinction. Plus de moustiques, plus de scorpions, plus de veuves noires! Plus de coccinelles ni de papillons non plus, certes, qui étaient bien jolis à regarder mais bah, qu'avait-on à gagner de ces bestioles?
Cependant au fil des semaines tout se raréfia. L'automne arriva puis l'hiver et l'on ne se rendit compte de rien. Mais lorsque le printemps revint, rien ne repoussa. On s'exclama, on s'indigna et pour la première fois on commença à prendre des mesures: restrictions générales de la consommation, nettoyage des océans et des zones vertes, économies d'énergie... Las, rien n'y fit et les 2 pattes tout confits n'eurent plus qu'à contempler le désert avancer sur eux à pas de géant. 
Après l'herbe, les plantes, petit à petit tous les animaux disparurent. La terre devint grise, partout, même dans les endroit où naguère elle fut brune, ocre, rouge ou blanche. Les vents s'en mêlèrent et recouvrirent l'ensemble d'une poussière grisâtre qui faisait tousser les 2 pattes.

Le pire arriva lorsque les objets commencèrent à se révolter. Nés de la seule ingéniosité des 2 pattes, ils étaient les seuls éléments auxquels ces derniers se raccrochaient encore dans l'espoir de s'en servir pour explorer des zones qu'ils espéraient encore vierges de ce terrible cataclysme, mais il n'en fut rien: les premiers à se déchaîner furent les clôtures qui se dessoudèrent pour prendre une forme hybride entre l'oiseau et l'insecte. Les premières attaques furent aussi féroces qu'inattendues, les 2 pattes, harcelés de toutes parts étaient griffés, lacérés, meurtris par les fils de fer volants. Puis ce furent leurs voitures auxquelles ils tenaient tant qui prirent les airs et les lâchaient dans le vide, les murs qui prirent l'aspect de fauves carnassiers, les meubles qui se transformèrent en redoutables bestioles assoiffées de sang, les immeubles qui s'effondraient sans raison, jusqu'aux vêtements qui sous l'aspect d'énormes chauves-souris étouffaient ceux qui s'en habillaient etc...
Plus aucun objet n'était fiable et les 2 pattes se retrouvèrent tout nus et tout seuls désemparés dans la poussière grise. Il en résulta que peu survécurent après les attaques incessantes des objets et encore étaient-ils  assez bêtes préoccupés malgré tout  de leur paraitre pour se rouler dans les quelques rares flaques d'eau restantes, habillant ainsi de fange leur dignité envolée.
Seule une petite lueur d'espoir rejaillit lorsque de petits dégourdis (les 2 pattes étaient orgueilleux et méchants, mais pas idiots) découvrirent une sorte d'oasis peuplées d'animaux et d'oiseaux réfugiés dans la verdure. Incorrigibles petits 2 pattes: on envisagea  de les mettre en cage et de les forcer à se reproduire en vitesse pour repeupler la planète. Mais le porte-parole de la nature, un bel ara sage et vieux contraria in petto ces projets ... : Nan, nan, nan, déclara t-il du haut d'un cocotier, il n'en est pas question, nous ne nous reproduirons pas pour vous nourrir et charmer de nos trilles vos soirées romantiques, pas plus qu'aucune graine ne germera jamais à votre profit, tout ça, c'est fini n-i NI !
Le ton était ferme et sans appel et bientôt le dernier 2 pattes s'écroula en plein milieu de rien.

OUF! Souffla Super Dieu en s'essuyant le front.


La petite planète retrouva très vite son air pur, son calme, ses animaux et ses fleurs.
L'histoire dit que l'on retrouva encore bien plus tard un 2 pattes, perdu dans la jungle et que Super Dieu l'enferma dans un bocal étiqueté "petitabruti", furieux, menaçant et vociférant comme il l'avait toujours été, juste pour le souvenir, et peut-être, mais dans très très longtemps pour se souvenir du modèle si d'aventure un jour la fantaisie le prenait de le faire (après réglages) revenir sur terre...

 

 

Le blog d'Almanito 

14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 12:24

sujet semaine 15/2018 - clic

Libre de le dire

Libre de m’extraire

Libre de monter, de tenter, de grimper, de voguer

Ente deux eaux, entre deux ciels

Libre d’aimer

 

Je suis libre

Libre de chanter

Libre de foncer

Libre de sourire, d’écrire, de désirer, de chuchoter, de gémir

Ente deux cris ou deux soupirs

Libre d’aimer

 

Je suis libre

Libre de croire

Libre de savoir

Libre de chercher, de douter, de pleurer, de prier

Entre deux rêves et deux prières

Libre d’aimer

 

Et le grillage que le monde met, pose, fixe, visse sur nos désirs, nos vies, nos envies, nos cœurs, pour nous arrimer et nous abimer, ce grillage, jamais, oh non jamais ne pourra m’ôter cette vraie liberté …

 

Le blog d'Annick SB  

11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 14:59

sujet 14/2018 - clic

Ce sourire que je connais
S'approche souvent de ma vue ;
Si seulement je le tenais
Par autre chose que la vue...
Si je pouvais le caresser
Du bout de mes lèvres mordues...
Hélas ! Il ne fait que glisser
Sur mes tentatives perdues.

Ce sourire aux traits m'obsédant,
Ne serait-il qu'une chimère ?
Si seulement, en l'abordant,
J'en lisais plus que le sommaire...
Si je pouvais mieux l'explorer,
Apprendre son vocabulaire...
Hélas ! Je m'entends pérorer
Pour du vent, quitte à lui déplaire.

Ce sourire filant, filou,
Sur lequel je bute, s'arrête
Où commence mon rêve fou ;
J'imagine sa rondeur prête
À succomber, les yeux fermés,
À fondre sur chaque facette
De mes appétits enflammés...
Mais tu n'offres qu'une fossette
Et ton visage de profil ;
Non. Pas de visite buccale !
Nous ne tisserons que le fil
D'une simple bise amicale.

Si seulement, si seulement
Il pouvait en être autrement...

 

 

Le blog de Fabrice ​​​​​​​

11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 10:22

sujet 14/2018 - clic

Il a commencé par dire « Je est un autre.»

Elle a réfléchi tranquillement aux quatre mots

Il a pris des photos de la foule

Ce n’était ni elle ni les autres

Elle a rétorqué le droit à l’image

Il a voulu interroger les passants

Elle a parlé d’anonymat

Il a rétorqué curiosité

Elle a soulevé le problème de la liberté d’expression

Ça l’a vexé

Il a coupé court à la discussion

Ce n’est pas bien fin !

 

Il a pris ses clics et ses claques

Elle a senti une vraie claque

Il a fermé la porte à clé

Elle a laissé un mot sur la sonnette

Il l’a déchiré sans le lire

Elle a dormi sur le paillasson

Il a répété « Je est un autre.»

Elle a compris ce qu’était la perte

Il a cru être soulagé

Elle a senti grande illusion

Il a crié à trahison

 

Elle a grandi d’un coup, d’un seul

Il a dit « ça ne vaut pas le coup »

Elle l’a regardé avancer

Il a cherché « je » dans les autres

Et elle lui a pardonné

 

A jamais …

 

Mais que sont devenus les amoureux qui, naïfs et purs se fixaient des heures durant dans le blanc des yeux ?

J’espère que quelques uns d’entre eux ont réussi à regarder ensemble un chemin et faire de leur « je » un « jeu » sans trop de dégâts, en avançant à petits pas !

 

 

Le blog d'Annick SB    

10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 17:38

sujet 14/2018 - clic

Jenny ne supporte pas l'inactivité.

Or la mise à jour de sa thèse Flavius Mérobaude et la poésie précieuse de l'Antiquité tardive, thème qui l'avait enthousiasmée en 72, lui semble fort languissante, faute d'éléments nouveaux, et le soutien scolaire assuré bénévolement auprès de quelques cancres du quartier, somme toute fort peu épanouissant.

L'idée lui vient d'en créer un en voyant passer un article quelque peu très condescendant intitulé "quand les mamies bloguent" écrit par de jeunes geeks nourris de clichés, qui n'étaient pas nés alors que sa génération à elle inventait l'informatique.

- Ils me demandent mon profil, je dois mettre ma photo ?

Sans lever les yeux de son petit écran, où sans aucun doute se joue le sort de l'humanité, Juju répond, avec un soupçon de patience excédée :

- Mais non mamie ! enfin, si tu veux, mais tu peux mettre aussi ton avatar, et tes caractéristiques principales. Un peu comme un mini CV, tu vois ?

Jenny voulait juste savoir si sa photo était obligatoire, elle sait très bien ce qu'est un profil, elle a aidé son cousin Marcel, qui file un mauvais coton, à poster le sien sur "disons ce soir", le site de rencontres des plus de 50 ans.

C'est sûr qu'il a plus de 50 ans depuis un bon moment, Marcel. Alors ils ont cherché ensemble des photos du temps où il courait encore les 10 kms de Bouzin, du coup il a pu indiquer "sportif" dans son profil ; ensuite c'était un peu creux, il voulait mettre : joueur de cartes, vu qu'il gagne chaque jeudi au club, mais elle a trouvé que c'était pas tellement glamour. Musique classique ?  Tu écoutes de la musique classique, toi ? alors fièrement il lui a fait écouter sa sonnerie de téléphone : les trompettes d'Aïda.

De même que la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée (Stendhal), le profil a été inventé pour se réinventer.

Alors Jenny décide de jouer les mamies, telles que les voient Juju et les jeunes geeks, et rédige son profil : j'sais pas encore, le gauche n'est pas mal, mais le droit fait plus jeune

  

Le blog d'Emma

10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 16:35

sujet 14/2018 - clic

Le portrait de profil , courant au XVIIe et surtout au XIX e siècle des médailles et des pièces

De monnaie antique: il reprend la pose des empereurs romains, modèles

Affirmant leur autorité et leur noblesse de caractère. L 'accent est mis sur la ligne essentielle
Du visage; nous nous ne sommes pas distraits par une expression particulière.


Portrait de Jean II le bon, Anonyme clic
 

Ni la tristesse ni la joie du personnage ne nous détournent de sa dignité intemporelle.
L'école italienne de la Renaissance peut ajouter un contexte spatial, un paysage.
Filippo Lippi peint un double portrait dans un intérieur, le paysage par la fenêtre

 


Girlandaio peint Giovanna Tornabuoni; l’originalité du portrait réside 
Dans le petit mot accroché dans le fond. Il est écrit :” Si l’art pouvait montrer son caractère 
Et ses vertus, aucun tableau au monde ne serait plus beau."

 


La Renaissance met à la mode le portrait de profil de couple, parfois sur fond de paysage
Au XV e siècle, les peintres néerlandais adoptent le posture de trois quart qui accentue
Par sa position intermédiaire l'aspect transitoire, le regard et ses nuances.

Piero della Francesca, Portrait de Federico de Montefeltro, Duc d’Urbino et de sa femme

Holbein, Portrait de deux femmes

 

 

Le blog de Laura Vanel-Coytte

10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 06:36

sujet 14/2018 - clic


Dans ce club de rencontre

Il fallait mettre son profil yeux fermés

C’est ainsi que je t’ai choisi toi

Sur un coup de tête

Yeux fermés

Pour une rencontre

J’y suis vraiment allée yeux fermés

Mais cœur ouvert

Cœur en bandoulière

Yeux grands ouverts

Tu m’as parlé

J’ai fermé les yeux pour mieux entendre le doux son de ta voix

Je crois que toi aussi tu as fermé les tiens

Pour mieux percevoir le bruit du coup de foudre

Nos mains se sont cherchées

Nos mots se sont tus

Nos yeux se sont rencontrés

Nous avons demandé au barman de nous prendre en photo

De profil face à face yeux grand-ouverts

Ce photo montage que vous voyez là

Nous aimons dire depuis dix ans

Qu’il est le reflet de deux cœurs en mal d’amour

Qui ont su voir par hasard se profiler le bonheur.



Quand le bonheur se profile ici-bas

Cours-y vite cours-y vite

De pommier en cerisier

Cours-y vite cours-y vite

Saute par dessus les préjugés

Et dans le pré cours-y vite cours-y vite

Sur le flot des regards et des mains moites

Sur le tempo des cœurs qui battent la chamade

Cours-y vite cours-y vite

Sinon le bonheur,  il pourrait bien filer.



Le blog de Jamadrou

9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 12:56

sujet 14/2018 - clic

Je les vis,
 
Je les vois,
 
Je les avais bien vus.
 
Je me frottais les yeux.
 
La même image, au fond de ma rétine, apparut.
 
C’est à cet instant que tout se joua.
 
C’était décidé, détective, je ferais.
 
Sitôt,  me mis en quête d’un local approprié.
 
Cela aurait dû être chose aisée.
 
D’autant qu’avec mes dons d’ubiquité,
 
Je me faisais de la recherche, une idée,
 
Où tout ne serait que simple formalité.
 
Las, je ne compte plus,
 
Le nombre de portes claquées,
 
Les interminables journées,
 
Devant diverses annonces, passées.
 
» Bail à céder. », « Local à louer. »
 
Enfin, je trouvais:
 
Ma démarche, expliquais.
 
« Jeune homme, d’adresse, vous vous êtes trompé.
 
Pour ce que vous révélez,
 
Je ne peux, à mon grand regret,
 
En rien, vous aider. »
 
Tout cela, dit, derrière un globe violemment éclairé,
 
Des mains gantées, au-dessus, posées.
 
Nous échangeâmes, moi, beaucoup de billets,
 
Elle, un carton imprimé.
 
Je me rendis à l’adresse indiquée.
 
Une secrétaire aimable, m’accueillit.
 
Attendre un instant, me dit.
 
On m’appela,
 
Un homme me sourit.
 
Et là! subite révélation !
 
C’était eux !
 
Devant moi rassemblés.
 
J’allais leur faire part de ma découverte,
 
Je compris, les sens en alerte,
 
Que j’allais à ma perte.
 
» Hors d’ici ! Fichez le camp ! »
 
Pour une fois, je n’attendis pas mon reste,
 
Pris la sortie d’un pas leste.
 
Je les avais trouvés, mes premiers amants.
 
Je ne m’étais pas trompé,
 
Le profil, j’avais, c’était certain,
 
De détective, je me fis cartomancien.
 
Aujourd’hui, mes talents, je développe.
 
Détective révélateur,
 
Je profile, agent double voyeur,
 
Pour filature et point de vue.
 
 
Le blog de Jaclyn'Oléum
 
9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 11:37

sujet 14/2018 - clic

Le doux profil de ton visage est un beau paysage qui défile sur le long fil de ma vie comme le souvenir des anciens voyages où tu ne fus pas et que je fis sans toi.

Le doux profil de ton visage et de tes yeux où se reflètent en leur azur chacun de mes étés, chacun de mes hivers, toutes mes saisons d’hier et nos printemps futurs.

Mes pluies et mes orages, mes plaisirs et mes peines, et sous mes ciels de traîne, tous mes déserts arides, tous mes désirs avides, vécus en chaque mot, en chaque ligne de mes livres.

Je lis sur ton visage, sur ta peau douce et nue, comme la double page de nos vivants rivages, l’extase de nos corps en leurs gestes accomplis.

Ton visage, nébuleuse dans le ciel de ma vie, où passent des oiseaux, témoins zélés de nos folies.

Le doux profil de ton visage est un beau paysage comme un très long voyage que je veux faire avec toi.
 

Le blog de Cloclo

5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 19:58

sujet(s) 13/2018 - clic 

J’étais vraiment très en colère
parce que maman, pour me déplaire,
m’a enjoint à ranger mes jeux
avant de finir ma partie.
Et puis après, elle est partie
en criant : les enfants à table !
d’un ton vraiment pas très aimable
et d’une voix beaucoup trop forte.
Puis on a sonné à la porte,
elle avait invité du monde,
y avait une grosse dame blonde
et un monsieur à triste mine.
J’ai couru vite vers la cuisine,
fichu tout le dîner par terre
et pour exprimer ma colère
j’ai mis mes deux pieds dans le plat
(pas le dessert au chocolat
mais le gratin aux aubergines,
ah, vous auriez dû voir sa mine !)
Elle m’a donné une raclée,
j’ai juré d’plus recommencer,
puis elle m’a envoyé au lit.
Ils ont commandé un taxi
pour s’en aller dîner en ville.
Ensuite, on est restés tranquilles,
seul’ment bien avant qu’ils ne rentrent
nous est venue la faim au ventre,
là,  d’un pas quasi unanime
on est allés à la cuisine
se partager, mes frères, et moi
le gros gâteau au chocolat.

 

Le blog de Cloclo

5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 17:18

sujet(s) 13/2018 - clic 

Je broie

Du noir,

Je noie

L'espoir

Au fond d'une mare de suie,

Avec mon sourire et mon cœur.

 

Je broie

Du soir,

J'envoie

Mon loir

Se faire enjôler par la pluie ;

Morphée a quitté mon bunker.

 

Les heures rose sont si brèves

Que je ne crois plus au matin.

La lune file avec mes rêves

Au bout de ton monde lointain.

 

Je broie

Du noir.

Ma joie

Part voir

Si l'herbe est plus grasse et plus verte

Dans ton ailleurs plein de soleil.

 

Je broie

Du soir,

Je noie

Mon loir

Au fond de cette plaie ouverte,

Quitte à ne plus avoir sommeil.

 

Car si le goût du chagrin tue,

Moi, je le préfère à l'oubli ;

Une mémoire qui s'est tue,

C'est pire que le froid d'un lit.

 

Je broie

Du noir,

Je noie

L'espoir

Dans ton souvenir que je garde

Comme un vêtement chaud sur moi.

 

Je broie

Du soir,

Sans joie,

Sans loir...

Au moins, ce cafard qui bavarde

Est là, qui me parle de toi.

 

 

Le blog de Fabrice

5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 11:40

sujet(s) 13/2018 - clic 

A la terrasse d'un café,

Je prenais mon petit déjeuner,

Rêveusement tournant une cuiller,

Dans ma chicorée, d'un nuage de lait,

Agrémentée.

Il me rejoignit, moustache frisée,

Lueur tendre dans des yeux,

A faire fondre un iceberg.

Me dit se rendre à Trévise,

Retrouver une belle romaine,

Rencontrée à Batavia.

Mon coeur de chicon, un instant chaviré,

Il me fit remarquer, de ma santé,

Inquiet et alerté,

Que d'endive, ma peau,

La couleur avait pris.

Si mes pensées, il avait pu lire,

 

Mon sourire, les démentant,

 

Sur le champ, en  aurait été terrassé,

 

Mes yeux, tels lance-roquettes,

 

L'auraient volontiers exterminé.

 

Ne sut rien de tout cela,

 

Laissant, en me quittant,

 

Idées amères,

 

Qu'aujourd'hui encore,

 

Je mâche, et remâche.

 

 

Le blog de Jaclyn'Oléum

3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 06:22

sujet(s) 13/2018 - clic 

Le sport c’est pas mon fort,

Mes muscles me le hurlent,

Mes articulations se tirebouchonnent

Et ma souplesse a l’esprit de contradiction.

D’une anguille je n’ai pas  vraiment les ondulations,

Juste la même envie de fuir devant le court-bouillon !

Jouer avec mes abdominaux me fusille le dos

Mes poignées d’amour refusent obstinément de m’abandonner à l’ennemi,

Je sors du cours comme la moppe sort de l’océan !

Faut-il aussi parler des cours de spinning  ?

Parce que là ça n’a pas suffi ?

Alors on y va !

Je coince mes pieds dans les pédales

Et je commence à les faire tourner,

Ensuite je ne  maitrise plus  la vitesse qui va crescendo

Ca part en sucette :

J’en perds de vue le bout de mes baskets

Tant le moulin tourne vite !

Et Pour arriver où ?

Nulle part parce que le vélo est fixe !

Mais pas aisé de ralentir le mouvement, hein !

C’est lui qui décide pour vous !

"On augmente la force du pédalage  et hop :

Debout, assise, on ne danse pas, les hanches restent fixes !

Le tout en effleurant le guidon et  surtout de pas s’y appuyer !

Et s’il vous plaît : le dos plat et les coudes à l’extérieur !

(Et comme si ça ne suffisait  pas)  :

Prenez vos poids  en mains

Et levez les bras en gardant le rythme de pédalage !

Encore !  devant ; derrière ;  sur les côtés et on reprend,

Devant ; en ciseaux ; en haut ; derrière la nuque et on recommence !

Pédalez, aller pédalez il faut garder le rythme et…

N’oubliez pas de sourire !…

Parce que figurez-vous : vous êtes heureuse d’être là !" (dixit la coach !)

Lessivée dites-vous ?

Oh non, pas du tout :

mais morte : oui  !

 

Le blog de  Dominique

2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 19:07

sujet(s) 13/2018 - clic 

Dans sa chambrette la petite Huguette pleurait sa honte et son amour perdu.

Elle ne pouvait pas, non elle ne pouvait pas se confier à sa mère Charlotte, lui raconter les salades, le poil dans la main, et le feu qui depuis la brûlait…

Elle ne l'aurait pas crue, elle dont la piété, le courage et la vertu faisaient l'admiration du village.

Et même au-delà. Chacun la connaissait au marché de Villebon, où chaque samedi elle vendait ses pommes, ses fromages de jument, et le noir pour faire les carreaux qu'elle extrayait de la cendre du foyer.

Rien ne se perd aimait-elle à répéter à des douze enfants, tandis qu'elle broyait le noir, et qu'eux chargeaient la charrette de pommes avec leurs petits bras, leurs petites mains, chantant courageusement "le travail c'est la santé", ou "la maman des poissons" pour se donner du cœur à l'ouvrage, en évitant de tomber dans les pommes (parce qu'ils avaient aussi de petites jambes).

Quant à Papa, si ombrageux, si à cheval sur la réputation d'Huguette, il serait sans doute monté sur ses grands chevaux, ou du moins l'un des deux, (car il en avait deux, la ferme était cossue), l'énorme boulonnais ou le gros percheron, pour aller battre la campagne, comme il le faisait chaque fois qu'il était contrarié.

Il en aurait profité pour aller calmer ses nerfs chez la grosse Adèle, à la taverne du pot au feu, que chacun appelait le pot aux roses, depuis que Rose Marie et Marie Rose, les accortes jumelles, y dansaient la gavotte sur la grande table le samedi soir (qu'on débarrassait pour qu'elles ne mettent pas les pieds dans le plat).

Et sûr qu'on ne l'aurait pas revu de la semaine.

Le travail aurait attendu, une fois de plus !

Alors que justement Huguette, qui était l'aînée des douze, mais qu'on appelait toujours "la petite" malgré ses quinze ans révolus (depuis la st Médard), ne pouvait pas beaucoup aider Charlotte à cause de sa main bandée.

"le chaudron m'a brûlée" avait-elle dit à sa mère pour expliquer le linge dont elle avait entouré sa main.

Or elle avait menti, et ce mensonge la désespérait, mais pouvait-elle dire la vérité ?

La chose s'était produite le lundi des rameaux, dans le champ d'en bas, tandis qu'elle coupait des choux pour faire la soupe. Toute la famille raffolait de la soupe aux choux.

Elle avait entendu un sifflement, mais qui ne ressemblait pas vraiment à un sifflement, en fait, pas non plus à un roucoulement, c'était un bruit indescriptible, étrange et mélodieux. Et c'est là qu'elle l'avait vu, assis dans les salades, un petit homme vert, qui ne ressemblait pas vraiment à un homme, mais pas non plus... Enfin bref : c'était O, ainsi que le proclamait l'écran sur sa poitrine, enfin pas vraiment sa poitrine, sa face avant.

Il posa le lapin avec lequel il jouait.

Son oeil articulé flamboyait. De ce qui ressemblait à une main, enfin pas vraiment une main, mais quelque chose de sinueux, d'ondoyant, sortait un poil long, soyeux, infiniment troublant.

Elle avait posé sa serpette, les ondes avaient fait le reste.

Ensuite ses souvenirs étaient confus, elle était montée dans une hutte volante, enfin pas vraiment une hutte… bref.

C'était ainsi qu'elle s'était retrouvée avec une main verte. Qu'elle cachait depuis.

Quand même pas de bol de tomber sur un martien qui déteignait !

 

Le blog d'Emma

2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 06:19

sujet(s) 13/2018 - clic 

Je n' ai pas la main verte, j'ai même plutôt deux mains gauches

Et malgré ou à cause de mes opérations du canal carpien

J' ai perdu trente pour cent de force sur chaque main

En plus, ça me gratouille, chatouille, même je dérouille

 

Je ne sais pas si j 'ai le cœur sur la main

Ce n' est pas a moi de le dire

La main sur le cœur, je le jure

En tout cas, j' essaie toujours de faire le bien

 

La, c' est sûr, j ai la tête dans les nuages

Comme dans un tableau de Magritte, un spleen de Baudelaire

Selon ce dernier, Boudin est le roi des ciels du Havre

 

A Honfleur, il y avait parfois des nuages dans sa tête

 

 

Le blog de Laura Vanel-Coytte

1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 11:21

sujet(s) 13/2018 - clic 

Maman était rentrée du jardin lessivée. Elle y avait passé l'après-midi sous un cagnard à assommer un menhir et m'man, c'était pas un menhir avec ses côtes qu'on pouvait compter à travers son tee-shirt.
On était déjà à table et la nouvelle avait fait l'effet d'une bombe quand elle avait déclaré: "Ben mes enfants, c'est la fin des haricots!" Un ange était passé, puis deux, puis trois...
Même le pépé qui était en train de sucrer les fraises était resté pétrifié pour une fois et ça nous avait reposé les yeux.
-Tu veux dire... avait murmuré papa d'une voix blanche
-La fin des haricots, oui! avait répondu maman.
C'est pas qu'on coupe les cheveux en 4 chez nous, mais ce qu'on appelle des haricots, ce sont les petites herbes qui rendent heureux et qu'on glisse d'un air entendu sur le marché à nos fidèles clients dans le bouquet garni. Faut dire qu'on se tient à carreau depuis que les flics sont venus nous casser les pieds un jour, sur dénonciation de cette vieille bique d'Ernestine la voisine,  qui leur avait raconté je ne sais quelles salades sur nos prétendues activités horticoles illégales.
Ils avaient été à 2 doigts de découvrir le pot aux roses, mais notre mémé les avait attrapés sous le bras et leur avait offert une tisane à sa façon  et nos pandores étaient repartis requinqués,  la tête dans les nuages. On aurait pu porter plainte pour diffamation et faire coffrer la vieille Ernestine, remarquez bien, mais p'pa, il a le coeur sur la main et il dit toujours que la vengeance, froide au chaude,  est un mauvais plat.
-T'es sûre? avait repris papa
-Plus la queue d'un avait répliqué maman en passant le plat de la main sur la toile cirée. On nous les a volés, j'en mettrais ma main à couper et ensuite au feu!
-Comment ça, volés, on les bichonne et on les surveille nuit et jour, tous autant qu'on est, allons! fit mémé qui commençait à broyer du noir pour le café.
-N'empêche qu'y en a forcément un qui n'a pas fait son tour de garde! s'exclama maman en jetant un oeil furieux en direction de grand frère Irénée, qui il faut le reconnaitre a un sacré poil dans la main et une tendance à s'endormir comme un rien.
-Comment ça, et pourquoi ça serait encore de ma faute, s'était-il révolté en montant sur ses grands chevaux.
-Parce que cette nuit tu t'es encore endormi pendant ton tour de garde, avait répliqué m'man qui avait la main aussi leste que verte en en lui balançant une baffe bien sentie.
Finalement Juju qui ne supportait pas qu'on accuse à tort son aîné Irénée, avait mis les pieds dans la plat en avouant qu'elle avait mis du produit la veille au soir pour s'éviter la corvée de désherber à la main et que les z'haricots en étaient tombés dans les pommes...à son grand regret.
Et là, on est tous restés interdits. Même m'man qui pourtant n'aime pas qu'on jette l'argent par les fenêtres, parce que chez nous, voyez-vous, on est très stricts sur un principe, un seul: on ne fait que du bio.

 

 

Le blog d'Almanito

31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 10:40

sujet 12/2018 - clic

Sous les pavés la plage et le leurre qui nage dans les espoirs trahis

Nous conduis-tu ou nous éconduis-tu quand nous palabrons à bâton rompu sur ce que nous croyons être des préceptes ?

Il est interdit d’interdire.

Soit !

Alors on a parlé, crié, hurlé même quelquefois

Discuté, dialogué, tout dit, tout pensé, tout dénigré

Rire de tout, tout soutenir depuis notre canapé

L’humain au centre …

Le nombril Roi !

Il est interdit d’interdire …

C’est qu’on nous a dit et ça nous a fait rire

La liberté a un prix ; ça on ne nous l’avait pas dit …

Le prix de l’oubli.

 

Soutenir le passant qui trébuche,

La vieille dame isolée qui compte chaque sou,

La femme qui sort tard de chez elle pour gagner le repas du petit qu’elle laisse seul quelques heures ou toute la nuit,

Le migrant, funambule glacé, errant affamé entre deux sommets enneigés,

L’enfant sale parce que l’eau a été coupée,

L’adolescent paumé choisissant des voies mortifères,

Le paysan qui se suicide…

 

On est libre de se taire, de fermer les yeux, de se cloitrer dans des résidences surveillées

Libres de se méfier de tous et surtout de chacun

Libre de se faire insulter

Libre de détester                 

Libre de regarder la télé

La liste des libertés est longue, c’est vrai

Libre de porter des œillères et même des muselières

 

Car cette liberté nouvelle et printanière, cette liberté arrogante et friquée, gagnée sur les pavés de notre capitale, nous permet de nous dédouaner de toute aide de proximité, celle qu’auparavant on nommait compassion, devenue désormais dérision

 

On ne l’a pas vu, pas entendu, pas cru ce qui allait nous arriver

Certains ont pris du galon pour passer aux informations

D’autres des habits de gala pour chanter dans les médias

Les plus pauvres des crampons pour faire les fanfarons

Et la majorité est restée là, seule, immobile, poussée vers les villes, libre mais se croyant inutile, ne sachant plus vraiment quel discours écouter.

Alors on a parlé, crié, hurlé même quelquefois

On a débattu, on s’est débattu

Discuté, dialogué, tout dit, tout pensé, tout dénigré

On a voté, on a été dégouté, on a renoncé à voter

Rien n’a changé

Odyssée de la liberté as-tu compris ce qui nous attendait ?

As-tu cru un instant que tout se jouait là

Dans la rue

Sur les pavés

Dans nos discussions, nos débats, nos manifestations

As-tu saisi l’insaisissable et peut-être l’irrémédiable ?

 

On flotte …

Sous les pavés la plage et le leurre permanent qui nage dans les espoirs trahis de la liberté consommée …

 

 

Le blog d'Annick SB - clic

29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 17:14

sujet 12/2018 - clic

Là-bas, sous les pavés, la plage

Porte son collier de rouleaux

Incrusté de perles d'écume.

Ici, que de tristes tableaux !



Là-bas, les murs n'ont jamais l'âge

Des chimères sans lendemain

Au goût d'un art plein d'amertume.

Ici, l'orage est en chemin !



Mais le grondement du tonnerre

Qu'on entend n'a rien d'ordinaire ;

Après la nuit, se lèvera

Un printemps qui s'allumera

Aux quatre coin de nos froidures

Et nous montrera ses verdures.



L'orage aura lavé les peurs.

La liberté, longtemps froissée,

Se soulevant aux vents nouveaux,

Entamera son odyssée.



Allons dire à ses kidnappeurs

Qu'il est interdit d'interdire ;

Les moutons ne sont pas des veaux

Aveuglés par le cachemire !

 

 

Le blog de Fabrice
 

28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 14:54

sujet 12/2018 - clic

Et voilà, c’est reparti pour un tour !

J’en arrive à prendre en grippe ces dîners de famille auxquels ma mère nous convie deux ou trois fois par année.

- Tu exagères, me dit Lou, ma compagne, ta mère est une fine cuisinière et ton père un amateur de vin professionnel.

Je ne relève pas l’amateur professionnel, après tout à chacun ses marottes langagières. Ma sœur et sa tarte Tintin (régression ou besoin de se rendre intéressante aux yeux de notre mère, spécialiste de la tatin au dessert ?), la tante Marie et son indétrônable boîte de praniles de chez Faure (serait-elle dyslexique ?) mais le summum c’est l’oncle Jacques qui le détient avec son "Sous les pavés, la plage. Moi, mon p’tit, j’ai fait mai 68" odyssée qu’il réussit à placer à n’importe quel bout de phrase. Quand j’étais môme cela passait à la rigueur les barricades et les pavés descellés, les CRS et les fumigènes…

Mais là, j’avoue, je sature !

Pour compléter le tableau il ne cesse de dénigrer tout ce  que j’entreprends : "Ah ! bon, tu vis de tes gribouillages à présent. Et ce n’est pas interdit de barbouiller sur les murs"

Il n’a aucun goût artistique et il entend m’imposer ses vues, limitées, il faut bien l’avouer.

Que je gagne confortablement ma vie, que je sois un artiste reconnu dans le milieu du graff ne peut effleurer son esprit borné, que l’on me paie pour réaliser une fresque géante ou décorer une entrée de musée lui fait dire que de son temps on proclamait "l’art c’est de la merde"

Il vient de remettre le sujet autour de la table. Mon père, comme par hasard, a quitté l’assemblée pour aller chercher une bouteille de derrière les fagots. Quels fagots ? Je n’en ai jamais vu à la maison et ma mère a levé les yeux au ciel. Pour une fois ne pourrait-elle pas fermer le bec de son frère et prendre ma défense ?

Lou m’a envoyé son coude dans les côtes pour que je contienne ma rage ce que j’ai réussi à faire non sans glisser innocemment "bah ! sous les pavés la plage et puis il est interdit d’interdire" ce qui a eu pour effet de faire hocher la tête à oncle Jacques et à lui faire perdre le fil de sa diatribe.

Petite vengeance, avant-goût de ce qui l’attend quand il se retrouvera devant son garage.

Jacques, Marcel de son deuxième prénom, y découvrira tracé de ma plus belle bombe "J’emmerde mon oncle Marcel" 

Se doutera-t-il que le tag lui est destiné ?

Allez, je reprendrais bien volontiers un bon morceau de tarte tatin, moi !

Santé, Jacques-Marcel !  

 

Le blog de Mony - clic

26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 18:46

sujet 12/2018 - clic

On était en mai 2018 : c’était à nouveau la révolution. Les retraités défilaient par milliers pour retrouver leurs droits : les chômeurs réclamaient plus d’alloc, les travailleurs moins de travail, les infirmières plus de postes, les médecins plus de moyens, les femmes plus de respect, les cheminots des voyages à l’oeil, les ophtalmos plus de chalazions, les pompiers plus d’incendie, les hôteliers plus d’ensoleillement, les libraires plus de clients, les auteurs plus de lecteurs, les enfants moins de devoirs, les enseignants moins d’heures, les facebookers plus d’amis, les youtubers plus de « j’aime », les bébés plus de biberons, les cabots plus de croquettes, les matous moins de cabots, les agneaux moins de loups, les loups moins de chasseurs, les jardins moins de glyphosates, les déserts plus de pluie, et les Français le retour du corps de Johny au père Lachaise.

Il est permis d’autoriser, lisait-on sur une pancarte plagiant mai 68, ce qui s‘était vite transformé en …Il est permis d’autoriser le permis motorisé. Car on maniait l’humour et la blague avec dextérité en ce temps-là (même si on maltraitait la grammaire et l’orthographe) et on ne dédaignait pas non plus les jeux de mots, seule vraie détente dans un monde en marche, cruel et impitoyable. Mai 68 nous avait donné : sous les pavés la plage… 50 ans plus tard, on pouvait lire sur des façades dégradées par le temps : sous les épaves la plage, triste souvenir de l’échouage de l’Amoco Cadix en 1974, de l'Exxon Valdez en 1989, du Prestige en 1999, et de l'Erika, en 2002.

L’art, c’est de la merde s’était transformé en L’art, c’est du nanan, phrase que personne ne comprend plus actuellement, sachant que le nanan, petit fromage délicieux et crémeux genre cancoillotte a disparu de nos assiettes il y a fort longtemps déjà.

Il faut l’avouer : ce n’est pas la révolution qui mène à  la victoire mais bien les pancartes et les graffitis qui les accompagnent. J’emmerde mon oncle Maxime, lu quelque part dans une rue de Paris est sans doute la plus représentative. Car il n’est pas utile d’avoir fait Sciences Po pour comprendre que si l’on remplace le prénom Maxime par n’importe quel autre prénom, cette assertion franche et directe aura toujours autant de poids. Et ne vous interdira pas de vous réjouir, car compte tenu du nombre de Maxime en France (ou de Thierry, Loïc, Thomas, Quentin, Nicolas…) vous ne serez soumis à aucune poursuite.

Bis repetita, les révolutions se suivent et se ressemblent, vues sous cet angle, elles ont un aspect sympathique, mais ne nous y fions pas trop : si on interdit d’interdire, si on autorise à autoriser, question écologie, on pourrait peut-être un jour rencontrer sous les pavés autre chose que la plage, mais plutôt le genre de matière dont serait fait l’art, selon nos bons amis soixantehuitards. En tout cas, ça pourrait bien emm... un tantinet l’oncle Marcel…pardon, l’oncle Maxime !

 

Le blog de Cloclo - clic

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