atelier d'écriture en ligne
Un jour que j'étais de passage et que je déconnais avec mes amies, je suis montée près de la statue et, pour une photo amusante, je l'ai prise dans mes bras. Quel n'a pas été mon étonnement lorsque, posant ma main sur son torse dur et froid, je sentis un battement sourd et régulier.
« Boum » « Boum » « Boum » « Boum » « Boum » …
Je manquais de tomber à la renverse en imaginant cette vieille statue...et bien...vivante ! Pourtant je cachais rapidement cette expression étrange, redescendais et repartais avec mes camarades.
Plus tard dans la soirée, je revins voir mon nouvel ami. Comment était-ce possible qu'un cœur batte là-dessous ? J'escaladais à nouveau la paroi pour l'atteindre. Après quelques minutes passées à l'observer sous tous les angles, je ne comprenais toujours pas. Soudain, une idée aussi ridicule qu'extravagante me traversa l'esprit. Influence de trop de Disney ou de contes de fées me direz-vous, je jetais un coup d’œil à droite, puis à gauche : personne. Lentement, je me penchais vers cette bouche parfaitement sculptée et l'embrassais.
La statue se mit à bouger. L'homme redevint humain et, alors que j'avais encore mille et une questions à lui poser, il m'attrapa fortement par le bras et me jeta dans le creux dans lequel la statue reposait quelques secondes auparavant. Un hoquet de surprise fut tout ce qui sortit de ma bouche car avant que je n'en rajoute, mon sang se glaça et mon corps devint marbre.
Je vis l'homme s'éloigner en un clin d’œil et compris que ce qui avait été jusqu'alors sa malédiction était désormais la mienne. Ce n'était pas censé se passer comme ça ! J'avais beau me débattre, mon corps refusait d'obéir. Une dernière larme roula sur ma peau dure.
Cela fait maintenant quinze ans que je suis perchée ici et je crois que plus personne ne viendra pour moi. D'un autre côté, j'espère que personne ne viendra. Je ne veux pas être celle qui emprisonne quelqu'un d'autre. Pourtant, il y a cet homme, à la beauté presque surnaturelle. Il vient chaque jour me peindre sur ses toiles. Je sens son regard brûlant sur la vieille pierre que je suis. Il me sourit, il me parle. Je crois que peut-être, au fond, il sait.
Tilancia