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atelier d'écriture en ligne

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On flotte … Annick SB

sujet 12/2018 - clic

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Sous les pavés la plage et le leurre qui nage dans les espoirs trahis

Nous conduis-tu ou nous éconduis-tu quand nous palabrons à bâton rompu sur ce que nous croyons être des préceptes ?

Il est interdit d’interdire.

Soit !

Alors on a parlé, crié, hurlé même quelquefois

Discuté, dialogué, tout dit, tout pensé, tout dénigré

Rire de tout, tout soutenir depuis notre canapé

L’humain au centre …

Le nombril Roi !

Il est interdit d’interdire …

C’est qu’on nous a dit et ça nous a fait rire

La liberté a un prix ; ça on ne nous l’avait pas dit …

Le prix de l’oubli.

 

Soutenir le passant qui trébuche,

La vieille dame isolée qui compte chaque sou,

La femme qui sort tard de chez elle pour gagner le repas du petit qu’elle laisse seul quelques heures ou toute la nuit,

Le migrant, funambule glacé, errant affamé entre deux sommets enneigés,

L’enfant sale parce que l’eau a été coupée,

L’adolescent paumé choisissant des voies mortifères,

Le paysan qui se suicide…

 

On est libre de se taire, de fermer les yeux, de se cloitrer dans des résidences surveillées

Libres de se méfier de tous et surtout de chacun

Libre de se faire insulter

Libre de détester                 

Libre de regarder la télé

La liste des libertés est longue, c’est vrai

Libre de porter des œillères et même des muselières

 

Car cette liberté nouvelle et printanière, cette liberté arrogante et friquée, gagnée sur les pavés de notre capitale, nous permet de nous dédouaner de toute aide de proximité, celle qu’auparavant on nommait compassion, devenue désormais dérision

 

On ne l’a pas vu, pas entendu, pas cru ce qui allait nous arriver

Certains ont pris du galon pour passer aux informations

D’autres des habits de gala pour chanter dans les médias

Les plus pauvres des crampons pour faire les fanfarons

Et la majorité est restée là, seule, immobile, poussée vers les villes, libre mais se croyant inutile, ne sachant plus vraiment quel discours écouter.

Alors on a parlé, crié, hurlé même quelquefois

On a débattu, on s’est débattu

Discuté, dialogué, tout dit, tout pensé, tout dénigré

On a voté, on a été dégouté, on a renoncé à voter

Rien n’a changé

Odyssée de la liberté as-tu compris ce qui nous attendait ?

As-tu cru un instant que tout se jouait là

Dans la rue

Sur les pavés

Dans nos discussions, nos débats, nos manifestations

As-tu saisi l’insaisissable et peut-être l’irrémédiable ?

 

On flotte …

Sous les pavés la plage et le leurre permanent qui nage dans les espoirs trahis de la liberté consommée …

 

 

Le blog d'Annick SB - clic

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K
Et le temps a passé et la liberté n'est toujours pas retrouvée<br /> Bon dimanche pascal
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A
Merci Kri ! ( la liberté existe, je l'ai rencontrée ;-) )
M
Ton écrit me remue, Annick, je l'ai lu et relu. Oui, la liberté, le bonheur ne peuvent nous atteindre que si nous vivons dans une bulle loin de toutes les misères du monde. Heureusement beaucoup de personnes se mobilisent pour rendre à chaque jour un peu de compassion et de fraternité.
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A
Texte remue-méninges !!! ça me remue toujours aussi d'écrire ; je suis partagée comme nous tous entre le bonheur d'être en vie et la prise de conscience de notre insuffisance dans l' Amour du Prochain ... <br /> La compassion doit vraiment redevenir notre urgence si on ne veut pas pourrir dans nos bulles !
E
ton beau texte me fait penser à certains moments à la prière de Francis Jammes<br /> http://enpassant-englanant.blogspot.fr/2012/01/en-priant-francis-jammes-je-vous-salue.html
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A
Merci Emma ! <br /> Je ne l'avais jamais lu en entier ; je n'en connaissais que la version courte de Brassens . <br /> Très beau poème .... <br /> Je ne salue pas Marie mais la remercie toutefois d'avoir enfanté mon Sauveur ....