Je couds, je pique, toute la journée.
Des envolées enjuponnées.
Ah, quelle vie, quelle drôle de vie,
Pour une cousette de qualité.
Coudre le flou, ma destinée,
Autre chose, avait rêvé.
Je me voyais, Sévillane adulée.
En haut de l'affiche, je dansais.
En andalouse, costumée.
Je taille, je coupe, toute la journée
Des dentelles enrubannées.
Ah, quelle vie, quelle drôle de vie,
Pour une cousette de qualité.
Un beau matin, c'était l'été,
Sur un pont, il me regardait.
A danser, m'a invitée.
Nous nous sommes bien accordés.
Je brode, je surfile, toute la journée
Des beaux tissus en soie brochée.
Ah, quelle vie, quelle drôle de vie,
Pour une cousette de qualité.
Je les habille toute la journée,
Les essayages, pas cadencés.
Mon père vint nous séparer.
Et la danse, m'a refusée.
Je confectionne, en secret,
La belle robe, que l'inconnu m'a dessinée.
Ah, quelle vie, quelle drôle de vie,
Pour une cousette de qualité.
Je suis cousette de qualité,
Buena vida, ne cesse mon père de répéter.
Un jour, pourtant, je lui désobéirai,
Sur le pont, retournerai.
Le blog de JaclynO'léum