J'ai envie de parler de demain, l'humeur noire de l'automne
De dire les arbres qui ne savent pas s’ils vont mourir,
Leur a-t-on fixé un âge ?
J’ai peur de crier de froid sous le vent glacial
Est-ce mal ?
Je ne crois en rien et le monde m’étouffe
La lente montée des chemins naturels
Sans que les voitures les rejoignent
Me donne à la fois cet entrain vertical
Et ce besoin de cheminer auprès de celui
Qui, sans le savoir, m’accompagne d’un pas lent et sûr,
celui que j’ai souvent vu sur les traces fraîches poser un pied sûr
Celui qui sans y voir savait trouver le creux où poser sa trace.
Le pays n’est qu’un alibi, l’être est un amour d’enfant.
Alors l’automne noir et sa tristesse s’inversent
Je les retrouve en bonheur de vivre.
On m’a dit que rien ne meurt jamais
Sauf la haine. L’automne n’est qu’un temps,
Ouvert au besoin de l’homme
Un temps qui ne se ferme pas
Et là-bas où la courbe se glisse
Va rejoindre la vie rieuse et heureuse,
Confiante dans le feu de bois qui élargit le souffle...
Roseline