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atelier d'écriture en ligne

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Le petit carnet rose. Mony

 

Mercredi, 16 juillet 1902

 

Chère Marianne,

Te souviens-tu de ce petit carnet rose dans lequel je notais tout ce qui me semblait précieux ?

…précieux comme ton adresse qui me permet de t’écrire aujourd’hui.

 

Près de trois années se sont écoulées depuis notre départ de l’internat et ces mois durant lesquels nous avons changé de siècle se sont succédés dans un tourbillon d’activité au point que je n’ai pas vu le temps passer. Il me semble, ma bonne, entendre ton rire clair et joyeux et notre complicité est, là, si forte qu’elle me conforte encore et toujours. Et pourtant je m’en veux de n’avoir pris plus tôt de tes nouvelles, ni de t’avoir prévenue de l’ouverture de mon petit atelier de couture qui, ma foi, me donne entière satisfaction. Quelques dames du bourg renouvellent régulièrement leur garde-robe et font appel à mes services, me confiant bien souvent le choix du modèle et du tissu de leurs toilettes. Il s’agit pour moi de faire preuve d’ingéniosité en choisissant des coloris et des coupes qui les mettent l’une et l’autre en valeur et gomment leurs éventuels défauts. Il faut voir mes clientes parader sur le parvis de l’église à la fin de la messe du dimanche matin, c’est à qui sera la plus élégante. En toute modestie j’avoue recevoir quelques compliments et le bouche à oreille aidant de nouvelles commandes me parviennent au point que j’envisage d’engager une apprentie, voire une ouvrière.

 

Qu’en est-il pour toi ? As-tu pu réaliser ton rêve de voyages ? Découvres-tu ces départements et ces régions qui te fascinaient au cours de géographie donné par ce farfelu de Derombière ? (bel homme entre nous, ce Derombière) Mais peut-être as-tu trouvé l’âme sœur et es-tu sur le point de convoler ? Si c’est le cas, je serais infiniment heureuse de te proposer mes services pour la réalisation de ta robe de mariée. Comme nous en rêvions de cette robe et de notre futur mari…

 

J’en viens au sujet plus précis pour lequel je te contacte. Avant-hier, au grand bal du 14 juillet, j’ai eu le plaisir d’être invitée à plusieurs reprises à danser par un jeune homme originaire de ton village, très charmant et bon danseur de surcroît. Il se nomme Georges Canfin et m’a dit travailler chez un notaire. Je sais que je peux avoir confiance en toi et je t’avoue qu’il m’a fait la promesse de me retrouver à la soirée donnée à l’occasion de la fête patronale, le 14 août prochain. Depuis, le temps semble s’écouler lentement et mon imaginaire, toujours aussi fertile, me mène vers des chemins de délices…

 

Chère Marianne, peux-tu m’en dire un peu plus sur ce jeune homme, le connais-tu personnellement ou connais-tu sa famille. Est-ce là des personnes bien et dignes de confiance ? 

 

J’attends ta réponse avec impatience et je te serre contre mon cœur,

 

Ton amie fidèle,

Adeline

 

 

Mony

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E
ma chère Adeline, vous étiez déjà trop sage au pensionnat, lettre suit....
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A
Le temps passe si vite et on oublie, heureusement que la rencontre d'un jeune homme fait ressurgir l' adresse" précieuse" de l'amie
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J
joli texte qui allie les sentiments et la raison. On aimerait croire que cette lettre fût vraie
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J
Ah quelques inquiétudes et l'on retrouve l'adresse d'une proche pour se rassurer... bel inconnu, mais inconnu tout de même, Marianne, ne traîne pas, si tu sais dis vite, sourire....
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