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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 17:56

Joan Miró - Le carnaval d'Arlequin - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic  

          Quand Joan a décidé de raconter l'histoire de ma vie, il était dans une de ces périodes où il se demandait s'il allait devoir mettre au clou sa collection d'yeux de verre (1, 2, 3, 4).

Tout en haut de l'échelle de l'évolution (5) sur laquelle caracolent les neurones (6), il plaçait les majorettes acoustiques (7), qu'il était tenu de citer par contrat, parce que pour manger il travaillait pour audika, qui le payait une misère.

Moi-même, à cette époque n'étais encore qu'une famélique fourmi ailée (8) ; je me produisais dans une boite de Pigalle, le 421, un mardi sur deux, en alternance avec un comique troupier. La bohèmeu, quoi.

Ma guitare, que j'aimais tendrement, s'appelait Victor (9). Victor n'était pas de tout repos : de sa jeunesse anarchiste il gardait toujours une mèche à portée de main (10), prête à allumer ce qu'il appelait ses bombinettes (11), qu'il rangeait dans son sac à main insubmersible (12).

Hélas Victor fut pris de profonde mélancolie (13) après avoir conçu une grande passion pour un certain Salvador (14), qui un soir lui avait demandé de jouer pour lui "Viens poupoule", et n'était jamais revenu.

Il se mit à abuser de la fumette (15), et sa musique, donc la mienne, se rétrécit (16) jusqu'à l'insignifiance. Ce qui fit dire à des critiques du tout Paris, ces hyènes de Omer D. et Lang de P. (17), qu'elle était comparable à la production (18) d'un intestin anémique (19).

Pour chasser les idées noires (20), moi qui suis restée fleur bleue (21), je m'accorde le soir ce privilège des bourses plates : rêver à la fenêtre de ma chambrette (22), en compagnie de Nestor, mon ténia apprivoisé (23).

Et je me prends souvent à penser à Antoinette (24),  ma chère grand-mère, qui fut cantinière chez les hussards ; à cette heure elle doit être à réparer ses lignes de pêche avec le chat Bismarck (25), près de la table où ses instruments  d'astronomie voisinent avec les reliefs d'un repas frugal (26).

Cette vision me ravigote, je regarde la lune par-dessus les toits de la ville et je crie "à nous deux, Paris"!

……..

PS. quand on sait qu'un Miro mort se vend 20,2 millions d'euros (chiffre 2012), on ne peut que regretter que pour vivre il ait dû vendre sa collection d'yeux de verre.

……..

PPS. et que moi, petite fourmi famélique, sa muse,  je n'aie jamais reçu un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau.

 

 

Emma

Published by miletune.over-blog.com - dans les participations
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commentaires

Jak 30/07/2017 10:31

Éminente démonstration que Miro avait des mirettes intérieures

aimela 28/07/2017 12:54

Grâce à toi, je comprends un petit mieux le tableau :)

Mony 28/07/2017 09:35

Voilà un manière super ludique et déjantée de raconter sa vie. Et si on relie les points de 1 à 26 que va-t-il apparaître ? Suspens !

almanito 27/07/2017 19:59

...je continue...

Au profit de la Croix Rouge pour les réfugiés, cause à laquelle il était forcément sensible.

jill bill 27/07/2017 19:57

Ca c'est décortiquer un tableau... eh oui le sort des artistes de leur vivant, mais mort... et dire que la mort n'a plus besoin de rien, j'ai aimé merci Emma ;-)

almanito 27/07/2017 19:57

C'est génial ta façon de raconter ce tableau qui auparavant ne me parlait pas beaucoup. Son fils a vendu quelques unes de ses oeuvres au profit de l

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