atelier d'écriture en ligne

sujet semaine 39/207 - clic
Alors voilà que j'ai décidé, l'âge venant, et même le grantâge, que je ne ferais plus rien. Selon le calendrier des postes j'aurais bientôt 75 ans, alors pensez si j'ai envie de me démener comme une jeunette de 60! C'est que depuis quelques temps je traîne mes savates dans notre maisonnette et c'est pour ça que l'aut' jour j'ai dit à mon Angelo qu'il devrait remuer ses fesses pour chercher du boulot. Angelo c'est pas le feignant qu'on pourrait croire, mais faut toujours le pousser sinon il a pas la motivation, malgré sa jeunesse et comme il est bon bougre, il est parti tout de suite à la recherche du travail en prenant la voiture rouge qui en a vu de belles mais qu'on a réussi à récupérer de la Seine et de la Marée Nostroume parce que le taff, ça pousse pas dans not' banlieue. (J'vous ai mis les liens pour vous faire des révisions et pour les malchanceux qu'auraient malencontreusement manqué les précédents chapitres, veinards que vous êtes)
Seulement voilà, quand il est rentré, il avait bien un gros paquet de biftons bien serrés dans un élastique, de quoi vivre gentiment pendant 2 mois et il n'avait pas oublié les boutanches de Veuve Clicquot parce que nous, quand les brouzoufs rentrent on fête toujours ça pour nous porter bonheur, pis le champ' c'est bon à la santé à cause du magnésium, mais avec les biftons, il avait aussi ramené une migraine. Jerniguienne! que je m'étais exclamée pour copier la voisine quand elle engueule son chien Molière qui rentre tout crotté. Pas la petite migraine que je lui fais le soir quand j'ai pas envie de galipettes (parce que mon Angelo, il a un sacré talent question pirouettes faut vous dire, mais ça je vous raconterai une autre fois) non, une migraine de carabinier, bien rosse et tenancière de son crâne qui lui faisait se cogner la caboche contre le mur jusqu'à le mettre k.o. en japonnais ça donne ça, pour vous donner une idée comme c'est douloureux, un k.o.
Dur.
C'est à ce moment-là que j'ai compris qu'il était retourné voir son docteur Tsé-tsé, çuilà qui fait des expériences scientifiques sur de pauvres cornedouilles genre mon Angelot qui cherchent à se remplir les fouilles rapidement. Bref j'ai hurlé sur lui après avoir mis les faces en lieu sûr - on sait jamais - en le menaçant de le quitter, comme d'habitude mais comme d'habitude Angelo il sait bien qu'il est mon Grand Amour Pour La Vie et que je ne le laisserai jamais tomber.
Une piqure d'un produit antimorbilleux, qu'il lui fait, parait-il. Jamais entendu ce mot avant, mais ce qui est certain, c'est qu'il avait la morbille du coup et que ça passait pas. Il devenait fou et plutôt que de le laisser esquinter les murs du salon, je l'ai envoyé faire un tour au jardin.
C'est là, entre les choux et les carottes qu'il a réussi à se débarrasser de cette fichue migraine, au bout de plusieurs heures de lutte.
Belle bête! Longue et fourchue, quasi tentaculaire, la s.....e! On avait jamais vu un spécimen pareil, même la voisine qui migraine pour un oui pour un non n'en avait vu de pareille. On a pris des photos, puis on a fait visiter à tout le village contre un modeste droit d'entrée parce qu'il n'y a pas de petits profits comme on dit, pis ça leur apprenait quelque chose et le savoir, ça se mérite. Bref, après tout ça, la morbille comme on l'avait appelée affectueusement est restée dans le potager, squattée par les petits piafs et les rames de petits pois, et tout est rentré dans l'ordre.
Par contre la morbille n'était pas désactivée et à chaque fois qu'on mangeait de la soupe, on se tapait une migraine. Moi, j'ai toujours préféré la daube à la soupe, c'est plus gouteux mais avec cette histoire de 5 fruits et légumes par jour, on est bien obligé d'en passer par-là. Alors on s'en débarrassait dans le potager, comme de la première et ensuite on en faisait du petit bois pour le chauffage. Parce que faut savoir que la morbille, pour activer un feu, c'est du tonnerre.