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atelier d'écriture en ligne

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Reset. Pascal

Reset.   Pascal

sujet semaine 15/2016 - clic

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Vous donneriez vos organes, vous ? Je ne parle pas du cerveau parce que c’est encore impossible ; enfin, entre nous, on peut extrapoler sur ce papier confidence…  

 

Imaginez vos élans, vos humeurs, vos souvenirs, vos amours, dans la tête d’un autre ! Ou alors, le cerveau d’un autre s’éclairant dans votre tête ! Tout à coup, vous savez mentir mieux que quiconque, rire plus fort que les autres, additionner plus vite que tous, chanter a cappella dans un opéra ! Vous avez connaissance de plein de choses inutiles ! Celles qu’on vous balance sur les bancs des lycées et des grandes écoles et qu’on appelle l’instruction ! Vous avez des prétentions de potentat, des aigreurs de contrarié,  des indulgences pour des fleurs fanées ! Vous parlez breton sans accent, vous savez piloter un Boeing, faire un discours devant une assemblée ! Pire ! Imaginez qu’on vous implante un cerveau de politicien ; naturellement, vous ne sauriez plus rien faire mais vous auriez plein d’ambition !...

 

Dites, si on m’implantait le cerveau d’un noir, est-ce que j’aurais des souvenirs d’esclave ? Est-ce que je saurais courir plus vite jusqu’à battre des records du monde ? Je saurais faire du rap ? Surveiller l’entrée d’une grande surface ? Balayer les trottoirs de la capitale ? Ou alors, je serais président aux mille galons dorés dans une république oubliée ?

Le cerveau d’un jaune ! J’aurais peut-être les plans de la grande muraille de Chine dans un coin de ma tête ! Je cuisinerais le canard laqué, naviguerais sur une jonque et je souderais aisément les composants électroniques d’une télé à écran plat ! Je saurais enfin jouer au ping-pong, manger des cancrelats et conduire un pousse-pousse !

Le cerveau d’un blanc ? Avec les mêmes soucis européens ? Tous ces attentats qui minent les jours et les nuits ? Toute cette déliquescence ambiante ? Toute cette poudre aux yeux, ces discours hypocrites et tous ces tranquillisants pour croire qu’on vit heureux ?...

Pire ! La cervelle d’un socialiste ! « C’est la lutte finale » comme prière du soir, Solutré comme escalade annuelle et des roses plein le jardin ! Celle d’un comique sur le retour, celle qui n’arriverait même pas à me faire sourire, même avec un déguisement aux enluminures de clown devant la glace. La cervelle d’une femme ! Dans ma grosse tête, on pourrait en mettre deux ! Mais je n’aurais pas assez de mes deux mains et de mes deux jambes pour faire tout ce qu’elles font en une journée ; ma vie deviendrait vite un calvaire…  

Ou alors, le must du must : sans rien. Je serais légume, sans question et sans réponse, sans passé et sans avenir, sans joie et sans tristesse, sans haine mais sans Amour.

Ça serait bien, un cerveau tout neuf, sans conditionnement et sans uniformité monotone ; ce serait un cerveau entièrement connecté à ses sens et ne recevant que des informations de Bonheur, de joie, d’Amour et d’extase. En retour, il créerait sur tout notre corps des frissons, des larmes dans nos yeux et des soupirs de volupté à chacune de nos respirations…

 

La cervelle d’un anglais ! « Oh, i am shocked !... » La Tamise, le thé de dix-sept heures, la reine, ses valets et tous ses immigrés barbus ! J’aurais peut-être des velléités d’encouragement pour le quinze de la rose, des envies de bière et des refrains de : « God save the queen » plein la tête.

Ou alors, la cervelle d’un animal ; celle d’un oiseau pour voler plus haut que les étagères du magasin ; celle d’un éléphant pour ne jamais oublier toutes les crasses que j’ai subies ; celle d’une autruche pour foutre la tête dans le sable et ne plus jamais réfléchir. Les fleurs ont une cervelle ?...

 

Gaffe ! Ils sont là, les préleveurs d’organes ! Toujours sur la brèche, toujours en équilibre sur la corde raide, ils sont à l’affût de la moindre mort clinique ! Aux quatre coins de la France, en voiture, en avion, en hélicoptère, ils traquent la défaillance humaine !

 

‘Tain, moi, si on prélevait mon cerveau pour le refiler à un autre, l’heureux récipiendaire, il ne ferait pas une bonne affaire. A lui les cauchemars, les troubles mentaux, les souvenirs de coton et l’avenir en punition !

 

Mais servez-vous ! Prenez mes yeux, mon foie, mon petit doigt ! Les cheveux ? Prenez ce qui reste ! Les reins ? Les deux ? C’est un lot ? Pourquoi pas ! Ils arriveront bien à distiller encore quelques litres de pinard ! Les oreilles ? J’entends bien ! Les poumons aussi ? Hé ben, vous ne manquez pas d’air ! Prenez ma montre, ma ceinture et mes godasses, aussi, pendant que vous y êtes !... Quoi ? Mon quoi ?... Vous êtes sûr qu’il n’y en a pas l’utilité, Là-haut ? Prenez alors les quinze premiers centimètres et laissez-moi les quinze autres…

Arrachez mon cœur et emportez tout le trouble qui l’accompagne ! Non, ça ne serait pas un cadeau, mon pauvre cœur ; il serait dommage qu’il batte encore cette chamade incessante dans un corps qui n’a pas demandé cette douloureuse sentence amoureuse… Ces funambules, ces commerçants de « à la vie, à la mort », vous croyez qu’ils font un « reset » du cœur avant de le mettre en place chez le postulant ?...

 

 

Pascal. 

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M
Quelle pagaille sans reset, on ne peut que l'imaginer :)
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A
Toi, tu as raté ta vocation de chirurgien hi hi !<br /> Bien joliment écrit en tout cas.
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A
je préfère ne pas imaginer un don de cerveau. il y aurait trop de choses à lessiver dans le mien avant de transplanter dans une autre personne
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P
:-) C'est pour tout le monde pareil...
L
Que de bonnes questions !<br /> Et pourquoi notre passé serait-il uniquement "stocké" dans notre cerveau ou notre coeur ???<br /> M'est avis qu'il est emmagasiné dans chacune de nos petites cellules...:-),
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J
sur cette balance de la vie, vendus aux poids les organes?
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J
Un magasin de pièces détachées pour humains... avec obligation à sa mort de tout léguer à la médecine... les vieux de la vieilles épargnés et pour cause... des restes bon à donner aux.... chiens, dis-je dans sourire en coin... chez Canigou zou ! Eh eh le cerveau c'est bien trop personnel ;-) de même que... le petit chose !
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