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atelier d'écriture en ligne

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Petite messe. Pascal

 

 

Ici, le temps est à la frigidité, on est en pleine période des Saints de glace… 

 

Alors notre soleil frileux, un peu contrarié, un peu refroidi, un peu mitigé se cache derrière les nuages qui descendent la vallée du Rhône en laissant galoper leurs moutons les plus pressés. Soufflés par le vent du Nord, ils accaparent pourtant l’espace avec d’infinies démonstrations planantes de haute voltige ou des monstrueuses postures cotonneuses se transformant sans cesse en d’autres figures imaginaires.

Tous ces limbes fantomatiques, sans véritable couleur qu’une brillance diaphane cachée dans leur grandiloquence silencieuse, se superposent ou se mélangent en grisaille monotone le long des contreforts du Vercors. C’est un peu comme s’ils broutaient un moment cette herbe si verte dans ses flancs. Pourtant, ils s’irisent de parme, ils se gonflent d’empreintes colorées de bistre et ils se parent de décoloration vitrail, le temps d’un rayon de clarté plus prononcé.

 

Les ombres courent dans les jardins en laissant des traînées de luminosité éphémères et les jeunes frondaisons laissent entrevoir le ventre dansant de leur feuillage verdissant. Les acacias plient, ploient et pleurent leurs fleurs sous les caresses du vent voyeur cherchant encore à souffler sous leurs robes de princesse. Ils se sont enflammés de fraîche blancheur, en grappes odorantes et mielleuses, dans tous les paysages concurrents. La neige de leurs pétales s’entasse dans les talus comme autant de congères ou ils courent sur la route, tous ces congénères, à la recherche d’un quelconque salut.

 

Prions les Saints de Glace !... Allons à la messe païenne !... Prions l’Harmonie !...

 

C’est un peu comme une danse, tu sais, ces incantations d’appels obstinés au soleil et d’appels têtus à la pluie dans le désordre de l’empressement du printemps enchanteur. Alors le Temps passant, tout enchifrené par ces différences climatiques, se rappelle du froid pour tempérer enfin ces vives ardeurs de sèves montantes. C’est comme si la Nature découverte réclamait tout des quatre saisons dans la même semaine !

 

Mais le soleil veille. Il sera vainqueur de toute façon. Des chagrins du crachin, des voiles de brume, des engourdissements matinaux, il s’agrandit pourtant de jour en jour et les ombres de tout à l’heure se parquent, peureuses, derrière les murs ; elles se cachent sous les arbres et s’évaporent à l’heure de midi. C’est tout un jeu se séduction ardent où les frontières se délimitent sans cesse de cachettes en préau, de cours en jardins, de haies en murets et les ondoiements des branches bercées étincèlent le parterre d’éclats d’enluminures chamarrées et bondissantes. La chaleur est sous-jacente, elle est dans la lumière quand elle se glisse entre les nuages baladeurs.

 

C’est réconfortant de sentir cette prime ambition de beau temps dans l’air. Alors, ces frimas de glace, ces Saints nuançant le dynamisme du printemps, on les ignore divinement pour glorifier cette exaltation d’embellissement des journées.

 

A la longueur de cette aventure de papier, les nuages se sont dissous dans l’azur comme des chimères épuisées de tout ce tintamarre retardataire. Ils se diluent dans l’espace en longs filaments brouillardeux sur les contreforts de notre montagne sacrée. Ils se cantonnent, ils se regroupent, ils se guirlandent, loin, hors de notre département, en parquant leurs obscurcissements intérimaires ailleurs, en attendant un autre zélé coup de vent promeneur.

 

La saveur du printemps a un goût redoutablement bon et ces Saints de glace sont là pour que l’on réalise encore mieux les effets fascinants de leur saison. Les prémisses de l’été sont chevillées dans la Nature à tous les étages florissants, en gloire de pétales explosant leurs senteurs enivrantes et la rigueur hivernale se dissipe dans la rosée matinale.

 

On est si bien au milieu de toutes ces décorations lumineuses. C’est sans doute les auréoles de saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, ajustées, conjuguées ensemble aux mêmes embrasements, aux mêmes étincelles, aux mêmes inflammations sublimes qui badigeonnent, à l’unisson connivent, notre espace drômois avec tant de ferveur ! Adieu la lune rousse et ses gelées brûlantes ! Il n’est que les premières hirondelles figées sur les fils pour regretter un instant leur migration. La terre se réchauffe et plus rien ne pourra tuer les jeunes pousses et les roseaux trop pensifs…

 

On voudrait bien leur serrer la main, à ces Saints, juste pour briser la glace !... Quand on les connaît, ceux-là, on les honore ! On leur ferait bien une petite messe ! Dansons, dansons autour de feu l’Hiver et célébrons notre Printemps revenu ! Et si notre peau se couvre un bref instant de quelques vrais frissons fuyants, ces fugueurs de Bonheur, ces caresses virtuelles, ce n’est que l’euphorie câline brutalisant nos sens passionnés dans le trouble émoi de la renaissance annuelle.

 

J’aime te raconter mes histoires de printemps. En les écrivant, je prends la réelle dimension de la vraie Chance qui nous entoure au quotidien. J’espère ne rien oublier quand je t’explique ce foisonnement de sensations, ces éclaboussures coloriées et, si je les emmêle parfois, si je dérive vers une autre contemplation plus fabuleuse ou plus humble, c’est que j’emprunte tous ces mots décorés dans le trouble de mes pensées épanouies… 

 

Puisons, dans tous les Printemps réconciliés avec Dame Nature, la force de les compter encore comme toutes nos belles années fleuries…

 

Cela vaut bien une petite messe…

 

Pascal

 

 

 

 

 

 

Ici, le temps est à la frigidité, on est en pleine période des Saints de glace… 

 

Alors notre soleil frileux, un peu contrarié, un peu refroidi, un peu mitigé se cache derrière les nuages qui descendent la vallée du Rhône en laissant galoper leurs moutons les plus pressés. Soufflés par le vent du Nord, ils accaparent pourtant l’espace avec d’infinies démonstrations planantes de haute voltige ou des monstrueuses postures cotonneuses se transformant sans cesse en d’autres figures imaginaires.

Tous ces limbes fantomatiques, sans véritable couleur qu’une brillance diaphane cachée dans leur grandiloquence silencieuse, se superposent ou se mélangent en grisaille monotone le long des contreforts du Vercors. C’est un peu comme s’ils broutaient un moment cette herbe si verte dans ses flancs. Pourtant, ils s’irisent de parme, ils se gonflent d’empreintes colorées de bistre et ils se parent de décoloration vitrail, le temps d’un rayon de clarté plus prononcé.

 

Les ombres courent dans les jardins en laissant des traînées de luminosité éphémères et les jeunes frondaisons laissent entrevoir le ventre dansant de leur feuillage verdissant. Les acacias plient, ploient et pleurent leurs fleurs sous les caresses du vent voyeur cherchant encore à souffler sous leurs robes de princesse. Ils se sont enflammés de fraîche blancheur, en grappes odorantes et mielleuses, dans tous les paysages concurrents. La neige de leurs pétales s’entasse dans les talus comme autant de congères ou ils courent sur la route, tous ces congénères, à la recherche d’un quelconque salut.

 

Prions les Saints de Glace !... Allons à la messe païenne !... Prions l’Harmonie !...

 

C’est un peu comme une danse, tu sais, ces incantations d’appels obstinés au soleil et d’appels têtus à la pluie dans le désordre de l’empressement du printemps enchanteur. Alors le Temps passant, tout enchifrené par ces différences climatiques, se rappelle du froid pour tempérer enfin ces vives ardeurs de sèves montantes. C’est comme si la Nature découverte réclamait tout des quatre saisons dans la même semaine !

 

Mais le soleil veille. Il sera vainqueur de toute façon. Des chagrins du crachin, des voiles de brume, des engourdissements matinaux, il s’agrandit pourtant de jour en jour et les ombres de tout à l’heure se parquent, peureuses, derrière les murs ; elles se cachent sous les arbres et s’évaporent à l’heure de midi. C’est tout un jeu se séduction ardent où les frontières se délimitent sans cesse de cachettes en préau, de cours en jardins, de haies en murets et les ondoiements des branches bercées étincèlent le parterre d’éclats d’enluminures chamarrées et bondissantes. La chaleur est sous-jacente, elle est dans la lumière quand elle se glisse entre les nuages baladeurs.

 

C’est réconfortant de sentir cette prime ambition de beau temps dans l’air. Alors, ces frimas de glace, ces Saints nuançant le dynamisme du printemps, on les ignore divinement pour glorifier cette exaltation d’embellissement des journées.

 

A la longueur de cette aventure de papier, les nuages se sont dissous dans l’azur comme des chimères épuisées de tout ce tintamarre retardataire. Ils se diluent dans l’espace en longs filaments brouillardeux sur les contreforts de notre montagne sacrée. Ils se cantonnent, ils se regroupent, ils se guirlandent, loin, hors de notre département, en parquant leurs obscurcissements intérimaires ailleurs, en attendant un autre zélé coup de vent promeneur.

 

La saveur du printemps a un goût redoutablement bon et ces Saints de glace sont là pour que l’on réalise encore mieux les effets fascinants de leur saison. Les prémisses de l’été sont chevillées dans la Nature à tous les étages florissants, en gloire de pétales explosant leurs senteurs enivrantes et la rigueur hivernale se dissipe dans la rosée matinale.

 

On est si bien au milieu de toutes ces décorations lumineuses. C’est sans doute les auréoles de saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, ajustées, conjuguées ensemble aux mêmes embrasements, aux mêmes étincelles, aux mêmes inflammations sublimes qui badigeonnent, à l’unisson connivent, notre espace drômois avec tant de ferveur ! Adieu la lune rousse et ses gelées brûlantes ! Il n’est que les premières hirondelles figées sur les fils pour regretter un instant leur migration. La terre se réchauffe et plus rien ne pourra tuer les jeunes pousses et les roseaux trop pensifs…

 

On voudrait bien leur serrer la main, à ces Saints, juste pour briser la glace !... Quand on les connaît, ceux-là, on les honore ! On leur ferait bien une petite messe ! Dansons, dansons autour de feu l’Hiver et célébrons notre Printemps revenu ! Et si notre peau se couvre un bref instant de quelques vrais frissons fuyants, ces fugueurs de Bonheur, ces caresses virtuelles, ce n’est que l’euphorie câline brutalisant nos sens passionnés dans le trouble émoi de la renaissance annuelle.

 

J’aime te raconter mes histoires de printemps. En les écrivant, je prends la réelle dimension de la vraie Chance qui nous entoure au quotidien. J’espère ne rien oublier quand je t’explique ce foisonnement de sensations, ces éclaboussures coloriées et, si je les emmêle parfois, si je dérive vers une autre contemplation plus fabuleuse ou plus humble, c’est que j’emprunte tous ces mots décorés dans le trouble de mes pensées épanouies… 

 

Puisons, dans tous les Printemps réconciliés avec Dame Nature, la force de les compter encore comme toutes nos belles années fleuries…

 

Cela vaut bien une petite messe…

 

Pascal

 

 

 

 

 

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C
SE SUPERPOSER AU TEMPS.fermaton.over-blog.com
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E
Pascal, on dirait que tu aimes le printemps !!!! des odes magnifiques, très inspirées, bravo
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C
Une description très complète du printemps et aussi très poétique, avec des mots justes et recherchés. J'ai beaucoup aimé.
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E
Les Saints de glace, ça me rappelle ma mère, je ne connais qu'elle qui utilise cette expression.
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J
le 13 mai les Saints de glaces retournent dans leurs paradis et nous aurons ce printemps mérité et épanoui
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