vocation du site

Mil et une, comme "Mille et une histoires", est un site dédié à l’écriture conviviale, qui, chaque quinzaine, propose une image à votre imagination.

Il est animé par trois amies de plume qui ne gèrent pas l’activité littéraire, mais se réservent un droit de modération.

Le fonctionnement en est très simple : il suffit de déposer les textes (un ou plusieurs) répondant au thème en cours, via le formulaire  ci-contre à droite.

Tous les genres sont recevables, pour autant que le contenu respecte la dignité humaine.

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Sujet de la quinzaine

  Rz 77a

 

Source photo

(ce site ne communique pas les images) 

 

 

Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 20:32


Je bulle toute au soleil
Je bulle toute à l'azur
Je bulle toute à la nature
Je bulle sous le dais bleu du ciel

Je bulle sans savon
Je bulle dozer sans tondeuse à gazon
Je bulle d'alka seltzer sans maux de tête
Je bulle ding sans stress

Je bulle je lis sans lire
Les doigts de pied en liberté
Pas une fourmi pas un bourdon
A l'horizon

Quel délice ! Quel délire !
Je bulle toute la journée

C'est l'été !

C'été

J'ai la sensation
Que ça ne va pas durer

Agnès

Par miletune.over-blog.com - Publié dans : les participations
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 14:46

 

A cause du temps pourri de ce printemps, je n'’avais pas encore pu profiter de l'immense parc, en plein coeœur de la ville. J'aime ce coin de nature, certes bien disciplinée, que celle-ci offre à la citadine que je suis, à deux rames de métro de chez moi. Cela me permet, à peu de frais (le prix d’'un ticket) et très rapidement d'’avoir l’'impression de me retrouver à la campagne.

 

J’'ai découvert ce banc, un peu isolé et en plein soleil. Pour ces deux raisons, je sais que je ne serai pas trop dérangée par la foule des promeneurs, à la recherche d'’un peu de fraîcheur et peu enclins à s'’éloigner des sentiers battus.

 

En sortant du métro, j'’ai acheté un magazine car je sais d’'avance que je n'’aurai pas le courage de lire le dernier roman de Marc Dugain que j'’ai pourtant mis dans mon sac à dos avant de partir, en compagnie de mes lunettes de soleil, d'’une bouteille d'’eau et d’'un sandwich.

 

Dès que j’'ai quitté l'’allée sablonneuse, j’'ai ôté mes chaussures pour traverser le doux tapis d'’herbe verte et rejoindre mon banc. Je me suis installée, le sac à dos me servant d'’oreiller, les pieds sur l’'accoudoir. C’est un peu plus raide que mon canapé mais l’'air sent bon le gazon fraîchement taillé et le soleil de Mai, pas encore trop intense, me réchauffe agréablement. S'’il n'’y avait pas cette petite brise pour mettre le désordre dans les pages de mon magazine, ce serait parfait !

 

Je n’'ai pas le courage d’'y remédier, mon autre main est prise par le macaron au parfum de rose que j'’ai choisi dans la vitrine du pâtissier, juste en face de l’'entrée du parc. Il me faudrait le poser ou en accélérer la dégustation, ce à quoi je me refuse expressément…. Finalement, c’'est la revue que je ne tarde pas à laisser tomber sur ma poitrine, une main dessus pour éviter qu’'elle ne s'’envole.

 

Au moment où la dernière bouchée de ce divin macaron fond sous ma langue, je me laisse glisser dans un sommeil bienheureux… Je sens que je vais bien profiter de cette journée au parc.

 

Mamido

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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 11:07

 

 

Au vert

 

Concurrence

 

A l'anguille

 

Adieu hiver

 

Nonchalance

 

Au soleil qui brille...

 

Nus pieds

 

Et magazine

 

Un parc ami

 

Au banc allongée

 

On la devine

 

Sans sou... sans souci...

 

Dans la nature

 

Enfin paresser

 

Potins à la main

 

Au repos le popotin

 

Boulot métro oubliés

 

Tel lézard sur un mur...

 

Prendre la pose

 

S'accaparer l'espace

 

En Robinson Crusoë

 

Ile pour elle, une pause

 

Sans face à face

 

Seule au monde... Luxe calme et volupté...

 

jill bill

 
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 10:33

 

Je ne peux pas être sans répondre à la proposition d'écriture mais la couleur ambiante me déplaît sérieusement, il y a trop de vert et moi, le vert, je n'aime pas. Certes, j'en pose quelques touches en peinture mais jamais, je ne barbouillerai la toile de cette couleur. On dit que le vert est couleur d'espoir, espoir de quoi ? Solitude, tristesse au fond de la campagne qui m'ennuie alors je peins le banc en rouge flamboyant et je le traîne tant bien que mal, plus mal que bien, car j'ai de tous petits bras et peu de force, de plus, je suis seule pour cela car bien sûr les copines me raillent au lieu de m'aider...

 

Revenons à nos moutons qui sont absents de l'image,encore une chose qui aurait pu me convaincre à rester sur place mais ils sont partis et moi, je tire, tire douloureusement mon banc sur la plage, au bord de l'eau pas de trop non plus car si je tombe dedans, ne sachant pas nager, je disparais corps et âme sous les regards indifférents des mouettes quoique, ma carcasse pourrait les intéresser vu ma corpulence...

 

Bien installée sur ce banc, je déguste la première page du nouveau roman de Jeanne Benameur " Laver les ombres " bien plus passionnant, enfin je pense, que les feuilles emplies de mauvaises nouvelles et insaisissables d'un journal pris dans le vent qui souffle et m'endort doucement en rêvant de longs voyages …

 

 A mon réveil, je me retrouve sur ce banc vert dans un champ tout vert encore avec un vulgaire journal dont les pages ne s'ouvrent pas comme je l'entends. Je vais chercher mon pot de peinture rouge et.... on revient au début de l'histoire qui n'en finit pas.

 

Aimela 

 

 

 

 

 

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 23:55

 

Rz_77a.jpg

 

      Source photo

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 17:17

 

Mais bon sang où est passée votre mère ?

Au lieu de vous gratter la tête et montrer

Que ma question totalement vous indiffère

Essayez de faire un effort pour la trouver.

Elle devait être dans le train de seize heures

Père ne nous gronde pas, pour notre malheur

Nous ne connaissons pas les raisons du retard.

Tous les mois cela finit toujours par une bagarre

Nous les enfants, nous en avons vraiment marre

D’essuyer les pots cassés de votre séparation

Laissez-nous du mariage quelques illusions.

 

Violette

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 08:43

 

        Au premier coup d’œil, cela me parut un détail. Mr et Mme S. habitaient une villa dans les hauteurs du XIXème arrondissement de Paris. Une de ces belles qui embaument le lilas et les glycines. Qui cachent leurs rides, leurs rhumatismes et leurs petits vieux au pas hésitant. Depuis le seuil, dans l’entrée on apercevait le tableau sur le mur devant soi. C’était instinctif, on se hissait sur la pointe des pieds, on se poussait de côté, on regardait sous le bras du propriétaire qui se tenait sur le pas de la porte. Mr S. ne s’étonnait plus. Il me regarda onduler, comme tous les serpents qui lui rendaient visite. Puis il s’écarta, tenta de soulever le sac que je portais. Et accepta que je le porte à l’étage. Je marquai un arrêt devant ce portrait de famille aussi insolite qu’un rossignol s’époumonant dans le château de la belle au bois dormant. Le papier autour, était fin, plissé et délavé comme si quelqu’un l’avait léché. Les murs prenaient la poussière, une araignée étalait son talent d’artiste. Mais sa toile s’arrêtait au-dessus du cadre. Car l’oeuvre rutilait. On entretenait les couleurs et le vernis.
Je ne saurai dire quel personnage m’intriguait le plus. Le père, imposant, barbu, me fixait méchamment comme pour m’anéantir. Je réalisai que sa chemise rouge m’avait suggéré l’image du rossignol. Ce qui me le rendit sympathique. Il n’était pas menaçant, tout compte fait, mais protecteur. Ses enfants l’aimaient et ils formaient une chaîne à son bras. Un courant d’électricité continue qui partait de la fillette au nœud sage vers l’adolescent fier, adorateur. Les jeunes enfants au premier plan constituant un fil conducteur.
- Il vous plaît? demanda Mr S.
- Beaucoup, répondis-je.
Mme S. à l’étage, eut un gémissement qui effaça le sourire à ses lèvres.
- Permettez, dit-il, en grimpant les marches avec difficulté. Posez ça dans l’entrée. L’infirmière va arriver.
Mais je le suivis dans la pénombre. Les volets étaient fermés, une odeur d’éther et d’urine imbibait le salon. Des cartons de médicaments s’entassaient sous la table basse.
- Voilà, vous pouvez-vous débarrasser. Je reviens, excusez-moi, ma femme vous comprenez…
Depuis le haut de l’escalier, je ne pus m’empêcher de me retourner, comme aimantée par la toile. Je ne distinguais plus les visages, uniquement des touches de couleurs, bleu, vert, violet, jaune. Comme si l’on avait posé un arc-en-ciel sur le mur. Comme si la lumière me jouait un tour. Mes yeux s’habituaient à l’obscurité qui finit par me sembler indispensable. Cette maison dépendait des ombres et du tableau. Il était la source d’énergie. Il était les rires, les chants, les rondes et les comptines. Il était la famille, l’avenir, la chaleur et l’amour. Il était la vie.
- Je vous raccompagne, dit M. S en me rejoignant. Attention au tableau en descendant, le couloir est si petit que parfois on le heurte de l’épaule. Et j’y tiens vous savez. C’est un cadeau de ma belle-fille. Elle a peint les membres de sa famille. Juste avant l’accident….
La voix chevrotait, et la main tremblait. Pourtant l’œil happé par la toile avait l’incandescence d'une braise.

Mansfield
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 10:42

 

L'absente, est-ce la ville chamarrée qui au loin nous cligne de l'oeil ? 


Faux départ, vacances, soleil et fureur du ciel, sécheresse, adieux... Etre ici et là, partout et nulle part, coupés toujours d'une autre partie de nous. Étrangers à tant de choses ...

L'absente, est-ce une main amie, fragile mais résistante qui aurait tout compris et se serait enfuie dans un dédale de promesses, sautillant de l'une à l'autre sans un bruit comme si les mots se piquaient toujours aux buissons ardents du labyrinthe des frontières et de la paix ? 

L'absente, est-ce la simple toiture censée nous protéger des intempéries, enlovée un soir de tempête, ou jamais construite peut-être, par manque de temps, par manque de foi  ? 

L'absente, est-ce ta patrie lointaine qui crée ce gouffre béant dont tu ne te remets pas ? 

Nous sommes là, fiers et heureux, aux mains du patriarche généreux et, malgré nos mimiques enjouées, nos yeux, plus sérieux qu'un chronomètre, comptent le temps qui nous sépare de toi, toi que des passants indifférents croiseront certainement au bord de la route, épuisée et triste, apeurée et frêle, et pleine de regrets aussi de n'avoir pas su rester avec nous ...

Annick SB
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 20:21

 

Il y a celui qui le croit grand

Celle qui le voit fort

Et puis sur le devant

Les derniers des enfants

Qu'il protège du sort

D'un geste bienveillant.

Et tous, entrelacés,

En un puissant secret

Se soutiennent et s'appuient

Dans la course infinie

De ce temps qui s'enfuit

Par Amour de la Vie.

 

Lise

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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 20:20

 

- A quoi penses-tu, Tom ?
- En découvrant cette photo, je me dis que depuis des années, je suis plus âgé que papa.
Un peu comme si les événements tournaient à l'envers... ou que je n'étais plus son fils...
Tu ne trouves pas, Toinette, comme il paraissait déjà vieux, ou est-ce l'accoutrement du jour ? Son port de tête ?
Tu te souviens de cette journée en pleine effervescence. Papa avait décidé de se déguiser en notable.
Là sur la photo, il a un côté géant, ogre, et nous tous autour de lui nous prêtant au jeu, surpris de le voir ainsi avec l'envie de s'amuser, de se moquer des gens qui se disaient respectables plus que lui.

Qui a pris la photo, Toinette ?

- Mathilde, je crois. Malthilde était sa cousine préférée

- Où était-ce ?
- A La Chaussée Saint Victor.
- Mais non, c'est impossible...La Chaussée Saint Victor, c'est beaucoup plus tard, d'ailleurs, papa n'y était pas.
Je pencherais davantage pour Vernou, près de la rivière aux grives.
- Ah, oui,..peut-être, je ne me souviens pas...C'est étrange et fascinant à la fois, Tom...
- Quoi ?
- Nous pouvons faire partie d'une même fratrie, d'une même famille, avoir été au même moment au même endroit et ne pas avoir les mêmes souvenirs !
Agnès
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 12:13

 

Descriptif

L'homme est barbu. Son fils l'envie, sa fille aînée aussi. Elle aurait souhaité être un garçon. Les deux derniers de ses enfants sont très unis. La cadette est la préférée du père et il aime souvent poser une main protectrice sur sa tête. Le plus jeune enfant quant à lui se réfugie sur l'épaule de sa sœur tant appréciée. C'est une belle famille.

Pictural

La couleur de la barbe grise souris a été très difficile à obtenir. Les huiles ne parvenaient pas toujours à rendre cette couleur que j'avais en tête (c'est le cas de le dire !). J'ai adopté un style volontairement simple : l'adulte tout en rondeur et les enfants effilés comme du Modigliani. En arrière plan, j'avais le choix entre un château médiéval, une voiture des années quarante ou un village surréaliste et et très coloré façon douanier Rousseau. J'ai pris partie pour ce dernier choix plus agréable à dessiner. Par contre j'ai eu du mal avec la perspective, la tête de l'adulte se trouvait en effet en plein milieu de la rue du village. J'ai biaisé comme j'ai pu.

Polar

L'inspecteur nota immédiatement que le criminel était un type ignoble. N'avait-il pas reproduit ses victimes sur un tableau très chatoyant. Abominable ! Lorsque sa tête sera tranchée, ce ne sera que justice !

Familier

Gastounet est superbe sur le tableau peint par Nils ! Jojo, margot, popaul et kiki sont étonnants de beauté. J'espère qu'on s'enverra une anisette derrière la cravate pour fêter ça ! À dimanche, au bistrot !

Arithmétique

Cinq personnages. neuf yeux. deux pantalons. trois robes. Trois nœuds dont deux papillons. Six mains qui se touchent. Quatre boutons de gilet. Une multitude de petites maisons.

Absurde

Nice Dardanelle ? Connais pas ! C'est un peintre de quelle nationalité ? Turque ? Tu crois ?

SMS

tablo super. Lol :3

 
Nils
Obni
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 16:50
“Dans son vieux pardessus râpé”...
 
Vieux ? Ah ! pas du tout loin de là, c'est en costume entouré de ses enfants endimanchés qu'il pose... le vieux. Ne vous méprenez pas sous ses airs de bienveillance, c'est un homme dur, voir violent, il a tué sa femme à petit feu et en silence s'il vous plaît car chez ces gens là, on se tait surtout les femmes qui ont le seul  droit, enfin obligés, de “pondre” des mioches » braillards qui devenus grands n'attendent de leur géniteur qu'héritage, car ils ne connaissent pas l'amour malgré leurs «  attachements » par tous les moyens.
 
La grande regarde amoureusement le père les yeux emplis de demandes. Si elle pouvait remplacer la mère disparue, elle en serait heureuse . Le fils, l' aîné c'est avec admiration et envie qu'il contemple  son créateur  mais rien à faire, le vieux n'en a que faire. Il a posé sa forte main sur la tête de l'avant dernier, non pas par tendresse mais par possession, c'est son bien comme son usine, son château, son argent... il a droit de vie et de mort sur tout ; Il est inutile à ce dernier de s'échapper.
Le tout petit qui n'a en tête que jouer avec son frère , s'ennuie, cette séance dure trop longtemps.
 
Aimela
 
 
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:01

 

                                           " Moi j'admire, ébloui, la grandeur des petits. " Victor Hugo 


Tu me ravis ma Jeanne

Du haut de tes quatre ans

De tes espiègleries

Tes caprices d’enfant

Et me comble  d’innocence

En  émaillant ma plume

De tes rires tapageurs

 

Tu m’attendris mon Georges

M’inonde de bonheur

Quand tes mots se bousculent

Dans un doux bégaiement

Doublant l’amour qui nous lie

En  faisant du Vieil  homme que je suis

Votre Père et grand père réunis

 

Un Papapa ,

Deux fois chéris

Une fois  pour moi, une fois pour lui

 

De votre aube naissante

Jusqu’à mon crépuscule

Je n’ai point d’autre affaire

Qui me tienne sur terre

Depuis qu’il est parti

Que celle de vous aimer

D’accourir à vos voix

Pour vous réconforter.

 

 

 Il était tour à tour  conteur, amuseur, joueur et  jusqu’à sa mort nous lui donnâmes, ma sœur et moi, ce nom doublement tendre de « Papapa » Georges Hugo

 

 

Chloé

 


 

 

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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 22:01

 

A chacun de ses retours d’Afrique, le rituel était le même, notre père nous emmenait, mes frères et moi, chez monsieur Feys, le photographe de la rue d’Assembourg. La veille, c’était l’effervescence à la maison. Maman ne savait où donner de la tête entre un dernier repassage des habits du dimanche, l’envoi de mes frères chez notre voisin, le coiffeur Henri ou la surveillance des bains dans une salle d’eau transformée en étuve. Notre père allait, lui aussi, se faire couper les cheveux mais aussi tailler la barbe qu’il portait longue et carrée.

 

Au matin, Papa était le premier à enfiler son costume sous les yeux de Maman qui invariablement grondait : Henri, tu devras bientôt passer chez le tailleur. Vois, tu ne sais plus fermer ton veston. Papa haussait les épaules en disant :  Allons Joséphine, j’ai gardé ma taille de jeune marié – et il l’enlaçait. Maman souriait mais d’un sourire un peu crispé que je ne comprenais pas.

Une fois tout son petit monde inspecté, notre mère faisait les dernières recommandations : Tenez-vous correctement, ne vous salissez pas… Mais sitôt dans la rue, notre père était tout à nous.


-        J'arrive à tes épaules à présent, bientôt je serai ingénieur comme toi, disait Jacques.

-        J’aimerais faire de la danse classique, je m’exerce à faire des pointes, tentait Daniel.

-        Et moi, je veux être peintre, décrétait Luc qui crayonnait sur tout.

-        Et toi, ma belle ? demandait mon père

-        J’aimerais tellement devenir institutrice, était ma réponse.

 

Chez le photographe, mon père prenait la pose et nous nous serrions tous contre lui révélant ce besoin que nous avions de le toucher pour rattraper le manque de sa présence pendant ses longs mois d’absence.

Trois jours plus tard, la photo était installée sur le buffet de la salle à manger et était oubliée jusqu’au départ de Papa qui la glisserait dans ses bagages.

 

Ses six semaines de repos coïncidaient souvent avec nos vacances scolaires et si nos parents prévoyaient quelques sorties en famille, Papa nous réservait à chacun en particulier une journée ou une soirée pendant laquelle il nous emmenait où nous le désirions. Comme j’appréciais d’être sa petite reine du jour et souvent c’était le musée ou le théâtre qui m’attirait contrairement à mes frères qui ne juraient que par le sport.

Maman n’était pas oubliée et nous sachant sous la garde de sa sœur Marie, elle se faisait une joie de parcourir en galante compagnie les Galeries Lafayette pour découvrir les dernières nouveautés puis de dîner au restaurant avant d’assister à l’un ou l’autre spectacle.

 

Quand sonnait la fin du congé paternel, notre mère, triste que sa santé fragile l’ait obligée à rentrer en Europe avec Jacques tout bébé, préparait les valises les yeux boursouflés par les larmes tandis que Papa n’avait plus que son long voyage et son travail en tête. Après son départ, nous retrouvions, malheureux tout les quatre, notre petite vie calme rythmée par les lettres que nous recevions de notre père et par celles que nous lui écrivions tour à tour formant ainsi une sorte de chronique familiale qu’il conservait précieusement.

Maman, quant à elle, était nerveuse, stressée durant quelques semaines. Aussi le jour où je la surpris à confier par téléphone à Tante Marie : Ouf ! Je respire, je ne suis pas enceinte… je pressentis vaguement qu’elle avait craint d’attendre un nouveau bébé.

 

Le jour de mes quatorze ans, Papa était une fois de plus de retour à la maison mais il n’était pas seul, une petite fille l’accompagnait.  Il nous présenta Safy qui se tenait cachée derrière lui en nous disant que sa mère était morte et que si nous étions d'accord elle  serait notre nouvelle petite sœur. Nous avons regardé Maman et elle a souri à Safy comme pour nous autoriser à l’accepter parmi nous.  Alors, Papa, le regard embué, a embrassé Maman et lui disant « merci »

 

Safy… quel joli prénom, quelle jolie petite sœur café au lait… Safy comme déjà nous l’aimions !

 

Mony

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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 15:48

 

Vous semblez intéressé par le tableau au-dessus de la cheminée.

La maison est à vendre, mais pas le tableau. Il fait partie de ma famille.

Il s'agit de mon arrière-grand-père Ildefonse, entouré de ses enfants, peint par le célèbre Nils Dardel lui-même. Il est probable, d'ailleurs, que le tableau vaille plus que la maison.

Ma grand-mère Corinne, la petite fille que vous voyez à sa droite, a toujours déploré que Dardel n'ait pas représenté la montre à gousset qui ne le quittait jamais : cela fait selon elle comme un vide sur sa poitrine.

Savez-vous ce que Vialatte disait des pères ? Le nombre des pères, déplorait-il, est en diminution constante. Il est difficile en effet d'appeler pères, comme le font les enfants d'aujourd'hui, ces hommes sans barbe et sans bretelles, qui n'ont pas de ventre et ne réclament plus de leurs fils le respect de leurs ridicules.

Ildefonse est l'archétype du père noble, ne trouvez-vous pas ? Là il est impérial, en pleine réussite sociale, ainsi qu'en témoigne un léger embonpoint, suffisant pour témoigner de sa prospérité, mais point trop, pour n’être pas soupçonné de goinfrerie.

En arrière-plan, le peintre rend hommage à l'œuvre d'Ildefonse, un brin utopiste, qui avait bâti des maisonnettes pour les ouvriers de la papeterie ajoutée quelques années plus tôt à la scierie léguée par son père.

Selon Corinne, Henriette, mon arrière-grand-mère (une petite femme triste et gémissante, de qui on n'aurait jamais attendu tant d'ardeur procréatrice), avait refusé de figurer sur le tableau.

A l'époque, ils habitaient le grand manoir que vous avez peut être vu au bout du parc, et qui est maintenant un centre pour jeunes en rupture de ban.

Cette maison où nous sommes était alors la maison du garde-chasse.

Le déclin de la prospérité familiale, amorcé avec l'incompétence de mon grand oncle Charles, que vous voyez à droite du tableau, (l'ainé de la fratrie était plus porté sur la vie parisienne que passionné par le développement du papier d'art), et les conflits entre ses frères, a été achevé sous les coups successifs du front populaire, de la guerre, et même d'une montée d'une conscience écologique avant l'heure, puisque les rejets dans la Dolance avaient fait crever tous les poissons.

Rien ne permet de deviner  sur son visage digne et placide le passé agité d'Ildefonse.

Au désespoir de son père, dont il était le fils unique, épris d'idéal, ("exalté", disait ma grand-mère, qui n'avait pas sa langue dans sa poche) il avait décidé d'entrer au séminaire. Il y resta 3 ans, bien décidé à devenir missionnaire. Mais le destin veillait, ou le diable, allez savoir, en la personne de Ninon, la fille du garde champêtre, que la légende familiale décrit comme une somptueuse ravageuse, qui fit plus tard une carrière artistique au cabaret de la sous-préfecture sous le nom de Ninon de l'Enclot.

Quoiqu'il en soit, la vocation d'Ildefonse ne survécut pas à l'opprobre, et, peu porté sur les pénitences moyenâgeuses qui lui eussent permis de rentrer en grâce, il revint à la scierie.

Il tomba amoureux, pour de bon, de Camille, la fille cadette du redoutable et fort désargenté Comte Des Grisons dont le manoir était alors en piteux état.

Vous n'allez pas le croire, et pourtant l'histoire est absolument véridique* : Ildefonse, ganté beurre frais, vint timidement lui demander la main de sa fille. Le Comte était pratiquement sourd, mais pour lui, il allait de soi qu'on mariait ses filles dans l'ordre, il accorda donc sans barguigner la main d'Henriette à Ildefonse, avec ses dettes en dot. Ildefonse désespéré, mais terrifié, n'osa pas rectifier l'erreur fatale, et épousa donc Henriette, mon arrière-grand-mère.

Pourtant l'histoire finit bien : il hérita du manoir qu'il fit restaurer somptueusement, et où il vécut en toute harmonie, non seulement avec Henriette, sa triste épouse, mais aussi l'accorte Camille, puisque les sœurs ne pouvaient vivre l'une sans l'autre, et que la cadette n'avait pas de dot. Cela se faisait beaucoup à cette époque où le mot "famille" était encore sacré.

Mais je vois que vous vous impatientez, pardonnez-moi, je suis un bavard impénitent, voulez-vous visiter l'étage ?

*histoire vraie

 

Emma

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