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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 10:42

Golconde - R. Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

 
C'était un petit matin d'été, c'était comme si c'était ce matin, tant le souvenir est vivace. Il faisait beau, je venais de me lever et à peine réveillée, j'ouvris la fenêtre lorsque soudain devant moi, descendirent silencieusement du ciel des milliers de petits hommes en noir, un melon sur la tête et un parapluie fermé à la main. Surprise, je me frottais les yeux (chose que je ne devrais pas faire car j'ai les cornées fragiles, m'a dit l'ophtalmo mais lui n'a pas vu ces petits bonhommes). J'étais encore sous le choc lorsque j'entendis "fenêtre ouverte, droit devant" et les voilà tous chez moi, des milliers et des milliers, en tas dans ma chambre que je ne pouvais plus bouger.
 
 - Oh ! Qui êtes-vous et qui vous a permis d'entrer comme cela chez les gens sans leur autorisation ?
 
Ils se mirent à parler tous ensemble, une cacophonie insupportable que mes oreilles en souffrent encore.
 
 - Stop ! Ne parlez pas tous en même temps, je n'y comprends rien. Qui est le chef ?
 
Silence puis...
 
 - Pas de chef chez nous, me répond l'un d'eux, mais je veux bien endosser l'habit si vous le permettez.
 
 - Ouf ! Cela fait du bien. Maintenant que c'est plus calme, dites-moi qui vous êtes.
 
 - Je suis René Magritte.
 
 - Impossible, il est décédé. De plus, c'est punissable de prendre l'identité d'un autre.
 
 - Mais, c'est vrai, nous sommes tous René Magritte.
 
 - Elle est bien bonne celle là. Arrêtez de vous moquez de moi. C'est lui qui a peint le tableau mais …
 
 - Justement, c'est notre père.
 
 - Bon, bon mais cela ne dit pas ce que vous faites chez moi.
 
 - On cherche les montres molles de Dali. clic
 
 - Je n'ai pas ce tableau chez moi.
 
 - On ne veut pas de tableau, juste les montres.
 
 - Elles étaient dégoulinantes et avec cette chaleur, elles ont du fondre complètement et puis qu'avez-vous besoin de ces énormes montres que vous ne pourrez pas porter ?
 
 - Ça, c'est notre affaire, dites-nous où elles sont.
 
 - Pour commencer, on dit s'il vous plaît, on ne vous a jamais appris la politesse ?
 
 - Excusez-moi.  S'il vous plaît Madame, dites nous où elles sont.
 
 - Je n'en sais rien, demandez à Dali, on vient de le déterrer, il vous dira sûrement ce qui en est de ses montres.
 
 - Ah ! Il n'était donc pas mort ?
 
 - Si, mais un laboratoire recherche son ADN.
 
 - C'est quoi ça ? Je ne connais pas.
 
 - Je ne peux pas vous expliquer, je ne suis pas scientifique.
 
 - Cela ne nous dit pas où est Dali et encore moins où sont les montres.
 
 - Désolée, les gars, je ne sais pas, renseignez-vous ailleurs et dégagez le plancher que je fasse le ménage.
 
 - Bien ! Au revoir Madame, ravis de vous avoir connue.
 
 - Moi, je ne suis pas ravie, les voisins vont encore cancaner sur mon compte. Dites plutôt adieu, cela m'arrangerait.
 
C'est ainsi qu'ils partirent tous ensemble me laissant sur le plancher des milliers de petits parapluies oubliés. Je ne sais pas pourquoi, à moins qu'ils aient perdu la mémoire et ne sachent pas où les retrouver, je sens qu'ils vont revenir me bassiner à nouveau...
 
 
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 07:51

La fissure - René Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Madame Renée

Laisse l'argent

Sur la commode

Et sa confiance, comme a une parente...

Le femme de ménage,

Travaillant un peu au Blake, a toujours les Klee

De la Goya

La maison blanche,

Avec vue sur mer, ses reflets...

Madame Renée

Laisse ses gens

Faire à leur mode

Quand elle est absente...

La femme de ménage

Ame dévouée

Sans faire de Degas

A son pain sur la planche

Et ses billets sur le Buffet...

 

Demain le jardinier à l'ouvrage

Seurat Courbet dans la roseraie,

Elle déposera pareil

Son dû sur la commode

Fenêtre rouverte

Priant un vent inerte

Qui rien ne dérobe

Laissant en sommeil

Le papier-Monet

Sage comme une image...

 

 

Jill Bill

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:23

Joan Miró - clic  -- Le carnaval d'Arlequin - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Mon parrain, j'en ai déjà parlé dans les premiers temps de mon premier blog. Il a enchanté les vacances de mon enfance et chaque image de jeux de baladins m'y renvoie inévitablement ainsi qu'au tout début des années 1980 où j'ai manqué l'occasion de le voir une dernière fois.
 
Après des années de démolitions et de chantiers, ces années-là ont vu le renouveau du quartier des Halles et l'ouverture du Centre Pompidou, dédié à une bibliothèque et à l'exposition des artistes contemporains (Dali, Picasso, Miro ...). Sur le parvis de Beaubourg où les files d'attente pour visiter ce nouveau lieu de culture dans cet étrange objet ne faisaient que s'allonger, l'espace était investi par des musiciens jongleurs, des équilibristes sur vélocipèdes, ou de simples joueurs de guimbarde, parfois même des cracheurs de feu. Un carnaval de tous les jours, une scène ouverte avant l'invention du concept.
Alors, vous pensez si ce tableau de Miro me renvoie à cette période !
 
En janvier 1980, mon parrain s'éteignait et j'avais écrit ce texte qu'un ami avait publié dans notre petite revue d'amateurs de danses et traditions populaires :
 "Quand les racines lèveront".
 
En hommage à ROGERLY, mon parrain, qui a ensoleillé mon enfance de ses farces, et a essayé de me transmettre un peu de la mémoire de son époque.
Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte.
Le clown blanc est mort.
Le clown musicien qui savait faire chanter un verre ou une feuille.
Il s’est éteint comme une chandelle que l’on souffle … sans une grimace. C’est sans doute pourquoi il a emporté ce visage serein.
Mais qui fera revivre sa musique ?
 
Oh, il est loin déjà le jour où il avait renoncé à ses instruments. Quinze ans ! Aucun argument, aucune supplication ne lui avait fait depuis lors égrener quelques notes. Même pour ses petits neveux*. Mais il avait continué à les faire rire.
 
En semaine il créait les motifs qui orneraient les robes du soir, brodées de strass. Robes de fête et de lumière.
Il était clown le dimanche.
Avec son compagnon Auguste, il allait de gala de bienfaisance en distribution des prix ou en comice agricole.
Ils étaient de toutes les fêtes et, le cœur gai ou le cœur triste, ils distribuaient de la gaîté et de la tendresse à ceux qui venaient les applaudir. Après le spectacle, le musicien, - le clown blanc -, était souvent sollicité pour animer la danse.
Le miracle se produisait alors : sous ses doigts qui trébuchaient tantôt pour le déchaînement des rires, s’animaient allègrement le quadrille et la polka, la mazurka ou la gigue. Souvent aussi, à la demande des plus audacieux ou des plus modernes, le charleston, et même la java et le fox-trot.
C’est ainsi que la danse vivait et évoluait avant guerre*.
 
Il est revenu d’Allemagne*.Les robes n’étaient plus brodées de perles et il a du changer de métier.
Il s’est retrouvé derrière un bureau, à remplir des dossiers pour les assurances.
- L’ère de la civilisation et du progrès, -
Déjà une corde avait cassé. Mais il lui restait les dimanches pour faire pleuvoir sur les gosses des milliers de perles de rires, avec Auguste.
Un jour Auguste ne s’est pas réveillé et le clown blanc s’est retrouvé seul devant les enfants. Mais sa musique et ses farces ne les faisaient plus rire. Ses tours ? Ils les connaissaient : ils avaient vu les mêmes, à la télé.
Alors il a pris sa retraite de clown et rangé pour toujours le violon géant, le violon lilliputien, la flûte et son habit pailleté.
 
Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte. Le clown blanc est mort.
Qui fera revivre leur musique ?
Sur le parvis de Beaubourg, devant l’église Saint Sulpice, à la Butte aux Cailles, les gens se sont mis à chanter, jouer et danser.
- Ce sont des fous disent les fâcheux.
Mais beaucoup s’arrêtent et regardent. Quelques pas esquissés et quelqu’un entre dans la ronde. Puis un autre.
Et d’autres encore.
Et c’est ainsi que la fête continue.
 
 
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 14:56

Zdislaw BEKSINSKIclic - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Mince

Un larron oublié

Sur la croix

Au mont Golgotha

Calvaire des suppliciés,

Qu'on me pince !!

 

Un larron...

Ô nenni, nenni !

Le clou étant réservé

Au condamné

Pétri

D'exception...

 

Mais alors

Serait-ce

L'autre, enfin Lui !

 

Ah si Zdislaw l'a peint...

 

 

Jill Bill

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 08:31

René Magritte - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Je me rappelle fort bien comment j’ai cessé de peindre, ce fut de façon toute naturelle, sans effort, sans regret. Pour moi, l’ouvrage était terminé voilà tout. Et l’ouvrage, le bel ouvrage ça me connaît, jamais je n’ai rechigné à la tâche, jamais je n’ai bâclé le travail ou supporté la moindre imperfection. Je me rappelle fort bien ! C’était un jeudi de septembre, le 24 pour être précis et aux infos on venait d’annoncer le vol d’un tableau de Magritte. L’Olympia ! La représentation d’une jeune femme blonde aussi jolie et naturelle qu’Hélène, ma compagne depuis dix ans. clic

 

Ah ! Hélène ! Le bon goût fait femme ! Perfectionniste elle aussi et tellement classe. C’est grâce à elle que d’une vieille ferme abandonnée a jailli une maison si bien agencée qu’elle a fait l’objet d’un reportage dans l'émission "Bicoques Magazine" La gloire pour Hélène ! La fierté pour moi.

Pourtant, dans une séquence, notre chambre à coucher paraissait un peu terne et Hélène a suggéré d’en revoir l’agencement de fond en comble. Elle a pris des mesures, fait des plans et, passionnée, a couru de gauche à droite, passant d’un magasin de meubles à une boutique de décoration.

 

Quand tout fut choisi jusqu’aux moindres détails, je me mis à l’oeuvre. Vider et déménager les meubles, dépendre les tentures, protéger, décaper, reboucher, poncer, étendre une couche primaire, tout s’enchaînait avec bonheur et le soir, la chambre d’amis était pour nous un nid douillet, une douce escale amoureuse.

Pour les murs, Hélène avait opté pour un ton de bordeaux profond et chaud. Après en avoir peint deux couches, le résultat était très harmonieux mais ma Belle, soucieuse, le front plissé, se questionnait "du parme ne donnerait-il pas plus de vie, de gaieté ?" Un petit essai de cette nuance a conclu dans ce sens et, le rouleau à la main, j’ai à nouveau transformé le décor. Je me rappelle fort bien, ce ne fut pas facile d’obtenir ce parme tendre et lumineux sans que transparaisse la moindre trace de bordeaux. Trois week-ends se sont enchaînés et ce jeudi 24, premier jour de R.T.T. de l’année, j’ai enfin pu nettoyer le rouleau et les pinceaux.

 

Je me rappelle fort bien de cet instant, c’est l’instant aussi où Hélène est sortie de la salle de bain, nue, désirable comme une déesse et sa voix, je m’en souviens fort bien, trop bien. Si douce quand elle a dit "tu sais, au fond, je préférais le bordeaux"

 

Alors, Monsieur le Juge, ce fut de façon naturelle, sans effort, sans regret que j’ai serré son joli cou pour qu’enfin elle se taise.

 

Depuis, je n’aime plus Magritte.

 

 

Mony

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 07:09

André Martin de Barros - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

Et arriva un jour

Où le temps s'arrêta, net...

Plus de naissance,

Plus de décès

La vie et la mort, chômeuses... !

 

La vie, stoïque, se reposa

La mort, elle, s'insurgea...

Remontant la pendule,

Incrédule,

A coups de pied, de manivelle

D'incantation en ritournelle...

 

Mais rien n'y faisait

Le temps, mort,

Quel mouche le piquait,

S'entêtait à le rester, encore... !

 

Stupéfaction...

Les vieilles gens

Sur leur fin

Attendaient dans les anti-chambres

Face jaune ambre

Soupirant en vain

Contre le temps,

Points de suspension...

 

Le coq chanta

Au soleil nouveau qui la nuit crève...

J'avais ma foi

Fait un drôle de rêve...

 

 

jill bill

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 12:12

 Marcel Mariën - clic

sujet semaines 30 et 31/2017 - clic

L'holoproencéphalie

Autrement dit cyclopie

Mal terrifiant qui dénature

Parfois monstrueuse nature

Chose cruelle...

Ainsi naquit Marcel

Avec un oeil unique

Atypique...

Lunette au singulier

Pour un être, singulier !

Il aurait pu

Avoir en plus

Qu'une jambe, qu'un bras,

Dans de beaux draps... !

Baptisé dès lors un Fomoire

Vrai personnage de foire...

 

Magritte intitulerait le tableau

Ceci n'est pas... clic

a crève les yeux, nom d'une pipe !

 

 

jill bill

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 12:11

Salvador Dali - clic

sujet semaines 30 et 31 - clic

Je suis sorti ce matin de ma chrysalide. Avant ? Je vivais sur les branches des arbres. Je me traînais lamentablement, ne voyant dans l'univers... le bout de la feuille que je grignotais. Ensuite, ne sachant pourquoi Je me suis enfermé quelques temps dans un cocon.
 
Depuis ce matin, j'essaie mes ailes toutes neuves, de belles ailes dentelées aux couleurs chatoyantes marron, blanches, quelques ronds oranges bordent, les extrémités. J'espère que vous cernez un peu maintenant.
 
La parenthèse étant refermée, je vous invite dans ce nouveau monde qui est le mien. Je vole comme les oiseaux dans un ciel bleu, me posant de temps en temps sur une fleur rouge, jaune, quelques fois bleues comme le ciel. De là où je suis, j'aperçois la mer, la montagne, la campagne, le désert. C'est beau, tout m'amuse, tout m'attire... Je suis heureux. J'aurais pu passer des jours et des jours ainsi mais... Dans ce monde merveilleux, une lumière inconnue s'allume et mon regard s'achemine vers elle. Des tons chauds rouges, oranges me chauffent les ailes doucement et c'est vers elle que je me dirige, entraînant avec moi un ami de route. Quelle est belle cette lumière ! Qu'il est doux d'y aller me reposer un instant mes ailes fatiguées, par toutes les routes visitées.
 
Malheur ! Ce n'est qu'un leurre, je viens de sortir de mon tableau et je meurs avec mon camarade dans cet univers confiné... sans espoir de sortie. Vous, oui vous là... derrière, qui me regardez sans rien dire, ouvrez moi cette fenêtre que je puisse reprendre ma liberté. clic
 
 
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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 11:01
Sujet de l'été - Semaines 30 et 31

Oeuvre de Marcel Mariën - clic

 

Pour ce deuxième jeu de l'été, et jusqu'au 05 août, nous vous proposons de vous plonger dans le monde des artistes surréalistes.

 

Pour vous y mener voici  un lien - clic - mais libre à vous de vous y rendre par un autre chemin.

(Merci de joindre à votre texte une image de l'oeuvre qui vous a inspiré ou un lien vers cette oeuvre)

 (participation illimitée)

 

Bonne quinzaine,

Mil et une 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 11:00
Vive les vacances - A bientôt !
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